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  • Pourquoi donc ?

    Pourquoi l'écrivain Mishima s'est-il suicidé ?

    12/03/2026 | 2 min
    Yukio Mishima, de son vrai nom Kimitake Hiraoka, est l’un des plus grands écrivains japonais du XXe siècle. Né en 1925, il devient célèbre après la Seconde Guerre mondiale grâce à des romans comme Le Pavillon d’or ou la tétralogie La Mer de la fertilité. Son œuvre explore la beauté, la mort, le corps, l’honneur et le déclin du Japon traditionnel. Brillant, cultivé, fasciné par l’esthétique du sacrifice, Mishima ne sépare jamais totalement littérature et mise en scène de soi.

    Son suicide, le 25 novembre 1970, est l’un des plus spectaculaires de l’histoire contemporaine.

    À cette date, Mishima se rend au quartier général des Forces japonaises d’autodéfense à Ichigaya, à Tokyo, accompagné de quatre membres de la Tatenokai, une milice privée qu’il a fondée. Cette organisation, composée d’étudiants nationalistes, défend l’empereur et les valeurs traditionnelles japonaises. Le Japon d’après-guerre, pacifiste et constitutionnel, lui apparaît comme affaibli, matérialiste et privé de sa grandeur spirituelle.

    Mishima prend en otage un général et tente d’adresser un discours aux soldats rassemblés dans la cour. Il les appelle à se soulever pour restaurer les pleins pouvoirs de l’empereur et réviser la Constitution pacifiste imposée après 1945. Mais son discours est hué. Les soldats rient, crient, ne le prennent pas au sérieux. L’appel à l’insurrection échoue.

    C’est alors que Mishima passe à l’acte prévu.

    Il se retire dans le bureau du général et accomplit un seppuku, le suicide rituel des samouraïs. Il s’ouvre l’abdomen avec un sabre court, conformément à la tradition. Un de ses disciples doit ensuite le décapiter pour abréger ses souffrances. L’exécution est maladroite, chaotique. Finalement, un autre membre du groupe achève le geste.
    Ce suicide n’est ni impulsif ni improvisé. Mishima l’a préparé depuis des années. Il a mis en scène son corps, pratiqué la musculation, posé comme modèle, écrit une œuvre entière traversée par l’idée que la beauté trouve son accomplissement dans la mort volontaire. Le matin même, il avait remis à son éditeur le dernier volume de sa tétralogie.

    Son geste choque profondément le Japon. Était-ce un acte politique sincère ? Une performance esthétique ultime ? Une provocation désespérée face à la modernité ? Probablement un mélange des trois.

    Le suicide de Mishima reste un événement unique : la rencontre brutale entre littérature, nationalisme, théâtre et mort rituelle, dans un Japon devenu moderne mais hanté par son passé.
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  • Pourquoi donc ?

    Pourquoi sur un bateau, gauche se dit "bâbord" et droite "tribord" ?

    10/03/2026 | 2 min
    Sur un bateau, on ne parle ni de gauche ni de droite, mais de bâbord et de tribord. Ces mots, qui semblent techniques ou archaïques, viennent en réalité d’une longue histoire maritime, liée à la navigation médiévale et aux contraintes très concrètes de la manœuvre des navires.

    Commençons par tribord. Le terme vient de l’ancien français tribort, lui-même issu du germanique steorbord, qui signifie littéralement « le côté où l’on dirige ». Au Moyen Âge, les navires européens étaient équipés d’une rame de gouverne, fixée non pas à l’arrière comme le gouvernail moderne, mais sur le flanc droit du bateau. Cette rame permettait de diriger l’embarcation, et comme la majorité des marins étaient droitiers, elle était naturellement placée à droite. Le côté droit est donc devenu le « côté du gouvernail », le côté pour diriger : steorbord, puis tribord.

    Passons maintenant à bâbord, dont l’origine est tout aussi révélatrice. Le mot vient de l’ancien français babord, dérivé du germanique bakbord, qui signifie « le côté opposé au gouvernail ». C’est donc, à l’origine, une désignation négative : non pas le côté important, mais l’autre côté, celui qui ne sert pas à diriger. Bâbord est ainsi défini par opposition à tribord.

    Cette distinction n’est pas qu’une question de vocabulaire. Elle répond à un besoin vital de clarté. En mer, les notions de gauche et de droite sont ambiguës : elles dépendent du sens dans lequel on regarde. Bâbord et tribord, au contraire, sont fixes. Peu importe que l’on regarde vers la proue ou vers la poupe : bâbord est toujours à gauche quand on fait face à l’avant du navire, tribord toujours à droite. Cette stabilité lexicale a permis d’éviter d’innombrables erreurs de manœuvre.
    Il existe aussi une conséquence pratique historique : les navires accostaient traditionnellement bâbord à quai, afin de protéger la rame de gouverne située à tribord. Cette habitude a renforcé l’usage des termes et leur importance dans la culture maritime.

