Pourquoi les clowns nous mettent-ils mal à l’aise ? Pourquoi une figure censée provoquer le rire déclenche aujourd’hui la peur, le rejet, parfois même la panique ?
Dans cet épisode des Archives du Mal, on remonte l’histoire du clown bien avant le cirque, bien avant le nez rouge et les ballons. Depuis la commedia dell’arte et le slapstick, cet humour burlesque fondé sur la chute, la gifle et l’exagération, jusqu’aux scènes sombres décrites par Charles Dickens, où le maquillage reste en place quand le rire, lui, a déjà disparu.
On traverse la naissance du « clown triste », fixé au XIXᵉ siècle dans The Memoirs of Joseph Grimaldi, édité par Dickens, moment clé où le masque cesse d’être seulement comique pour devenir lourd, presque accablant. Un personnage qui amuse la foule, mais s’effondre dès que le rideau tombe.
L’épisode explore aussi la transformation radicale du clown au XXᵉ siècle : son passage dans la culture populaire américaine, sa récupération par la télévision, la publicité, les mascottes, jusqu’à ce que l’image se fissure définitivement. John Wayne Gacy, serial killer des années 1970, achève de brouiller les frontières entre le divertissement et l’horreur. Non pas parce qu’il attirait des enfants, mais parce qu’il utilisait le clown comme un masque social, respectable, rassurant.
Puis vient la peur collective. Les paniques de « clowns fantômes » dans les années 1980, puis la vague mondiale de clowns inquiétants en 2016, surgissant dans les bois, les parkings, les rues, parfois armés, souvent silencieux. Des signalements massifs, peu de réponses, et une angoisse diffuse qui s’installe. Était-ce réel ? Était-ce un canular ? Peu importe. La peur, elle, était bien là.
Enfin, l’épisode interroge ce paradoxe : alors que le clown devient une figure anxiogène dans l’imaginaire collectif, certaines écoles continuent de défendre cet art avec un sérieux presque militaire, des règles strictes, des rituels éprouvants, et une vision très codifiée du rire.
Un épisode sur le masque, sur le rire forcé, sur ce qui se cache derrière le maquillage. Parce qu’un sourire figé, quand il dure trop longtemps, finit toujours par inquiéter.
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