64 épisodes
- Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je reçois deux orthoptistes, Eloïse Piron et Julia Bosnet, pour parler d'un métier qu'on croise sans vraiment le connaître, et surtout de ce qu'il change quand on voit mal. Une précision avant de commencer : cet entretien a été enregistré en janvier. Il est resté longtemps de côté, et j'ai fini par prendre le temps de m'y remettre. Vous entendrez donc quelques références à l'hiver, c'est normal.
Eloïse et Julia sont orthoptistes diplômées d'État. Elles ont été collaboratrices en région parisienne, avant qu'Eloïse ne s'installe près de Rennes et Julia au Kremlin-Bicêtre. Ensemble, elles ont monté Eyection, où elles éditent leurs propres supports de rééducation, dont l'Amblyomètre, une frise qui permet à un enfant de comprendre où il en est de son acuité.
On commence par les bases, parce que la profession est mal connue : l'orthoptiste intervient à tous les âges. Un dépistage possible dès neuf mois sans ordonnance, le strabisme, les troubles des apprentissages à l'école, et c'est très souvent la personne qui vous fait passer tous les examens avant de voir l'ophtalmo. Puis vient la basse vision, où le travail change de nature : on ne suit plus des règles générales, on s'adapte à cent pour cent à une personne, à son mode de vie et à ce qui lui reste de potentiel.
Ce mot-là, potentiel visuel, je le préfère de loin à « reste visuel », et Julia file une image que je trouve très juste : la rétine comme une carte dont certaines zones ne fonctionnent plus, et un travail qui consiste à réhabiliter les autres coins pour maintenir les activités qui comptent vraiment.
Et puis il y a le moment que je n'attendais pas. Je raconte ce chevalet qu'on m'avait prescrit enfant pour poser ma feuille, et que je détestais, parce que moi, fort myope, je collais la feuille sur mon nez. Aucun adulte n'acceptait ma façon de faire. Trente ans plus tard, on m'explique enfin pourquoi : éviter les douleurs de nuque qui sabotent l'attention d'un enfant en train d'apprendre à écrire. Avec cette phrase que j'aurais aimé entendre à l'époque : « moi, je conseille, je n'impose pas ».
On parle aussi du passeport visuel, cette fiche qui décrit fonctionnellement ce qu'on voit pour que l'enfant n'ait pas à l'expliquer cent fois, du parcours pour devenir orthoptiste (Parcoursup, trois ans de licence, puis un DU pour se spécialiser en basse vision), de la pénurie de professionnels au point que des établissements pour enfants sous-traitent au libéral, des écrans et de l'épidémie de myopie annoncée pour 2050, des verres freinateurs, et de mon propre décollement de rétine.
Elles terminent par deux ressources que je vous conseille vraiment de noter. L'annuaire de l'ARIBa, la société francophone de basse vision, pour trouver un professionnel réellement formé près de chez vous. Et l'AFAU, l'Association Française des Amblyopes Unilatéraux, qui propose à ses adhérents un contrat d'assurance versant un capital en cas de perte du bon œil : si vous voyez d'un seul œil, renseignez-vous, ça vaut le détour.
Un épisode pour les personnes malvoyantes qui n'ont jamais consulté d'orthoptiste, pour les parents d'enfants déficients visuels, et pour tous ceux qui se demandent à quoi sert ce professionnel qu'on croise en salle d'attente sans savoir ce qu'il fait.
Et comme je n'ai pas enregistré ma conclusion habituelle sur cet épisode-là : pensez à le partager, à le commenter et à mettre des étoiles sur votre plateforme d'écoute, ça aide vraiment à faire connaître le podcast.
📩 Vos questions et retours : nicolas@unmirodanslaville.fr ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr - Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je vous donne la suite directe de l'épisode sur le jeu de rôle. Vous avez été très nombreux à réagir et à m'envoyer vos propres astuces — merci à vous ! — et beaucoup m'ont demandé de détailler ce fameux « Markdown » dont je me sers pour mes feuilles de personnages. Alors on y va : c'est quoi, à quoi ça sert, et pourquoi c'est une petite révolution quand on navigue au lecteur d'écran.
Le Markdown, c'est un langage de balisage, un peu comme le HTML mais beaucoup, beaucoup plus simple. Quelques dièses, quelques étoiles, et votre document a une vraie structure : des titres, des paragraphes, des listes, des liens, des images, des tableaux. Et c'est là que tout change par rapport à un bon vieux RTF ou TXT : ces formats sont robustes, mais dès que le document fait quelques centaines de lignes, la navigation devient longue et c'est votre mémoire qui prend le relais. Moi, je n'ai pas envie de retenir que sur un jet d'athlétisme, j'ajoute plus 7.
