208 épisodes
- La psychothérapie peut aider. Mais ça ne veut pas dire qu’elle est toujours nécessaire, ni qu’elle est sans risque. Dans cette vidéo, je discute ses effets indésirables possibles et la place qu’on lui donne aujourd’hui.
Psychothérapie, validation et changement de comportement
Est-ce qu’une thérapie vous aide à changer, ou est-ce qu’elle ne fait que vous donner raison ? Je parle de validation, de responsabilité et de névrosisme, à partir de situations cliniques et de mon expérience. Ce sont des observations à discuter, pas une démonstration que toutes les thérapies se valent ou font du mal. Mais c’est une position qu’on n’entend pas ailleurs, et j’ai du mal à savoir pourquoi.
Quand la thérapie prétend améliorer tout le monde sans aucun effet secondaire, alors elle rejoint le rang des produits miracles vendus par les charlatans.
Autodiagnostic, dépistage et limites des soins
Je reviens aussi sur les diagnostics diffusés sur les réseaux sociaux, le dépistage des idées suicidaires et ses enjeux, et l’effort qui est fait pour supprimer le concept de symptômes fonctionnels. Avec une question qui traverse toute la vidéo : quand est-ce qu’intervenir aide, et quand est-ce qu’on risque d’entretenir le problème – ou d’en déclencher de nouveaux ?
À lire aussi – psychothérapie et pratique clinique
* Psychothérapie : soutenir sans intervenir à tout prix
* Psychothérapie : ce que j’ai appris en thérapie
Point de vigilance scientifique
Les effets indésirables des psychothérapies existent, mais ils sont encore mal recueillis. Un événement observé pendant une thérapie n’est pas forcément causé par elle. Dans la dépression, les essais renseignant l’aggravation montrent plutôt une réduction de ce risque par rapport aux groupes témoins.
Les données ne montrent pas que la psychothérapie augmente généralement le névrosisme. Elles montrent en moyenne une amélioration de la stabilité émotionnelle. Certaines interventions structurées ont aussi un intérêt préventif dans le trouble bipolaire, et des bénéfices dans le trouble borderline. Le problème, c’est que ces thérapies sont très différentes du gloubi-boulga qu’on voit en pratique.
Consulter un psychologue ne prouve pas l’existence d’une maladie mentale. Les associations entre troubles mentaux et divorce ne permettent pas de prédire la durée d’un couple à partir du fait qu’une personne suit une thérapie – mais diffèrent d’un trouble à l’autre. Les études ont beaucoup de mal à capturer toutes les nuances de ces situations.
Repérer davantage d’idées suicidaires ne démontre pas que le dépistage les provoque. Leur prédiction individuelle reste limitée, mais des interventions de prévention évaluées existent. ED-SAFE 2 teste un programme comprenant un plan de sécurité, pas le dépistage seul. L’étude sur le screening citée dans la vidéo est ici.
La fibromyalgie et les symptômes fonctionnels sont réels. Ils ne doivent pas être assimilés à une maladie inventée ou à de la simulation. Les opioïdes forts ne sont pas recommandés dans la fibromyalgie, mais on en voit souvent en pratique. Les études sur les tics fonctionnels liés aux réseaux ne prouvent (évidemment) pas que tous les symptômes de ce type sont provoqués par Internet. Mais ils nous rappellent que la prudence est de mise et qu’on ne peut pas ignorer les phénomènes de contagion sociale.
Le masking fait l’objet de recherches et de critiques méthodologiques. Les définitions et la validité des outils restent discutées. Certains diront que de le présenter comme un concept sans aucun sens scientifique va plus loin que ce que permettent les données. Je répondrai qu’une montagne de données fragiles ne suffit pas à valider un concept.
Deux formulations de la vidéo doivent être précisées : la protection recherchée avec le méthylphénidate dans le trouble bipolaire concerne un thymorégulateur, pas un antidépresseur. Les hommes meurent davantage par suicide, mais les tentatives déclarées et hospitalisations pour gestes auto-infligés concernent plus souvent les femmes. Le choix d’un antidépresseur reste individualisé, y compris quand on souhaite éviter la paroxétine en première intention – mais il n’y a pas de situation où la paroxétine est une bonne idée dans ce contexte.
