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  • Pourquoi donc ?

    Pourquoi la France a-t-elle attaqué Taiwan ?

    29/1/2026 | 2 min
    Quand on pense à Taïwan, on imagine plutôt les tensions entre Pékin et Taipei, les semi-conducteurs, ou la mer de Chine… certainement pas la France. Et pourtant : sur l’île, à Keelung, un cimetière militaire français abrite les dépouilles de plus de 700 officiers, sous-officiers et soldats morts “au champ d’honneur”. Pourquoi des soldats français sont-ils tombés si loin de l’Europe ? La réponse nous ramène à une guerre oubliée : la guerre franco-chinoise de 1884-1885.
    À cette époque, la France est engagée dans une expansion coloniale en Asie du Sud-Est. Son objectif principal : prendre le contrôle du Tonkin, au nord du Vietnam actuel, et consolider ce qui deviendra bientôt l’Indochine française. Problème : la Chine considère historiquement le Vietnam comme une zone d’influence et soutient des forces locales hostiles à la présence française. Résultat : les tensions montent… jusqu’au conflit ouvert.
    La guerre éclate en 1884. La France se bat sur plusieurs fronts : au Tonkin, bien sûr, mais aussi sur mer. Et c’est là que Taïwan entre en scène. À l’époque, l’île appartient à l’empire chinois des Qing. Taïwan est stratégique : elle contrôle une partie des routes maritimes et sert de base logistique pour ravitailler les troupes chinoises et harceler les positions françaises au Vietnam. Pour Paris, frapper Taïwan, c’est donc frapper le nerf de la guerre.
    En 1884, la Marine française attaque Keelung, dans le nord de l’île. Les combats sont rudes, mais l’ennemi le plus meurtrier n’est pas toujours celui qu’on croit. Car dans ces expéditions, les soldats français affrontent aussi un adversaire invisible : le climat, les moustiques, la dysenterie, le paludisme, le choléra. Les pertes sanitaires dépassent souvent les pertes au combat. Beaucoup d’hommes meurent non pas d’une balle, mais d’une fièvre.
    L’armée française occupe certaines positions, tente d’étouffer l’approvisionnement chinois, et impose un blocus maritime. Mais cette campagne de Taïwan ne se transforme pas en conquête : elle sert surtout de pression militaire et diplomatique dans un conflit plus large.
    La guerre franco-chinoise se termine en 1885. La Chine renonce à sa tutelle sur le Vietnam, ce qui ouvre la voie à la domination française en Indochine. Le cimetière de Keelung, lui, reste comme le témoin discret d’un épisode presque effacé de notre mémoire : quand, pour contrôler le Vietnam, la France a aussi porté la guerre jusqu’à Taïwan.
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  • Pourquoi donc ?

    Pourquoi dit-on “passer un savon” ?

    27/1/2026 | 1 min
    “Passer un savon”, c’est réprimander quelqu’un violemment, lui faire une leçon bien sentie. Mais l’expression est surtout une métaphore héritée d’un geste très concret… et très ancien : le lavage au lavoir.
    Pendant des siècles, avant l’arrivée des machines à laver, le linge se nettoyait à la main, souvent au bord d’une rivière ou dans un lavoir communal. Et ce n’était pas une activité douce : on trempait, on savonnait, puis surtout on frottait fort, parfois avec une brosse, et on tapait le linge sur une pierre ou une planche pour en chasser la saleté. Un vrai travail de force. Plus un tissu était sale, plus il fallait l’attaquer avec énergie : savon, frottement, rinçage, recommencer.
    C’est exactement cette idée qu’on retrouve dans “passer un savon”. On n’est pas dans la petite remarque polie : on est dans le nettoyage intensif. Comme si la personne, par son comportement, avait besoin d’être “récurée” moralement. On veut lui enlever ses erreurs comme on enlève une tache tenace : en insistant, en frottant.
    L’expression s’inscrit d’ailleurs dans toute une famille d’images du même genre. On dit aussi “laver la tête” à quelqu’un, ou “lui passer un coup de brosse”. Dans ces formules, on retrouve l’idée que l’on corrige quelqu’un en le “nettoyant” : on lui remet les idées en place, on enlève ce qui ne va pas.
    Et le savon ajoute un petit supplément : au XIXe siècle notamment, les savons étaient parfois rugueux, agressifs, pas toujours parfumés comme aujourd’hui. Se faire savonner, c’était rarement agréable. Donc “passer un savon”, c’est aussi l’idée d’un reproche qui pique, qui gratte… comme un lavage au lavoir un peu violent.
    Conclusion : on dit “passer un savon” parce que, dans la langue, engueuler quelqu’un revient à le frotter moralement, comme on frottait autrefois le linge sale au lavoir : avec du savon, de l’énergie… et sans délicatesse.

