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Cet épisode s'intéresse à la transformation des lettres de Zilia à partir du moment où elle maîtrise le français : elle devient ce qu'on appelait au XVIIIe siècle une « nouvelliste » — une sorte de journaliste privée qui envoie à son correspondant les nouvelles du monde qu'elle traverse. Les lettres ne sont plus seulement des cris d'amour : elles deviennent des comptes-rendus. Et pour les lecteurs qui les reçoivent, elles ont une portée inattendue : elles leur font voir leur propre société comme s'ils la découvraient pour la première fois.
Quatre lettres illustrent cette dimension. À la lettre XIV, Zilia fait l'expérience d'être elle-même l'objet du regard : exposée dans un salon, tournée et retournée par une grande dame et un jeune homme qui palpent ses habits. Quand elle résiste, c'est elle qui se révèle « mieux instruite des lois de l'honnêteté » — le renversement est complet, et la formule finale dit tout : « je n'ai point vu des sauvages si orgueilleusement familiers que ceux-ci. »
Les lettres XVI et XVII forment une paire contrastée : le théâtre d'abord, où les acteurs « crient et s'agitent comme des furieux », puis l'opéra, dont la musique révèle à Zilia « l'intelligence des sons universelle » — une réflexion sur le langage naturel par opposition aux langues conventionnelles, formulée depuis la position de quelqu'un qui justement ne partage pas la langue des gens qui l'entourent.
La lettre XXVIII, enfin, décrit les fêtes du mariage de Céline avec une admiration franche — le feu d'artifice, les jardins, le génie des arts français. Ce moment d'émerveillement sincère est essentiel : le regard de Zilia n'est pas hostile par principe. Elle voit les Français tels qu'ils sont, avec leurs grandeurs et leurs travers. C'est ce qui rend sa critique, quand elle vient, parfaitement crédible.
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