Sources scientifiques – pour aller plus loin
* Patient experience of negative effects of psychological treatment: results of a national survey – Expérience des effets négatifs des traitements psychologiques rapportée par les patients : résultats d’une enquête nationaleThe British Journal of Psychiatry, 2016. Sur 14 587 répondants, 5,2 % rapportent des effets négatifs durables. Enquête déclarative avec une forte non-réponse : ce chiffre ne mesure pas un risque causal universel.
* Negative Effects of Psychological Treatments: An Exploratory Factor Analysis of the Negative Effects Questionnaire for Monitoring and Reporting Adverse and Unwanted Events – Effets négatifs des traitements psychologiques : analyse factorielle exploratoire du questionnaire de suivi des événements indésirables et non souhaitésPLOS ONE, 2016. Développement d’un questionnaire auprès de 653 participants qui explore les symptômes, la dépendance et la perte d’espoir avec les psychothérapies.
* Assessment of suicidality in trials of psychological interventions for depression: a meta-analysis – Évaluation de la suicidalité dans les essais d’interventions psychologiques contre la dépression : méta-analyseThe Lancet Psychiatry, 2024. Seuls 45 des 469 essais examinés évaluent un indicateur suicidaire. Un petit bénéfice est observé après le traitement, sans résultat concluant au suivi.
* Suicidal Ideation and Suicide Attempts After Direct or Indirect Psychotherapy: A Systematic Review and Meta-Analysis – Idées suicidaires et tentatives de suicide après une psychothérapie directe ou indirecte : revue systématique et méta-analyseJAMA Psychiatry, 2025 (en ligne en 2024). Cette synthèse de 147 essais trouve des bénéfices sur les idées suicidaires et les tentatives de suicide. Certains résultats perdent leur significativité après correction du biais de publication. Ce papier n’évalue pas le dépistage seul ni une baisse des décès par suicide.
This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe - On part d’une question simple : pourquoi parle-t-on si facilement des médicaments, et si peu de ce qui se passe dans la relation et en psychothérapie ? Dans ce live, on prend les questions comme elles viennent, sans faire semblant qu’une seule réponse marche pour tout le monde.
Les médicaments ne règlent pas tout
On parle de communication avec les proches, du choix d’un psychologue, et de ce qu’on attend concrètement d’une thérapie. On parle aussi des limites d’une approche centrée uniquement sur les molécules.
Prescrire et diagnostiquer dans la vraie vie
On passe ensuite aux psychotropes, à leurs effets indésirables, à la prise de poids sous quétiapine, puis au diagnostic du TDAH. Ce sont des questions cliniques, avec des décisions qui dépendent du contexte et de la personne.
À lire aussi
* Ce que j’ai appris en thérapie – Sur le travail relationnel que les médicaments ne remplacent pas.
* Metformine et antipsychotiques : les études clés – Les essais et recommandations évoqués quand on parle de prise de poids.
Point de vigilance scientifique
Une psychothérapie peut s’accompagner d’effets indésirables, mais cela ne signifie pas qu’elle augmente globalement le risque d’aggravation : dans les essais sur la dépression, le risque de détérioration était plus faible que dans les groupes contrôles. La prise de poids sous quétiapine peut survenir à faible dose ; dire qu’elle est totalement indépendante de la dose va au-delà des données disponibles. La metformine a un effet moyen sur la prise de poids liée aux antipsychotiques, sans justifier une prescription systématique à partir de cette seule discussion.
Sources scientifiques – psychothérapie et prise de poids sous antipsychotiques
* Adverse events in psychotherapy randomized controlled trials: A systematic review – Événements indésirables dans les essais randomisés de psychothérapie : revue systématique.Les événements indésirables sont insuffisamment et inégalement mesurés. Leur lien causal avec la psychothérapie reste souvent incertain.
