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  • Choses à Savoir TECH VERTE

    L’ébullition saturée, la révolution pour refroidir les data center ?

    29/06/2026 | 2 min
    L’intelligence artificielle ne fait pas seulement grandir les centres de données. Elle les rend aussi beaucoup plus énergivores. Aux États-Unis, ces infrastructures pourraient représenter entre 9 et 17 % de la consommation électrique d’ici la fin de la décennie. À l’échelle mondiale, elles pourraient bientôt consommer autant d’eau que 1,3 milliard de personnes.

    Le problème est d’autant plus frappant qu’une part importante de cette énergie ne sert pas directement à faire tourner les modèles d’IA. Près d’un tiers de l’électricité utilisée par les data centers est consacré au refroidissement des puces. Autrement dit, une grande partie de l’effort énergétique vise simplement à éviter la surchauffe. C’est précisément à ce défi que veut répondre Ferveret. L’entreprise développe un système de refroidissement par immersion, fondé sur des bacs dans lesquels les serveurs sont plongés dans un liquide spécial. Contrairement aux méthodes classiques, ce procédé n’a pas besoin de ventilateurs et ne consomme pas d’eau.

    La technologie repose sur un phénomène appelé ébullition saturée. L’idée vient notamment des systèmes utilisés dans les réacteurs nucléaires. Lorsque les composants chauffent, le liquide forme de grosses bulles de vapeur. En se détachant, ces bulles évacuent la chaleur, puis la surface des composants est rapidement réhumidifiée. Ce cycle accélère le transfert thermique, tout en limitant fortement la dépense énergétique. Ferveret ne propose pas de gigantesques cuves d’immersion, difficiles à intégrer. L’entreprise mise plutôt sur des modules montés en rack, chaque bac contenant un serveur. Cette architecture facilite l’installation dans les data centers existants, ainsi que la maintenance. Chaque module est aussi associé à un logiciel capable de surveiller la température, la pression du liquide et la consommation électrique avec une grande précision.

    La technologie est déjà testée avec CleanSpark, FuriosaAI et Switch. Selon une étude menée avec l’UCLA, Ferveret aurait amélioré de 15 % l’efficacité énergétique des calculs par rapport aux meilleurs systèmes actuels. Avec son pilotage logiciel, l’entreprise affirme même pouvoir générer 35 % de tokens supplémentaires à consommation égale. Surtout, l’absence d’eau change la donne. Dans les régions très ensoleillées mais pauvres en ressources hydriques, cette solution pourrait faciliter l’implantation de data centers alimentés par le solaire, de l’Afrique au Moyen-Orient, jusqu’à certaines zones d’Europe et des États-Unis.
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    Quel est l'impact des satellites sur la stratosphère et l'ozone ?

    28/06/2026 | 2 min
    L’espace devient de plus en plus encombré. Il y a dix ans, moins de 300 satellites étaient lancés chaque année dans le monde. En 2025, on dépassait les 2 800. Cette explosion du secteur spatial pose désormais une question longtemps restée secondaire : que deviennent tous ces objets lorsqu’ils retombent sur Terre ?
    Un satellite en fin de vie ne disparaît pas proprement. En rentrant dans l’atmosphère, il brûle dans les couches supérieures, notamment dans la mésosphère, entre 40 et 100 kilomètres d’altitude. Cette combustion libère des gaz et des particules métalliques : aluminium, cuivre, plomb, lithium. Ces éléments descendent ensuite progressivement vers la stratosphère, où se trouve la couche d’ozone. Un livre blanc signé par une cinquantaine de chercheurs européens et américains, sous l’égide du Comité européen des sciences spatiales, alerte sur ce phénomène. Selon ses auteurs, le secteur spatial se développe beaucoup plus vite que notre capacité à mesurer ses effets. En 2023, la campagne aéroportée SABRE a déjà montré qu’environ 10 % des particules d’aérosols stratosphériques prélevées à 19 kilomètres d’altitude contenaient des métaux issus de la désintégration de satellites.

