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    L’astronomie rejette 36 tonnes de CO2 par chercheur chaque année ?

    06/04/2026 | 2 min
    La réduction des émissions de gaz à effet de serre est aujourd’hui un enjeu mondial. Et selon le Global Carbon Project, les émissions de CO₂ ont déjà retrouvé, dès 2021, leur niveau d’avant la crise du Covid-19. Dans ce contexte, chaque effort compte, y compris dans des domaines auxquels on pense moins, comme la recherche scientifique. C’est précisément ce qu’a voulu mesurer une équipe de l’Institut de Recherche en Astrophysique et Planétologie, à Toulouse. Dirigés par le chercheur Jürgen Knödlseder, ces scientifiques ont étudié l’empreinte carbone de leur propre discipline : l’astronomie. Leurs résultats ont été publiés en mars 2022 dans la revue Nature Astronomy.

    Premier constat : l’astronomie émet une quantité significative de CO₂. Et cette empreinte pourrait même être en hausse. Pour y parvenir, les chercheurs ont d’abord tenté d’évaluer les émissions de leur institut. Mais ils ont rapidement élargi leur analyse. Car dans ce domaine, les infrastructures sont dispersées à l’échelle mondiale : télescopes, observatoires, missions spatiales… Autant d’équipements énergivores. Au total, l’étude a porté sur une quarantaine d’observatoires et de télescopes, ainsi qu’une cinquantaine de missions spatiales majeures. Mais un obstacle important est apparu : le manque de données précises. Faute de transparence sur les émissions réelles, les chercheurs ont utilisé une méthode indirecte, appelée « ratio monétaire ». Elle consiste à estimer les émissions à partir du coût financier des projets, une approche utile, mais entachée d’incertitudes.

    Malgré ces limites, les résultats donnent un ordre de grandeur. Depuis leur création, ces infrastructures auraient généré environ 20,3 millions de tonnes de CO₂. En moyenne, cela correspond à environ 1,2 million de tonnes par an, soit l’équivalent des émissions d’un petit pays comme la Croatie. À l’échelle individuelle, chaque astronome serait responsable d’environ 36 tonnes de CO₂ par an, bien au-dessus de la moyenne française, autour de 10 tonnes. Cela équivaut, par exemple, aux émissions d’une voiture parcourant 150 000 kilomètres. Mais réduire cette empreinte s’annonce complexe. Les projets deviennent de plus en plus ambitieux, et donc plus gourmands en ressources. De nouvelles infrastructures sont en construction, comme l’Extremely Large Telescope en Europe.
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    Bientôt un vrai recyclage des batteries en France ?

    05/04/2026 | 2 min
    Les terres rares, malgré leur nom, ne sont pas forcément rares… mais elles sont devenues stratégiques. Ce groupe de 17 métaux, parmi lesquels le néodyme, le samarium ou encore le dysprosium, est indispensable à de nombreuses technologies du quotidien. On les retrouve dans les moteurs de véhicules électriques, les éoliennes, les smartphones ou encore certains équipements électroniques.

    Le problème, c’est la dépendance. Aujourd’hui, la Chine domine largement ce marché. Elle assure environ 70 % de la production mondiale, et jusqu’à 90 % des opérations de traitement et de séparation, des étapes clés pour rendre ces matériaux utilisables. Même si des pays comme les États-Unis produisent aussi des terres rares, une grande partie du monde reste tributaire de l’industrie chinoise. Face à ce constat, la France tente de reprendre la main. L’État vient de soutenir un projet porté par Caremag, filiale du groupe Carester, spécialisée dans l’expertise des terres rares. Au total, 106 millions d’euros d’investissement public, auxquels s’ajoutent 110 millions apportés par le groupe japonais Iwatani Corporation. Ensemble, ils ont créé une coentreprise baptisée Japan France Rare Earth Company.