* Negative effects of psychotherapies for adult depression: A meta-analysis of deterioration rates – Effets négatifs des psychothérapies de la dépression adulte : méta-analyse des taux de détérioration.La détérioration était moins fréquente sous psychothérapie que dans les groupes contrôles, même si peu d’essais la rapportaient.
* Antipsychotic-Induced Weight Gain: Dose-Response Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials – Prise de poids induite par les antipsychotiques : méta-analyse dose-réponse des essais randomisés.Pour la quétiapine, la courbe estimée varie avec la dose entre 75 et 1 200 mg/j ; ces essais ne permettent pas de conclure spécifiquement pour 25 mg/j.
* The Optimal Dosage and Duration of Metformin for Prevention and Treatment of Antipsychotic-Induced Weight Gain: An Updated Systematic Review and Meta-Analysis – Dose et durée optimales de la metformine pour prévenir et traiter la prise de poids induite par les antipsychotiques : revue systématique et méta-analyse actualisée.La différence moyenne avec le placebo était d’environ 3,3 kg dans 20 essais ; les participants étudiés avaient une schizophrénie et un suivi limité.
This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe - Je réponds à 24 questions laissées par les abonnés. On parle du TDAH, du trouble borderline, de bipolarité et de ce qui se passe quand un traitement aide, qu’il ne suffit pas ou qu’il devient difficile à supporter.
* Quel neuroleptique peut-on associer au méthylphénidate ?
* À quelles doses peut-on associer un neuroleptique et du méthylphénidate ?
* Quel est votre avis sur l’iode en santé mentale ?
* Traiter l’apnée du sommeil peut-il améliorer l’état mental ?
* Quelle stratégie envisager pour une dépression chronique lorsque les ISRS n’améliorent pas la dysphorie et aggravent l’anhédonie ?
* Quels signes surveiller chez un jeune adulte ayant des antécédents familiaux de trouble bipolaire ?
* Où en sont les connaissances sur le trouble de la personnalité borderline ?
* Quelles options thérapeutiques existent pour le trouble borderline ?
* Comment la thérapie comportementale dialectique peut-elle aider ?
* Peut-on regrouper les articles sur les statistiques dans un dossier accessible depuis la page d’accueil du blog ?
* Ritaline ou Concerta : lequel choisir pour une patiente ayant un TDAH, sous quétiapine, avec une humeur stable ?
* Quel est le risque de dyskinésie tardive avec quétiapine 200 mg et Tercian 25 mg ?
* Faut-il craindre un allongement du QT avec une ordonnance associant tirzépatide, Seroplex, Concerta et Laroxyl ?
* Cette ordonnance pose-t-elle d’autres problèmes que le risque d’allongement du QT ?
* Le Tentin peut-il être une option lorsque les autres traitements du TDAH n’ont pas fonctionné ?
* Quel est votre retour de terrain sur le Tentin ?
* Par quoi remplacer la paroxétine en cas de bouche sèche et de prise de poids, avec de l’olanzapine et de la lamotrigine associées ?
* Pourquoi vouloir calmer l’énergie et la créativité débordantes d’une personne ayant un trouble bipolaire de type 2 ?
* Peut-on passer à 5 mg de paroxétine par jour en fractionnant le comprimé, si sa forme le permet ?
* Pour réduire la paroxétine, vaut-il mieux prendre 10 mg un jour sur deux ou 5 mg tous les jours ?
* Autour de la ménopause, faut-il envisager un traitement hormonal ou de l’escitalopram face à une anxiété persistante ?
* Une décompensation après un sevrage brutal d’antidépresseurs indique-t-elle forcément une bipolarité, ou peut-elle être liée au traitement et à son arrêt ?
* Comment expliquer un trouble panique après une baisse du lithium et la difficulté à remonter la dose ?
* Quelles alternatives envisager lorsque le méthylphénidate provoque de l’anxiété et empêche d’atteindre une dose efficace ?
