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    « Il ne faut pas avoir peur de la vérité ». Les journalistes font-ils encore leur métier ? Entretien avec Franz-Olivier Giesbert

    30/04/2026 | 1 h 14 min
    Figure incontournable de la presse, passé par les plus grandes rédactions, Franz-Olivier Giesbert dresse le portrait d’un monde, celui de l’information, qu’il juge assez sévèrement.
    Mais derrière le polémiste se dessine aussi un parcours intime, marqué par des rencontres fondatrices, notamment celle avec Alberto Giacometti, et une ligne de conduite restée intacte : « N’écoute personne, fais-toi une opinion par toi-même ». Giesbert revendique une forme de liberté absolue, quitte à en payer le prix. « Ne faites pas carrière », lance-t-il aux jeunes journalistes, plaidant pour un métier exercé sans peur ni compromis. Une vision exigeante, presque brutale, du rôle d’informer, à rebours d’une profession qu’il juge aujourd’hui trop conformiste.
    Car c’est bien le journalisme contemporain qui se retrouve au cœur de ses critiques. Entre « vérités alternatives », pression idéologique et perte de repères, Giesbert s’inquiète d’une dérive profonde : « Il y a des choses qu’on ne peut plus dire ». À ses yeux, la disparition de figures indépendantes fragilise le débat démocratique, au profit d’un discours uniformisé. Dans un monde saturé d’informations et de tensions politiques, il appelle à retrouver une exigence fondamentale : « Il ne faut pas avoir peur de la vérité ». Une injonction qui résonne comme le fil rouge de cet échange dense et sans concession.
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    Comment les services secrets israéliens et américains ont-ils pénétré l’appareil de sécurité iranien ? Entretien avec le journaliste et spécialiste du renseignement Rémi Kauffer

    23/04/2026 | 1 h 13 min
    Le journaliste et spécialiste du renseignement Rémi Kauffer nous plonge au cœur d’un univers aussi discret que déterminant : celui des services secrets. À l’occasion de la parution de son Dictionnaire mondial de l’espionnage, il propose une lecture alternative de l’histoire contemporaine, où les opérations clandestines éclairent autrement les grands événements. « Il y a un certain nombre de choses que ça explique […], les historiens qui se privent de cette dimension ne comprennent pas toute l’histoire ».
    Kauffer décrypte les logiques à l’œuvre dans les conflits actuels, notamment au Moyen-Orient, où la guerre se joue autant dans l’ombre que sur le terrain. Entre assassinats ciblés, opérations psychologiques et infiltrations, les services secrets deviennent des acteurs centraux de la déstabilisation des États. « Le but de la manœuvre, c’est que vos adversaires s’autodétruisent », résume-t-il, insistant sur l’importance de la peur et de la paranoïa comme armes stratégiques. Derrière l’image d’omnipotence du Mossad se cache une mécanique fine, où la technologie et la manipulation psychologique se combinent pour affaiblir l’ennemi de l’intérieur.
    Mais au-delà des opérations spectaculaires, l’épisode met en lumière les ressorts profondément humains de l’espionnage : motivations, failles, loyautés. Qu’il s’agisse de recruter un agent ou de former un exécutant, tout repose sur une compréhension aiguë de la psychologie. « La raison principale, c’est le patriotisme », rappelle Kauffer, loin des fantasmes véhiculés par le cinéma. Dans un monde où les lignes entre alliés et adversaires se brouillent, le renseignement apparaît plus que jamais comme un révélateur des rapports de force, et des fragilités, qui structurent notre époque.
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    « Les Américains, en 1 mois de conflit, ont dépensé à peu près 50 milliards de dollars. Les chinois avec 50 milliards de dollars construisent 2500 km de train à voie rapide. » La suite de l’entretien avec Jacques Baud

    14/04/2026 | 28 min
    Dans la foulée d’un premier entretien consacré à ses sanctions par l’Union européenne, Jacques Baud prolonge la réflexion et élargit le regard. Au cœur de cet épisode : une actualité brûlante, marquée par l’escalade entre Israël, les États-Unis et l’Iran, et ses répercussions sur l’équilibre mondial. « On a l’impression qu’on est dans quelque chose qui est totalement émotionnel », observe-t-il, dénonçant des logiques de confrontation de moins en moins rationnelles. À ses yeux, les grandes puissances occidentales reproduisent les mêmes erreurs, en s’engageant dans des conflits sans en mesurer les conséquences à long terme.
    L’ancien officier du renseignement pointe une constante : la sous-estimation des adversaires. De l’Afghanistan à l’Ukraine, en passant par Gaza, les conflits récents témoignent d’une lecture biaisée des rapports de force. « On lance des conflits sans réellement mesurer l’impact […] et avec une forme d’arrogance », tranche-t-il. Dans le cas iranien, il évoque une stratégie plus subtile qu’il n’y paraît, où la notion de « victoire décisive » ne signifie pas destruction totale, mais capacité à dissuader durablement l’ennemi. Une dynamique qui, selon lui, pourrait prolonger l’instabilité plutôt que la résoudre.
    Enfin, Jacques Baud analyse les conséquences globales de cette guerre, notamment sur le conflit en Ukraine et les équilibres géopolitiques. Il note un déplacement des priorités américaines vers le Moyen-Orient, au détriment de Kiev, et entrevoit un possible recul de la présence militaire américaine dans la région. En filigrane, une autre puissance tire son épingle du jeu : la Chine. « Nous, on dépense notre argent dans des conflits […]. Les autres […] construisent, ils éduquent », souligne-t-il, esquissant le portrait d’un monde en recomposition, où la puissance ne se mesure plus seulement à la force militaire, mais aussi à la capacité d’investir dans l’avenir.
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    Comment manger quand on est sanctionné par l’UE ? « J’ai été alimenté uniquement par des gens qui étaient choqués par l’attitude de l’UE, choqués par cette situation, et qui ont, de leur bon cœur, amené de la nourriture. » Entretien avec Jacques Baud et son avocat William Julié

