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  • Le goût de M

    #178 Michel Bras, chef : « Je me lève tous les jours à 6 heures pour écouter mes abeilles, observer les papillons et commencer la cueillette »

    16/04/2026 | 43 min
    En 2016, 528 chefs étoilés du monde entier ont élu Michel Bras meilleur chef du monde. Cette légende, autodidacte, de la gastronomie est l’un des premiers à avoir déconstruit les normes de la cuisine française en en proposant une version vivante, résolument tournée vers la nature et le végétal. Le septuagénaire s’est rendu célèbre grâce à l’un de ses plats phares, le gargouillou, une composition de légumes de saison, d’herbes et de pousses. Il s’est aussi illustré avec son coulant au chocolat, un dessert réconfortant imaginé un hiver, autour d’une table, pour ses enfants transis de froid après une excursion à ski.

    Aujourd’hui, Michel Bras est moins présent en cuisine et travaille en collaboration avec son fils, Sébastien. Tantôt au Suquet, à 1 225 mètres d’altitude sur le plateau de l’Aubrac, dans un bâtiment aux allures de vaisseau spatial qu’il a fait construire en 1992 en pleine campagne. Tantôt dans son adresse parisienne, La Halle aux grains, située à l’étage de la Bourse de commerce. C’est là qu’il a donné rendez-vous au « Goût de M », un matin ensoleillé, alors que les cuisiniers s’activent autour de lui pour préparer le menu du midi.

    Dans cet épisode, ce fils aîné d’une fratrie de trois, né d’une mère au foyer et d’un père maréchal-ferrant, raconte son enfance frugale dans le village de Laguiole (Aveyron), au milieu de ce qu’il nomme un « désert vert ». C’est là que sa mère a ouvert un restaurant modeste, fréquenté par « des ouvriers, des représentants de commerce, des agriculteurs, des buronniers ».

    Lui qui rêvait d’une carrière scientifique reconnaît avoir d’abord abordé le métier de cuisinier « par dépit », en reprenant l’établissement familial. Il se sentait complexé de ne pas avoir pu se former auprès de grands chefs. En 1978, une distinction accordée par le Gault et Millau au « Mémé Bras » lui offre à la fois une reconnaissance et une clientèle plus importante. Il est soulagé de ne pas avoir « fait fausse route ». Grâce à son « âme de jardinier », ce passionné cultive plus de 200 variétés d’herbes. Un travail de cueillette qui rythme son quotidien. Il évoque aussi dans cet épisode sa passion pour la photographie et la course en pleine nature, un moyen de méditer et d’inspirer ses prochains plats.
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    Cet épisode a été publié le 17 avril 2026. Crédit photo : Maxime Tetard/Bourse de Commerce - Pinault Collection.
    Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
    Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli, Juliette Savard et Marjorie Murphy, avec Malo Williams au son.
    Musique : Gotan Project
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  • Le goût de M

    #177 Annette Messager, artiste : « J’ai remplacé Dieu par l’art. C’est un peu la même chose, c’est une croyance »

    09/04/2026 | 49 min
    Annette Messager aime subvertir la tradition : « Ça m’amuse toujours », glisse celle qui, au cours d’une carrière artistique de plus de cinquante ans, a exposé dans le monde entier ses œuvres brodées, tricotées, dessinées, sculptées, ses photographies et ses objets collectionnés. Reconnue comme une figure majeure de l’art contemporain, Annette Messager déploie son travail sur les murs et les sols, y mêlant souvent écrits, jouets, oiseaux empaillés, peluches, cordes, fils, photos. Et interroge les identités, les rôles et les mythologies attribués aux femmes et au féminin, ainsi que la place de l’enfance.

    A partir du 14 avril, des installations et des œuvres d’Annette Messager dialogueront avec les collections du Musée de la chasse et de la nature, à Paris, pour l’exposition « Une hirondelle ne fait pas le printemps », construite autour de l’animal, motif qu’elle explore depuis le début de sa carrière artistique, dans les années 1970. La plasticienne y a élaboré un parcours conçu comme une fable, pour « s’immiscer au milieu des bestioles ».