À lire aussi – TDAH et trouble borderline
* Ritaline : TDAH, troubles de l’humeur et suivi
* Trouble borderline : pourquoi je conseille la thérapie dialectique
Point de vigilance scientifique
Tentin contient de la dexamphétamine. Concerta LP 18 mg contient 18 mg de chlorhydrate de méthylphénidate : l’enveloppe visible dans les selles ne ramène pas la dose à 15 mg pour tout le monde, c’est une approximation. Le méthylphénidate agit principalement sur la dopamine et la noradrénaline, pas comme un inhibiteur de la recapture de la sérotonine.
L’ordonnance avec escitalopram et amitriptyline mérite une précision plus sérieuse. Le RCP de l’escitalopram contre-indique l’association avec les médicaments qui allongent le QT, dont les tricycliques. Le warning ne concerne normalement que le citalopram, mais la notice européenne a décidé d’étendre ça à l’escitalopram, sans aucune raison. La réponse orale ne doit donc pas être prise comme une validation de cette association, même avec un ECG normal. La fluvoxamine augmente aussi l’exposition à l’olanzapine ; le RCP prévoit une adaptation, pas une interdiction générale.
Les psychothérapies du trouble borderline ont des résultats encourageants, mais leur certitude varie selon ce qu’on mesure. Une absence de différence nette entre thérapies ne prouve pas leur équivalence. Les données ne permettent pas non plus de dire que les soins psychiatriques généraux aggravent forcément le trouble de façon formelle. Un essai comparant mentalisation et prise en charge structurée montre une amélioration dans les deux groupes, avec des différences selon les critères.
L’adversité pendant l’enfance est associée au trouble borderline. Cela ne permet pas de conclure que chaque personne a subi un traumatisme, ni que le traumatisme n’a aucun rôle causal. La méta-analyse seule ne tranche pas cette question, et ça va être difficile de le faire.
Traiter une apnée du sommeil peut améliorer des symptômes dépressifs, sans effet systématique. Une synthèse trouve un effet moyen modeste ; deux essais contre traitement simulé ne retrouvent pas de bénéfice moyen à 12 semaines. Ce n’est pas un traitement universel de la dépression ou de l’anxiété.
Les données sur psychostimulants et psychose dépendent de la population et du traitement associé. L’étude chez les 13–25 ans retrouve davantage de psychoses sous amphétamines que sous méthylphénidate. Une autre cohorte de personnes ayant un trouble psychotique, traitées aussi par antipsychotique, ne retrouve pas une hausse des hospitalisations. Ces observations ne démontrent ni une sécurité absolue ni l’intérêt d’ajouter un antipsychotique de routine.
Il existe des options recommandées après une réponse insuffisante à un ISRS. L’arrêt de la paroxétine, de la venlafaxine ou du lithium demande aussi une stratégie individualisée. Le passage à 27:07 comporte une formulation contradictoire sur les prises un jour sur deux ; il ne faut pas l’utiliser comme protocole. La règle orale « jamais un jour sur deux » a notamment une exception possible avec la fluoxétine dans les recommandations NICE.
Autour de la ménopause, les recommandations distinguent symptômes dépressifs associés aux symptômes hormonaux et dépression diagnostiquée. Le traitement hormonal est une option dans certaines situations ; il ne devient pas automatiquement la première réponse à toute anxiété ou dépression. Ne changez pas un traitement sur la base d’une réponse destinée à une autre personne.
Sources scientifiques – psychotropes et psychothérapies
* Psychological therapies for people with borderline personality disorder – Psychothérapies pour les personnes ayant un trouble de la personnalité borderlineCochrane Database of Systematic Reviews, 2020. Un bénéfice moyen sur la sévérité des symptômes, avec une certitude variable selon le critère. Ne démontre pas que toutes les thérapies sont équivalentes.
* A Randomized-Controlled Trial of Mentalization-Based Treatment Compared With Structured Case Management for Borderline Personality Disorder in a Mainstream Public Health Service – Essai randomisé de mentalisation comparée à une prise en charge structurée du trouble borderline dans un service publicFrontiers in Psychiatry, 2020. Les deux groupes s’améliorent ; les résultats diffèrent selon le type de passage à l’acte. Une prise en charge structurée non spécialisée n’est pas forcément nocive.