    Le projet : construire une usine de recyclage à Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, avec une mise en service prévue fin 2026. L’objectif est ambitieux : recycler chaque année environ 2 000 tonnes d’aimants, ces composants riches en terres rares, et traiter jusqu’à 5 000 tonnes de concentrés miniers. L’installation pourrait devenir le premier site de recyclage de ce type en Europe, et un acteur majeur pour certaines terres rares dites « lourdes », comme le terbium ou le dysprosium. L’enjeu dépasse la seule industrie française. Il s’agit aussi de renforcer l’autonomie européenne, notamment dans la production d’aimants permanents, essentiels à la transition énergétique.
    Parallèlement, une autre piste est à l’étude : relancer l’exploitation minière sur le territoire. Un inventaire des ressources stratégiques vient d’être lancé, piloté par le Bureau de Recherches Géologiques et Minières. Mais à court terme, le recyclage apparaît comme une solution clé. Moins polluant, moins énergivore et moins gourmand en eau que l’extraction minière, il pourrait devenir un levier majeur pour sécuriser l’approvisionnement… tout en limitant l’impact environnemental.
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    Les parkings doivent se couvrir de panneaux solaires ?

    02/04/2026 | 2 min
    C’est une transformation discrète, mais potentiellement massive, qui se prépare sur les parkings français. Avec la loi du 10 mars 2023, l’État a affiché un objectif clair : accélérer le développement des énergies renouvelables pour combler le retard de la France, qui, encore récemment, peinait à atteindre les objectifs européens, notamment les 23 % d’énergie renouvelable dans sa consommation.

    Un décret publié en novembre 2024 vient désormais préciser les règles du jeu. Il impose aux parkings de plus de 1 500 m² d’installer des ombrières équipées de dispositifs de production d’énergie renouvelable, le plus souvent des panneaux photovoltaïques. Concrètement, il s’agit de structures couvertes, installées au-dessus des places de stationnement, capables à la fois de protéger les véhicules du soleil… et de produire de l’électricité.

    Le calendrier est fixé. Les plus grands parkings, ceux de plus de 10 000 m², devront être conformes dès juillet 2026. Pour les surfaces comprises entre 1 500 et 10 000 m², l’échéance est repoussée à 2028. Dans tous les cas, au moins 50 % de la surface devra être équipée. Les grandes surfaces sont en première ligne : leurs parkings représentent à eux seuls environ 70 millions de mètres carrés en France. Le texte prévoit aussi des sanctions. En cas de non-respect, l’amende peut atteindre 50 euros par mètre carré non équipé. Pour un parking de 3 000 m², cela représente potentiellement 150 000 euros. De quoi inciter fortement à se mettre en conformité. Malgré cela, certaines enseignes ont demandé un report de deux ans, sans succès.

    Au-delà de la contrainte, cette mesure change la nature même des parkings. D’espaces purement utilitaires, ils deviennent des sites de production énergétique. L’électricité générée pourra être utilisée localement, par exemple pour alimenter des bornes de recharge pour véhicules électriques. Certes, ces installations représentent un coût important à l’investissement. Mais elles participent à réduire l’empreinte carbone des grandes surfaces, souvent critiquées pour leur consommation énergétique. Autrement dit, demain, faire ses courses pourrait aussi contribuer, indirectement, à produire de l’énergie.
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    Panasonic se réoriente vers les batteries ?

    01/04/2026 | 2 min
    On parle souvent de l’intelligence artificielle comme d’une course aux puces électroniques, ces fameux GPU, et à la mémoire ultra-rapide, comme la HBM. Mais une autre ressource devient tout aussi stratégique, et beaucoup moins visible : les batteries.

    Le groupe japonais Panasonic vient d’annoncer un virage industriel majeur. Objectif : tripler sa production de cellules lithium-ion au Japon et adapter certaines de ses usines, notamment aux États-Unis, pour répondre à une demande en forte hausse. À la clé, une ambition claire : atteindre 800 milliards de yens de chiffre d’affaires dans les batteries destinées aux datacenters d’ici 2029, soit environ 5 milliards de dollars, quatre fois plus qu’aujourd’hui.

