
Le Beau Bizarre #81 avec Rose Vidal
20/12/2025 | 1 h 5 min
Pour ce dernier épisode de l’année 2025, Le Beau Bizarre fait un pas de côté et prend le temps d’une conversation à partir d’un livre — non pas comme objet clos, mais comme dispositif. Avec Drama Doll, Rose Vidal explore la douleur, la perte, la fragilité, là où les mots vacillent et où les formes se dérobent. Son écriture fragmentée, polyphonique, avance par secousses, au plus près des corps qui souffrent. Ici, pas de récit linéaire ni de protocole rassurant : la langue se met à l’épreuve, malaxe l’addiction, le deuil, la médicalisation, et refuse toute anesthésie facile. La douleur n’y est jamais seulement intime. Elle devient politique, sociale, pharmaceutique. Que peut-on encore dire — et comment — quand la souffrance déborde le cadre du récit ? Que fait la littérature quand elle renonce à expliquer, à réparer, à guérir ? Peut-elle devenir un espace d’adresse, un lieu de partage, plutôt qu’une promesse de solution ? Un épisode traversé par ces questions, pour écouter ce que la littérature peut encore ouvrir quand elle accepte de ne pas refermer. Avec les apports de Nicolas Danziger, Kader Attia, Mohamed El Khatib, Benoît Piéron et Mathilde Albouy. Suivez nous sur les réseaux, abonnez vous sur les plateformes d’écoute ! Facebook Linkedin Instagram

Le Beau Bizarre #80 avec Sonia Recasens
27/11/2025 | 54 min
Dans cet épisode du Beau Bizarre, nous suivons Sonia Recasens au cœur de son exposition Aïta, fragments poétiques d’une scène marocaine, présentée au FRAC Nouvelle-Aquitaine MÉCA. Avec elle, impossible de rester à la surface : chaque œuvre devient un éclat d’histoire, un chant, une blessure, une joie transmise d’une voix à l’autre. Sonia ne “montre” pas : elle tisse. Elle fait résonner les cheikhates — Kharboucha, Mririda, Haja El Hamdaouia — dont les cris poétiques traversent le temps, et les met en dialogue avec trois générations d’artistes marocain·es qui réinventent aujourd’hui l’oralité, la mémoire et les gestes du quotidien. Ici, le musée se laisse contaminer par la place publique : la halka, la fête, la transe, la prière. Les œuvres deviennent des voix, les voix deviennent des paysages. De Malika et Amina Agueznay à Soukaina Joual, de M’Barek Bouhchichi à Sido Lansari, de Mohssin Harraki à Meriem Bennani, Aïta compose une polyphonie de voix : celle des récits minorés, des corps en lutte, des archives sans archives. Une exposition qui n’enterre pas une tradition — elle l’active, la trouble, la relance. Un épisode qui écoute autant qu’il regarde. Et où l’on comprend, avec Sonia, que la poésie est parfois une manière de refaire monde. Avec les généreux apports de Ghassan El Hakim, Bouchra Khalili, M’Barek Bouhchichi et Sido Lansari. Aïta, fragments poétiques d’une scène marocaine, présentée au FRAC Nouvelle-Aquitaine MÉCA jusqu’au 4 janvier 2026. Suivez nous sur les réseaux, abonnez vous sur les plateformes d’écoute ! Facebook Linkedin Instagram

Le Beau Bizarre #79 🇫🇷 avec Khalid Abdalla
24/9/2025 | 37 min
À Genève, dans le cadre du Festival de la Bâtie, Khalid Abdalla a présenté Nowhere pour la première fois avec surtitres en français. Ni confession, ni monument, mais une « anti-biographie », ce solo se déploie comme un geste d’insoumission aux récits linéaires et aux identités figées. Sur scène, l’intime devient cartographie politique : la place Tahrir et ses échos, les contre-révolutions, la Nakba toujours recommencée, la conscience d’un génocide qui traverse le présent. Avec une intranquillité assumée, Abdalla invente une forme fragmentée qui refuse de lisser la violence du monde. Nowhere convoque des « fantômes politiques », explore la vulnérabilité comme une force, et ouvre un espace rituel où mémoire, responsabilité et action se disputent le droit d’exister. Dans cet entretien pour Le Beau Bizarre, Khalid Abdalla raconte la généalogie de la pièce et ce qu’elle rend possible : une manière de vivre et de dire, quand tout autour de nous pousse au silence. Suivez nous sur les réseaux, abonnez vous sur les plateformes d’écoute ! Facebook Linkedin Instagram