* Childhood adversity and borderline personality disorder – Adversité pendant l’enfance et trouble borderlineActa Psychiatrica Scandinavica, 2020. Association avec l’adversité, sensible au type de comparaison et aux biais rétrospectifs. Un traumatisme n’est ni une condition nécessaire ni une cause établie par cette seule analyse.
* Effects of continuous positive airway pressure on depression and anxiety symptoms in patients with obstructive sleep apnoea: results from the sleep apnoea cardiovascular Endpoint randomised trial and meta-analysis – Effets de la pression positive continue sur la dépression et l’anxiété dans l’apnée du sommeilEClinicalMedicine, 2019. Effet moyen modeste sur les symptômes dépressifs ; aucun effet clair sur l’anxiété. La population SAVE avait aussi une maladie cardiovasculaire.
* Does CPAP treat depressive symptoms in individuals with OSA? An analysis of two 12-week randomized sham CPAP-controlled trials – La pression positive traite-t-elle les symptômes dépressifs dans l’apnée du sommeilSleep Medicine, 2020. Aucune différence moyenne sur la dépression à 12 semaines face au traitement simulé. Contre-exemple à un bénéfice systématique.
* Treatment with psychostimulants and atomoxetine in people with psychotic disorders: reassessing the risk of clinical deterioration in a real-world setting – Psychostimulants et atomoxétine dans les troubles psychotiques en conditions réellesThe British Journal of Psychiatry, 2024. Pas de hausse observée des hospitalisations dans cette population traitée aussi par antipsychotique. Étude observationnelle : ni garantie de sécurité ni justification d’une association de routine.
* Psychosis with Methylphenidate or Amphetamine in Patients with ADHD – Psychose sous méthylphénidate ou amphétamine chez des patients ayant un TDAHNew England Journal of Medicine, 2019. Risque observé plus élevé avec les amphétamines chez les 13–25 ans. Le résultat concerne la psychose et ne mesure pas tous les effets à long terme.
* Risk factors for early recurrence after discontinuing lithium in bipolar disorder – Facteurs de récidive précoce après l’arrêt du lithium dans le trouble bipolaireBipolar Disorders, 2022. Un arrêt rapide est associé à une récidive plus précoce. L’étude ne permet pas d’attribuer un épisode précis d’anxiété à une réduction de dose.
* TENTIN 5 mg, comprimé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur TentinBase de données publique des médicaments, 2026. Contient du sulfate de dexamphétamine. Le confondre avec le dexméthylphénidate est une erreur de molécule. RCP du 11 mai 2026 ; indication pédiatrique précise après réponse insuffisante au méthylphénidate.
* CONCERTA LP 18 mg, comprimé à libération prolongée – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur Concerta LP 18 mgBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. Le comprimé contient 18 mg de chlorhydrate de méthylphénidate. Son enveloppe insoluble peut être éliminée après libération du médicament ; elle ne justifie pas le calcul oral de 15 mg.
* SEROPLEX 5 mg, comprimé pelliculé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur l’escitalopramBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. L’association avec un médicament qui allonge le QT, dont les antidépresseurs tricycliques, est contre-indiquée. Un ECG normal ne supprime pas cette contre-indication.
* LAROXYL 25 mg, comprimé pelliculé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur l’amitriptylineBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. L’amitriptyline est un antidépresseur tricyclique avec des précautions concernant le rythme cardiaque. À lire avec le RCP de l’escitalopram pour l’ordonnance évoquée.
* OLANZAPINE ZENTIVA 5 mg, comprimé pelliculé – Résumé des caractéristiques du produit – Informations officielles sur l’olanzapine et ses interactionsBase de données publique des médicaments, version consultée en 2026. La fluvoxamine augmente l’exposition à l’olanzapine par inhibition du CYP1A2. Le RCP prévoit une adaptation ; il ne décrit pas une interdiction absolue de l’association.