    09/04/2026 | 1 h 7 min
    Jacques Baud, ancien officier du renseignement suisse, raconte comment sa vie a basculé après avoir été placé sur une liste de sanctions de l’Union européenne, sans procès ni avertissement préalable. Installé à Bruxelles, il découvre soudainement qu’il est accusé d’être « un propagandiste à la solde du Kremlin ». Une décision aux conséquences immédiates et brutales : comptes gelés, déplacements restreints, isolement financier. « Du jour au lendemain, je n’avais plus accès à de quoi me nourrir », résume-t-il, décrivant une situation qu’il qualifie lui-même de « kafkaïenne ».
    Aux côtés de son avocat William Julié, l’entretien plonge au cœur d’un mécanisme opaque, où la sanction précède toute forme de défense. Aucun jugement, aucune audience, mais une décision politique aux effets très concrets : « Lorsque vous êtes sanctionné, plus personne ne peut vous donner de l’argent », explique Me Julié, évoquant même une forme d’« intouchabilité » au sein de l’Union européenne. Ensemble, ils dénoncent une inversion du fardeau de la preuve et une atteinte potentielle aux principes fondamentaux de l’État de droit, notamment en matière de liberté d’expression.
    Au-delà du cas personnel, l’épisode soulève une question plus large : celle des limites du débat public en temps de guerre. Jacques Baud insiste sur son rôle d’analyste, affirmant n’avoir « jamais pris parti », mais simplement cherché à exposer les perceptions des deux camps dans le conflit ukrainien. « Dans mon cas, on sanctionne d’abord, et ensuite vient le procès », déplore-t-il. Pour ses défenseurs, cette affaire pourrait devenir un précédent majeur, révélateur des tensions croissantes entre sécurité, information et liberté dans l’espace démocratique européen.
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    Guerre en Iran. Le rappel brutal au réel:  « Nous sommes toujours dans un temps qui à l’échelle de la planète est le temps du pétrole et du charbon. » Entretien avec l’économiste Philippe Chalmin

    02/04/2026 | 1 h 8 min
    Philippe Chalmin est économiste et un des plus grands spécialistes mondiaux des commodités. Il estime que la guerre contre l’Iran vient acter une brutale réalité, celle d’un monde entré dans « le marché de l’incertain ». Alors que le détroit d’Ormuz est désormais perturbé, les repères vacillent. « Aujourd’hui, ma seule certitude est que demain sera différent d’aujourd’hui », résume-t-il, illustrant une volatilité extrême qui touche autant le pétrole que l’ensemble des grandes commodités.
    Gaz, pétrole, engrais, métaux, transport maritime : tout est affecté, jusque dans les chaînes d’approvisionnement les plus invisibles. Cette guerre agit comme un révélateur brutal : malgré les ambitions de transition, « les énergies fossiles font encore beaucoup fonctionner l’économie mondiale ». Résultat : un retour forcé aux réalités énergétiques, où le gaz, le charbon, et même le nucléaire, redeviennent des pivots stratégiques.
    Mais au-delà du choc immédiat, c’est la durée de la crise qui inquiète. Même dans le scénario le plus optimiste, prévient-il, « il faudrait six mois pour revenir à la normale ». Et encore, à condition d’un improbable apaisement géopolitique. Car cette guerre ne ressemble pas aux précédentes : imprévisible, fragmentée, elle redéfinit les rapports de force et rebat les cartes économiques mondiales au profit, notamment, de puissances comme la Russie. « Nous ne savons pas où nous allons », confie l’économiste, comparant notre époque à une ascension à l’aveugle. Entre instabilité chronique, dépendances énergétiques persistantes et recomposition géopolitique, cet épisode de Contact éclaire une certitude : la guerre en Iran n’est pas un événement parmi d’autres, mais un tournant.
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À propos de Contact - avec Stéphan Bureau

Stéphan Bureau mène de longs entretiens avec des invités qui pensent, créent ou façonnent notre monde. Dans l’air du temps sans être dans l’actualité brûlante, Contact se veut une tribune plurielle pour sortir des sentiers battus du prêt-à-penser.
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Generated: 4/30/2026 - 3:40:32 PM