On a la puissance de la Tech et des puces coréennes, mais une épaisse couche de pétrole et d'inflation brouille la vue. Pourquoi le marché est-il en mode "essuie-glace" ? On décrypte ensemble le séisme potentiel du Carry Trade japonais et la paralysie pré-Fed pour ne pas trader le "bruit" mais la réalité du flux.
Le Japon en surchauffe (BoJ) : Le séisme du "Carry Trade" La Banque du Japon intervient verbalement car le Yen est trop faible. Pourquoi on s'en occupe ? Le Yen est la "monnaie d'emprunt" du monde. Les gros fonds empruntent en Yen (taux quasi nuls) pour acheter des actions US ou de l'Or. Si le Yen remonte brutalement (parce que la BoJ monte les taux), ces fonds doivent vendre leurs actions pour rembourser leurs emprunts en Yen. C'est un risque de liquidation systémique. Quand le Yen tousse, Wall Street attrape un rhume. - Corée du Sud : Le "Canari dans la mine" de la Tech Exportations de puces en hausse de +45%. La Corée est l'indicateur avancé de la Tech mondiale. Ce chiffre nous dit que la demande pour l'IA n'est pas une simple spéculation de traders, mais une réalité industrielle massive. Si la Corée livre des puces, c'est que les usines tournent. La "bulle" a des fondations bien réelles. - Nvidia GTC : De l'ordinateur à la "Souveraineté Nationale" Jensen Huang parle de construire des IA pour les États. C'est un changement de paradigme. Nvidia ne vend plus des composants à des geeks ou à Google, ils vendent des infrastructures de sécurité aux pays (Dubaï, France, Inde). Pour nous, ça veut dire que même si la consommation des ménages baisse, les budgets d'États prendront le relais. C'est une assurance vie pour la croissance du secteur. - Pétrole & Géopolitique : L'offre US contre la peur d'Ormuz Le Brent se calme autour de 100$. Le marché est en train de peser deux forces. La peur (blocage du Détroit d'Ormuz) contre la réalité (les USA pompent du schiste comme jamais). Dès que la peur baisse d'un cran, les fondamentaux (l'offre abondante) reprennent le dessus. Mais attention : tant que le baril est à trois chiffres, c'est une "taxe" sur la croissance mondiale. LE COIN PÉDAGO : La "Paralysie pré-FOMC" Pourquoi le marché ne prend-il pas de direction ? C'est ce qu'on appelle la gestion du risque d'événement. Demain soir, Jerome Powell (Fed) va parler. Les investisseurs sont comme des sprinteurs devant la ligne de départ : ils ne vont pas s'élancer tant que le coup de pistolet n'a pas retenti. Le danger : Prendre une grosse position aujourd'hui, c'est jouer à pile ou face sur un mot ou une virgule de la Fed. La règle : Patience et progressivité. On laisse les autres se fatiguer ou commenter sur le "bruit" court terme. LE RADAR DU JOUR 11h00 : Indice ZEW. C'est le "moral des troupes" financier en Europe. Si le chiffre est vert, c'est que les investisseurs voient un bout de tunnel pour l'industrie européenne. C'est le seul catalyseur qui peut faire respirer l'Euro ce matin. 13h30 : Permis de construire. L'immobilier est le moteur de l'économie US. S'il reste solide malgré les taux hauts, la Fed se dira : "Ok, l'économie est solide, je n'ai pas besoin de baisser les taux tout de suite". Paradoxalement, une bonne nouvelle ici pourrait faire baisser les actions. Le mot de la fin : Tout le monde veut gagner, mais peu acceptent de faire le travail de l'ombre : attendre le bon moment. La discipline, c'est ce qui sépare celui qui "joue" au casino de celui qui "investit" sur les marchés. Bonne journée à tous !
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.