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- Alors pour commencer, il faut souligner que lorsqu’une personne vapote à côté de vous, ce que vous respirez n’est pas simplement de la vapeur d’eau.
En effet, la cigarette électronique chauffe un liquide composé généralement de propylène glycol, de glycérine, d’arômes et souvent de nicotine. Elle produit ainsi un aérosol, c’est-à-dire un nuage de minuscules particules et de substances chimiques.
Une partie est inhalée par le vapoteur, puis rejetée dans l’air.
Les personnes présentes peuvent donc elles aussi en respirer.
Mais est-ce réellement dangereux ?
Et bien une étude publiée en 2022 dans la revue scientifique Thorax s’est intéressée précisément à cette question.
Les chercheurs ont suivi 2 097 jeunes adultes américains, interrogés régulièrement entre 2014 et 2019. Ils ont comparé les personnes exposées chez elles à l’aérosol de cigarettes électroniques avec celles qui ne l’étaient pas.
Résultat : après avoir pris en compte plusieurs facteurs, notamment le tabagisme, le cannabis et l’exposition à la fumée de cigarette classique, le vapotage passif était associé à 40 % d’augmentation des probabilités de présenter des symptômes bronchitiques et à 53 % d’augmentation des probabilités de souffrir d’essoufflement.
L’association était même plus marquée lorsque les chercheurs ne considéraient que les participants qui ne fumaient et ne vapotaient pas eux-mêmes.
En revanche, aucune augmentation statistiquement significative des sifflements respiratoires n’a été retrouvée après ajustement des résultats.
Comment expliquer ces effets ?
Et bien parce que l’aérosol des cigarettes électroniques peut contenir de la nicotine, on l'a dit, mais aussi des particules ultrafines capables de pénétrer profondément dans les poumons, des composés organiques volatils ainsi que certains métaux comme le nickel, l’étain ou le plomb.
Attention hein, il faut néanmoins rester prudent.
Cette étude est observationnelle : elle montre une association, mais ne permet pas de prouver avec certitude que le vapotage passif est directement responsable de ces symptômes. Et nous manquons encore de données portant sur plusieurs décennies pour évaluer précisément les risques de maladies chroniques ou de cancers.
Une revue systématique publiée en 2026 conclut d’ailleurs que les données disponibles suggèrent des effets nocifs, notamment respiratoires, mais que les connaissances restent encore limitées.
Une chose est donc claire : le vapotage passif est probablement beaucoup moins toxique que le tabagisme passif, mais il n’est pas pour autant anodin.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Et si, au lieu de dormir sept ou huit heures d’affilée, nous répartissions notre sommeil en plusieurs périodes au cours de la journée ?
C’est le principe du sommeil polyphasique. Certaines méthodes modernes proposent par exemple une courte nuit complétée par plusieurs siestes. Les versions les plus extrêmes prétendent même permettre de fonctionner avec seulement quelques heures de sommeil par vingt-quatre heures.
À première vue, l’idée paraît séduisante : davantage de temps éveillé, moins de fatigue et plusieurs occasions de récupérer dans la journée.
Mais est-ce réellement meilleur pour notre organisme ?
Il faut d’abord rappeler que dormir en plusieurs fois n’est pas une invention récente.
Avant l’époque industrielle, certains Européens semblent avoir pratiqué ce qu’on appelle le sommeil segmenté. Ils avaient un « premier sommeil » en début de nuit, se réveillaient pendant une période parfois appelée dorveille, puis connaissaient un « second sommeil » jusqu’au matin.
Mais attention : cela ne signifie pas qu’ils dormaient moins. Leur sommeil était simplement organisé différemment.
Le problème des méthodes polyphasiques modernes apparaît surtout lorsqu’elles cherchent à réduire fortement la quantité totale de sommeil.
Une importante revue scientifique publiée en 2021 dans la revue Sleep Health a examiné les travaux disponibles sur le sujet. Les chercheurs ont retenu 22 études pertinentes. Leur conclusion est claire : ils n’ont trouvé aucune preuve démontrant que les programmes polyphasiques améliorent la santé, les performances ou les capacités cognitives. Au contraire, lorsque ces programmes provoquent un manque de sommeil, ils peuvent détériorer la vigilance, l’humeur et les performances mentales.