    Dans cet épisode du « Goût de M », Annette Messager revient sur son enfance à Berck (Pas-de-Calais), en bord de mer, dont elle garde le souvenir d’un père architecte amoureux de l’art et de la peinture. Un père un peu « original », raconte-t-elle, qui, pour masquer d’éventuelles traces de peinture sur ses habits, « avait peint des taches partout sur son costume, de haut en bas ». Elle se rappelle qu’il a eu à cœur de lui transmettre sa passion et lui a appris le goût de l’art brut, ces œuvres réalisées par des créateurs autodidactes. Elle apercevait d’ailleurs, de temps en temps, Jean Dubuffet, théoricien de cette notion : « Mon père me disait, “tu vois, là-bas, ce monsieur ? C’est Dubuffet”. »

    Annette Messager nous reçoit en début d’après-midi, chez elle, dans une ancienne usine de Malakoff (Hauts-de-Seine), réaménagée, où elle habite depuis les années 1980. Elle nous guide, par le jardin, de la « base 1 » à la « base 2 », noms donnés à ses ateliers. Elle confie ce qui a marqué sa vie et son œuvre, à une époque où, en tant que femme artiste, « c’était assez dur » : ses études à Paris, à l’école des arts décoratifs de la rue d’Ulm, à deux pas de la Cinémathèque française, sa découverte – mi-admirative, mi-médusée – de Sleep (1964), d’Andy Warhol, un concours Kodak, qu’elle remporte et qui la mène au Japon…
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    Cet épisode a été publié le 10 avril 2026. Crédit photo : Vincent Lemaire.
    Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
    Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et de Marjorie Murphy, avec Emmanuel Baux au son.
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  • Le goût de M

    #176 Yamê, rappeur et chanteur : « Je suis un geek, j’accueille l’intelligence artificielle à bras ouverts. Même si l’artiste en moi se dit que c’est dangereux »

    02/04/2026 | 42 min
    Yamê, c’est une voix impressionnante, façonnée par le jazz, la musique africaine et le rap, une voix mélodieuse qui peut s’envoler dans les aigus, comme sur le refrain de Bécane. « J’tourne la poignée, j’froisse le temps/ J’roule comme si quelqu’un m’attend », chantait-il dans cet hymne à la liberté qui l’a fait connaître dans le monde entier en 2023. Depuis, il a été consacré révélation masculine des Victoires de la musique 2024 et a sorti Ebem, son premier album, en 2025. A bientôt 33 ans et en pleine ascension, l’artiste, de son vrai nom Emmanuel Sow, se produira en concert sur la scène du Zénith de Paris le 9 avril.

    Nous le rencontrons chez lui, à Clichy, en proche banlieue de Paris. Il nous convie dans son studio, son « antre », une petite pièce de 10 mètres carrés avec un énorme écran, un bureau et le clavier d’un piano sur lequel il improvise des accords au hasard, jusqu’à trouver une mélodie qui lui plaise, sur laquelle poser sa voix si singulière.

    Dans cet épisode du « Goût de M », il revient sur son enfance, à Douala, capitale économique du Cameroun, avec sa mère, professeure d’informatique, et son père, chanteur, guitariste et arrangeur. « Les week-ends, la musique tournait toujours à la maison, c’était de la chanson française, du Meiway ou du Papa Wemba, ça se mélangeait. »

    Aujourd’hui, Yamê se définit comme un « geek », passionné par les nouvelles technologies et curieux de ce qu’elles peuvent apporter à sa pratique. Il parle de son amour toujours intact pour les jeux vidéo. Il passait des après-midi entiers à jouer avec ses amis pour s’échapper de la petite chambre de bonne parisienne où il habitait avec sa famille à son retour en France – où il est né –, à 10 ans.