Je vous fais ensuite une démo complète dans MacDown 3000, l'éditeur que j'utilise sur Mac : gratuit, open source, natif Apple Silicon, très léger, traduit en français depuis peu, avec un aperçu web intégré juste à côté de la zone d'édition. On voit les titres de niveau 1 à 6, la règle des deux sauts de ligne (ou Commande + Entrée) pour créer un paragraphe, les listes à puces et les listes numérotées — avec l'astuce qui fait plaisir : pas besoin de numéroter dans l'ordre, un chiffre et un point suffisent — les liens entre crochets et parenthèses, les images avec leur description, et pourquoi un intitulé de lien doit vouloir dire quelque chose (« ceci est une pizza » qui mène vers mon site, on évite).
On passe ensuite à ce qui m'intéresse vraiment : l'export en HTML, et la navigation. Dans Safari, avec le sélecteur d'éléments de VoiceOver, je retrouve ma discrétion ou mes points de ki en pleine partie, en trois secondes. Je navigue d'en-tête en en-tête dans une fiche très longue, et le tout pèse 17 kilo-octets. Sur Windows, le mode navigation de NVDA fait exactement la même chose.
J'en profite pour lancer un appel : je n'ai pas trouvé d'éditeur Markdown vraiment accessible sous Windows — on m'a soufflé Visual Studio Code, mais pour un éditeur tout simple, c'est un peu le marteau-piqueur pour retirer une vis. Si vous en connaissez un, écrivez-moi ou commentez l'épisode : je prépare un article de blog qui recensera les logiciels (gratuits de préférence) et des patrons prêts à l'emploi, comme mon modèle de lettre avec les coordonnées bien placées.
Et je termine sur quelque chose de plus personnel, que je n'avais pas prévu d'aborder : travailler avec un ordinateur et un lecteur d'écran, et cette phrase que j'assume — si tu n'acceptes pas mon ordi, tu n'acceptes pas mon handicap. Je parle aussi de la surcompensation au travail, ce piège dans lequel je suis tombé, et de pourquoi mieux vaut quelqu'un qui tape lentement sans faute que quelqu'un qui tape vite avec cinquante fautes à corriger derrière.
Un épisode pour les rôlistes, pour ceux qui écrivent beaucoup, et pour tous ceux qui cherchent un format de document simple, léger, durable — et enfin navigable.
📩 Vos questions et retours : nicolas@unmirodanslaville.fr ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr - Dans cet épisode d'Un Miro dans la Ville, je vous emmène dans un univers que j'adore : le jeu de rôle (JDR). Certains d'entre vous savaient déjà que je suis rôliste, alors j'ai eu envie de prendre le temps de vous expliquer ce qu'est vraiment ce loisir, et surtout comment je m'organise pour y jouer quand on n'y voit rien.
Je commence par les bases : qu'est-ce qu'un jeu de rôle, comment se déroule une partie autour d'une table, le rôle du maître du jeu, et les différents univers qu'on peut explorer (médiéval fantastique avec Donjons et Dragons, space opera avec Metal Adventure, horreur et occultisme avec Cthulhu...).
Côté joueur, je vous parle de mon matériel : les dés en braille du projet Dots RPG, trouvables sur The Dice Shop Online, une vraie révolution par rapport aux applications de lancer de dés. Je vous explique aussi comment je crée et consulte ma fiche de personnage en Markdown, exportée en HTML, et comment j'utilise le sélecteur d'éléments de VoiceOver sur Mac (ou le mode navigation de NVDA) pour retrouver une caractéristique en quelques secondes pendant une partie. Je reviens aussi sur notre système de repérage façon clavier de téléphone pour gérer les combats sur grille sans plan visuel, et sur l'importance de la description à la table pour construire son propre imaginaire.
Côté maître du jeu, j'aborde un problème beaucoup plus épineux : l'accessibilité des livres de règles en PDF, souvent bourrés d'images sans aucune alternative textuelle, contrairement à des éditeurs comme ceux de Cyberpunk Red ou The Witcher qui ont fait l'effort. Je partage ma méthode pour rendre un bouquin de JDR accessible grâce à l'intelligence artificielle : découpage du PDF, suppression des filigranes, description des plans de donjons image par image. Une solution qui m'a permis d'éviter des adaptations en braille à plusieurs centaines d'euros.
Je termine en évoquant la place du handicap dans certains univers de jeu, comme The Witcher qui permet d'incarner des personnages en situation de handicap, et sur ce que le jeu de rôle m'apporte au quotidien : un espace collaboratif, imaginaire, et incroyablement inclusif quand on prend le temps de s'adapter.