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  • Pourquoi donc ?

    Pourquoi votre opinion change-t-elle sans que vous vous en rendiez compte ?

    26/1/2026 | 3 min
    La « fenêtre d’Overton » : voilà une expression qu’on entend de plus en plus en politique, dans les médias, sur les réseaux sociaux… et souvent sans qu’on sache exactement ce qu’elle veut dire. Pourtant, c’est un concept très simple, mais redoutablement efficace pour comprendre comment une société change d’avis.
    La fenêtre d’Overton désigne l’ensemble des idées considérées comme « acceptables » dans le débat public à un moment donné. Imaginez une fenêtre : à l’intérieur, on trouve les opinions que l’on peut défendre publiquement sans passer pour fou, dangereux ou extrémiste. En dehors de cette fenêtre, il y a les idées jugées inacceptables, impensables, scandaleuses.
    Le concept a été formulé dans les années 1990 par Joseph P. Overton, un analyste américain travaillant pour un think tank libéral, le Mackinac Center for Public Policy. Son intuition : ce ne sont pas uniquement les responsables politiques qui changent les lois, mais surtout ce que l’opinion publique considère comme « normal ». Autrement dit, un gouvernement ne peut généralement faire passer qu’une réforme déjà entrée, au moins un peu, dans la zone du « dicible ».
    À l’origine, Overton décrivait une sorte d’échelle : une idée peut être perçue comme impensable, puis radicale, ensuite acceptable, raisonnable, populaire… et enfin devenir une politique publique. Ce qui est fascinant, c’est que la fenêtre peut bouger dans les deux sens : vers plus de liberté, ou vers plus de restrictions.
    Prenons un exemple simple. Il y a 50 ans, parler de mariage homosexuel dans beaucoup de pays occidentaux aurait été considéré comme impensable. Puis le sujet est devenu discuté, défendu, normalisé, jusqu’à être légalisé dans de nombreux États. La fenêtre s’est déplacée.
    Autre exemple : la surveillance de masse. Avant les attentats du 11 septembre 2001, accepter des contrôles généralisés, des caméras partout, ou la collecte massive de données semblait choquant pour beaucoup. Puis, au nom de la sécurité, ces mesures sont devenues acceptables, parfois même demandées. Là encore, la fenêtre a bougé.
    Ce qui rend la fenêtre d’Overton si utile, c’est qu’elle explique une stratégie : pour faire accepter une idée, on peut d’abord la rendre « discutable ». Même si elle choque, on la met sur la table, on provoque un débat, on l’emballe dans des mots plus neutres, on trouve des exemples, on répète. Et petit à petit, ce qui était impensable devient simplement « une opinion parmi d’autres ».
    En résumé : la fenêtre d’Overton, c’est le thermomètre du débat public. Elle ne dit pas ce qui est vrai ou faux, mais ce qu’une société accepte d’entendre… et donc, ce qu’elle finira peut-être par tolérer, puis par adopter.

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  • Pourquoi donc ?

    Pourquoi dit-on “vouer aux gémonies” ?

    16/1/2026 | 2 min
    L’expression « vouer aux gémonies » signifie condamner publiquement quelqu’un ou quelque chose, l’exposer au mépris général, le couvrir de honte et de discrédit. Aujourd’hui, on l’emploie surtout au sens figuré : un responsable politique, une décision ou une œuvre peuvent être « voués aux gémonies » lorsqu’ils sont rejetés unanimement par l’opinion ou les médias. Mais cette formule n’a rien d’exagéré : son origine est d’une violence extrême.

    Pour comprendre l’expression, il faut revenir à la Rome antique. Les degrés des Gémonies étaient un escalier situé au pied du Capitole, à Rome. Ce lieu avait une fonction très précise : il servait à exposer les corps des condamnés exécutés pour des crimes jugés particulièrement graves, notamment la trahison ou les atteintes à l’État.

