Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson dresse le portrait de François Quesnay, médecin du roi Louis XV. Il n'était pas économiste de profession, et pourtant, cet homme du XVIIIe siècle a eu une intuition remarquable sur le fonctionnement de l'économie.
Avec son fameux « tableau économique », il a proposé l'une des premières représentations d'ensemble de l'économie, bien avant les tableaux entrées-sorties et le calcul du PIB. Il a compris que l'économie n'est pas seulement une addition de fortunes individuelles, mais un véritable circuit où la richesse se crée, circule, se distribue, puis revient alimenter la production.
Contrairement à l'idée reçue, François Quesnay n'était pas un simple théoricien. Confronté aux difficultés économiques de la France de son époque, il a cherché à comprendre pourquoi un pays aussi vaste et fertile ne s'enrichissait pas davantage. C'est ainsi qu'il a développé la théorie physiocrate, selon laquelle seule l'agriculture produit un « produit net », c'est-à-dire un surplus créateur de richesse réelle.
Bien que cette vision soit aujourd'hui dépassée, l'intuition du médecin reste essentielle : il faut distinguer le chiffre d'affaires de la valeur ajoutée, cette richesse nette créée par chaque entreprise. C'est ce concept de valeur ajoutée qui est au cœur de la comptabilité nationale et du calcul du PIB.
Au-delà de cette découverte fondamentale, le médecin économiste a aussi eu l'idée révolutionnaire de représenter l'économie comme un système interdépendant, où la dépense des uns devient le revenu des autres dans un flux circulaire. Une vision qui a inspiré de nombreux autres économistes, d'Adam Smith à John Maynard Keynes.
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