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Blast - Pagaille

Alexandre Héraud, Vincent Decque, Blast le Souffle de l’info
Blast - Pagaille
Dernier épisode

22 épisodes

  • Blast - Pagaille

    À Lyon, vade retro les fachos

    27/1/2026 | 53 min
    Lyon, troisième ville de France, métropole policée et touristique, est aussi depuis plus d’une décennie l’un des territoires les plus structurants de l’extrême droite radicale française. Ici, des groupuscules identitaires se sont implantés durablement, occupent des lieux, testent leurs stratégies et font de la rue un terrain politique, parfois un champ de bataille. Cet épisode propose de regarder cette réalité en face, sans fard ni raccourci, à travers une radiographie précise de la violence d’extrême droite à Lyon et des forces, institutionnelles ou non, qui tentent de lui opposer une résistance.
    Tout part d’une nuit qui condense à elle seule cette décennie de tensions. Le 19 juillet 2019, alors que la victoire de l’Algérie en Coupe d’Afrique des Nations (CAN) donne lieu à des scènes de liesse populaire, le Vieux-Lyon bascule dans une violence organisée. Des hommes cagoulés, armés de battes de baseball et de barres de fer, attaquent des familles, des automobilistes, des passants, selon une logique de chasse raciste assumée.
    Quatre ans plus tard, en mars 2023, cette violence débouche sur un procès rare par son ampleur et par son aboutissement. Sept militants d’ultradroite sont jugés et condamnés.
    Avec Marie Allenou, journaliste à Rue89 Lyon, le récit quitte le registre du fait divers pour entrer dans celui du système. La séquence judiciaire constitue l’axe de gravité de l’épisode, avec Maître Bertrand Sayn et Samuel Thomas, président de la Maison des Potes.Zine Eddine Messaoudi, représentant du collectif antifasciste La Jeune Garde, aujourd’hui dissous, incarne une génération qui a refusé la banalisation de l’extrême droite dans l’espace public lyonnais. Philippe Carry, horloger du quartier Saint-Paul et adjoint au maire du 5ᵉ arrondissement, raconte une vigilance construite dans la durée. En 2017, la vitrine de son atelier est vandalisée lors d’une attaque liée à l’ultradroite. Mohamed Chihi, adjoint au maire de Lyon chargé de la sécurité, revient sur l’action municipale. Ce 21ᵉ épisode de Pagaille déroule ainsi une chaîne complète, de la ratonnade raciste à la réponse judiciaire, en passant par les résistances militantes et citoyennes.
    Références & ressources :
    Rue89 Lyon — Dossier « 15 ans d’impunité de l’extrême droite à Lyon »
    La Maison des Potes — https://www.maisondespotes.org
    L’Horloger de Saint-Paul — https://www.horloger-saintpaul.fr
    La Maison des Passages — https://www.maisondespassages.org
    La Jeune Garde — https://www.instagram.com/jeunegardelyon/
    Crédits archives :
    Procès de la «ratonnade» de juillet 2019 - BFM TV 13 mars 2023
    https://www.facebook.com/watch/?v=1380286416085698
  • Blast - Pagaille

