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Gregory Pouy
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    #378 Briser l’omerta familial autour de l'abus avec Marie Christiane Baudoux

    20/1/2026 | 1 h 19 min
    Marie-Christiane Baudoux est psychothérapeute, elle a 80 ans et nous allons parler d’un sujet très particulier puisqu’elle va me raconter ses propres angles mort sur les violences sexuelles sur sa fille de 15 ans à l’époque.
    Dans cet épisode, nous parlons de ce qui dérange, de ce qui fait mal, de ce qui reste habituellement caché sous le tapis : la parole des proches quand un enfant est victime de violence sexuelle.
    J’ai questionné Marie-Christiane sur ce que très peu de mères osent formuler publiquement : ne pas avoir su être là, ne pas avoir su protéger, ne pas avoir su réagir.
    Ce qui m’a bouleversé dans cet échange, ce n’est pas seulement le sujet. C’est la lucidité avec laquelle elle revient, à 80 ans, sur ses propres mécanismes d’aveuglement. Elle raconte comment l’histoire transgénérationnelle de sa famille, faite de secrets, de non-dits et de dissociation émotionnelle, a façonné sa manière d’être mère… et ses limites.
    Son livre, Nos angles morts, co-écrit avec sa fille, n’est pas un livre d’accusation. C’est un livre de responsabilité. Un texte rare, d’une honnêteté presque inconfortable, qui explore la loyauté, la honte, la sidération, la spiritualité toxique, mais aussi le chemin lent et fragile de la réparation.
    Dans cet épisode, nous parlons de transgénérationnel, de mémoire du corps, de silence familial, d’abus dans un contexte spirituel, de pardon, d’excuses, de réconciliation. Nous parlons surtout d’une chose essentielle : la capacité humaine à évoluer, même très tard dans la vie, dès lors qu’on accepte de regarder ses propres zones d’ombre.

    Citations marquantes
    « Une victime non soutenue, c’est une double agression. »
    « J’ai compris que j’avais choisi de ne pas choisir. »
    « Ce livre, ma fille m’a dit qu’il l’avait réparée. »
    « Les secrets de famille ont façonné ma sidération. »
    « Nous avons un devoir d’évolution en tant qu’êtres humains. »
    Idées centrales discutées
    1. Le silence des proches est un angle mort du débat public
    Je réalise à quel point on parle (un peu plus qu’avant) des victimes, mais presque jamais des parents, des proches, de ceux qui n’ont pas su voir ou pas su agir. Pourtant, comprendre ces mécanismes est essentiel si on veut éviter leur reproduction.
    🕒 ~00:03
    👉 Pourquoi c’est important : cela ouvre un espace de responsabilité plutôt que de simple culpabilité.
    2. Les secrets familiaux traversent les générations
    Marie-Christiane explique comment les non-dits autour de son père, de son grand-père, de l’histoire familiale ont construit chez elle une dissociation émotionnelle profonde.
    🕒 ~00:07
    👉 Pourquoi c’est important : on comprend que nos comportements ne naissent pas ex nihilo, mais s’inscrivent dans des lignées invisibles.
    3. On peut être thérapeute… et aveugle dans sa propre vie
    C’est une tension extrêmement forte de l’épisode : même avec des outils, même avec une conscience professionnelle, on peut rester prisonnier de ses propres mécanismes psychiques.
    🕒 ~00:08
    👉 Pourquoi c’est important : cela remet en cause l’illusion de maîtrise psychologique.
    4. La spiritualité peut devenir un système d’emprise
    Le rôle du maître spirituel est glaçant : il protège l’agresseur, minimise les faits, renvoie la responsabilité sur l’enfant.
    🕒 ~00:36
    👉 Pourquoi c’est important : cela éclaire les dérives de certains environnements “élevés” en apparence.
    5. La réparation est possible sans justice, mais pas sans reconnaissance
    Ce qui a permis la guérison entre la mère et la fille, ce n’est pas une procédure judiciaire, mais une reconnaissance sincère, des excuses profondes, un travail long à deux.
    🕒 ~01:03
    👉 Pourquoi c’est important : cela redonne du pouvoir aux relations humaines.
    6. S’excuser réellement transforme la relation
    Le moment où Marie-Christiane cesse de se défendre et dit simplement « je n’ai pas été à la hauteur » marque un basculement.
    🕒 ~01:04
    👉 Pourquoi c’est important : cela montre ce que sont de vraies excuses, incarnées, pas performatives.
    7. Évoluer jusqu’à 80 ans est non seulement possible, mais nécessaire
    Sa conclusion est lumineuse : nos défauts, nos failles, nos aveuglements sont aussi des leviers d’évolution.
    🕒 ~01:16
    👉 Pourquoi c’est important : cela ouvre une perspective profondément humaniste.
    Questions structurantes
    Pourquoi est-il si difficile pour les proches de reconnaître leur impuissance ?
    Comment les secrets familiaux conditionnent-ils nos réactions inconscientes ?
    Peut-on être compétent professionnellement et démuni émotionnellement ?
    À partir de quand une spiritualité bascule-t-elle dans l’emprise ?
    Qu’est-ce qu’une excuse véritablement réparatrice ?
    Comment reconstruire une relation après une trahison parentale ?
    La reconnaissance suffit-elle quand il n’y a pas de justice institutionnelle ?
    Pourquoi certaines générations ont-elles tant de mal à revisiter le passé ?
    Peut-on réparer seul quand l’entourage reste dans le déni ?
    Qu’est-ce que cela change de regarder ses propres angles morts ?
    Références citées
    Livres
    Nos angles morts – Marie-Christiane Baudou
    Livre central de l’épisode, écrit avec sa fille, structurant tout le récit.
    🕒 dès 00:01
    Documentaire
    The Work
    Mentionné pour illustrer l’impact de l’absence du père dans les trajectoires de violence.
    🕒 ~00:22

