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Boris Pierre
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    #50 Stéphanie Pillonca. Souveraine.

    13/03/2026 | 1 h 25 min
    J’ai découvert le travail de Stéphanie Pillonca à l’occasion de la sortie du film Un invincible été, en mai 2023.
    Un mois plus tard, pour la deuxième édition du festival photographique Réflexivité(s), j’obtiens l’accord du producteur afin de le projeter au cinéma Le Cigalon, à Cucuron. Le film me bouleverse.
    Son titre, emprunté à Albert Camus, « Au milieu de l’hiver, j’ai découvert en moi un invincible été », résonne autrement dans le Luberon. L’écrivain a vécu ici, à Lourmarin. En plein mois de juillet, dans la salle obscure, ils sont douze. Douze aficionados qui rient et pleurent. Le guichetier me glisse, presque complice : « C’est un succès total. »

    Dans Un invincible été, Stéphanie signe le portrait d’Olivier Goy, entrepreneur confronté à la maladie de Charcot, la SLA. Elle nous confie :
    « Au début, j’ai dit non. Je ne voulais pas faire un film sur une maladie. Ça me semblait déjà vu. Puis j’ai rencontré Olivier. Et sa manière de parler de sa vie m’a fait changer d’avis ». Elle comprend alors qu’il ne veut pas parler de sa maladie. Il veut parler de vie afin de transformer son histoire en action utile pour les autres.

    Le tournage devient une course contre la montre, sa parole décline. Le dernier jour de tournage, juste après le clap de fin, il ne parlera plus. Et Stéphanie ajoute, avec un sourire qu’on devine : « Quoique… depuis, il n’a jamais autant parlé. »*

    Ce film s’inscrit dans une œuvre plus vaste où Stéphanie aborde les situations humaines les plus sensibles avec une précision documentaire qui n’efface jamais la délicatesse.
    Après des études de comédie au Conservatoire de Toulon, Stéphanie Pillonca rejoint La Classe Libre du Cours Florent à Paris. Elle commence devant la caméra, apprend le rythme, la lumière, la tension d’un plateau. Entre 1998 et 2001, elle travaille à la télévision, chroniqueuse, animatrice, notamment pour Exclusif. Elle passe par la Star Academy.
    Elle observe. Elle absorbe. Mais très vite, ce n’est plus l’exposition qui l’intéresse. C’est le regard.

    En vingt ans, elle construit une œuvre qui refuse le spectaculaire pour lui préférer l’intime. Documentaire ou fiction, peu importe la frontière. Ce qui l’attire, ce sont les trajectoires fragiles, les endroits où la vie vacille.
    Elle filme une femme qui réapprend à marcher après un traumatisme.
    Une communauté religieuse isolée du monde.
    Des parents confrontés au handicap.
    Des enfants que l’on attend.
    Des adolescents que la justice regarde déjà autrement.
    Toujours la même attention, avec toujours la même retenue.

    En fiction, elle ne change pas de cap. Elle s’empare de l’autisme, du déni de grossesse, du cancer du sein, du handicap à l’adolescence. Non pour illustrer un sujet de société, mais pour raconter des vies traversées par ces réalités.

    Dans Handigang, elle choisit un casting inclusif.
    Dans Les Randonneuses, elle accompagne six femmes sur un sentier de montagne qui devient un chemin intérieur.
    Dans Je te promets, adaptation française de This Is Us, elle travaille la nuance, l’émotion tenue, le lien invisible entre les êtres.

    Ce qu’elle cherche, ce n’est pas le réel brut. C’est la vérité émotionnelle. Regarder là où d’autres préfèrent détourner les yeux et le faire sans pathos.
    Son dernier long métrage de fiction, Jours d’après, marque une étape forte dans sa carrière. Le travail est fait, elle attend la sortie du film et la promotion. Elle adore la promotion.

    *Olivier Goy a enregistré sa voix avant de la perdre définitivement. Il s’exprime désormais avec sa voix de synthèse.

    Studio Revolver à Boulogne Billancourt
    Enregistrement au Club We Are Paris
    Producteur et animateur Boris Pierre

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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    # 49 Carole Boinet. Ardente.

    24/02/2026 | 46 min
    Carole Boinet dirige la rédaction du magazine Les Inrockuptibles. Elle était arrivée à la rédaction en 2012 comme stagiaire.

    Les Inrocks, ce n’est pas seulement un magazine culturel. C’est un lieu de position. Un espace où la culture n’est jamais séparée du politique, où les œuvres dialoguent avec leur époque. Tenir un magazine papier aujourd’hui, c’est croire encore à la durée, à la conversation, à la nuance, au toucher. C’est refuser que tout se réduise au flux et à la réaction immédiate. C’est aussi assumer un rôle de défricheur : repérer, accompagner, parfois défendre avant que le consensus n’arrive.

    Depuis 2017, Carole pilote également le numéro spécial “Sexe” qui paraît désormais 2 fois par an.

