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Oublieuse Postérité

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Dernier épisode

58 épisodes

  • Oublieuse Postérité

    EP 52 - PAUL MORAND : De retour d'exil (Le flagellant de Séville, 1951)

    08/07/2026 | 29 min
    « Le 3 mars 1951, un homme qui pourrait déjà être à la retraite reçoit deux jeunes gens à déjeuner dans sa suite à l’hôtel du Crillon à Paris. Ce vieil homme, que les années n’ont pas encore flétri, rêve de revanche depuis qu’il a terminé le manuscrit de son dernier roman, son grand roman, le plus long, le plus ambitieux, le plus personnel aussi. Cette reconquête littéraire, il y songe depuis sept ans au moins.
     
    Le 09 septembre 1944, il a été aligné, non contre un mur et devant un fusil comme Robert Brasillach quelques mois plus tard, mais aux côtés de onze autres écrivains coupables de collaboration sur une page du journal Les lettres françaises. Les tous premiers hommes à être accusés par le Comité national des écrivains, qui seront bientôt rejoints par 84 autres puis par 61 autres, portant leur nombre à plus de 150.
     
    Mais cette liste noire, en 1951, après la loi d’amnistie du 5 janvier, c’est déjà de l’histoire ancienne. Il n’est plus question pour le vieil homme du Crillon de ruminer. Il n’est pas loin de se sentir Napoléon. Comme lui, il va revenir de son exil à l’île d’Elbe. Il n’a plus qu’à rassembler ses troupes et renverser la dictature existentialiste, absurde et nihiliste, des lettres françaises ; l’empire des belles, des souples lettres dont il était un des plus grands généraux durant l’entre-deux guerres pourra alors revivre et s’étendre dans tout le pays.
     
    Alors, pour propager la rumeur de son retour, lui qui n’a pas été banni au milieu de la méditerranée mais au bord du lac Léman, à Vevey, en Suisse, il fait entrer les deux jeunes personnes qu’il a invité dans sa suite, les fait s’assoir et commence à leur parler de son nouveau roman, son grand roman de pénitence, qui paraîtra dans trois mois en France et en Espagne. Il en a eu la révélation en contemplant les œuvres de Goya à l’académie San Fernando en Andalousie, et notamment la Procession des pénitents… »

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    EP 51 - HUBERT CHATELION : Une vie d'échecs (Maldagne, 1937)

    19/06/2026 | 28 min
    En février 1968 est imprimée en Belgique une mince plaquette qui réunit quelques articles du romancier et critique Robert Poulet. Tous se rapportent à l’œuvre d’un inconnu nommé Hubert Chatelion, médecin syphilitique, mort de folie et de désespoir en 1941, à quarante ans à peine. On a beau ignorer le patronyme de cet homme, le titre du brimborion est sans équivoque : Un Céline Belge. 
     
    Voilà de quoi intriguer. Un volcan caché au milieu du plat pays, prêt à entrer en éruption, qui aurait même déjà recouvert de sa lave plus acide que brûlante les lettres belges ? Ou comme le pensent d’autres critiques, rien qu’une colline quelconque, renflement sans envergure rempli d’air inodores plutôt que de miasmes étourdissants ?
     
    Écoutons Robert Poulet qui écrit en février 1937 à propos de Maldagne, le deuxième roman d’Hubert Chatelion : « Quand aux cent premières pages, c’est bien simple : je les tiens pour le plus beau morceau de poésie romanesque qu’on ait pu lire dans ce genre depuis Céline. On peut d’ailleurs comparer le chapitre de Maldagne intitulé Études à un passage analogue, au demeurant l’un des meilleurs, de Mort à crédit. À coup sûr, l’écrivain français l’emporte par la puissance de la vision et de l’expression. Mais il me semble qu’on trouve plus de vérité du côté de l’écrivain belge. En tout cas, cette peinture des rapports familiaux dans un milieu de petits artisans en voie de se déclasser prend à la gorge. »
     
    Maldagne tiendrait donc la comparaison avec Mort à crédit, l’authentique chef-d’œuvre de Céline ?
     
    Eh bien, allons-y, comparons.

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    EP 50 - CHRISTIAN MURCIAUX : Un égal de Marguerite Yourcenar (Les fruits de Canaan, 1949)

    13/05/2026 | 44 min
    Si vous avez aimé les Mémoires d’Hadrien de Marguerite Yourcenar, il faut lire Pedro de Luna de Christian Murciaux. Si, comme moi, vous avez préféré, L’œuvre au noir, il faut lire Les fruits de Canaan de Christian Murciaux. Si ce sont Les nouvelles orientales qui vous ont le plus enchanté, alors ce sont celles du recueil Le douzième iman qu’il faudra découvrir. Si c’est Le coup de grâce, Les paradis perdus vous attendent. Si c’est La mort conduit l’attelage, il n’y aura qu’à se désaltérer à La fontaine de vie…
     
    A chaque roman ou nouvelle de Marguerite Yourcenar répond un ouvrage de Christian Murciaux. Né en 1915, douze ans après la première académicienne, on pourrait croire qu’il n’en est qu’une ombre ; il est en réalité un second soleil. Cet éternel célibataire n’a rien à envier à la plus grande romancière française, sinon l’illustre gloire dont elle bénéficie à juste titre et qu’il devrait partager avec elle si la postérité n’était pas injuste.
     