Un épisode pour tous les rôlistes, voyants ou non, et pour tous ceux qui se demandent comment on adapte une passion "très visuelle" quand on n'y voit pas.
📩 Vos questions et retours : nicolas@unmirodanslaville.fr ou via le formulaire sur unmirodanslaville.fr - 🎙️ Aujourd'hui, on parle business !
Ça fait un moment que je voulais faire cet épisode : mon parcours complet de création de micro-entreprise, du salariat qui me pesait jusqu'à la gestion au quotidien de "Un Miro dans la Ville" et de mes activités.
Au programme :
🔹 Pourquoi j'ai quitté le salariat pour me lancer
🔹 Comment j'ai créé mon statut via l'INPI (et pourquoi je n'ai pas payé un site tiers)
🔹 URSSAF, déclaration mensuelle vs trimestrielle : le piège à éviter avec les pensions complémentaires
🔹 Les structures qui m'ont accompagné : BGE, France Travail, Prométhée 45
🔹 L'ACRE version URSSAF et version AGEFIPH : ce qui a changé depuis 2024 (et pas en bien)
🔹 AAH, CAF, déclarations de changement de situation : les pièges administratifs
🔹 Mon appli de gestion au quotidien, la RC Pro, et la fameuse facturation électronique qui arrive en septembre
Entre les astuces concrètes, les coups de gueule sur des dispositifs qui se dégradent, et les vraies galères administratives, je vous fais un retour d'expérience honnête sur ce que ça veut dire gérer seul sa micro-entreprise en situation de handicap visuel.
Un épisode dense, mais qui, j'espère, pourra aider ceux qui hésitent encore à se lancer. - Dans cet épisode, je décortique les lunettes connectées à IA — Meta Ray-Ban et Meta Glasses en tête — et j'explique pourquoi, malgré leur potentiel pour les personnes déficientes visuelles, je n'ai pas franchi le pas.
Au programme :
Comment fonctionnent ces lunettes (caméra, micro, haut-parleurs) et pourquoi elles séduisent la communauté déficiente visuelle malgré un usage détourné de leur conception initiale
La comparaison de prix avec des solutions dédiées comme l'OrCam MyEye, et ce que ça change concrètement en termes d'accès
Les limites de vie privée liées à Meta et l'exemple concret du bridage récent de la fonctionnalité Conversation Focus
Un écosystème encore trop fragmenté entre marques, avec l'espoir que des plateformes communes comme Android XR simplifient la vie des développeurs... et donc des utilisateurs
Ce qu'il manque vraiment aujourd'hui selon moi : un SDK ouvert permettant à n'importe quelle application (Be My Eyes, SonarVision, etc.) d'utiliser la caméra des lunettes comme on choisit déjà sa sortie audio
Un regard critique et nuancé sur une technologie prometteuse, mais encore trop jeune et trop fermée pour changer vraiment mon quotidien.
🎙️ Un miro dans la ville
🌐https://unmirodanslaville.fr
✉️ nicolas@unmirodanslaville.fr
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À propos de Un Miro dans la Ville
Un Miro dans la Ville, c'est le podcast qui vous ouvre les yeux sur le handicap visuel.Je m'appelle Nicolas, je suis aveugle, et depuis juillet 2024 je raconte ici comment on vit, comment on travaille et comment on se débrouille quand on n'y voit pas. Un épisode tous les quinze jours, le jeudi. Plus de soixante sont déjà en ligne.Il y a les épisodes où je suis seul au micro : les nouvelles technologies que j'utilise vraiment, les lecteurs d'écran, les applications qui tiennent leurs promesses et celles qui déçoivent, mon quotidien, mon métier de formateur, et quelques coups de gueule assumés.Il y a les épisodes à plusieurs, avec des professionnels du handicap visuel : des rééducateurs, et des personnes qui œuvrent pour une meilleure inclusion des déficients visuels. Celles et ceux qui savent de quoi ils parlent, et qui prennent le temps d'expliquer.Et il y a les rencontres : des personnes déficientes visuelles qui racontent leur parcours. Pas des héros, pas des exemples à suivre. Des gens qui mènent une vie ordinaire, et qui montrent qu'on n'a pas besoin de faire des choses extraordinaires dès lors qu'on porte un handicap.Que vous soyez concerné, proche, professionnel ou simplement curieux, vous trouverez de quoi écouter.Tous les épisodes, les articles et les ressources sont sur unmirodanslaville.fr, où l'on peut aussi fouiller par thème.Vos questions et vos retours : nicolas@unmirodanslaville.frBonne écoute, et n'hésitez pas à partager autour de vous !
Site web du podcastÉcoutez Un Miro dans la Ville, Les Couilles sur la table ou d'autres podcasts du monde entier - avec l'app de radio.fr

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