    Avec l’apparition du gouvernail central à l’arrière, la rame latérale a disparu, mais les mots sont restés. Ils se sont imposés dans toutes les marines du monde, preuve que le langage maritime conserve la mémoire des techniques anciennes.

    En résumé, si l’on dit bâbord et tribord, ce n’est pas par tradition gratuite, mais parce que ces mots racontent l’histoire du bateau lui-même : comment il avançait, comment il tournait, et comment les marins ont appris à se comprendre sans jamais se tromper.
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  • Pourquoi donc ?

    Pourquoi connaissez-vous la syllepse sans le savoir ?

    09/03/2026 | 1 min
    Une syllepse est une figure de style subtile. Elle consiste à employer un mot dans deux sens différents en même temps : un sens propre et un sens figuré, ou deux sens distincts d’un même terme. Autrement dit, un seul mot, mais une double lecture.

    Le terme vient du grec sullêpsis, qui signifie « action de prendre ensemble ». C’est exactement cela : l’auditeur doit « saisir ensemble » deux significations.
    Prenons un exemple simple :
    « Il a perdu ses clés et son sang-froid. »

    Le verbe perdre s’applique ici à deux réalités différentes. On peut perdre des clés au sens propre. On peut perdre son sang-froid au sens figuré. Le mot fonctionne donc sur deux plans simultanément.

    La syllepse joue souvent sur l’ambiguïté. Elle crée un effet d’esprit, d’ironie ou de profondeur. Par exemple chez Victor Hugo :
    « Vêtu de probité candide et de lin blanc. »

    Ici, le mot « vêtu » s’applique concrètement au lin blanc, mais métaphoriquement à la probité. On ne porte évidemment pas la probité comme un vêtement. Pourtant, la construction grammaticale unit les deux.

    Il ne faut pas confondre la syllepse avec le simple jeu de mots. Le jeu de mots repose sur la sonorité ou l’homonymie. La syllepse, elle, repose sur un glissement de sens à l’intérieur d’une même structure syntaxique.

    On distingue parfois deux types de syllepses :
    La syllepse de sens : un mot est pris simultanément dans son sens propre et figuré.
    La syllepse grammaticale : l’accord se fait selon le sens et non selon la stricte règle grammaticale. Par exemple : « La plupart sont venus. » Le mot « plupart » est singulier, mais l’accord se fait au pluriel, selon l’idée de pluralité.
    La syllepse est très présente en littérature, en poésie et même en publicité, car elle permet de densifier le langage. En quelques mots, on suggère davantage qu’on ne dit explicitement.

    Ce qui rend la syllepse intéressante, c’est qu’elle mobilise l’intelligence du lecteur ou de l’auditeur. Elle demande une petite gymnastique mentale : comprendre qu’un mot ne se contente pas d’un seul sens.

    En résumé, la syllepse est une figure de style qui exploite la richesse polysémique des mots. Elle joue sur la coexistence de deux significations au sein d’une même phrase. C’est une manière élégante de dire plus… en disant moins.
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  • Pourquoi donc ?

    Rediffusion - Pourquoi le végétarisme ne date pas vraiment d’hier ?

    06/03/2026 | 2 min
    Le végétarisme était un sujet de réflexion pour plusieurs philosophes grecs et romains, bien que ce mode de vie n'ait pas été aussi répandu qu'aujourd'hui. Pour eux, cette pratique allait bien au-delà de simples considérations alimentaires : elle était souvent liée à des idées philosophiques, éthiques, et spirituelles. Voici un aperçu de leurs positions sur le sujet.

    Les philosophes grecs et le végétarisme
    Pythagore (vers 570–495 av. J.-C.)
    Pythagore est sans doute le philosophe grec le plus célèbre pour son association avec le végétarisme. Il croyait en la transmigration des âmes (la métempsycose), une idée selon laquelle les âmes humaines pouvaient se réincarner dans des animaux. Consommer de la viande revenait donc, selon lui, à tuer un être vivant potentiellement habité par une âme humaine. Pour Pythagore, le végétarisme était aussi une manière de promouvoir une vie harmonieuse et paisible, respectueuse des autres formes de vie.