    Le risque n’est pas seulement chimique ou théorique. Certaines particules peuvent favoriser des réactions qui détruisent l’ozone. D’autres peuvent participer à la formation de nuages stratosphériques polaires, eux aussi impliqués dans l’affaiblissement de cette protection naturelle contre les ultraviolets. Il existe même un paradoxe réglementaire. Pour limiter les collisions en orbite, les règles imposent désormais aux satellites de redescendre plus vite, en moins de cinq ans. Et la stratégie dite « Design for Demise » encourage à concevoir des engins qui brûlent entièrement à la rentrée. Bonne intention, mais effet pervers : plus de combustion signifie aussi plus d’émissions dans l’atmosphère.

    Face à ces incertitudes, le groupe AIRL, lancé par l’Agence spatiale européenne et le Comité européen des sciences spatiales, propose un programme de recherche baptisé SPHERE. Avions, ballons stratosphériques et fusées-sondes doivent mesurer directement ces pollutions en altitude. Budget estimé : entre 6,4 et 8,7 millions d’euros. Les chercheurs appellent aussi à revoir le droit spatial, encore centré sur les impacts locaux des lancements. Et ils rappellent qu’une autre voie existe : récupérer les satellites grâce à des rentrées contrôlées, plutôt que brûler dans l’atmosphère des matériaux aussi précieux que l’aluminium ou le lithium.
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    Désaliniser l’eau de mer sans énergie ?

    25/06/2026 | 2 min
    Et si l’on pouvait produire de l’eau potable avec le soleil, sans rejeter de saumure polluante, tout en récupérant au passage des minéraux précieux comme le lithium ? C’est la piste ouverte par des chercheurs de l’Université de Rochester, aux États-Unis, au sein de son Institute of Optics. Leur technologie, développée sous la direction de Chunlei Guo, repose sur des panneaux solaires d’un genre particulier : des surfaces métalliques noires, finement modifiées au laser.

    Le principe est à la fois simple et ingénieux. Les chercheurs utilisent un laser femtoseconde, c’est-à-dire un laser capable d’agir sur des temps extrêmement courts, pour texturer le métal à très petite échelle. Cette surface devient alors capable d’absorber presque toute l’énergie solaire. Une fine couche d’eau s’y dépose, chauffe, s’évapore, puis se distille. Autrement dit, l’eau salée se transforme en vapeur, puis en eau douce, laissant derrière elle les sels et minéraux. L’intérêt majeur de cette méthode concerne l’absence de saumure rejetée. Dans les procédés classiques de désalinisation, cette eau très concentrée en sel est souvent renvoyée dans le milieu marin. Elle peut augmenter localement la salinité, réduire l’oxygène disponible et fragiliser la biodiversité. Ici, les résidus ne sont pas rejetés : ils sont récupérés.

    La technologie va même plus loin. La partie active du panneau favorise l’évaporation, tandis qu’une zone passive, non traitée, collecte les sels et minéraux. Les chercheurs exploitent pour cela un phénomène connu sous le nom d’« auréole de café » : lorsqu’une goutte sèche, les particules se concentrent sur les bords. Le même mécanisme permet ici d’acheminer les sels vers une zone où ils peuvent être extraits sans obstruer le système. Des nanoparticules d’hydrure de titane intégrées à la surface facilitent notamment la récupération du lithium, un métal stratégique pour les batteries. Les essais menés avec des eaux du Pacifique, de l’Atlantique, de l’océan Indien et du Grand Lac Salé montrent des résultats prometteurs. Environ 50 % du lithium présent dans les sels résiduels du Grand Lac Salé a pu être extrait.
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    Produire de l’électricité en mélangeant eau douce et de mer ?

    24/06/2026 | 2 min
    À Fukuoka, dans le sud du Japon, une centrale électrique mise sur une énergie encore méconnue : l’énergie osmotique. Inaugurée l’été dernier, cette installation exploite une idée simple en apparence, mais techniquement complexe : produire de l’électricité grâce à la rencontre entre l’eau douce et l’eau salée.

    On appelle parfois cette ressource « énergie bleue ». Elle repose sur le gradient de salinité, c’est-à-dire la différence de concentration en sel entre deux eaux. Lorsqu’une eau douce et une eau très salée sont séparées par une membrane spéciale, l’eau douce tend naturellement à passer vers le côté le plus salé. Ce mouvement crée une pression, qui peut ensuite être utilisée pour faire tourner une turbine et produire de l’électricité.

