Laurent Coulon
Civilisation de l'Égypte pharaonique
Année 2025-2026
Collège de France
Propos sur l'art égyptien et ses artistes
Conférence - Dimitri Laboury : L'artiste, un acteur majeur de la société pharaonique
Dimitri Laboury
Université de Liège
Résumé
En rappelant le triangle fonctionnel inhérent à toute production artistique, faisant interagir commanditaire(s), réalisateur(s) et récepteur(s), la troisième leçon explorera la place de l'artiste au sein de la société pharaonique, dans sa plus grande diversité. En effet, tant les sources textuelles que les œuvres elles-mêmes révèlent une diversité de statuts, de fonctions et de compétences au sein de l'immense task-force artistique – ou art-force – mise en place par les pharaons afin de réaliser leurs ambitieux programmes monumentaux à travers tout le pays, et même au-delà. Tenir compte de cette diversité et la penser sont essentiels pour bien comprendre l'art égyptien, comme tout art à travers le monde. La trajectoire professionnelle de quelques grands maîtres de l'art pharaonique permettra en outre d'examiner la mobilité sociale dont pouvaient bénéficier ces artistes, ainsi que leur importance majeure aux yeux du pouvoir pharaonique.
Dimitri Laboury
Après une double formation, en histoire de l'art et archéologie et en histoire et philologie orientales (orientation égyptien ancien), Dimitri Laboury a consacré sa thèse de doctorat à La statuaire de Thoutmosis III. Essai d'interprétation d'un portrait royal dans son contexte historique (Liège, 1998). Il a effectué la majeure partie de sa carrière en tant que chercheur du F.R.S.-FNRS, avant que l'université de Liège ne crée une chaire pour ses enseignements en 2023. Ses recherches concernent la culture matérielle de l'Égypte antique et, à ce titre, il a participé à diverses missions archéologiques en Égypte, à Tanis, à Karnak, à Amarna et dans la Nécropole Thébaine, où il a assuré depuis 2010 la codirection de la Mission Archéologique belge, qu'il dirige aujourd'hui. Ses intérêts scientifiques portent tout particulièrement sur l'étude de l'art égyptien, depuis sa création durant l'Antiquité jusqu'à sa récupération dans les différentes cultures qui se sont approprié le modèle pharaonique, y compris au sein de la tradition occidentale. À la faveur d'un Mandat d'impulsion scientifique du F.R.S.-FNRS, il a initié un vaste programme de recherche sur les artistes dans l'Égypte antique et l'étude de leurs diverses pratiques, qui permettent de suivre des individualités ou des mains d'artistes, mais aussi et surtout de comprendre qui étaient ces acteurs-clés d'une société qui a tant investi dans la production artistique. Son objectif scientifique principal est de rendre leur juste place aux notions d'art et d'artistes dans le vocabulaire conceptuel de la discipline égyptologique, ce sur quoi portera sa série d'exposés au Collège de France.