Grossesse, accouchement : pourquoi notre système de santé ne suffit plus à nous accompagner ?
Nous n’avons probablement jamais bénéficié d’autant de sécurité médicale autour de la grossesse et de la naissance. Pourtant, de nombreuses femmes et de nombreux couples ressortent de cette expérience avec le sentiment de ne pas avoir été véritablement accompagnés.
Comment expliquer ce paradoxe ?
Dans cet épisode, je propose une réflexion sur les limites de notre système de santé actuel lorsqu’il s’agit d’accompagner une expérience aussi profondément humaine que la grossesse et l’accouchement.
Car si la surveillance médicale est indispensable et sauve chaque jour des vies, elle ne répond pas à elle seule aux besoins psychiques, émotionnels, relationnels et existentiels que traversent les futurs parents. Notre modèle reste largement construit autour du dépistage des risques et du traitement des complications, alors que la grossesse est aussi une période de transformation identitaire, corporelle et familiale majeure.
Nous parlerons de consentement, de choix éclairés, de continuité dans les soins, de médicalisation croissante des naissances, mais aussi de l’effacement progressif des réseaux de transmission et de soutien entre femmes au cours de l’histoire.
L’Organisation Mondiale de la Santé rappelle pourtant que l’objectif des soins périnataux ne devrait pas seulement être d’obtenir un bébé et une mère en bonne santé, mais aussi de permettre une expérience positive de la grossesse et de l’accouchement, grâce à des soins centrés sur les besoins, les préférences et les droits des femmes. L’OMS souligne également que l’augmentation des interventions médicales dans les naissances sans complication peut parfois altérer l’expérience vécue lorsqu’elles ne sont pas réellement nécessaires. (Organisation mondiale de la santé)
Nous ferons également le lien avec les travaux de la Commission des 1000 premiers jours, présidée par Boris Cyrulnik, qui insiste sur l’importance du soutien psychique et social des parents, de la prévention de l’isolement et de la création d’environnements sécurisants pour les familles. Le rapport souligne notamment la nécessité de renforcer l’accompagnement en santé mentale périnatale et de redonner aux parents davantage de pouvoir d’agir. (Santé.gouv)
Et si le véritable défi aujourd’hui n’était plus seulement de sécuriser la naissance, mais de réussir à conjuguer sécurité médicale, autonomie des femmes, qualité du lien humain et respect de l’expérience vécue ?
Un épisode pour prendre du recul, questionner certaines évidences et imaginer ce que pourrait être une périnatalité réellement au service des familles.
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