    De Dunkerque à Calais : la frontière de la honte

    08/12/2025 | 59 min
    Sur la côte nord, entre Dunkerque et Calais, une autre France apparaît : celle des traversées nocturnes, des interventions de police, des naufrages évités de justesse et des campements balayés par le vent. Une France où 2 500 exilé·es survivent dans un no man’s land, invisibilisé·es mais soutenu·es par un réseau d’associations et d’ONG. Depuis que Calais s’est bunkerisée et que les départs migrent vers le dunkerquois, les tensions explosent, avec désormais des incursions d’activistes d’extrême droite britanniques venus jouer les justiciers sur notre sol. Cet épisode de Pagaille réalisé par Alexandre Héraud et Vincent Decque documente ce basculement.
    À Grand-Fort-Philippe, le maire Sonny Clinquart décrit les tensions grandissantes, la banalisation des incidents, la lassitude d’une population qui voit surgir les militants d’UKIP (le Parti de l’Indépendance du Royaume-Uni) venus défier les autorités françaises. À Grande-Synthe, dans l’ancienne distillerie baptisée « le château », l’équipe d’Utopia 56 prépare la maraude : Céleste Pichaud et Félicie Penneron racontent les nuits à colmater l’urgence, la météo scrutée minute par minute, les violences racistes, l’inaction policière face aux provocateurs britanniques, la colère qui monte devant les morts en mer.
    La nuit, en maraude, le terrain parle : des hommes trempés, épuisés, stoppés puis relâchés sans alternative ; une femme somalienne dont la fille a déjà pris la mer ; des policiers qui courent le long d’une plage glacée ; les CRS qui tournent ; les drones de Frontex qui veillent. Les bénévoles ramassent ceux qui n’ont pas pu embarquer. Ils distribuent des vêtements, des chaussettes thermiques, du thé brûlant. Ils constatent une évidence : tout le monde repartira demain.
    Au matin, la préfecture maritime publie un communiqué sec : plus de 600 personnes ont tenté la traversée, 94 ont été secourues après un naufrage. On y lit toujours la même phrase : « ne pas contraindre les migrants à monter à bord des moyens de sauvetage, pour ne pas mettre en péril leur vie ». Sur terre, pourtant, l’État laisse perdurer des conditions indignes. Les associations — Utopia 56, Médecins du Monde, Salam, Roots, Human Rights Observers, Refugee Women’s Center — ont saisi la justice. Elles réclament des abris, de l’eau, des sanitaires, un minimum de dignité.
    À Calais, l’Auberge des migrants ressemble à un gigantesque hub humanitaire où Français, Britanniques et Belges tentent de compenser l’absence structurelle de politique publique. À « la Maison Sésame », Sylvie de Jonquière raconte comment une mère seule et ses six enfants ont tenté vingt fois la traversée avant d’y parvenir. Elle ouvre sa maison familiale parce que rien d’autre n’est prévu. « Six mille deux cent cinquante maisons comme celle-ci pourraient être ouvertes, dit-elle, avec ce que l’État dépense pour empêcher les passages. »
    La route mène ensuite au campement du « Nouveau Calais », à Mardyck et Grande-Synthe, où 2 500 personnes survivent sous tentes. Claire Millot, de Salam, observe : « On tolère un point de distribution, à condition de ne pas faire d’appel d’air. » Vingt ans qu’elle est là, à nourrir ceux que la République refuse de voir.
    L’épisode se clôt avec le député Damien Carême, qui décrit frontalement ce que cette frontière dit de nous : une politique de dissuasion devenue politique d’abandon. Une Europe qui organise la violence plutôt que la protection.
    Ici, la Manche n’est plus un détroit. C’est une ligne de fracture. Et chaque nuit, des vies s’y jouent au millimètre.
    Liens et documents

    Vidéo de l’action UKIP
    https://x.com/NickTenconi/status/1972993011375288542

    Utopia 56 : https://utopia56.org/
    Médecins du Monde : https://www.medecinsdumonde.org/
    Association Salam : https://www.associationsalam.org/
    L’Auberge des migrants : https://www.laubergedesmigrants.fr/

    Article du Monde (27 novembre 2025)
    « La France se dote de nouvelles méthodes d’interception en mer des migrants traversant la Manche »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/27/la-france-se-dote-de-nouvelles-methodes-d-interception-en-mer-des-migrants-traversant-la-manche_6655149_3224.html

    Accord franco-britannique « One In One Out »
    https://laubergedesmigrants.fr/fr/une-tribune-inter-associative-pour-denoncer-laccord-franco-britannique-one-in-one-out/
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    À Royère-de-Vassivière, une chasse à l’homme noir

    04/11/2025 | 58 min
    Royère-de-Vassivière, un village au bord d’un lac somptueux, perdu dans les collines de la Creuse, sur le plateau de Millevaches. La nuit du 15 au 16 août, lorsque la fête des comices agricole s’achève, ce décor tranquille est devenu le théâtre d’un drame qui hante encore les consciences. Une rumeur, un mot de trop, la peur, puis tout bascule. Une chasse à l’homme est enclenchée. Un homme noir traqué par plusieurs habitants. Parce qu’il est noir.
    « Le nègre, il est où ? Ici, c’est la chasse au nègre. Il n’a rien à faire chez nous. »
    Certains refusent encore de nommer ces faits. D’autres préfèrent oublier. D’autres encore affirment que rien ne s’est passé. « Une fête arrosée qui a mal tourné », disent-ils.
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    Autodafé en Bretagne : le feu et la peur