    Mais attention, ces batteries ne servent pas directement à alimenter les serveurs. Elles jouent un rôle de sécurité. En cas de coupure électrique, elles prennent le relais pendant quelques minutes, comme des onduleurs, ces dispositifs qui stabilisent et maintiennent le courant. Elles permettent aussi de stocker de l’électricité pour la restituer lorsque les prix de l’énergie augmentent. Pour répondre à cette demande, Panasonic réoriente même une partie de ses lignes de production, initialement dédiées à l’automobile. Le groupe affirme que 80 % de sa capacité future est déjà réservée par des clients, et revendique environ 80 % de parts de marché sur ce segment. Des chiffres à prendre avec précaution : ils proviennent de l’entreprise elle-même et ne sont pas, à ce stade, confirmés par des sources indépendantes.

    En parallèle, Panasonic développe aussi des supercondensateurs, des composants capables de stocker et restituer de l’énergie très rapidement, utiles pour absorber les variations de charge dans les centres de données. Le contexte rend cette stratégie crédible. La demande énergétique des datacenters explose. Selon certaines estimations, leur consommation pourrait quadrupler d’ici 2030. Aux États-Unis, la puissance nécessaire pourrait atteindre 74 gigawatts d’ici 2028, avec un déficit important à la clé.

    Le scénario rappelle celui de certaines mémoires informatiques, déjà vendues avant même d’être produites. Alors, faut-il craindre une pénurie de batteries ? Il est encore trop tôt pour l’affirmer. Mais tous les ingrédients sont là : une demande en forte croissance, des capacités limitées… et une industrie sous tension.
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    La France pose 144 M€ pour produire de l'hydrogène vert ?

    31/03/2026 | 2 min
    C’est un projet industriel qui illustre concrètement la transition énergétique en cours. Vendredi, l’entreprise HyforSeeds a obtenu un soutien public de 144 millions d’euros de l’État français, validé par la Commission européenne, pour construire une unité de production d’hydrogène renouvelable en Alsace. Au cœur du dispositif : un électrolyseur de 50 mégawatts. Cet équipement permet de produire de l’hydrogène à partir d’eau et d’électricité, à condition que cette électricité soit d’origine renouvelable, comme l’éolien ou le solaire. L’installation sera implantée dans la zone industrielle d’Ottmarsheim-Chalampé, dans le Haut-Rhin, directement sur le site du chimiste LAT Nitrogen, un acteur majeur de la production d’engrais.

    L’idée est simple : connecter cette nouvelle source d’hydrogène « vert » à une industrie qui consomme déjà massivement ce gaz. Car aujourd’hui, l’hydrogène utilisé pour fabriquer l’ammoniac, un composant essentiel des engrais, est majoritairement produit à partir de gaz naturel. Un procédé très émetteur de CO₂. Avec ce projet, jusqu’à 15 % de cet hydrogène fossile pourra être remplacé par une alternative renouvelable. Une proportion qui peut sembler modeste, mais dont l’impact est significatif : au moins 70 % de réduction des émissions liées à cette production, soit plus de 46 000 tonnes de CO₂ évitées chaque année, l’équivalent des émissions d’environ 25 000 voitures.

    Le financement public couvrira une partie des coûts, notamment la construction de l’électrolyseur et des infrastructures associées. La Commission européenne a estimé que cette aide était indispensable : sans elle, le projet n’aurait pas vu le jour. Elle a également vérifié qu’elle respectait les règles encadrant les aides d’État, conçues pour éviter toute distorsion de concurrence entre entreprises. Pour Bruxelles, ce projet s’inscrit pleinement dans les objectifs climatiques de l’Union. D’ici 2030, 42 % de l’hydrogène consommé par l’industrie devra être renouvelable, puis 60 % en 2035. Autrement dit, la transformation est déjà en marche. Et elle passera, concrètement, par ce type d’installations, déployées progressivement sur les grands sites industriels européens.
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