Aujourd'hui dans "Les classiques de l'économie", Charles Bonnaire s'entretient avec Nathalie Janson pour explorer les liens complexes entre la démographie et la croissance économique.
Alors que l'on se focalise souvent sur l'innovation, la productivité et l'intelligence artificielle, elle rappelle que la démographie est un facteur essentiel à long terme. Le nombre de travailleurs, le capital disponible et la productivité, trois moteurs clés de la croissance, sont tous influencés par l'évolution démographique.
Le « dividende démographique », lorsque la part des actifs augmente par rapport aux enfants et aux retraités, peut en effet stimuler la croissance. Mais ce dividende n'est pas automatique, prévient l'experte. Une population nombreuse doit aussi être formée et qualifiée pour créer de la richesse. Le capital humain, c'est-à-dire l'éducation, la santé et les compétences, est donc un élément central.
Or, la baisse de la fécondité dans de nombreux pays de l'OCDE inquiète. Le vieillissement de la population fait craindre un ralentissement de la productivité, avec moins d'actifs pour financer plus de retraités. Certains pays comme la Corée du Sud sont particulièrement exposés à ce défi démographique.
Peut-on alors compter sur l'intelligence artificielle pour compenser cette évolution ? Oui, mais à condition de s'accompagner d'un immense effort d'investissement dans le capital humain, prévient Nathalie Janson. L'IA peut aider à maintenir la productivité malgré la contraction de la population active, mais elle ne peut pas se substituer à la relation humaine, notamment dans les secteurs des services.
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