En Bourgogne, dans un petit village, un bâtiment post-révolutionnaire au pied d'une église abrite un atelier en deux parties. D'un côté les gouges, les établis, les plâtres au mur — inspirations et références accumulées. De l'autre, la salle des machines, la terre, le plâtre, la saleté du faire.
C'est ici que travaille François Gilles, sculpteur ornemaniste. Il taille le bois, restaure des monuments historiques, intervient sur des chantiers patrimoniaux, enseigne à Paris, publie des recherches sur l'histoire de sa propre discipline. Il a trente ans.
Son parcours commence par une fascination pour le dessin, transmise par une orthophoniste qui crayonnait extraordinairement bien. Puis la sculpture — fasciné par ce mystère : comment se repère-t-on dans le volume, dans l'espace ?
Dans cet épisode, il raconte une trajectoire tendue entre le geste et la pensée, entre la taille du bois et l'archive, entre l'exigence technique et la transmission. Il parle de ses maîtres avec une précision rare — de ce qu'ils lui ont donné, de la manière dont ils se sont effacés pour qu'il devienne lui-même. Et de cette conviction qui le guide depuis le début : on ne peut pas figer un savoir-faire, il faut le comprendre pour pouvoir l'habiter.
#Ornement – Qu'est-ce que sculpter l'ornement dit de notre rapport au patrimoine ?
#Transmission – Comment un maître sait-il quand s'effacer pour laisser l'élève exister ?
#Geste – Peut-on être à la fois artisan, historien et chercheur sans se perdre ?
Pour découvrir le travail de François Gilles, c'est par ici.
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