    Suggestion d'autres épisodes à écouter :
    #318 La puissance de la vulnérabilité en action avec Melvine Deba (https://audmns.com/NjHrEpV)

    [MOMENT] Les relations hommes-femmes à l’ère post-MeToo avec Esther Perel (https://audmns.com/EqUIfmj)

    #287 Les rouages complexes de la famille avec Sophie Galabru (https://audmns.com/PusbPpV)

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    📣 V­lan! présente Mlle Pitch ON AIR - S3 - #1 Panafrica : La basket Africaine en marche

    20/1/2026 | 35 min
    Retrouvez l’ensemble des épisodes du podcast Mlle Pitch ON AIR de Agence Mlle Pitch ici
    S3 - #1 Panafrica : La basket Africaine en marche

    Les sneakers sont-elles une affaire d'éthique et d'impact social ?
    Dans ce nouvel épisode de Mlle Pitch on Air, Magali Faget reçoit Vulfran de Richouftz, le co-fondateur de la marque de chaussures Panafrica.
    Vulfran partage l'histoire fascinante de cet engagement, né d'une amitié et d'un amour pour l'Afrique de l'Ouest, qui est devenue leur terre d'accueil et de production.
    Panafrica c’est bien plus qu'une marque de mode. C'est un projet humaniste qui met à l'honneur les savoir-faire africains à travers l'utilisation emblématique des tissus wax et batik.
    Loin de la fast fashion, Vulfran explique comment la marque s'est construite sur des valeurs de transparence et un modèle économique visant à créer de l'emploi et maintenir les savoir-faire locaux.
    Vulfran révèle également l'ambitieux projet en cours : l'ouverture d'une usine de production et d'un centre de formation en Côte d'Ivoire pour un circuit encore plus court et responsable.

    Mlle Pitch On Air, le podcast où Magali Faget donne la parole à ceux qui font bouger les lignes.


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    [Moment] Europe : une paix naïve face au retour de la violence avec Thomas Gomart