    Dans la société romaine, mourir ne suffisait pas toujours à punir. Pour certains crimes, il fallait aussi détruire l’honneur du condamné, jusque dans la mort. Après l’exécution, le corps était traîné sur les degrés des Gémonies, laissé plusieurs jours à la vue de tous. La foule pouvait l’insulter, le mutiler, le profaner. Ce n’est qu’ensuite que le cadavre était jeté dans le Tibre, sans sépulture. Le message était clair : ce criminel était exclu non seulement de la cité, mais aussi de toute mémoire honorable.
    Être « voué aux gémonies », dans son sens originel, signifiait donc être promis à la honte publique absolue, à une mort sociale qui prolongeait la mort physique. C’était l’un des châtiments symboliques les plus sévères du droit romain.

    Avec le temps, le lieu a disparu, mais l’expression a survécu. Elle est passée du latin au français par l’intermédiaire des textes historiques et juridiques. Son sens s’est élargi : il ne s’agit plus d’un châtiment corporel, mais d’une condamnation morale collective.

    Aujourd’hui encore, l’expression conserve une force particulière. Vouer quelqu’un aux gémonies, ce n’est pas simplement le critiquer. C’est l’exposer à un rejet massif, durable, presque irréversible. Il y a l’idée d’un bannissement symbolique, d’une exclusion du cercle des personnes respectables ou audibles.

    En résumé, « vouer aux gémonies » est une expression héritée d’un rituel romain d’une brutalité extrême. Si son usage est devenu métaphorique, elle continue de porter la trace de son origine : l’idée que certaines fautes méritent non seulement la sanction, mais aussi l’opprobre public. Une preuve que notre langue garde, parfois intacte, la mémoire la plus sombre de l’Histoire.
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    Pourquoi le logo de Paramount est-il une montagne entourée d’étoiles ?

    15/1/2026 | 2 min
    Chaque fois qu’un film Paramount commence, la même image apparaît : une montagne majestueuse, entourée d’un cercle d’étoiles. Ce logo est si familier qu’on n’y prête plus attention. Et pourtant, il raconte une histoire très précise — et très ambitieuse.

    Ce symbole appartient à Paramount Pictures, l’un des plus anciens studios de cinéma au monde. Et cette montagne n’a pas été choisie au hasard.

    Nous sommes en 1914. Le cinéma n’est encore qu’un divertissement naissant. À cette époque, le fondateur de Paramount, William Wadsworth Hodkinson, cherche un emblème capable de distinguer son studio de tous les autres. Il griffonne alors une montagne entourée d’étoiles. Selon plusieurs sources concordantes, cette montagne serait inspirée d’un sommet réel : le Ben Lomond, dans l’Utah, que Hodkinson admirait dans sa jeunesse. Ce détail est important : le logo de Paramount n’est pas une abstraction graphique, mais un souvenir personnel transformé en symbole universel.

    La montagne incarne une idée très claire : le sommet. À une époque où les studios se multiplient, Paramount affirme visuellement une hiérarchie. Le message est limpide : ici, on vise le plus haut niveau artistique et industriel. Avant même le premier plan du film, le spectateur comprend qu’il entre dans un cinéma qui se veut supérieur, durable, monumental.

    Mais ce sont surtout les étoiles qui donnent au logo tout son sens. À l’origine, elles sont 24. Et ce nombre n’est pas décoratif. Chaque étoile représente un acteur ou un réalisateur sous contrat avec Paramount. Le logo devient ainsi une déclaration de puissance : Paramount est le centre de gravité autour duquel gravitent les plus grands talents du cinéma. Une montagne immobile, entourée d’astres brillants. Le studio comme sommet, les stars comme constellation.

    Avec le temps, le nombre exact d’étoiles varie selon les versions du logo, mais leur signification reste la même : la domination par le talent. Contrairement à d’autres studios qui ont souvent changé d’identité visuelle, Paramount conserve cette image pendant plus d’un siècle. Ce n’est pas un hasard.

    La montagne, par définition, ne bouge pas. Elle traverse les époques. Dans un art fondé sur l’illusion, le montage et le mouvement, Paramount choisit un symbole de stabilité. Une promesse silencieuse faite au spectateur : le cinéma peut changer, mais Paramount restera.

    C’est d’ailleurs pour cette raison que ce logo est souvent présenté comme le plus ancien encore utilisé à Hollywood. Plus qu’un logo, c’est un manifeste.
    En résumé, la montagne aux étoiles de Paramount ne signifie pas « le cinéma » en général. Elle signifie une chose très précise : être au sommet, entouré des plus grandes stars, et s’y maintenir dans le temps. Une ambition gravée dans la pierre… et projetée sur écran depuis plus de cent ans.
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