    Platon (428–348 av. J.-C.)
    Dans La République, Platon évoque une société idéale où les citoyens se nourriraient principalement de céréales, de fruits et de légumes, évitant ainsi les excès et les violences associées à l’élevage. Cependant, il n’adopte pas explicitement une position végétarienne, bien que son idéal de simplicité s'en rapproche.

    Aristote (384–322 av. J.-C.)
    Aristote, élève de Platon, se montre moins favorable au végétarisme. Dans sa Politique et ses autres œuvres, il défend une vision anthropocentrique où les animaux sont subordonnés aux humains. Selon lui, il est naturel que les hommes utilisent les animaux pour se nourrir.

    Les philosophes romains et le végétarisme
    Sénèque (4 av. J.-C.–65 apr. J.-C.)
    Le stoïcien Sénèque a été influencé par les idées pythagoriciennes et a adopté un régime végétarien pendant une partie de sa vie. Dans ses écrits, il critique la cruauté envers les animaux et souligne que le végétarisme est une manière de cultiver la tempérance et la maîtrise de soi. Cependant, sous la pression sociale, il finit par abandonner cette pratique.

    Plutarque (46–120 apr. J.-C.)
    Plutarque est l’un des philosophes romains les plus fervents défenseurs du végétarisme. Dans son essai De l’abstinence de la chair, il condamne l’abattage des animaux et pose des questions éthiques sur la consommation de viande : pourquoi tuer un être vivant quand on peut vivre sainement sans cela ? Plutarque considère le végétarisme comme une preuve de civilisation et d’humanité.

    Porphyre (vers 234–305 apr. J.-C.)
    Dans son traité De l’abstinence, Porphyre développe une défense philosophique et éthique du végétarisme. Il soutient que l’abstinence de viande est une marque de respect envers les animaux, mais aussi une pratique permettant de vivre en harmonie avec la nature et de se purifier spirituellement.

    Une divergence d'opinions
    Si certains philosophes comme Pythagore, Plutarque ou Porphyre voient le végétarisme comme une quête de pureté morale et spirituelle, d'autres comme Aristote ou les stoïciens modérés considèrent que l’exploitation des animaux pour se nourrir fait partie de l’ordre naturel.

    En somme, le végétarisme dans l'Antiquité était souvent lié à des préoccupations éthiques et spirituelles, bien que les opinions sur la légitimité de cette pratique diffèrent selon les écoles de pensée. Ces débats, bien que vieux de plusieurs millénaires, résonnent encore aujourd’hui dans les discussions modernes sur la relation entre l’homme et les animaux.
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    Rediffusion - Pourquoi dit-on un “cousin Germain” ?

    05/03/2026 | 1 min
    L'expression "cousin germain" trouve son origine dans le droit romain et, plus précisément, dans l'usage du mot "germanus" en latin, qui signifie "véritable" ou "authentique". Ce terme était utilisé pour désigner des liens familiaux étroits et directs. Voyons comment cette appellation a évolué pour désigner nos cousins au premier degré.

    Une origine juridique et linguistique
    Dans le latin médiéval, "germanus" qualifiait des frères et sœurs, c'est-à-dire des membres d’une même fratrie, partageant les mêmes parents. Par extension, le terme a été utilisé pour désigner les cousins dont les parents sont eux-mêmes frères et sœurs, soulignant leur lien familial proche et direct.

    Au fil du temps, le français a conservé cette notion en adaptant l’expression. Le mot "cousin", issu du latin "consobrinus", qui désigne les enfants de deux sœurs, a été enrichi par l’ajout de "germain" pour marquer cette proximité particulière entre cousins au premier degré (les enfants de deux frères ou de deux sœurs, ou d’un frère et d’une sœur). Ainsi, un "cousin germain" est un cousin avec lequel on partage au moins un grand-parent.

    Une distinction importante
    Cette expression se distingue d’autres termes utilisés pour qualifier des relations familiales plus éloignées. Par exemple :
    - Un cousin issu de germain est l’enfant du cousin germain d’un des parents.
    - Un petit-cousin est l’enfant du cousin germain d’une personne.

    Un héritage des anciennes familles
    L’utilisation de l’expression a également été renforcée par son rôle dans les généalogies aristocratiques et royales, où le degré de parenté était crucial pour des questions de succession, d’héritage ou d’alliance. Déterminer si une personne était un cousin "germain" permettait d’établir clairement ses droits dans un cadre légal ou dynastique.

    Ainsi, "cousin germain" témoigne de l’influence du droit romain sur notre langue et notre perception des relations familiales, tout en restant un joli clin d'œil à la précision de la généalogie. Une histoire à la croisée des mots et des liens de sang !
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