Odeurs corporelles et consommation de protéines ?
On pense souvent que « la sueur sent ». En réalité, la sueur fraîche est presque inodore. L’odeur apparaît surtout quand les bactéries de la peau transforment certains composés présents dans nos sécrétions.
1) Le rôle des bactéries de la peau
Nos aisselles, l’aine ou le cuir chevelu contiennent des glandes dites apocrines qui sécrètent un liquide riche en lipides et en protéines. Ce liquide est peu odorant au départ.
Ce sont des bactéries cutanées (par exemple Corynebacterium et Staphylococcus) qui le dégradent en molécules volatiles responsables d’odeurs (acides gras, amines, composés soufrés) (Sato et al., 1989 ; Troccaz et al., 2015).
2) Le rôle de l’intestin
La plupart des protéines que nous mangeons sont bien digérées. Mais lorsqu’on en consomme beaucoup, ou si le transit est lent, une petite partie peut atteindre le côlon.
Là, le microbiote intestinal les fermente et produit notamment :
ammoniac
indole
skatole
composés soufrés
Ces molécules sont odorantes. Une partie est éliminée dans les selles, une autre peut passer dans le sang, être transformée par le foie, puis éliminée en petite quantité par l’urine, la sueur ou l’air expiré (Windey et al., 2012).
3) Protéines animales, fibres et équilibre
Les régimes riches en protéines animales et pauvres en fibres favorisent davantage la fermentation dite « protéique », associée à des composés plus odorants.
À l’inverse, les fibres nourrissent des bactéries produisant des acides gras à chaîne courte (plutôt protecteurs) et limitent cette fermentation (Russell et al., 2011).
4) Ce qu’il faut retenir
L’odeur dépend de l’équilibre du microbiote intestinal et cutané.
L’hydratation, l’hygiène, le stress et les hormones jouent aussi un rôle.
Si vous constatez une odeur corporelle plus marquée :
augmentez votre consommation de fibres (légumes, fruits, légumineuses), assurez une bonne hydratation, évitez les excès prolongés de protéines animales et maintenez une activité physique régulière.
L’odeur corporelle est souvent un signal d’équilibre interne, pas forcément un signe de maladie.
Sources :
Sato K. et al. Physiology, pharmacology, and biochemistry of the eccrine sweat gland. Physiological Reviews. 1989.
Troccaz M. et al. Mapping axillary microbiota responsible for body odours. Journal of Investigative Dermatology. 2015.
Windey K. et al. Protein fermentation in the gut: implications for health. Gut. 2012.
Russell WR. et al. High-protein, low-carbohydrate diet alters gut microbiota and metabolites. American Journal of Clinical Nutrition. 2011.
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