Une étude expérimentale publiée en 2026 est même arrivée à une conclusion préoccupante : des jeunes adultes suivant un programme polyphasique très restrictif présentaient davantage de somnolence, une vigilance diminuée et moins de sommeil profond que des sujets correctement reposés.
Cela ne signifie pas qu’une sieste soit mauvaise. Une courte sieste peut parfaitement améliorer temporairement la vigilance et réduire la sensation de fatigue.
Mais ce n’est pas la même chose que remplacer une nuit normale par une succession de petits épisodes de sommeil.
En réalité, pour la plupart des adultes, le facteur essentiel reste surtout d’obtenir suffisamment de sommeil, de façon régulière, généralement au moins sept heures par nuit.
Autrement dit, fractionner son sommeil n’est pas nécessairement dangereux.
Mais croire que quelques siestes peuvent remplacer une véritable nuit réparatrice est, pour l’instant, une promesse que la science ne confirme pas.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Après une grossesse, une mère ne conserve pas seulement des souvenirs de son enfant. Elle peut aussi conserver… certaines de ses cellules.
Et parfois pendant des dizaines d’années.
Ce phénomène étonnant porte un nom : le microchimérisme fœtal.
Pour le comprendre, il faut revenir à la grossesse. Le placenta sépare la circulation sanguine de la mère de celle du fœtus, mais cette frontière n’est pas totalement hermétique.
Pendant neuf mois, de petites quantités de cellules passent dans les deux sens. Des cellules maternelles rejoignent ainsi le fœtus, tandis que certaines cellules provenant du fœtus pénètrent dans le sang de la mère.
La grande majorité disparaît après l’accouchement.
Mais pas toutes.
Certaines peuvent s’installer dans l’organisme maternel et y survivre extrêmement longtemps. Des cellules d’origine fœtale ont ainsi été retrouvées plusieurs décennies après une grossesse, notamment dans la moelle osseuse, le foie, la peau, les poumons ou encore le cœur.
La mère devient donc, au sens biologique, une sorte de microchimère : son organisme contient une toute petite population de cellules possédant un patrimoine génétique différent du sien.
Mais que font-elles là ?
C’est précisément ce que les chercheurs essaient encore de comprendre.
Certaines de ces cellules semblent capables de migrer vers des tissus endommagés et d’adopter les caractéristiques des cellules présentes sur place. Des études suggèrent donc qu’elles pourraient participer à certains mécanismes de réparation et de cicatrisation.
Elles pourraient également interagir avec le système immunitaire de la mère.
Mais attention : cela ne signifie pas que ces cellules sont forcément bénéfiques.
Le microchimérisme a également été étudié dans certaines maladies auto-immunes et certains cancers. Les chercheurs ne savent cependant pas toujours si les cellules fœtales contribuent à la maladie, tentent au contraire de réparer les tissus touchés, ou sont simplement présentes sans jouer de rôle particulier.
Le plus fascinant est donc peut-être ailleurs.
La grossesse ne crée pas seulement un lien temporaire entre deux organismes. Elle provoque un véritable échange de cellules, dont certaines peuvent continuer à vivre dans le corps maternel longtemps après la naissance.
Autrement dit, plusieurs décennies après avoir porté son enfant, une mère peut encore posséder, littéralement, une infime partie biologique de lui en elle.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Quand une assiette est très sale, nous avons souvent tendance à utiliser de l’eau chaude. Alors, lorsqu’il s’agit de nos mains, l’idée paraît logique : plus l’eau est chaude, plus elle devrait tuer de bactéries.
Pourtant, ce n’est pratiquement pas le cas.
Se laver les mains avec de l’eau très chaude n’élimine pas davantage de microbes qu’avec de l’eau froide ou tiède.
La raison est simple : aux températures que notre peau peut supporter, l’eau n’est pas suffisamment chaude pour tuer efficacement les bactéries.
Certes, la chaleur peut détruire des micro-organismes. C’est d’ailleurs le principe de la cuisson ou de la stérilisation. Mais il faut généralement atteindre des températures bien supérieures à celles utilisées pour se laver les mains.
Une eau capable de tuer rapidement un grand nombre de bactéries risquerait donc surtout… de nous brûler.
Alors comment le lavage des mains fonctionne-t-il ?