    La centrale de Fukuoka utilise précisément cette méthode, appelée osmose par pression retardée, ou PRO. Elle a été installée dans l’enceinte du centre de dessalement Uminonakamichi Nata. L’intérêt de ce site est particulier : il permet d’utiliser de la saumure, c’est-à-dire une eau très concentrée en sel, issue du dessalement, ainsi que des eaux usées traitées. Cette combinaison renforce l’écart de salinité, améliore le rendement et limite l’impact environnemental. L’installation est présentée comme la première de ce type en Asie et la deuxième au monde à fonctionner en continu. Sa production attendue atteint 880 000 kilowattheures par an, soit de quoi alimenter environ 220 à 300 foyers japonais. C’est l’équivalent de deux terrains de football couverts de panneaux solaires très performants.

    Mais cette technologie reste chère. Son coût est estimé à environ 2,20 euros par kilowattheure, un niveau encore trop élevé pour concurrencer les grandes filières énergétiques actuelles. Le principal défi concerne les membranes osmotiques, dont l’efficacité doit encore progresser. L’intérêt mondial demeure pourtant réel. Des projets existent ou ont existé au Danemark, en Corée du Sud, en Espagne, au Qatar ou en Australie. Dans les scénarios les plus optimistes, l’énergie osmotique pourrait couvrir jusqu’à 15 % de la demande énergétique mondiale. Pour les spécialistes, Fukuoka représente donc une étape modeste, mais importante : la preuve qu’une énergie propre, continue et renouvelable peut aussi naître du simple contraste entre sel et eau douce.
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    Bilan inquiétant, un an après le sommet de Nice ?

    23/06/2026 | 2 min
    Un an après la Conférence des Nations unies sur l’océan organisée à Nice, le bilan reste contrasté. Sur le plan diplomatique, les avancées sont réelles. Sur le plan scientifique, en revanche, l’état des océans continue de se dégrader.

    Le 8 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale des océans, les chercheurs ont rappelé l’ampleur des pressions exercées sur les mers : réchauffement climatique, pollution, pêche illicite, recul de la biodiversité. En juin 2025, Nice avait accueilli 175 pays pour tenter de renforcer la protection de cet espace vital. L’un des principaux résultats avait été l’accélération des ratifications de l’accord BBNJ, destiné à protéger la biodiversité en haute mer, c’est-à-dire dans les zones situées au-delà des juridictions nationales.

    Depuis, plus de 90 pays ont ratifié le texte. Son entrée en vigueur en janvier 2026 a marqué une étape importante pour la gouvernance internationale des océans. Les responsables espèrent désormais dépasser 110, voire 120 États membres avant la première COP Océan, prévue à New York en janvier 2027. La France a, elle aussi, annoncé de nouvelles mesures. Trois grandes aires marines, en Guadeloupe, dans la baie d’Audierne et dans les Terres australes et antarctiques françaises, bénéficient d’une protection renforcée. Le gouvernement affirme que plus de 14,6 % des eaux françaises sont désormais placées sous protection forte. Un plan contre les déchets plastiques en mer a également été présenté.

    Mais les données scientifiques tempèrent fortement cet optimisme. Le baromètre Starfish 2026, élaboré par 29 chercheurs de 14 pays, montre que 84,4 % des récifs coralliens mondiaux ont subi un stress thermique sévère, provoquant leur blanchissement. Le rythme d’élévation du niveau de la mer a doublé sur la période 2012-2025. Et 1 685 espèces marines sont aujourd’hui menacées de disparition, soit huit de plus que lors du précédent décompte. Les aires marines protégées couvrent désormais plus de 10 % de l’océan mondial, une première. Mais seules 3,2 % bénéficient d’une protection élevée ou intégrale. L’objectif de 30 % d’ici 2030 reste donc lointain. Le paradoxe est là : la mobilisation politique progresse, mais les indicateurs écologiques continuent de virer au rouge.
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