    Elle ne sépare pas la culture de la responsabilité. Carole incarne une génération de dirigeantes pour qui tenir un média culturel représente un engagement.
    Née à Saint-Brieuc, dans un environnement marqué par la création, elle a très tôt compris que la culture n’est pas un décor, ses parents ont créé le festival Art Rock.

    Dans ses éditos, elle parle du magazine papier comme d’une relation physique, “matérialisée”, porteuse de possibles. Elle résume même la logique ainsi : la survie du papier passe aussi par des vidéos incarnées.

    Elle traite explicitement de sujets liés aux violences, aux rapports de domination, à la parole des femmes. Et elle se présente souvent comme travaillant à l’articulation culture + société + féminisme.

    Fin 2025, Carole publie son premier roman, L’Enthousiasme. Il y a des auteurs qui brûlent tout sur leur passage. Elle, elle maintient la braise sous contrôle mais on sent qu’elle pourrait tout incendier si elle lâchait la bride.

    Ce roman raconte la peur de l’embrasement, il est traversé par une tension entre maîtrise et combustion.

    Ce qui surprend le plus, c’est que le livre est beaucoup plus intense que son titre ne le laisse croire. Non pas intense au sens bruyant mais Intense au sens thermique.

    Il y a chez elle une manière de regarder le monde qui ne supporte ni la tiédeur ni la posture. Elle ne supporte pas l’enthousiasme factice.
    Alors elle l’écarte.
    Elle le démonte.
    Et elle le questionne.

    Mais ce faisant, elle révèle autre chose :
    Une ardeur sans naïveté.

    L’Enthousiasme n’est pas le livre d’une femme désabusée. C’est le livre d’une femme ardente qui refuse qu’on lui vende de la flamme en plastique. Et cette exigence-là, au fond, est une forme supérieure d’enthousiasme.

    ✨✨✨✨✨

    Mixage studio revolver
    Crédits Photo Couverture Dorian Prost
    Producteur Animateur Boris Pierre

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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    #48 Ambre Renard, le corps et le regard

    23/12/2025 | 1 h 8 min
    Ambre Renard travaille avec l’image comme on travaille une matière vivante.

    Elle est photographe, modèle, dessinatrice, et refuse les cases trop étroites. Son parcours traverse le corps, le regard et le geste, toujours avec la même exigence de rester juste.

    Autodidacte, Ambre Renard commence par le dessin et l’illustration, avant de passer devant l’objectif comme mannequin. Cette expérience du corps regardé marque durablement son travail.

    Au terme d’une terrible maladie qui l’immobilise pendant 4 ans, elle prend en main l’appareil photo de son père. Une révélation qui l’aidera à sortir de son état léthargique. Depuis, elle n’est plus seulement celle qu’on regarde, elle devient celle qui cadre, choisit, révèle.

    Sa photographie artistique explore les détails, les silences, les textures, les fragments du quotidien. Autoportraits, natures mortes, paysages intimes, ses images ne racontent pas une histoire linéaire, elles ouvrent des espaces. Elles laissent au regardeur la place de respirer.

    Ambre travaille aussi pour des marques et projets créatifs, notamment en photographie de produit et en nature morte, tout en poursuivant une recherche personnelle exigeante. Son approche est sensorielle, souvent minimale, parfois brute, toujours incarnée. La nudité, quand elle apparaît, n’est jamais décorative, elle est présence, vulnérabilité, vérité.

    Le mannequinat n’a pas été pour elle un but, mais une expérience fondatrice. Quand Ambre passe derrière l’appareil, ce renversement n’est pas symbolique, il est vital. Il s’inscrit dans une reconquête du corps et de l’image

    Elle travaille en argentique et en numérique, refuse l’image bavarde et préfère la justesse à l’effet. Ses images tiennent par peu de choses - une lumière, une texture, un détail - mais ce peu est essentiel. Rien n’y est illustratif. Tout y est ressenti.
    Chez elle, il n’y a pas de hiérarchie entre art et commande, il n’y a qu’une manière de regarder.

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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    #47 Stéphane Brogniart, l’épaisseur du pas

    09/12/2025 | 1 h 10 min
    Chez Stephane Brogniart, l’endurance n’est jamais sportive, elle est anthropologique.
    Elle met à jour l’épaisseur de l’être.
    Stéphane Brogniart n’entre jamais dans une pièce. Il la traverse.
    Non pas pour impressionner, ni pour s’imposer. Mais parce que son rapport au monde semble suivre une trajectoire différente : une ligne intérieure, tendue vers quelque chose qu’il est le seul à percevoir.

    Dans TOKIO, Stéphane n’a pas raconté un exploit. Il a raconté un chemin.
    Un chemin où l’endurance n’est pas une performance mais une manière d’habiter le temps. Où la solitude n’est pas un refuge mais un espace d’écoute. Où l’effort physique devient une enquête sur soi, sur les certitudes, les apparences, et parfois même l’idée de réussir.

