57 épisodes
- Épisode 56 — Les influenceurs à moustache : quand tout le monde veut être différent de la même manière**
Pourquoi la moitié des influenceurs mode masculine portent-ils aujourd’hui une moustache ? Pourquoi retrouve-t-on les mêmes pantalons larges, les mêmes mocassins, les mêmes vestes vintage, les mêmes intérieurs, les mêmes références ?
Derrière cette moustache devenue presque un uniforme se cache une question beaucoup plus vaste : comment une esthétique devient-elle une norme ? Comment des individus qui cherchent à affirmer leur singularité finissent-ils parfois par reproduire les mêmes codes ?
Dans cet épisode, je pars d’un phénomène qui prête à sourire pour parler d’influence, d’imitation et de diffusion des normes esthétiques. Car l’influenceur n’est pas seulement celui qui influence : il est aussi lui-même influencé, façonné par un environnement, un algorithme, une époque et une communauté esthétique.
Je parle de ce paradoxe des influenceurs, dont la moustache est le symptôme le plus visible : ceux qui cherchent à influencer finissent souvent par ne faire que s’influencer entre eux. À force de reproduire les mêmes codes, les mêmes références et les mêmes signes de distinction, leur microcosme finit par produire une esthétique uniforme où, paradoxalement, tout le monde cherche à se démarquer en se ressemblant, nourrissant un monstre à mille têtes qui se mord la queue.
Mais la question n’est pas de savoir comment échapper totalement aux tendances — personne n’y échappe vraiment. La vraie question est plutôt : à quel moment une inspiration devient-elle une simple reproduction ? Et comment rester l’auteur de ses choix vestimentaires dans un monde saturé d’images et d’injonctions ?
Si la moustache n’est qu’un symptôme, le vrai sujet est la différence entre une esthétique et un style. L’esthétique est un langage partagé. Le style, c’est la manière personnelle dont on décide de parler cette langue.
Un épisode sur les vêtements, évidemment, mais surtout sur notre rapport au goût, à l’identité et à cette étrange époque où tout le monde cherche à être unique… parfois avec exactement avec la même moustache. - Épisode 55 — Strasbourg, nouveaux départs et adoucir le vestiaire masculin
Après plusieurs années à Paris, un nouveau chapitre s’ouvre à Strasbourg. Dans cet épisode, je reviens sur ce changement de vie, ce qu’il transforme dans mon quotidien, mais aussi dans ma manière d’envisager le vêtement, la création de contenu et les projets à venir. Quelles nouvelles envies émergent ? Qu’est-ce qui pourrait évoluer dans les prochains mois ? Un épisode plus personnel, où le décor change autant que les perspectives.
Dans un second temps, je m’interroge sur une question qui traverse de plus en plus le vestiaire masculin : pourquoi chercher à en adoucir l’héritage ? Faut-il assouplir les codes, introduire davantage de couleurs, de fluidité ou d’ornement, sans pour autant renier ce qui fait la richesse des formes du passé ?
J’explore aussi les deux écueils qui guettent cette démarche. D’un côté, suivre les tendances au point de ne plus produire qu’un vestiaire parfaitement contemporain, mais dénué de véritable personnalité, sans aucun sens si ce n'est celui d'être une victime de la mode pour ainsi dire. De l’autre, s’enfermer dans une fascination pour le patrimoine jusqu’à transformer le vêtement en costume d’époque, coupé des usages, des sensibilités et des enjeux d’aujourd’hui.
Entre héritage et modernité, comment construire un style qui dialogue avec son époque sans s’y dissoudre, tout en restant fidèle à soi-même ? C’est la question que je vous propose d’explorer dans ce nouvel épisode de La Cassette Style. - J’avais prévu de ne pas parler ni de football, ni de la canicule. Mais force est de constater que, dans les jours qui viennent, c’est l'un des deux risque de nous sauter au visage. Et pour ma part, ce sera sans doute davantage l’extrême chaleur que l qui occupera mes pensées.
Alors, comment continuer à faire style lorsqu’il fait trop chaud ? Est-il encore possible de maintenir une forme de stratégie vestimentaire dans ces conditions extrêmes ?
Ou bien faut-il accepter qu’en été, le style quitte le terrain du textile pour se réfugier dans celui de l’accessoire ?
C’est la question que je vous propose d’explorer aujourd’hui. Bienvenue. - Dans cet épisode de La Cassette Style, je m’intéresse à une pièce qui semble simple mais qui concentre en réalité une infinité de nuances : la chemise.
On parle d’abord coupe et proportions : pourquoi et comment “upsizer” une chemise, comment le faire sans tomber dans l’oversize, et surtout ce que chacun de ces choix produit sur la silhouette. Deux logiques différentes, deux intentions opposées : l’une structure autrement, l’autre efface les contours.
Je reviens ensuite sur le rôle central du col comme outil de langage vestimentaire. Le col peut amplifier la présence d’un vêtement — jusqu’à des proportions marquées, autour de 8 ou 9 cm — ou au contraire disparaître presque totalement avec le col officier. Deux stratégies opposées mais complémentaires : soit augmenter le volume des détails, soit simplifier la ligne pour renforcer l’épure.
À travers ça, j’évoque aussi l’intérêt du col officier dans une logique de layering, notamment pour éviter la superposition de cols et conserver une lecture claire de la silhouette.
Enfin, l’épisode explore ce que la chemise porte de plus subtil : un paradoxe fertile. Une forme de gravité légère. Une pièce qui structure sans enfermer, qui impose sans figer, et qui ouvre un espace intéressant pour habiter la silhouette autrement. - Cet épisode explore l'idée que l’équation du style pourrait partir d’une idée simple : le style n’est pas un mystère, mais une combinaison de facteurs lisibles.
J'y développe sur une vingtaine de minute une équation à 5 facteurs, entre la cohérence, l'intention, la singularité, la silhouette et la maitrise des codes, en envisageant leurs interdépendances pour faire style.
Et c'est à mon sens cet ensemble qui fait que des vêtements isolés ne suffisent pas. Mais c’est leur relation entre eux — et avec la personne qui les porte — qui produit une présence.
Au fond, l’épisode défendrait cette idée : le style n’est pas une accumulation de pièces, mais une organisation du visible. Une manière de rendre une identité perceptible sans la dire.
D'ailleurs, ça me fait penser à une définition de l'art par un artiste nouveau réaliste suédois des années 70, Öyvind Fahlström, qui nous disait que l'art est une manière de produire des formes de manière conscience dans un contexte précis. Le style a quelque chose de cela également.
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