Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Nathalie Janson revient sur l'impact de l'intelligence artificielle sur le marché du travail.
Dès le début, le ton est donné : le terme de « job apocalypse » est évoqué, soulignant l'ampleur des bouleversements potentiels. Cependant, Nathalie Janson s'attache à relativiser cette vision catastrophique, s'appuyant sur les travaux récents de l'économiste David Autor. Celui-ci souligne que l'IA n'automatise pas des métiers entiers, mais plutôt certaines tâches spécifiques au sein de ces métiers. Ainsi, un avocat, un développeur ou un analyste conservent des fonctions essentielles que l'IA ne peut pas remplacer.
La professeure d'économie met en avant une distinction fondamentale : l'IA peut être utilisée soit pour remplacer le travail humain, dans une logique de réduction des coûts, soit pour augmenter la productivité et l'autonomie des travailleurs, ouvrant la voie à de nouvelles créations de valeur et d'emplois. Ce second scénario, qualifié d'« augmentation », semble plus prometteur aux yeux de Nathalie Janson.
Pour illustrer son propos, elle s'appuie sur un mécanisme économique bien connu : lorsque la productivité augmente fortement dans un secteur, cela ne détruit pas nécessairement l'emploi, mais le déplace. Ainsi, les gains de productivité dans l'industrie ont certes réduit les emplois industriels, mais ont aussi permis l'essor d'autres secteurs, comme les services.
L'experte souligne également que l'IA, en rendant plus abordables certains services cognitifs comme la rédaction, l'analyse ou le conseil, pourrait stimuler la demande et créer de nouvelles activités, potentiellement sources d'emplois.
Cependant, Nathalie Janson ne cache pas que le risque principal n'est pas la disparition de l'emploi, mais plutôt sa transformation et sa polarisation. Certains travailleurs, capables d'exploiter les potentialités de l'IA, verront leur valeur sur le marché du travail augmenter, tandis que les tâches standardisées et répétitives perdront de la valeur.
Un point crucial soulevé concerne les jeunes, souvent présentés comme les premières victimes de l'IA. En effet, les postes d'entrée de carrière comportent souvent des tâches simples, susceptibles d'être automatisées. Cela pose donc une question éducative et organisationnelle fondamentale : comment former les compétences de demain ?
En conclusion, Nathalie Janson souligne que l'IA n'a pas d'effet prédéterminé sur l'emploi. Tout dépendra de la manière dont les entreprises, les institutions et les travailleurs s'en saisiront. Une trajectoire d'augmentation, utilisant l'IA pour renforcer l'humain, semble plus prometteuse qu'une trajectoire de substitution. Mais quoi qu'il en soit, un accompagnement sera nécessaire pour traverser ces transformations profondes du marché du travail.
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