    Ce qui frappe chez lui, ce n’est pas la capacité à aller loin.
    C’est la capacité à rester vrai alors que tout autour pousse à se construire un personnage.
    À TOKIO, il n’a pas déposé un récit héroïque sur la table, mais une présence nue, déroutante, presque indisciplinée. Une parole qui obéit à sa propre gravité.

    Une heure avec lui, c’est une heure à réapprendre à marcher droit dans son propre paysage intérieur.
    Il parle comme il vit, au plus près de ce qu’il pense réellement. C’est rare et ça surprend.

    Cette émission, au delà de ses défis, révèle sa manière d’aller droit au fond des choses, sans détour. Quand il décrit ce qu’il fait, on entend surtout ce qu’il refuse : les discours creux, les identités de façade, le besoin d’être validé.

    J’ai aimé la façon dont il déplace les questions au lieu d’y répondre. Parce qu’au fond, Stéphane nous rappelle que la vraie audace ne consiste pas à aller plus loin que les autres, mais à aller là où personne ne peut venir à notre place.

    La véritable endurance n’est peut-être pas dans l’effort, mais dans cette capacité à rester fidèle à ce qui ne fait pas de bruit.

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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    #46 Antoine Musy, Ranger

    22/11/2025 | 34 min
    Ce qui frappe chez Antoine Musy, ce n’est pas le décor dans lequel il évolue, mais la manière dont il s’y tient.

    Antoine partage sa vie entre plusieurs continents. L’Afrique australe, où il patrouille dans des réserves menacées par le braconnage, au contact des communautés rurales pour qui un rhinocéros ou un éléphant n’est jamais un animal “lointain”, mais une présence quotidienne.
    L’Asie du Sud-Est, où il s’est retrouvé aux côtés des orangs-outans, dans ces forêts où l’on suit les traces entre les racines, et où il a travaillé avec les Dayaks, qui vivent encore au plus près de la jungle.
    Et puis l’Asie maritime, où il a croisé la route des Bajaos, ces nomades de la mer pour qui la frontière entre l’homme et le vivant n’a jamais été une ligne, mais une respiration.

    À peine la trentaine, Ranger, formé aux unités anti-braconnage de la Global Conservation Force, il évolue dans des territoires où la lecture du terrain est une condition de survie. Une empreinte, une branche, une direction, chaque détail peut raconter une histoire, ou un danger.

    Une autre partie de son travail consiste à chercher ce point d’équilibre entre humains et animaux. Comprendre les habitudes, les peurs, les traditions. Discuter avec les communautés d’Afrique australe qui vivent près des corridors de migration. Écouter les pêcheurs et les familles Bajaos qui cohabitent depuis des siècles avec les requins, les tortues, les fonds marins. Observer comment les Dayaks protègent certaines zones sacrées où les orangs-outans trouvent encore refuge.
    Réconcilier les hommes et le sauvage, c’est aussi ça, son terrain.

    Et puis il y a ce qu’il transmet. Antoine crée des contenus à partir de ce qu’il vit, non pas pour divertir, mais pour rendre accessible la réalité du terrain : les unités K9, les opérations anti-braconnage, la réhabilitation d’animaux, les tensions entre survie économique et conservation, les victoires minuscules que personne ne filme.
    Vulgariser sans simplifier. Expliquer sans trahir.

    Être ranger, ce n’est pas seulement protéger des animaux. C’est défendre un équilibre fragile, faire face à la brutalité du réel, et accepter d’être exposé physiquement, mentalement, moralement.

    J’ai voulu comprendre ce qui pousse un homme de sa génération à choisir cette voie-là. Vivre dehors, rester vigilant, s’engager sans bruit, et malgré tout raconter, pour que d’autres comprennent.

    Émission animée avec Laurence Laborie.
    Enregistré dans une crêperie parisienne et mixée par Studio Revolver.
    Couverture par Maxime Mergalet

    On adore vos commentaires, n’hésitez pas à nous écrire.

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

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TOKIO radio, Brouillon de culture ⚡️Explorez l'inattendu.Plongez dans la spontanéité.Celle de l'art, du beau et des mots.Nos invités se livrent comme jamais dans des discussions de fin de soirée et offrent généreusement leur vision du monde. Dans l'intimité de notre studio écoutez la culture vue par les artistes, comme si vous y étiez. Soyez, vous aussi, nos invités privilégiés. TOKIO Radio est un podcast proposé par Boris PIERRE, fondateur du festival Réflexivité(s) Manifestation photographique.Suivez moi sur Instagram tokio.radioAbonnez-vous 🤩Laissez un avis sur Apple Podcast https://podcasts.apple.com/fr/podcast/tokio-radio/id1751679915Mentionnez-nous sur les réseaux sociaux Mixage et production exécutive : Revolver Studio et Dim Sum Entertainment Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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Generated: 3/21/2026 - 8:05:51 PM