* Depression in adults: treatment and management – Dépression de l’adulte prise en charge et traitementNICE NG222, 2022. Options après réponse insuffisante aux ISRS et arrêt progressif individualisé. Paroxétine et venlafaxine demandent une vigilance particulière ; la fluoxétine constitue une exception possible à l’alternance des prises.
* Borderline personality disorder: recognition and management – Trouble de la personnalité borderline identification et prise en chargeNICE CG78, 2009. Prise en charge structurée, gestion des crises et psychothérapies. Ne justifie pas de refuser systématiquement des soins ou d’affirmer que toute psychiatrie générale aggrave le trouble.
* Menopause: identification and management – Ménopause identification et prise en chargeNICE NG23, 2015, recommandations amendées en 2024. Distingue symptômes autour de la ménopause et dépression diagnostiquée. Le traitement hormonal ne remplace pas automatiquement la prise en charge d’un épisode dépressif.
Cette fiche a été rédigée avec l’IA.
This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe - Un patient que je suis depuis deux ans va beaucoup mieux, et sa femme finit par m’annoncer qu’il ne prend pas ses traitements. Ma première réaction ne ressemble pas du tout à ce qu’elle attendait. On part de cette consultation pour parler de ce qu’on comprend, ou pas, quand quelqu’un arrête ses médicaments.
Quand l’arrêt devient une affaire de confiance
Il y a les effets secondaires, ce que le patient perçoit de sa maladie, et ce que ses proches voient à sa place. Puis il y a le mensonge. Est-ce qu’on peut ramener tout ça à « il ne me fait pas confiance » ? Avec Pauline, on n’est pas d’accord sur tout. C’est ce qui rend la discussion intéressante.
La souffrance qu’on rajoute à la souffrance
À Noël, certains patients sont tristes et se disent qu’en plus, tout le monde est heureux. On revient sur cette comparaison et sur les intentions qu’on prête aux autres, avec un fond de généralisation – cette mauvaise habitude dont les patients ont souvent du mal à se défaire. C’est important, ne serait-ce que parce qu’une interprétation est souvent beaucoup plus lourde à porter que les faits eux-mêmes.
À lire aussi
* Je suis psychiatre et je n’ai pas vu mon humeur chuter – Encore une réduction de traitement et une dégradation que l’entourage repère avant le patient.
* Trouble bipolaire : penser le traitement au long cours – Les arbitrages entre prévention des rechutes, effets indésirables et fonctionnement au quotidien.
Point de vigilance scientifique
Le patient décrit au début va mieux sans prendre son traitement. C’est une observation clinique, pas une démonstration que les médicaments sont inutiles ou que l’arrêt est sans risque. Dans le trouble bipolaire, la non-observance est fréquente (jusqu’à 80% des patients au bout d’un an), avec des causes multiples ; la prévention des rechutes reste un objectif du traitement au long cours.
Les chiffres donnés à l’oral ne sont pas des taux universels. En particulier, CATIE rapporte 74 % d’arrêts du médicament avant 18 mois, et non trois quarts des patients sans aucun traitement à un an comme on l’a dit dans la vidéo. La formule sur la maladie mentale qui ferait mentir, et l’explication par l’économie d’énergie cérébrale ne sont que des interprétations : à ne pas prendre au pied de la lettre.
Une réduction prudente des traitements est parfois envisageable chez certains patients, mais les résultats dépendent de la population et du protocole. En pratique, on voit de tout : c’est parfois miraculeux, et les patients sont encore mieux qu’avant. Et c’est parfois dramatique, avec des rechutes fulgurantes et un retour en arrière.L’étude GARMED dont on parle souvent montre des résultats favorables dans une population sélectionnée de psychoses en rémission – des résultats qu’on ne peut pas généraliser à toutes les pathologies, bipolaires ou autres.