    06/10/2025 | 53 min
    « Nous brûlerons vos livres à nouveau ». C’est par cette phrase glaçante que se termine une vidéo de trente secondes, à la mise en scène horrifique, diffusée en ligne par un collectif néonazi nommé « La Digue », mettant en scène un autodafé qui ravive la période la plus sombre de l’histoire.
    On y voit, sur un quai de la rivière du Scorff, dans la rade de Lorient, des livres brûlés dans une jarre en terre cuite rappelant la forme d’une urne, suivis d’images d’archives des autodafés nazis de 1933. On y voit également une parodie de la figure du député écologiste du Morbihan, Damien Girard. Le député et le maire de Lanester, Gilles Carréric, ont saisi le procureur de la République*. La Ligue des droits de l’homme (LDH) a également déposé plainte auprès du parquet de Lorient. Tous demandent la dissolution du groupe d’extrême droite qui a diffusé sur ses réseaux cette vidéo insupportable qu’il a vraisemblablement conçue et fabriquée.
    Un autodafé, en 2025. En Bretagne ? Un acte de guerre culturelle symbolique, filmé, revendiqué, mis en scène avec une esthétique néonazie. Ces livres, arrachés à la médiathèque publique Elsa-Triolet de la ville de Lanester, solidement ancrée à gauche, sont visés parce qu’ils parlent de sexualité, de genre, d’émancipation. Un scandale étouffé, traité dans la presse locale et les milieux militants, mais ignoré des grands médias — parfois même relativisé — alors qu’il incarne avec force le moment politique que traverse la France.
    Dans cet épisode qui ouvre la troisième saison de Pagaille, Alexandre Héraud et Vincent Decques documentent la riposte de ces élus et de ces citoyens engagés dans le combat contre les idées nauséabondes de cette frange militante d’extrême droite. Ils explorent ce que cet acte révèle de l’extrême droite bretonne contemporaine, de sa capacité à s’implanter, à se radicaliser, à mettre en scène sa haine dans l’espace public. Ce type d’action s’inscrit dans un continuum d’exactions menées par des groupuscules d’extrême droite en Bretagne : tags racistes, slogans antisémites, tentatives d’incendie, violences physiques, intimidations d’élus ou de militants LGBT+ ou antifascistes.

    *Contacté, le procureur de la République du tribunal judiciaire de Lorient, Stéphane Kellenberger, n’a pas souhaité communiquer sur cette affaire en cours d’instruction.

    Avec :

    Abel et Amélie, syndicat étudiant de l’Université de Bretagne occidentale, L’union Pirate et de l’Organisation Solidarité Trans.
    https://www.instagram.com/union.pirate.lorient/
    Lisa Cailleau et Elise Henry, fondatrice et animatrice du tiers lieu, le Concept https://www.instagram.com/leconcept_bzh/?hl=fr
    Damien Girard, député écologiste de la 5e circonscription du Morbihan, candidat à la mairie de Lorient
    Simon Uzenat, sénateur du Morbihan, membre du groupe Socialiste Écologiste et Republicain.
    Gilles Carreric, maire de Lanester, candidat de la gauche aux prochaines municipales sur la liste Lanester Nouvelle Citoyenneté
    Mikel, Président du collectif Pride
    https://www.instagram.com/pride_lorient/
    Marie-Madeleine Doré Lucas, conseillère municipale La France Insoumise à Pontivy
    Leila Hampton, étudiante en philosophie

    Pour aller plus loin :

    Carte réalisée par Splann et Street Press sur les communes risquant de passer à l’extrême droite lors des prochaines municipales.
    https://splann.org/streetpress-bataille-municipales/

    Morvan, Françoise. Le Monde comme si : nationalisme et dérive identitaire en Bretagne. Arles : Actes Sud, 2002. Réédition en collection « Babel / Actes Sud », mai 2005 (et rééditions ultérieures).
    https://francoisemorvan.com/le-monde-comme-si-nouvelle-reedition/

    Morvan, Françoise. Le culte des racines et l’Europe des régions. Paris : Éditions du Seuil, coll. « Libelle », 3 novembre 2023.
    https://www.seuil.com/ouvrage/le-culte-des-racines-et-l-europe-des-regions-francoise-morvan/9782021534894

    Le premier autodafé nazi de 1933 fut celui du 6 mai où se consumèrent les 10 000 ouvrages de l'Institut de sexologie de Magnus Hirschfeld pionnier des droits des homosexuels. Il s'agit du premier centre de recherche en sexologie au monde. Lieu important de la communauté LGBTQIA+ berlinoise, l'Institut est spécialisé entre autres dans l'étude des transidentités et des aspects médicaux de la transition de genre
    https://expo-homosexuels-lesbiennes.memorialdelashoah.org/magnus-hirschfeld-1868-1935.html
    https://www.visitberlin.de/fr/magnus-hirschfeld-das-institut-fuer-sexualwissenschaften