    15/1/2026 | 9 min
    Thomas Gomart, historien et directeur de l’IFRI.
    Dans cet moment percutant et tellement d'actualité même si enregistré il y a 2 ans, je retrouve Thomas Gomart, l’un des meilleurs analystes géopolitiques français, à la fois historien, stratège, et fin observateur de nos aveuglements collectifs. Ce moment, issu d’un échange marquant, revient sur sa capacité quasi prophétique à anticiper le retour brutal de la guerre en Europe, bien avant 2022.
    Dans cet épisode, nous parlons de l’erreur de perspective des Européens face à la géopolitique, du mythe de la fin des idéologies, et de la résurgence des logiques de puissance. J’ai questionné Thomas sur notre tendance à croire que le monde serait uniformément pacifié par le commerce, en oubliant les rapports de force.
    Avec sa clarté intellectuelle, il rappelle combien la stratégie est une affaire de mémoire longue, de volontés qui s’affrontent, et de frontières qui, loin d’avoir disparu, redeviennent centrales.
    Citations marquantes
    « La stratégie commence à exister lorsqu’elle se heurte à une autre stratégie. »
    « Il y a des gens qui veulent dominer d'autres gens. »
    « L’Europe a cru que le monde voulait vivre comme elle. »
    « On a vu le mercantilisme chinois, mais pas sa matrice léniniste. »
    « La stratégie, ce n’est pas une méthode : c’est une dialectique des volontés. »
    Idées centrales discutées
    1. Le retour des conflits n’est pas une surprise
    ➤ Gomart explique que le conflit armé n’a jamais disparu. L’Europe a vécu dans une illusion post-historique, aveugle à la persistance des logiques de puissance.
    🕓 00:47
    2. Le discours dominant a nié la géopolitique
    ➤ Pendant que les penseurs prônaient un monde plat et individualisé, les stratèges savaient que les rapports de force n’avaient pas disparu.
    🕓 01:50
    3. La stratégie implique une mémoire longue
    ➤ Penser stratégiquement, c’est se souvenir que l’histoire ne se répète pas, mais rime souvent. L’oubli du tragique mène à la naïveté politique.
    🕓 02:46
    4. L’Europe s’est crue protégée
    ➤ Elle a sous-investi dans sa sécurité depuis les années 70, croyant que l’intégration suffisait à produire la paix.
    🕓 03:45
    5. La singularité de l’Europe : la séparation des pouvoirs
    ➤ Face aux régimes fusionnels comme la Chine, l’Europe se distingue encore par ce principe fondamental, aujourd’hui en tension.
    🕓 06:08
    6. La stratégie : une dialectique des volontés
    ➤ La stratégie ne se duplique pas, elle s’adapte. C’est un art plus qu’une science, selon la tradition beaufro-gomartienne.
    🕓 08:26
    Questions posées dans l’interview
    Avez-vous anticipé le retour des conflits armés dans votre livre de 2019 ?
    Pourquoi le discours dominant a-t-il occulté la géopolitique ?
    En quoi les Européens ont-ils été naïfs face à la réalité du monde ?
    Comment définissez-vous une « question stratégique » ?
    Pourquoi l’Europe a-t-elle négligé sa sécurité depuis les années 70 ?
    Le monde est-il vraiment multipolaire aujourd’hui ?
    Qu’est-ce que cela change pour votre métier ?
    Que révèle la domination européenne : accident ou singularité ?
    En quoi la Chine incarne-t-elle une fusion des pouvoirs ?
    Quel rôle peut encore jouer l’Europe dans ce monde fragmenté ?
    Références citées dans l’épisode
    Livres :
    Géo-Histoire de Christian Grataloup (mentionné par Thomas Gomart comme lecture de janvier) – 🕓 05:00
    Concepts :
    « Le monde est plat » – Référence à Thomas Friedman – 🕓 00:47
    Matrice léniniste du régime chinois – 🕓 06:08
    Introduction à la stratégie, Général Beaufre – 🕓 08:26
    Timestamps clés
    00:00 – Intro de l’extrait : Pourquoi ce moment a marqué les auditeurs
    00:47 – Retour du conflit armé : une prévision lucide
    01:50 – Le déni de géopolitique par les élites occidentales
    02:46 – Penser en stratège : mémoire, trajectoires, clash
    03:45 – L’illusion européenne d’une paix garantie
    05:00 – La domination européenne : accident ou singularité ?
    06:08 – Chine vs Europe : fusion ou séparation des pouvoirs
    08:26 – La stratégie comme dialectique des volontés

    Suggestion d'autres épisodes à écouter :
    #312 Les défis géopolitiques d’un monde hors de contrôle avec Thomas Gomart (https://audmns.com/jscnrns)

    [BEST-OF] Comprendre le dessous des guerres invisibles mondiales avec Thomas Gomart (https://audmns.com/rBULfVZ)