Le Beau Bizarre #79 🇬🇧 with Khalid Abdalla
18/9/2025 | 37 min
In Geneva, at the Festival de la Bâtie, Khalid Abdalla presented Nowhere for the first time with French subtitles. Neither confession nor monument, but an “anti-biography,” this solo unfolds as an act of resistance against linear narratives and fixed identities. On stage, the intimate becomes political cartography: Tahrir Square and its echoes, counter-revolutions, the ongoing Nakba, the unbearable awareness of a genocide unfolding in the present. With deliberate restlessness, Abdalla shapes a fractured form that refuses to smooth over the violence of the world. Nowhere summons “political ghosts,” embraces vulnerability as strength, and opens a ritual space where memory, responsibility, and action contend for visibility. In this conversation for Le Beau Bizarre, Khalid Abdalla shares the genealogy of the piece and what it makes possible: a way of living and speaking when everything around us insists on silence. Suivez nous sur les réseaux, abonnez vous sur les plateformes d’écoute ! Facebook Linkedin Instagram

Le Beau Bizarre #78 avec Belinda Mathieu, Samuel Gleyze-Esteban et Caroline Châtelet depuis Avignon
23/7/2025 | 1 h 5 min
Épisode critique en public – Festival d’Avignon 2025 Qu’est-ce que la critique peut encore ? Peut-elle créer, interroger, résister ? Peut-elle – par sa parole même – devenir espace ? C’est avec ces questions en tête que nous avons réuni trois voix critiques à l’occasion de ce nouvel épisode du Beau Bizarre, enregistré en public depuis la calade de la Maison Jean Vilar, au cœur du Festival d’Avignon. Une table ronde généreuse, pensée comme un espace de résonance, d’écoute et de friction. À mes côtés : – Belinda Mathieu, critique spécialisée en danse contemporaine (Télérama, Mouvement, Sceneweb) – Samuel Gleyze-Esteban, journaliste pour L’Humanité – Caroline Châtelet, plume engagée pour Frictions, Jeu, Théâtre(s) et Sceneweb Trois regards, trois sensibilités, un même désir d’arpenter ce territoire mouvant qu’est l’expérience scénique. Nous ouvrons la discussion avec des archives critiques d’Oscar Wilde et de Marcel Pagnol, pour poser les termes du débat : la critique est-elle une forme de création ? Peut-elle elle-même être soumise à l’épreuve du regard ? Puis, nous entrons dans le vif du festival avec trois propositions chorégraphiques puissantes, contrastées, profondément politiques : NÔT de Marlène Monteiro Freitas – une ouverture vertigineuse dans la Cour d’honneur, où le corps devient flux, rituel et excès. When I saw the Sea d’Ali Chahrour – un chœur de femmes rescapées du système Kafala, pour une scène habitée par le témoignage, la douleur et la dignité. Turn On de Soraya Leila Emery – un manifeste chorégraphique sur le plaisir féminin comme force ambiguë, sensuelle et décoloniale. À travers ces œuvres, nous interrogeons : – Ce que le rituel fait à la dramaturgie – Comment le politique peut traverser le sensible – Et comment la critique, en miroir, peut devenir expérience partagée Un épisode comme un essai polyphonique : à la fois lecture, analyse et trace. En public, Maison Jean Vilar, juillet 2025. Avec le soutien technique de L’Écho des Planches Suivez nous sur les réseaux, abonnez vous sur les plateformes d’écoute ! Facebook Linkedin Instagram



Le Beau Bizarre par Zineb Soulaimani