    Voilà quelques milliers de pages pour voguer au début du quinzième siècle avec l’antipape Benoît XIII, dernier ministre d’Avignon, qui « prétendit, à quatre-vingts ans, reconquérir l’Italie à la tête de ses galères », des milliers de pages pour nourrir le sable de l’Ifriqiya de sang ennemi avec la légendaire Kahena, guerrière et prêtresse berbère du VIIème siècle, autant de pages pour bâtir la nouvelle Jérusalem avec Sir Nathaniel qui débarque du Mayflower au dix-septième siècle avec d’autres Puritains au regard glacé…
     
    « Dans ce jeu entre l’âme exigeante, austère, inquiète, et l’imagination sensible, amoureuse, des voluptés du dépaysement, dans ce jeu, Christian Murciaux s’est engagé pour en faire sa vocation. La sensualité d’un esthète et la mystique d’un inquiet peuvent résumer cette vocation, et c’est en ce sens baudelairien que nous suivrons ses livres, cruels et colorés. » R. M. Albérès.

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    EP 49 - LOUIS PARROT : Résistance et révélation (La flamme et la cendre, 1949)

    15/04/2026 | 27 min
    Les signes sont parmi nous.
     
    Ils se multiplient dans le village. C’est autant l’image d’un papillon ensanglanté que l’apparition d’un homme qui ne devrait pas être ici, l’effondrement d’une poutre jetée en travers d’un bassin « comme une brindille » que les discussions nocturnes d’un homme qui semble persécuté par un fantôme.
     
    Les signes sont parmi nous.
     
    Le vieux Samuel, le puritain, en est certain qui le répète chaque jour à sa famille qui elle-même le répète aux villageois qu’il tient pour des païens : Oui, « la terre (va) bientôt disparaître comme un papier de journal qu’on jette en flamme dans un puits. » Il ne faudra pas longtemps pour que toute la communauté ou presque en soit convaincue. Il ne faudra guère plus longtemps pour qu’elle monte au sommet de la montagne pour assister à la fin du monde.
     
    C’est sur cette surprenante ouverture aux fortes tonalités eschatologiques que La flamme et la cendre de Louis Parrot, paru en 1949 chez Robert Laffont, quelques mois après la mort de son auteur à 42 ans, tente de lier le destin de l’humanité à celui des résistants. Les textes qui donnent une proportion biblique à cette période de guerre ne sont pas légion en France (La peste de Camus et Le requis civil de Masson, mais après ?) – contrairement en Allemagne avec la Trummerliteratur que j’ai déjà évoqué dans l’épisode consacré à Elisabeth Langgässer.
     
    Louis Parrot aura essayé de « laisser Dieu sans recours » dans ce roman ; il aura dans beaucoup d’autres œuvres et dans sa vie essayé de mettre à l’honneur la poésie et les résistants, l’Espagne et les poètes assassinés, lui qui fut aussi traducteur et essayiste, qui fut « l’amie parfait » selon Paul Éluard avec lequel il traduisit Federico Garcia Lorca.
     
    Le reste est à découvrir en écoutant le podcast.

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    EP 48 - SAINT-LOUP : La colonisation mystique (La nuit commence au cap Horn, 1952)

    25/03/2026 | 39 min
    En 1953, à deux semaines du Prix Goncourt, Francis Carco lance un ultime roman dans la course au prix. Il s’agit de La nuit commence au cap Horn d’un inconnu ayant choisi un pseudonyme aux résonnances proustiennes : Saint-Loup. Les jurés et la presse glosent : est-ce un romancier qui n’aurait pas déjà eu le Goncourt sous un autre nom ? Ou bien un romancier qui ne pourrait se montrer pour des raisons particulières ?
     
    Au terme d’une enquête, notamment menée par un policier des renseignements généraux, on découvre que Saint-Loup est le pseudonyme de Marc Augier, un collaborateur qui fut condamné à mort par contumace. Les voix qui le soutenaient changent de favoris. Pierre Gascar et Le temps des morts (auquel j’ai consacré le premier épisode de ce podcast) seront couronnés.
     
    Le livre de Pierre Gascar est l’une des plus belles variations sur le deuil que j’ai lu. Il est probe, d’un lyrisme grave, et d’une portée universelle. La nuit commence au cap Horn est également un texte grave, bouleversant même, d’un lyrisme brutal et crépusculaire ; il est aussi d’une portée universelle.
     
    Ce n’est pas la mort presque ordonnée dans un camp de prisonnier en Allemagne entouré des lourds échos du peuple juif qu’on immole cette fois, mais la mort lointaine, inévitable, des peuples indiens de la Terre de Feu que des missionnaires du XIXe siècle veulent convertir, peu importe le prix.
     
    Pendant six décennies, Saint-Loup suivra le destin de Duncan Mac Isaac, pasteur britannique, dans ce qu’il appellera un génocide de droit divin. Quant à cet épisode, il essayera de mettre en regard la malédiction qui s’abat sur le cap Horn et des épisodes de la vie de Saint-Loup.
     
    Le reste est à découvrir en écoutant le podcast.

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À propos de Oublieuse Postérité
Oublieuse Postérité est un podcast littéraire bimensuel qui s'écoute comme une série d'aventure narrée à la première personne par un naufragé romanesque qui lutte pour sa survie dans un océan sans mémoire qui a englouti toutes ses idoles, océan duquel émergent quelques silhouettes inquiétantes, inconnues et peut-être salvatrices... S'en approchant, le narrateur va découvrir un continent oublié de la littérature du XXème siècle et, ébahi, va partager ces chefs-d'oeuvre pour se venger de l'oublieuse postérité.  Embarquez avec lui, il reste de la place dans ce voyage culturel singulier ! Un épisode le premier et troisième mercredi du mois à 07h00.  Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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