Son efficacité repose beaucoup moins sur la température que sur trois éléments : le savon, le frottement et le rinçage.
Les molécules du savon ont une propriété particulière. Une partie est attirée par l’eau, tandis qu’une autre est attirée par les graisses.
Or notre peau est recouverte d’une fine couche de sébum dans laquelle peuvent se retrouver des microbes et des particules de saleté.
Lorsque nous nous savonnons les mains, le savon aide à détacher ces graisses et les micro-organismes qui y adhèrent. Le frottement des mains les décolle mécaniquement de la peau, puis l’eau courante les entraîne dans le lavabo.
Autrement dit, le but n’est pas principalement de « tuer » les bactéries, mais de les retirer.
Une étude menée par l’université Rutgers l’a bien montré. Des volontaires se sont lavé les mains avec une eau allant d’environ 15 à 38 degrés. Résultat : la température n’a pas eu d’effet significatif sur la quantité de bactéries éliminées.
Ce qui compte davantage, c’est de bien savonner toute la surface des mains, notamment entre les doigts et autour des ongles, et de frotter suffisamment longtemps. Les autorités sanitaires recommandent généralement environ 20 secondes.
Utiliser une eau brûlante peut même être contre-productif : des lavages répétés à température élevée peuvent irriter et dessécher la peau.
Vous pouvez donc choisir la température qui vous semble confortable.
Pour avoir les mains propres, ce n’est pas la chaleur qui fait la différence.
C’est surtout la façon dont vous les lavez.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Il s'agit d'une fatigue si profonde qu’une simple promenade, quelques courses ou même une conversation un peu longue peuvent vous épuiser pendant plusieurs jours. Oui ! C’est ce que peuvent vivre les personnes atteintes du syndrome de fatigue chronique, également appelé encéphalomyélite myalgique.
Et contrairement à une idée longtemps répandue, il ne s’agit pas simplement d’être « très fatigué », ni d’un manque de volonté.
D'ailleurs l’Organisation mondiale de la santé reconnaît depuis longtemps cette affection, et les autorités sanitaires considèrent aujourd’hui qu’il s’agit d’une véritable maladie, même si ses mécanismes biologiques restent encore imparfaitement compris.
Malgré tout, le symptôme le plus évident est évidemment une fatigue importante et persistante.
Mais cette fatigue possède une caractéristique essentielle : elle n’est pas réellement soulagée par le repos et entraîne une diminution importante des activités que la personne pouvait auparavant accomplir.
Et surtout, l’un des signes les plus caractéristiques porte un nom : le « malaise post-effort ». En effet, après un effort physique ou intellectuel parfois très modeste, les symptômes s’aggravent de manière disproportionnée.
Une personne peut par exemple se sentir relativement bien, faire une promenade ou participer à un repas de famille, puis connaître quelques heures plus tard, voire le lendemain, une véritable aggravation : épuisement, douleurs, difficultés à réfléchir ou symptômes ressemblant à ceux d’une infection.
Et cette détérioration peut durer plusieurs jours, parfois davantage.
Ensuite, d’autres manifestations sont fréquentes.
Par exemple, le sommeil peut ne plus être réparateur : la personne dort mais se réveille aussi épuisée qu’avant de se coucher.
Des troubles cognitifs peuvent également apparaître. Les malades parlent souvent de « brouillard cérébral » : difficultés de concentration, mémoire moins efficace ou impression de réfléchir au ralenti.
Enfin certains souffrent de douleurs musculaires ou articulaires, de maux de tête et d’une intolérance à la position debout, avec vertiges, palpitations ou sensation de faiblesse.
Mais alors, pourquoi cette maladie apparaît-elle ?
Et bien, on ne le sait pas encore précisément. Chez certaines personnes, elle débute après une infection, notamment virale. Les chercheurs étudient plusieurs pistes impliquant le système immunitaire, le système nerveux autonome ou encore le métabolisme énergétique.
Il n’existe d’ailleurs aucun test sanguin unique permettant de confirmer la maladie.
Le diagnostic repose donc sur un ensemble de symptômes caractéristiques, leur durée et l’exclusion d’autres maladies pouvant provoquer une fatigue persistante, comme une anémie, une hypothyroïdie ou certains troubles du sommeil.
Et c’est précisément ce qui rend cette maladie si difficile à identifier.
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