

02 - Lieux de pouvoir
13/1/2026 | 1 h 7 min
Patrick BoucheronChaire Chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècleCollège de FranceAnnée 2025-202602 - Lieux de pouvoir

01 - Lieux de pouvoir : Ce que peuvent les lieux
06/1/2026 | 1 h 1 min
Patrick BoucheronChaire Chaire Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècleCollège de FranceAnnée 2025-202601 - Lieux de pouvoir : Ce que peuvent les lieuxRésuméCette séance d'introduction générale à la sémantique politique des lieux de pouvoir au Moyen Âge prend la forme d'une interrogation sur la « mise en beauté » du pouvoir de Jean de Berry dans la première décennie du XVe siècle à travers la représentation de ses châteaux dans les Très Riches Heures du duc de Berry, et en particulier de celui de Mehun-sur-Yèvre, qui figure dans la représentation de la « Tentation du Christ ». Attentive à la fois à la nature dévotionnelle de la contemplation des Heures (puisqu'ici, le principal lieu de pouvoir est le livre lui-même), mais aussi aux détails de l'œuvre peinte qui, donnant à voir la possibilité d'un point de bascule dans l'excès de richesse et la démesure d'une aspiration à la beauté, on soutient une interprétation plus dramatique de l'œuvre, liée à la mélancolie du pouvoir et à l'expérience du vieillissement. Entre locus et iter, enracinement de la domination seigneuriale et hétérotopie des puissances imaginantes, c'est aussi l'occasion de définir les différents concepts de spatialité que l'on fera jouer durant l'ensemble du cours, le spatial turn propre à l'histoire médiévale étant ici mis à l'épreuve par une réflexion plus générale sur le rapport entre lieu et événement.SommaireUn souvenir de conte de fées ? Ce qui nous attire làJean de Berry et la « mise en beauté du pouvoir » (Françoise Autrand, Jean de Berry, Paris, 2000)Les assises du pouvoir : une politique de construction, « avec tant de soin et de dépense » (Chronique du religieux de Saint-Denis)Les Très Riches Heures, lieux de pouvoir (Mathieu Deldicque dir., Les Très Riches Heures du duc de Berry, catalogue de l'exposition organisée par le château de Chantilly du 7 juin au 5 octobre 2025, Château de Chantilly, 2025)Le château de Mehun-sur-Yèvre, « l'une des plus belles maisons du monde » (Froissart)Magnificence, fantaisie et inventaire du mondeChercher le point de bascule : le lion attend la chute de l'oursLa nature ursine d'un pouvoir instable (Michel Pastoureau, L'Ours. Histoire d'un roi déchu, Paris, 2007)Devise, gisant, totem : Jean de Berry, prince des oursUne lecture mélancolique et inquiète du calendrier des Très Riches Heures (Inès Villela-Petit, « The Works and Days of John, Duke of Berry in his "Très Riches Heures" », Maelwael Van Lymborch Studies, 2025)En janvier, une fête princière menacée par la guerre qui rôdeEn décembre, l'hallali du vieux sanglier et la mort qui vientEn mars, ce « brouillard de mer » qui plane au-dessus des tours du châteauFaire lieu et répondre à l'appel de l'ailleurs (Emmanuel Le Roy Ladurie et Jacques Le Goff, « Mélusine maternelle et défricheuse », Annales. Économies, Sociétés, Civilisations, 1971)La topolignée, ou comment nouer un nom, un lieu et une durée (Anita Guerreau-Jalabert, « La parenté dans l'Europe médiévale et moderne : à propos d'une synthèse récente », L'Homme, 1989)Lorsque nous n'y serons plus : feuilleter le calendrier des Très Riches Heures comme l'on parcourt une cérémonie des adieux« Toute architecture dérobe radicalement, en s'élevant, un lieu perdu » (Pascal Quignard, Les Heures heureuses, 2023)Retour à l'usage dévotionnel du manuscrit : Invocabit me et ego exaudiam eumLa tentation du Christ (Luc, 4, 1-13)Le temps venra : lieu dit et moment donnéPaysages de l'abondance : le lieu haut, le haut lieu et l'embarras de richesseLa magnificence et l'inquiétude de la pure dépense (Paul Veyne, Le Pain et le Cirque. Sociologie historique d'un pluralisme politique, 1976)Enracinement, dislocation, duplication : la « mnémotopie » de Maurice Halbwachs dans La