4 épisodes
- Quand on pense au muscle, on pense spontanément à la force, au mouvement, à la performance. On imagine un tissu mécanique, capable de tirer sur les os, de produire de la puissance, de stabiliser une articulation ou de brûler des calories. Pendant longtemps, cette vision a dominé notre manière de parler d’activité physique. Faire du sport, c’était dépenser de l’énergie, améliorer son cœur, augmenter sa masse musculaire, perdre du gras.
Mais depuis une vingtaine d’années, une autre image du muscle s’est imposée dans la littérature scientifique. Une image plus discrète, mais peut-être encore plus fascinante : le muscle n’est pas seulement une machine. C’est aussi un organe de communication.
À chaque contraction, il libère des signaux. Des molécules capables d’agir localement, dans le muscle lui-même, mais aussi à distance, sur le foie, le tissu adipeux, le pancréas, l’os, le cerveau, le système immunitaire, l’intestin, et peut-être même certaines tumeurs. Ces molécules, lorsqu’elles sont produites ou sécrétées par le muscle sont appelées des myokines. Et lorsqu’on élargit le regard à l’ensemble des facteurs libérés par l’organisme en réponse à l’exercice, on parle d’exerkines. Myokines et exerkines sont des molécules de signalisation de type cytokine.
Cette idée change profondément notre lecture de l’exercice physique. Elle permet de comprendre pourquoi une séance de course, de vélo, de musculation ou de marche rapide peut avoir des effets qui dépassent largement le muscle qui travaille. Elle aide aussi à expliquer comment une contrainte ponctuelle, parfois brève, parfois inconfortable, peut produire des bénéfices aussi larges sur la santé métabolique, l’inflammation, le vieillissement, le cancer ou la cognition.
Bienvenue dans ce nouvel épisode du Sci-Sport Podcast, où nous approfondissons notre compréhension du sport et de la santé. Je m’appelle Pierre Debraux, je suis docteur en sciences du sport et cofondateur de Sci-Sport.com.
Nous allons voir ce que le muscle dit au reste du corps lorsqu'il se contracte. Et surtout, jusqu’où ces messages moléculaires permettent-ils d’expliquer les effets protecteurs de l’exercice...
Chapitres :
(00:00) Et si l’exercice était d’abord une conversation ?
(02:16) Le muscle n’est pas seulement un moteur : c’est un organe endocrine
(04:51) L’IL-6 : le signal qui a obligé les chercheurs à changer de regard
(08:15) Zoom sur une étude : bloquer l’IL-6 pour comprendre la perte de graisse viscérale
(10:10) Une vague de signaux, pas une molécule miracle
(13:24) Métabolisme : quand les signaux du muscle rencontrent le diabète et l’obésité
(16:10) Zoom sur une étude : l’exercice structuré après chimiothérapie dans le cancer du côlon
(19:57) Vieillissement, muscle et cerveau : le dialogue qui maintient l’organisme en mouvement
(22:39) Mise en perspective : Comment utiliser ces connaissances sans tomber dans le piège du “myokine miracle”
(26:44) Conclusion — Le muscle parle, mais il parle en réseau
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Instagram : @sciencesofsport
Facebook : SciencesduSport - Dans cet épisode, nous allons voir comment le tissu adipeux, votre graisse, n’est pas simplement un charge inerte et disgracieuse que vous traînez sans cesse avec vous. Mais qu'il est en fait l'organe endocrinien le plus bavard, le plus agressif et le plus influent de tout le corps humain. Pendant des décennies, le tissu adipeux a été traité comme un tissu inerte, qui servait compte bancaire biologique où les calories excédentaires étaient déposées. Et nous pensions que ces calories restaient là sans rien faire jusqu'à ce qu'elles soient brûlées.
Pourtant la littérature scientifique récente révèle un centre de commande dynamique extrêmement complexe. La graisse ne se contenterait pas de stocker de l’énergie. Elle dicterait activement votre santé métabolique, votre réponse immunitaire, et même votre vulnérabilité aux infections virales.
L'objectif de cet épisode est donc de décoder la vie cachée de ce tissu, car si vous voulez comprendre votre santé, vous devez comprendre cela. Nous allons nous plonger directement dans l’architecture microscopique de la graisse. Nous allons explorer pourquoi la taille physique de vos cellules adipeuses a de l’importance. Nous examinerons les capteurs mécaniques qui permettent à une cellule adipeuse de sentir réellement sa propre peau s’étirer.
Et enfin, nous allons explorer l'idée contre-intuitive que la clé du traitement des maladies métaboliques pourrait en fait consister à forcer votre corps à créer davantage de cellules adipeuses, à produire plus de graisse pour être en meilleure santé. Car lorsque le tissu adipeux devient dysfonctionnel, il peut provoquer une défaillance systémique qui attaque activement d'autres organes vitaux.
Chapitres :
(00:00) La graisse n'est pas passive
(02:35) Remise en cause de l’IMC et du concept de “poids = santé”
(08:19) L’hypothèse de l’expansion du tissu adipeux
(11:02) Hyperplasie vs hypertrophie : le basculement vers la dysfonction
(18:26) La localisation de la graisse : sous-cutanée vs viscérale + différences hommes/femmes
(25:45) Le tissu adipeux comme organe endocrine : adipokines, exosomes
(31:50) Les organes cibles : pancréas, foie, cœur
(32:00) Pancréas
(36:40) Foie
(40:39) Coeur
(46:39) Réparation du tissu adipeux et perspectives thérapeutiques
(55:36) ConclusionLe dossier complet est disponible sur notre site : https://sci-sport.com/
Instagram : @sciencesofsport
Facebook : SciencesduSport - Dans ce second podcast, nous faisons le point avec Didier Reiss sur la confusion qui existe encore aujourd'hui sur l'acide lactique et le lactate.
Pour aller plus loin :
Léger et al. Lactate et exercice: mythes et réalités. Staps, 2001. DOI : 10.3917/sta.0540063
Adeva-Andany et al. Comprehensive review on lactate metabolism in human health. Mitochondrion, 2015. DOI : 10.1016/j.mito.2014.05.007
Rogatzki et al. Lactate is always the end product of glycolysis. Frontiers, 2015. DOI : 10.3389/fnins.2015.00022
Robergs et al. Lactate, not lactic acid, is produced by cellular cytosolic energy catabolism. Physiology, 2018. DOI : 10.1152/physiol.00033.2017
Brooks. The science and translation of latate shuttle theory. Cell Metabolism, 2018. DOI : 10.1016/j.cmet.2018.03.008
Ferguson et al. Lactate metabolism: historical context, prior misinterpretations, and current understanding. Eur J Appl Physiol, 2018. DOI : 10.1007/s00421-017-3795-6 - Dans ce premier podcast, nous discutons avec Didier Reiss des formations pour être coach en France. Nous discutons des critères à retenir pour bien choisir son lieu de formation, de l'importance de passer un diplôme professionnel reconnu et de la nécessité de se former continuellement.
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À propos de Sci-Sport Podcast
Sci-Sport Podcast est un espace d’analyse dédié aux sciences du sport et de la santé, conçu comme une extension audio de la littérature scientifique.
Chaque épisode propose une synthèse critique, structurée et contextualisée des connaissances actuelles, en mettant en perspective les résultats, leurs limites et leurs implications concrètes.
Loin des discours simplistes, le podcast s’adresse à celles et ceux qui souhaitent comprendre en profondeur ce que la science dit réellement, et ce qu’elle ne permet pas encore d’affirmer.
Encore plus de contenus sur notre plateforme : https://sci-sport.com
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