Sources scientifiques – Observance et arrêt des traitements
* Medication nonadherence in bipolar disorder: a narrative review – Non-observance médicamenteuse dans le trouble bipolaire : une revue narrative.Therapeutic Advances in Psychopharmacology, 2018. Effets indésirables, insight et alliance thérapeutique figurent parmi les facteurs associés. Revue narrative, sans taux applicable à tous les patients.
* The CANMAT and ISBD Guidelines for the Treatment of Bipolar Disorder: Summary and a 2023 Update of Evidence – Recommandations CANMAT et ISBD pour le traitement du trouble bipolaire : synthèse et mise à jour 2023 des données.Focus, 2023. Synthèse des recommandations pour les épisodes aigus et le traitement de maintenance, en tenant compte de l’efficacité et de la tolérance.
* Effectiveness of antipsychotic drugs in patients with chronic schizophrenia – Efficacité des antipsychotiques chez les patients atteints de schizophrénie chronique.New England Journal of Medicine, 2005. CATIE rapporte 74 % d’arrêts du médicament assigné avant 18 mois, toutes causes confondues. Changer ce médicament ne veut pas dire que les patients arrêtaient tous les soins.
* Maintenance treatment with antipsychotic drugs for schizophrenia – Traitement d’entretien de la schizophrénie par antipsychotiques.Cochrane Database of Systematic Reviews, 2020. À 7–12 mois, les rechutes concernent 24 % des participants sous antipsychotique contre 61 % sous placebo. Ces résultats sont pour la schizophrénie, et on n’a pas vraiment d’information sur le très long terme.
* Guided antipsychotic reduction to reach minimum effective dose (GARMED) in patients with remitted psychosis: a 2-year randomized controlled trial with a naturalistic cohort – Réduction guidée des antipsychotiques vers la dose minimale efficace chez des patients avec une psychose en rémission : essai randomisé de deux ans avec cohorte naturaliste.Psychological Medicine, 2023. Une réduction progressive et guidée peut réussir chez des patients sélectionnés et stables. Essai ouvert de petite taille, qui ne valide pas un arrêt non accompagné.
This is a public episode. If you'd like to discuss this with other subscribers or get access to bonus episodes, visit www.psychiatrieinternationale.com/subscribe - Des difficultés attentionnelles, une irritabilité, une hyperactivité motrice ou une dépression ne veulent pas forcément dire qu’on a affaire à un TDAH – ni à un trouble bipolaire. C’est vrai chez les mineurs comme chez les adultes.
La vidéo s’attaque à un problème que les cliniciens voient tous les jours en pratique :Comment faire la part des choses entre trouble de l’humeur et TDAH sans transformer le doute en certitude, que ce soit d’un côté ou de l’autre ?
L’importance de la trajectoire
Les symptômes ne suffisent pas pour faire le diagnostic. Il on a plusieurs validateurs externes :
la chronologie
le caractère épisodique ou permanent des symptômes
l’évolution longitudinale du sommeil et de l’énergie
les antécédents familiaux
le fonctionnement entre les épisodes
Il y en a d’autres, mais cette dimension temporelle supplémentaire explique pourquoi deux tableaux proches à un instant donné peuvent terminer sur des décisions pratiques qui n’ont rien à voir.
Traiter sans fabriquer une fausse certitude
La question se complique quand on arrive à l’étape de la prescription. Fluoxétine, méthylphénidate, lithium, lamotrigine, quétiapine ou aripiprazole ne sont pas efficaces sur les épisodes de la même façon et ne reposent pas sur le même niveau de preuve – chez l’adulte non plus, d’ailleurs.
La vidéo montre mon raisonnement, ses limites, ses dangers (car il y en a), et l’importance des parents quand le suivi compte autant que le choix initial.
Le temps fait le diagnostic.
À lire aussi – diagnostic différentiel et traitements
TDAH ou bipolaire ? Comment faire le diagnostic
TDAH et trouble bipolaire : traitement
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Psychiatrie clinique, psychopharmacologie, neurosciences et lecture critique de la littérature scientifique. Par le Dr Michael Sikorav, psychiatre www.psychiatrieinternationale.com
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