Topographie légendaire des Évangiles en Terre sainte (Dominique Iogna-Prat, « Maurice Halbwachs ou la mnémotopie. "Textes topographiques" et inscription spatiale de la mémoire », Annales. Histoire, sciences sociales, 2011)Trois tentations en une, et un montage entre portraits ressemblants de portions d'espaces et « concepts de lieux » (Philippe Descola, Les Formes du visible, 2021)Nouvelle pensée de la spatialité et ancienne géographie vidalienne (Christian Jacob, « Spatial turn », dans Qu'est-ce qu'un lieu de savoir ?, OpenEdition Press, 2014)En histoire médiévale : l'espace avant le territoire (Florian Mazel et Magalie Watteaux, « Espace », dans Nouvelle Histoire du Moyen Âge, nouvelle édition, 2025)La réduction ad unicum de l'espace et l'unité de la storia albertienne (Hubert Damisch, L'Origine de la perspective, Paris, 1987, nouvelle édition, 2012)Le lieu, le corps et la « boîte locale » chez Giotto (Jean-Philippe Antoine, « Mémoire, lieux et invention spatiale dans la peinture italienne des XIIIe et XIVe siècles », Annales ESC, 48-6, 1993)Le lieu par excellence, le corps par excellence, l'événement par excellence : autour d'une nativité de Lorenzo Monaco (Giulia Puma, Les Nativités italiennes (1250-1450). Une histoire d'adoration, Rome, 2019)Locus et iter : le pouvoir de transformation des lieux (Didier Méhu, « Locus, transitus, peregrinatio. Remarques sur la spatialité des rapports sociaux dans l'Occident médiéval (XIe-XIIIe siècle) », dans Construction de l'espace au Moyen Âge : pratiques et représentations. Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public (Mulhouse, 2006), Paris, 2007)Le lieu comme surface d'événements (Georges Perec, Lieux, Paris, 2022)Saint-Matthieu et l'Ange (Caravage, 1602), toujours au bord de basculer.

10 - Le sexe du pouvoir : Refaire l'amour
18/3/2025 | 1 h 6 min
Patrice BoucheronHistoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècleCollège de FranceAnnée 2024-202510 - Le sexe du pouvoir : Refaire l'amourIntervenant :Patrick BoucheronProfesseur du Collège de France

09 - Le sexe du pouvoir : Le politique dans le boudoir
11/3/2025 | 1 h 5 min
Patrice BoucheronHistoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècleCollège de FranceAnnée 2024-202509 - Le sexe du pouvoir : Le politique dans le boudoirIntervenant :Patrick BoucheronProfesseur du Collège de FranceRésuméComment, en 1314, le scandale des brus du roi devient-il l'affaire de la Tour de Nesle ? En s'intéressant aux réécritures légendaires d'un épisode qu'on pourrait juger mineur, on cherche à interroger les rapports entre ce genre décrié qu'est la « petite histoire » et la narration historique de plus grande ampleur. Car ce qui est en jeu dans la dernière année du règne de Philippe le Bel est bien la question, éminemment politique, de la violence et du consentement : accuser l'infidélité des reines, c'est questionner la fidélité de l'aristocratie. Mais il n'est pas dit que le sexe soit toujours le secret du pouvoir : de l'anecdote de Procope de Césarée à la « bagatelle » du cardinal de Retz, la leçon des fables – et notamment celle de Boccace, sur laquelle on s'arrête à nouveau – permet de mettre à l'épreuve la question de la jouissance et de la sublimation.SommaireUn mot pour un autre : retour sur le sexe des institutions« Nation France » et « mère patrie » : sur une certaine indistinction de genre de la grammaire politiqueTrois fils vont régner, mais pas la fille : les enfants de Philippe le Bel1314, le scandale des brus du roi : « Trois princesses s'ennuyaient, que deux chevaliers "jolis et gais" vinrent distraire » (Jean Favier, Philippe le Bel, Paris, 1978)Le châtiment des chevaliers normands, les frères Gauthier et Philippe d'Aunay, « escorchiez et les viz coupez »La révélation de l'adultère : questions de chronologie, problèmes d'anthropologie historique (Elizabeth A. R. Brown, « Philip the Fair of France and His Family's Disgrace: The Adultery Scandal of 1314 Revealed, Recounted, Reimagined, and Redated », Mediaevistik, 2019)Dans les Grandes Chroniques de France, le soulèvement des ligues nobiliaires passé sous silence et le souvenir écran du scandale des brus du roi (Tracy Adams, « Between History and Fiction: Revisiting the Affaire de la Tour de Nesle », Viator, 2012)30 mai 1315, mort de Marguerite de Bourgogne et exécution d'Enguerran de Marigny : « ici finit l'histoire du roi Philippe le Bel »« Certaine science, et autorité, et pleine puissance » : tautologie de la majesté et monopole de la violence légitime (Jacques Krynen, Philippe le Bel. La puissance et la grandeur, Paris, 2022)L'infidélité des reines et la confusio regni (Geneviève Bührer-Thierry, « La reine adultère », Cahiers de civilisation médiévale, 1992)« Ce choc, ce heurt de la conscience et du corps » : scandalum et sphère publique (Arnaud Fossier, « "Propter vitandum scandalum" : histoire d'une catégorie juridique (XIIe-XVe siècle) », Mélanges de l'École française de Rome. Moyen Âge, 2009)Accuser l'accusation : du scandale des brus du roi à l'affaire de la Tour de Nesle (Luc Boltanski, Élisabeth Claverie, Nicolas Offenstadt et Stéphane Van Damme dir., Affaires, Scandales et Grandes Causes, Paris, 2007)« Semblablement, où est la royne/Qui commanda que Buridan/Fust gecté en ung sac en Saine ? » : François Villon, Hans Jencz et le Judicum BurridanoLes cent amants de Jeanne de Navarre (Franck Collard et Isabelle Heullant-Donat, « Deux autres Jeanne : figures de reines défigurées aux XIVe et XVe siècles », dans Anne-Hélène Allirot, Murielle Gaude-Ferragu, Gilles Lecuppre et al. dir., Une histoire pour un royaume, XIIe-XVe siècle, Paris, 2010)Jean Buridan, ou le sexe du savoir-pouvoirLa Tour de Nesle comme harem inversé : imaginaires politiques et géographie universitaire (La Tour de Nesle : de pierre, d'encre et de fiction, catalogue de l'exposition de la bibliothèque Mazarine, Paris, 2014)Amplifications et relais fictionnels, d'Alexandre Dumas à Maurice Druon (Stéphane Le Couëdic, « Mais où sont les drames d'antan ? La Tour de Nesle dans le roman et le drame populaire », dans Florent Montaclair, dir., Roman-feuilleton et théâtre : L'adaptation du roman-feuilleton au théâtre, Besançon, 1998)Au paroxysme de la violence gothique : les « châteaux de la subversion » (Annie Le Brun, Les Châteaux de la subversion, Paris, 1982)Sade, le donjon de Vincennes et La philosophie dans le boudoir : une « autocritique des Lumières » (Antoine Lilti, L'Héritage des Lumières. Ambivalences de la modernité, Paris, 2019)La petite et la grande histoire (Écrire l'histoire, 2017 : « La petite histoire »)« Les faits n'ont pas de taille absolue » (Paul Veyne, Comment on écrit l'histoire, Paris, 1975)De Procope au cardinal de Retz : anecdotes, dévoilement, secretsL'infidélité du roi, une « transgression raisonnée » (Flavie Leroux, Les Maîtresses du roi, de Henri IV à Louis XIV, Ceyzérieu, 2020)La sexualité du couple princier, une affaire publique ? (Pascale Mormiche, Donner vie au royaume. Grossesses et maternités à la cour de France (XVIIe-XVIIIe siècles), Paris, 2022)Idéal galant et conversation entre les sexes (Alain Viala, La Galanterie. Une mythologie française, Paris, 2019)La sexualisation de l'échange galant (Jennifer Tamas, Peut-on encore être galant ?, Paris, 2024)« Au faible, il ne sert à rien d'accuser la force : le pouvoir des faibles et le pouvoir des fables (Louis Marin, Le Récit est un piège, Paris, 1978)Pesci su per la mensa guizzavano : Charles d'Anjou au jardin du désir frémissant (Boccace, Decameron, X, 6)« Le roi se laissa prendre dans les rets de l'amour » (Jean-Claude Mühlethaler, « La nouvelle et la "petite histoire" : de Boccace à Marguerite de Navarre », Écrire l'histoire, 2017)La sublimation, comme travail de civilisation et de subjectivation : « Là où était du ça, doit advenir du moi » (Sigmund Freud, Nouvelles Conférences d'introduction à la psychanalyse, Paris, 1933)Le pouvoir comme zone érogène et le gouvernement priapiqueJouir, verbe intransitifCe qu'a vu Tirésias.