    Le chanteur raconte comment la musique le rattrape lors de ses études d’histoire, grâce aux jam-sessions du quartier Saint-Michel. En 2020, le confinement marque un tournant : « Je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose de ces jam-sessions. Et paf, j’ai écrit. » Publiées sur les réseaux sociaux, ses premières chansons rencontrent un certain succès et tout s’enchaîne. Rapidement, il sort un premier EP, en 2023, baptisé Elowi, où il ose « mélanger » les styles, chanter et rapper à la fois.
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    Cet épisode a été publié le 3 avril 2026. Crédit photo : Fifou.
    Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.
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    REDIFF Spécial réalisatrices (4/4) Alice Diop : « Je refuse d’être le symbole de la réalisatrice noire qui réussit »

    26/03/2026 | 49 min
    C’est la dernière semaine de rediffusion des épisodes du « Goût de M » consacrés aux femmes réalisatrices. Aux Césars 2026, Alice Diop, montée sur scène pour remettre le prix du court-métrage documentaire, avait rendu hommage à l’un de de ses modèles en cinéma, le documentariste américain Frederick Wiseman, mort quelques jours plus tôt. Elle avait remporté le César du meilleur premier film pour l’éblouissant Saint Omer, en 2023, long-métrage inspiré par un fait divers, un infanticide. Alice Diop a également mis en scène au théâtre, en 2025, Le Voyage de la Vénus noire, un texte de la poétesse afro-américaine Robin Coste Lewis qui interroge les représentations, tronquées ou stéréotypées, de corps de femmes noires dans l’art.

    Cet épisode a été publié une première fois le 25 novembre 2022. Crédit photo : Zen Lefort pour M Le magazine du Monde.

    Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.

    Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Imène Benlachtar, avec Guillaume Girault au son.
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  • Le goût de M

    REDIFF Spécial réalisatrices (3/4) Rebecca Zlotowski : « Dans les textes et au cinéma, je recherchais de l’amour, de la libido, de l’érotisme »

    19/03/2026 | 46 min
    « Le Goût de M » poursuit sa série consacrée aux femmes réalisatrices, avec Rebecca Zlotowski. Elle a notamment réalisé Belle Épine (2010), Grand Central (2013), ou Les Enfants des autres (2022), et marqué le cinéma français avec ces portraits de femmes complexes. Dans son dernier film, Vie privée, sorti en 2025, elle met en scène Jodie Foster en psychiatre obsédée par la mort suspecte de l'une de ses patientes. Zlotowski y filmait avec sensibilité et humour les doutes et le basculement d'une femme qui perd pied.

    Cet épisode a été publié une première fois le 11 novembre 2022. Crédit photo : Maxime La pour M Le magazine du Monde.

    Depuis sept saisons, la journaliste et productrice Géraldine Sarratia interroge la formation et les méandres du goût d’une personnalité. Créateurs, artistes, cuisiniers ou intellectuels, tous convoquent leurs souvenirs d’enfance, tous évoquent la dimension sociale et culturelle de la construction d’un corpus de goûts, d’un ensemble de valeurs.

    Un podcast produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal), préparé avec l’aide de Diane Lisarelli et Imène Benlachtar, avec Emmanuel Baux à la réalisation.
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À propos de Le goût de M

Qu'est-ce qu'avoir du goût ? Qui a bon goût, mauvais goût ? Le goût est-il un héritage, le produit d'une éducation, le signe d'une appartenance sociale ? Ou au contraire, le fruit d'une construction personnelle, une mise en scène de soi ? Comment devient-il, au final, inséparable de ce que nous sommes ?Chaque vendredi, "Le goût de M" part à la rencontre d'une personnalité issue du monde de la culture, de la mode, du design ou de la cuisine, et lui demande de raconter son histoire personnelle du goût. Comment elle l'a constitué, en continuité ou en rupture avec son milieu d'origine, comment il a évolué au cours de sa vie, de ses rencontres, de ses expériences, du goût de l'époque aussi."Le goût de M" est le podcast de M, le magazine du Monde, produit et présenté par Géraldine Sarratia (Genre idéal)Préparé avec l'aide de Diane Lisarelli et Imène BenlachtarRéalisation : Guillaume Girault et Emmanuel BauxMusique : Gotan Project" Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
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Generated: 4/18/2026 - 8:02:38 AM