C’est une annonce qui semble tout droit sortie de la science-fiction : en Australie, des chercheurs du CSIRO, l’agence nationale de recherche scientifique, en collaboration avec l’université de Melbourne et RMIT, ont mis au point un premier prototype de batterie quantique capable de réaliser un cycle complet : charge, stockage, puis décharge. Sur le papier, les perspectives sont vertigineuses. Le physicien James Quach évoque, à long terme, des voitures électriques rechargeables plus vite qu’un plein d’essence, ou encore des appareils alimentés à distance par laser. Mais il tempère immédiatement : à ce stade, la capacité du prototype est extrêmement faible, insuffisante pour alimenter le moindre appareil du quotidien.
Concrètement, l’énergie stockée se mesure en milliards d’électronvolts, une unité utilisée en physique des particules, et surtout, elle ne reste disponible que quelques nanosecondes, c’est-à-dire des milliardièmes de seconde. Autant dire que l’énergie disparaît presque aussitôt stockée. Alors, qu’est-ce qui rend cette technologie si particulière ? Elle repose sur un phénomène quantique appelé « effet collectif ». Dans une batterie classique, comme celles au lithium-ion, plus vous ajoutez de cellules, plus le temps de charge augmente. Ici, c’est l’inverse : les unités de stockage interagissent entre elles et se comportent comme un seul système. Résultat, plus la batterie est grande, plus elle peut se charger rapidement. Théoriquement, si l’on multiplie le nombre d’unités, le temps de charge diminue selon une racine carrée, un gain spectaculaire.
Le prototype repose sur une microcavité organique, une structure capable de piéger la lumière. Cette lumière est absorbée en un seul événement massif, appelé « super-absorption », permettant une charge extrêmement rapide. Les chercheurs ont mesuré des temps de charge de l’ordre de la femtoseconde, un millionième de milliardième de seconde, grâce à des lasers ultra-précis. Mais le défi reste immense : retenir l’énergie. Même après des progrès récents, une durée de stockage multipliée par mille en 2025, on reste très loin des besoins pratiques. Pour l’instant, cette technologie pourrait surtout trouver sa place dans les ordinateurs quantiques, qui nécessitent des sources d’énergie extrêmement stables et précises. En parallèle, les chercheurs explorent des solutions hybrides, combinant vitesse quantique et stockage classique.
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