08 - Le sexe du pouvoir : Mâle royaume
04/3/2025 | 1 h 4 min
Patrice BoucheronHistoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècleCollège de FranceAnnée 2024-202508 - Le sexe du pouvoir : Mâle royaumeIntervenant :Patrick BoucheronProfesseur du Collège de FranceRésuméDepuis Régine Pernoud et Georges Duby, une tradition, dont l'influence dépasse le cadre historiographique, situe dans la seconde moitié du XIIe siècle, au temps d'Hildegarde de Bingen et d'Aliénor d'Aquitaine, un paradis perdu de la condition féminine. On s'interroge sur le regain actuel d'une veine de recherche désireuse d'aller chercher, dans le passé médiéval, les destins exemplaires de femmes d'exception. Au-delà de la question de la domination symbolique du rang et de l'honneur du queenship, comment évaluer l'effectivité de l'exercice du pouvoir, et passer ainsi de l'archéologie du charisme à la généalogie de la gouvernementalité ? La question débouche sur l'analyse de traditions politiques qui, en France surtout, assigne un sexe aux systèmes de pouvoir : contrairement peut-être à l'empire, le cadre monarchique, et les contraintes qu'il fait peser sur le sang, l'alliance, mais aussi les définitions de genre, impose l'idée d'un mâle royaume. SommaireL'histoire des sociétés anciennes est-elle aujourd'hui encore un « passé utilisable » ? (Hayden White, Le Passé s'écrit [2014], Paris, 2017)Sexe roi, argent roi : et si c'était plus simple ?« C'était cela qu'il fallait penser : désir, valeur et simulacre » (lettre de Michel Foucault à Pierre Klossowski, hiver 1970)« Les Filles au Moyen Âge » (film de Hubert Viel, 2015) : un revival rohmérienLe Moyen Âge rêvé, paradis perdu de la condition féminineFemmes d'exception, femmes exemplaires, femmes puissantes (Régine Pernoud, La Femme au Moyen Âge, Paris, 1980)La Femme, « une femme », des femmes : le pouvoir du nom« Je crois aussi pouvoir situer vers 1180 le moment où leur condition fut quelque peu rehaussée, où les chevaliers et les prêtres s'accoutumèrent à débattre avec elles » (Georges Duby, Dames du XIIe siècle, Paris, 1995)« Ton esprit est comme un mur battu par l'orage. Où que tu regardes, tu ne trouves nul repos » (lettre de Hildegarde à Bingen à Aliénor d'Aquitaine, 1174 ?)Pour saluer Martin Aurell (Aliénor d'Aquitaine. Souveraine femme, Paris, 2024)La « mauvaise réputation » d'Aliénor d'Aquitaine (Martin Aurell) : sexualité et orientalisation de la débauche, autour de l'affaire d'Antioche (mars-avril 1148)La Marie-Antoinette du XIIe siècle : « Vive et légère, fière et ambitieuse, elle crut ne s'être mariée que pour gouverner et jouir de tous les plaisirs » (Louis-Charles de Lavicomterie, Les Crimes des reines de France depuis le commencement de la monarchie jusqu'à Marie-Antoinette, Paris, 1793)Domina, « souveraine femme » et exercice du pouvoir : archéologie du charisme ou généalogie de la gouvernementalité ?Le précédent ottonien : les dominae imperiales de la fin du Xe siècle (Justine Audebrand, « Impératrices et abbesses : les dominae imperiales ottoniennes (Xe-XIe siècle) », Clio, 53, 2021)Emma et Aliénor : deux princesses étrangères entre deux royaumesEncomium Emmae Reginae : quand l'idée d'empire vient par les femmes (Fanny Madeline)Comme dans l'Énéide de Virgile, une fondation politique impériale qui ne repose pas sur l'identité mais sur l'altérité (Florence Dupont, Rome, la ville sans origine, Paris, 2011)Rang, honneur, statut : le queenship dans le cadre monarchique (Pauline Stafford, Queens, Concubines and Dowagers: The King's Wife in the Early Middle Ages, Leicester, 1998)La reine Adélaïde, « codétentrice d'une royauté à laquelle nous l'avons associée » (lettre de Hugues Capet à l'impératrice Théophano, 988)Princesse, épouse, mère, pacificatrice : les rôles féminins traditionnels de consors regni« Souveraine, elle fait figure d'épouse ; épouse, elle paraît sujette » (Fanny Cosandey, La Reine de France, symbole et pouvoir. XVe-XVIIIe siècle, Paris, 2000)Du queenship à l'empowerment : mesurer l'autorité diplomatique des reines par le nombre de souscriptions d'actes (« Actes écrits des femmes de pouvoir, XIIe-XVe siècle »)Discours sigillaire et dispositions diplomatiques (Lucie Jardot, Sceller et gouverner. Pratiques et représentations du pouvoir des comtesses de Flandre et de Hainaut (XIIIe-XVe siècles), Rennes, 2020)L'agency politique des « femmes au cœur d'hommes » (Marion Chaigne-Legouy)Réseaux, ressources, symboles et tyrannie magicienne (Garance Recoing, Les Reines de Norvège, Rennes, 2025)Réseaux : les équipes de pouvoir de Yolande de Flandre (Michelle Bubenicek, Quand les femmes gouvernent : Yolande de Flandre, droit et politique au XIVe siècle, Paris, 2002)Ressources : la table carnassière de Marguerite de France (Jean-Baptiste Santamaria, Marguerite de France, comtesse de Flandre, d'Artois et de Bourgogne (1312-1382). Une vie de princesse capétienne au temps des Valois, Turnhout, 2022)Symboles : la théâtralité des déplacements de Mahaut d'Artois (Christelle Balouzat-Loubet, Mahaut d'Artois. Une femme de pouvoir, Paris, 2015)Vierges terrestres et Vierge céleste : couples royaux et sursacralisation de l'office royal (Murielle Gaude-Ferragu, La Reine au Moyen Âge. Le pouvoir au féminin, XIVe-XVe siècle, Paris, 2014)L'assimilation théâtrale de la reine vierge au roi déchu « Je suis Richard, ne le savez-vous pas ? » (la reine Elisabeth 1re en 1601)Destitution, délégitimisation et démasculinisation de Richard II en 1399 (Chris Fletcher, Richard II: Manhood, Youth, and Politics, 1377-99, Oxford, 2008)En Angleterre et en Espagne, resserrement ou élargissement des alliances (Jean-Philippe Genet, « Une arme mortelle ? L'alliance royale dans les monarchies d'Occident au XVe siècle », dans Julie Claustre, Olivier Mattéoni et Nicolas Offenstadt dir., Un Moyen Âge pour aujourd'hui. Mélanges offerts à Claude Gauvard, Paris, PUF, 2010)En France, la mystique du sang capétien (Andrew Lewis, Le Sang royal. La famille capétienne et l'État, France Xe-XIVe siècles [1981], trad. franç. Paris, 1986)La crise dynastique de 1316-1328 et l'invention de la loi salique (Ralph E. Giesey, Le Rôle méconnu de la loi salique. La succession royale (XIVe-XVIe siècles), Paris, 2007)De terra à regnum : les humanistes, le genre du royaume et le « sexe viril » du pouvoirLe mâle royaume, jusqu'en 1791 (Éliane Viennot, La France, les femmes et le pouvoir. L'invention de la loi salique (Ve-XVIe siècle), Paris, 2006)« On ne peut douter [que le duc de Rohan] n'ait conçu du déplaisir de voir défaillir en sa personne cette généreuse tige, à laquelle tant de force et de gloire promettait l'immortalité » (Sylvie Steinberg, « "Au défaut des mâles". Genre, succession féodale et idéologie nobiliaire (France, XVIe-XVIIe siècles), Annales, HSS, 2012)Une passion politique française : l'exclusion politique des femmes.



Histoire des pouvoirs en Europe occidentale, XIIIe-XVIe siècle - Patrick Boucheron