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    #377 Pourquoi l'avenir appartient aux sociétés solidaires? avec Pablo Servigne (partie 2)

    13/1/2026 | 48 min
    Pablo Servigne, aest uteur, penseur systémique et biologiste de formation. Il est l’un des premiers à avoir popularisé en France le concept de « collapsologie » avec ses livres devenus cultes, Comment tout peut s’effondrer ou encore Une autre fin du monde est possible.
    Mais aujourd’hui, Pablo prend ses distances avec cette étiquette. Dans Le réseau des tempêtes, son dernier livre, il trace un sillon nouveau, plus intime, plus incarné, où l’écologie ne peut plus faire l’économie du sensible, de l’émotion, de la relation et de la spiritualité.
    Cela faisait des années que je voulais inviter Pablo dans Vlan!. Nous avons attendu le bon moment.
    Et je crois que c’était maintenant. Parce que son message a profondément évolué, et qu’il entre en résonance totale avec mes propres réflexions sur la complexité, sur la joie, sur la nécessité de ralentir, et sur cette capacité à penser contre soi-même.
    Dans cet épisode, nous parlons de la violence – structurelle, politique, sociale, psychologique – et de comment elle s’insinue dans nos quotidiens.
    J’ai questionné Pablo sur sa conviction que la violence, à terme, ne résout rien et qu’elle ne fait que repousser les problèmes aux générations suivantes.
    Ce qu’il propose, c’est une bascule vers l’entraide, vers le lien, vers une autre manière d’habiter le monde – non pas dans l’utopie, mais dans une forme de lucidité joyeuse.
    Nous avons parlé de la course du temps, de la pression invisible qui nous pousse à toujours aller plus vite, alors même que notre besoin profond est de ralentir.
    De l’emprise des plateformes numériques sur notre attention. De la désocialisation croissante des jeunes générations. De l’anxiété rampante qui s’installe faute de communautés authentiques.
    Mais au-delà des constats, ce que propose Pablo, c’est une autre voie.
    Une voie du cœur et du corps. Une voie de l’enracinement. Une voie qui fait la paix avec nos émotions, nos ombres, nos vulnérabilités. Une voie qui croit encore à la puissance transformatrice du collectif, de la parole vraie, des récits réparateurs.
    Cet échange m’a profondément nourri. Il donne envie d’agir depuis un endroit plus juste, plus aligné.

