Il y a des rencontres qui arrivent comme une suite logique, presque en retard sur elles-mêmes, mais dans la patience de l’évidence.
Katerina Andreou et Mélissa Guex travaillent depuis des années à déplacer le centre de gravité du corps vers plus de tension, plus de risque, plus de friction, avec du tonus, en embrassant le chaos. Les voir aujourd’hui réunies au Théâtre Vidy-Lausanne pour co-signer SHOUT TWICE relève moins de la surprise que d’une évidence joyeuse, construite dans le temps.
Tout part d’un geste minimal : crier. Un cri qui n’explose pas, mais s’organise. Il circule, parfois à bas bruit, discret. Il devient énergie, rythme, relais, contamination. Ce qui se joue là, c’est une puissance de transformation : défaire les contours, travailler l’anonymat, s’autoriser à devenir multiple, à se déplacer d’un état à l’autre sans se fixer. Rester fluide. La métamorphose n’est pas un effet, mais une méthode. Quelque chose passe d’un corps à l’autre, se déplace, insiste, jusqu’à produire une joie étrange, libératrice, parfois collective qui s’amplifie. Katerina Andreou et Mélissa Guex créent un terrain de jeu à leur mesure, où la limite est celle de l’imaginaire et, pour notre plus grande joie, cet imaginaire est fécond et infini.
Un épisode au présent, au plus près d’un travail en train de trouver sa forme. J’ai eu le plaisir de les rencontrer à J+2 de la création, à Vidy-Lausanne, dans le cadre de Tempo Forte.
Avec la participation généreuse de Lou Colombani, les apports de Meredith Monk, Nicolas Donin et Florian Gaité, et la convocation d’êtres précieux comme Maud Blondel et Latifa Laâbissi.
SHOUT TWICE sera repris du 4 au 6 juin au Pavillon ADC à Genève, et les 25 et 26 septembre à la Fondation Fiminco, dans le cadre du Festival d’Automne à Paris et du Centre national de la danse - CN D.
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