Sur un malentendu, ça peut passer : instinct, courage et colère créatrice
Dans cet épisode de Cerveau Puissant, la conversation avec Inès Leonarduzzi explore ce que signifie avancer dans la vie sans tout maîtriser, mais sans jamais renoncer à soi.
La phrase fondatrice de l’épisode, “sur un malentendu, ça peut passer”, devient le point d’entrée d’une réflexion profonde sur l’instinct, le courage et la colère créatrice comme forces de transformation.
Pour Inès Leonarduzzi, cette phrase n’est ni une boutade ni une posture. Elle raconte une trajectoire faite de rencontres imprévues, de décisions prises sans certitude absolue, de projets lancés sans modèle figé. Sa vie professionnelle et personnelle s’est construite dans les interstices, là où tout n’est pas encore écrit. Là où l’on accepte que les lignes ne soient pas définies à l’avance. Sur un malentendu, ça peut passer, dit-elle, parce que le réel se crée souvent dans le mouvement, pas dans le contrôle.
Au cœur de cet échange, il est question d’instinct. Un instinct viscéral, presque animal, que l’invitée décrit comme un rapport direct au ventre. Renifler une situation, une personne, un projet, avant même de l’analyser. Elle explique aussi les moments où elle n’a pas su écouter cet instinct, où elle s’est laissée charmer, où elle a voulu croire plutôt que sentir. Ces choix ont parfois mené à des échecs lourds, financiers, émotionnels, humains. Mais ils ont aussi affiné sa lucidité et renforcé sa capacité à discerner.
L’épisode aborde frontalement la notion de courage. Non pas comme une qualité innée ou héroïque, mais comme quelque chose qui se regagne chaque matin. Le courage d’assumer ses choix, de traverser l’humiliation, de repartir à zéro, de continuer à créer malgré la peur. Inès Leonarduzzi parle du doute comme d’un compagnon constant, capable de tuer plus de projets que l’incompétence, mais aussi comme d’un signal à apprivoiser plutôt qu’à fuir.
La colère créatrice est un autre fil central de la discussion. Une colère qui n’est ni destructrice ni violente, mais profondément motrice. Une émotion désagréable, nécessaire, qui peut devenir matière à écrire, à penser, à agir. Loin des postures, cette colère se traduit chez elle par un engagement concret, parfois silencieux, parfois invisible, notamment sur des sujets de société sensibles. Elle rappelle que toutes les luttes ne se mènent pas sur les réseaux, et que certaines actions gagnent en efficacité dans la discrétion.
L’humilité traverse également tout l’épisode. Être humble, ce n’est pas se diminuer, mais comprendre que l’on fait partie d’un maillage plus vaste. Que l’on compte, sans être seule à compter. Que les changements profonds prennent du temps, parfois plusieurs générations, et que contribuer suffit déjà à donner du sens.
Enfin, la conversation s’ouvre sur l’importance de l’entourage, de la nuance, de la capacité à dialoguer avec ceux qui ne pensent pas comme nous. Bien s’entourer, poser des limites, déplacer certaines relations sans forcément les rompre, apparaît comme un acte de courage en soi.
Sur un malentendu, ça peut passer est un épisode sur l’instinct qui guide, le courage qui s’apprend, et la colère créatrice qui transforme. Une conversation dense et incarnée, qui rappelle que l’on avance rarement par certitude, mais souvent par ajustements successifs, à condition de rester fidèle à ce qui, en nous, sait déjà.
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