    Citations marquantes
    « On ne peut pas traverser un effondrement sans passer par le cœur. »
    « La science ne suffit plus, il faut réintégrer le sensible et le sacré. »
    « Le vrai courage aujourd’hui, c’est de faire face à l’impermanence. »
    « Nous avons besoin de récits qui nous rassemblent dans l’incertitude. »
    « Accepter de ne pas savoir, c’est déjà commencer à guérir. »
    Idées centrales discutées
    1. De la collapsologie à l’écologie du lien
    Pablo revient sur son parcours et sur la limite de la collapsologie comme prisme uniquement scientifique. Il évoque un besoin d’aller vers des dimensions plus sensibles et spirituelles.
    Pourquoi c’est important : Cela montre la nécessité d’un regard holistique sur les crises.
    ~05:00
    2. Le deuil comme passage obligé
    Il insiste sur l’importance de faire le deuil de l’ancien monde pour mieux accueillir le nouveau.
    Pourquoi c’est important : Cela permet de transformer la douleur en force de régénération.
    ~12:30
    3. Reconnexion au vivant et aux émotions
    Il parle de la place des émotions, du corps, et du rituel dans la transition.
    Pourquoi c’est important : Cela redonne une place centrale à l’humain dans sa globalité.
    ~19:00
    4. Les limites du discours rationnel dans la crise écologique
    Il critique la foi aveugle dans la raison et la technique pour résoudre les problèmes écologiques.
    Pourquoi c’est important : Cela pousse à revaloriser l’intuition, l’art et les savoirs ancestraux.
    ~27:00
    5. La joie comme moteur d’action
    Malgré la gravité du sujet, Pablo défend une posture de joie active face à l’effondrement.
    Pourquoi c’est important : Cela ouvre à une écologie de la joie et non de la peur.
    ~38:00
    Questions posées dans l’interview
    Pourquoi as-tu arrêté de te revendiquer collapsologue ?
    Quel a été ton chemin personnel depuis la sortie de Comment tout peut s’effondrer ?
    Comment faire le deuil d’un monde en train de disparaître ?
    Quelle place donner aux émotions dans la transition écologique ?
    Comment réconcilier science, spiritualité et écologie ?
    De quoi avons-nous le plus peur face à l’effondrement ?
    Quel est le rôle des récits dans cette transformation collective ?
    Quelle importance donnes-tu aux rituels et à la communauté ?
    Est-ce qu’on peut encore espérer dans un monde en crise ?
    Comment cultiver la joie dans l’incertitude ?
    Références citées dans l’épisode
    Livres
    Comment tout peut s’effondrer – Pablo Servigne et Raphaël Stevens (~01:00)
    Une autre fin du monde est possible – Pablo Servigne et Gauthier Chapelle (~08:00)
    Concepts / auteurs
    Vandana Shiva – évoquée pour sa vision de l’écologie spirituelle (~20:00)
    Joanna Macy – travail qui relie (~23:00)
    Charles Eisenstein – économie sacrée (~30:00)
    Timestamps clés
    [00:00] Introduction – Qui est Pablo Servigne ?
    Un retour sur son parcours, ses engagements, et la naissance de la collapsologie.
    [05:00] La fin de la collapsologie ?
    Pourquoi Pablo ne s’identifie plus à ce courant.
    [12:30] Le processus de deuil collectif
    Comprendre les émotions profondes liées à la crise écologique.
    [19:00] L’importance du corps, des émotions et des rituels
    Un passage par le sensible pour faire face à l’effondrement.
    [27:00] Critique de la rationalité pure
    Les limites du discours scientifique dans les transformations sociétales.
    [38:00] Vers une écologie de la joie
    Comment la joie devient un levier d’action puissant.

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  • Vlan!

    #377 Pourquoi l'avenir appartient aux sociétés solidaires? Avec Pablo Servigne (partie 1)

    13/1/2026 | 36 min
    Pablo Servigne, aest uteur, penseur systémique et biologiste de formation. Il est l’un des premiers à avoir popularisé en France le concept de « collapsologie » avec ses livres devenus cultes, Comment tout peut s’effondrer ou encore Une autre fin du monde est possible.
    Mais aujourd’hui, Pablo prend ses distances avec cette étiquette. Dans Le réseau des tempêtes, son dernier livre, il trace un sillon nouveau, plus intime, plus incarné, où l’écologie ne peut plus faire l’économie du sensible, de l’émotion, de la relation et de la spiritualité.
    Cela faisait des années que je voulais inviter Pablo dans Vlan!. Nous avons attendu le bon moment.
    Et je crois que c’était maintenant. Parce que son message a profondément évolué, et qu’il entre en résonance totale avec mes propres réflexions sur la complexité, sur la joie, sur la nécessité de ralentir, et sur cette capacité à penser contre soi-même.
    Dans cet épisode, nous parlons de la violence – structurelle, politique, sociale, psychologique – et de comment elle s’insinue dans nos quotidiens.
    J’ai questionné Pablo sur sa conviction que la violence, à terme, ne résout rien et qu’elle ne fait que repousser les problèmes aux générations suivantes.
    Ce qu’il propose, c’est une bascule vers l’entraide, vers le lien, vers une autre manière d’habiter le monde – non pas dans l’utopie, mais dans une forme de lucidité joyeuse.
    Nous avons parlé de la course du temps, de la pression invisible qui nous pousse à toujours aller plus vite, alors même que notre besoin profond est de ralentir.
    De l’emprise des plateformes numériques sur notre attention. De la désocialisation croissante des jeunes générations. De l’anxiété rampante qui s’installe faute de communautés authentiques.
    Mais au-delà des constats, ce que propose Pablo, c’est une autre voie.
    Une voie du cœur et du corps. Une voie de l’enracinement. Une voie qui fait la paix avec nos émotions, nos ombres, nos vulnérabilités. Une voie qui croit encore à la puissance transformatrice du collectif, de la parole vraie, des récits réparateurs.
    Cet échange m’a profondément nourri. Il donne envie d’agir depuis un endroit plus juste, plus aligné.

    Citations marquantes
    « On ne peut pas traverser un effondrement sans passer par le cœur. »
    « La science ne suffit plus, il faut réintégrer le sensible et le sacré. »
    « Le vrai courage aujourd’hui, c’est de faire face à l’impermanence. »
    « Nous avons besoin de récits qui nous rassemblent dans l’incertitude. »
    « Accepter de ne pas savoir, c’est déjà commencer à guérir. »
    Idées centrales discutées
    1. De la collapsologie à l’écologie du lien
    Pablo revient sur son parcours et sur la limite de la collapsologie comme prisme uniquement scientifique. Il évoque un besoin d’aller vers des dimensions plus sensibles et spirituelles.
    Pourquoi c’est important : Cela montre la nécessité d’un regard holistique sur les crises.
    ~05:00
    2. Le deuil comme passage obligé
    Il insiste sur l’importance de faire le deuil de l’ancien monde pour mieux accueillir le nouveau.
    Pourquoi c’est important : Cela permet de transformer la douleur en force de régénération.
    ~12:30
    3. Reconnexion au vivant et aux émotions
    Il parle de la place des émotions, du corps, et du rituel dans la transition.
    Pourquoi c’est important : Cela redonne une place centrale à l’humain dans sa globalité.
    ~19:00
    4. Les limites du discours rationnel dans la crise écologique
    Il critique la foi aveugle dans la raison et la technique pour résoudre les problèmes écologiques.
    Pourquoi c’est important : Cela pousse à revaloriser l’intuition, l’art et les savoirs ancestraux.
    ~27:00
    5. La joie comme moteur d’action
    Malgré la gravité du sujet, Pablo défend une posture de joie active face à l’effondrement.
    Pourquoi c’est important : Cela ouvre à une écologie de la joie et non de la peur.
    ~38:00
    Questions posées dans l’interview
    Pourquoi as-tu arrêté de te revendiquer collapsologue ?
    Quel a été ton chemin personnel depuis la sortie de Comment tout peut s’effondrer ?
    Comment faire le deuil d’un monde en train de disparaître ?
    Quelle place donner aux émotions dans la transition écologique ?
    Comment réconcilier science, spiritualité et écologie ?
    De quoi avons-nous le plus peur face à l’effondrement ?
    Quel est le rôle des récits dans cette transformation collective ?
    Quelle importance donnes-tu aux rituels et à la communauté ?
    Est-ce qu’on peut encore espérer dans un monde en crise ?
    Comment cultiver la joie dans l’incertitude ?
    Références citées dans l’épisode
    Livres
    Comment tout peut s’effondrer – Pablo Servigne et Raphaël Stevens (~01:00)
    Une autre fin du monde est possible – Pablo Servigne et Gauthier Chapelle (~08:00)
    Concepts / auteurs
    Vandana Shiva – évoquée pour sa vision de l’écologie spirituelle (~20:00)
    Joanna Macy – travail qui relie (~23:00)
    Charles Eisenstein – économie sacrée (~30:00)
    Timestamps clés
    [00:00] Introduction – Qui est Pablo Servigne ?
    Un retour sur son parcours, ses engagements, et la naissance de la collapsologie.
    [05:00] La fin de la collapsologie ?
    Pourquoi Pablo ne s’identifie plus à ce courant.
    [12:30] Le processus de deuil collectif
    Comprendre les émotions profondes liées à la crise écologique.
    [19:00] L’importance du corps, des émotions et des rituels
    Un passage par le sensible pour faire face à l’effondrement.
    [27:00] Critique de la rationalité pure
    Les limites du discours scientifique dans les transformations sociétales.
    [38:00] Vers une écologie de la joie
    Comment la joie devient un levier d’action puissant.

    Suggestion d'autres épisodes à écouter :
    #240 Marcher séparément mais lutter ensemble? Avec Rejane Senac (https://audmns.com/JCJVxeL)

    L'individualisme nous tue-t-il a petit feu? partie 1 avec Hugo Paul (https://audmns.com/ntXDwdf)

    [MOMENT] Transformer la violence de la société actuelle par le soin avec Marie Robert (https://audmns.com/EUxsYiz)

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Generated: 1/20/2026 - 12:37:32 PM