    Remerciements:

    La Librairie indépendante Fracas à Lorient
    https://www.fracaslorient.com
    Didier Cornil responsable de la section locale de la LDH à Lorient https://site.ldh-france.org/lorient/accueil/
    Gaël Briand du Magazine Le Peuple Breton (UDB)
    https://lepeuplebreton.bzh/
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    À Rouen, « on ne va pas danser le Nazi Rock Normand »

    23/6/2025 | 48 min
    Le 28 juin 2024, une soirée baptisée « Ausländer Raus »* — les étrangers dehors en français — devait se tenir dans le bar identitaire Le Mora, à Rouen. Prévue comme un événement réservé aux "Français de souche", elle a été rapidement interdite par la préfecture, sous la pression de collectifs antiracistes, syndicaux et militants. Une mobilisation large qui a mis en échec cette provocation xénophobe.

    Un an plus tard, Pagaille revient sur cette affaire, symbole de la progression locale de l’extrême droite et des résistances qu’elle suscite. Derrière la façade du Mora, toujours actif, se consolide un entre-soi identitaire qui mêle nostalgie réactionnaire, racisme assumé et discours pseudo-culturel. En face, une riposte s’organise, portée par des réseaux militants, des associations de quartier, des collectifs étudiants ou encore des syndicats. La mairie, dirigée par le socialiste Nicolas Mayer-Rossignol, avait pris position à l’époque, mais c’est surtout la société civile qui continue d’occuper le terrain. Le bar, discret depuis, reste sous surveillance, bien que le climat soit tendu.

    Dans cet épisode, Pagaille donne la parole à celles et ceux qui, à Rouen, refusent la normalisation de l’extrême droite. Pas pour commémorer, mais pour comprendre, documenter, et préparer les combats à venir.

    *« Ausländer Raus » est un slogan xénophobe devenu viral après avoir été détourné par des jeunes qui le chantent sur l’air techno de L’Amour toujours, du DJ Gigi D’Agostino, parfois agrémenté de saluts nazis, comme on peut le voir sur certaines vidéos.

    Avec :

    Guénolé Carré, reporter au Poulpe
    https://www.lepoulpe.info/

    Thomas Lemahieu, cellule investigation de L’humanité
    https://www.humanite.fr/politique/droite/exclusif-la-nuit-du-bien-commun-cherche-a-effacer-lencombrant-pierre-edouard-sterin

    Nicolas Mayer Rossignol, maire de Rouen
    https://www.tf1info.fr/justice-faits-divers/racisme-le-maire-de-rouen-nicolas-mayer-rossignol-saisit-la-justice-apres-l-annonce-d-une-soiree-les-etrangers-dehors-2305192.html

    Kaltoum Gachi , avocate, co-présidente du MRAP  

    Arnaud Besnoit, antif-asciste historique, Syndicat Solidaires, président de Ras le front .    

    Seydou, porte parole du collectif des mineurs isolés.     

    Haro, collectif anti-faciste nouvellement créé

    Pour aller plus loin :

    Réaction de la LDH -
    https://www.ldh-france.org/auslander-raus-un-hymne-xenophobe-qui-se-repand-en-france-3-plaintes/

    https://www.humanite.fr/politique/extreme-droite/auslander-raus-le-nouvel-hymne-xenophobe-des-anti-migrants

    Rouen, les organisateurs d’une soirée xénophobe renoncent à leur événement pourtant autorisé par la justice -
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/06/28/a-rouen-les-organisateurs-d-une-soiree-xenophobe-renoncent-a-leur-evenement-pourtant-autorise-par-la-justice_6245121_3224.html

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À propos de Blast - Pagaille

Pagaille, c’est le nouveau podcast original de Blast diffusé un lundi par mois. Cette série, c'est une traversée des territoires en immersion. Pagaille souhaite aller là où il s'est passé quelque chose de perturbant, d'inacceptable, de salutaire ou de prometteur... Pour faire entendre un événement qui a bousculé les quotidiens. Prendre le temps d’écouter, de rassembler les propos et les points de vue, rencontrer les protagonistes et comprendre. Vous immerger dans ces histoires qui éclairent des enjeux bien plus larges. Avec bille en tête, cette question : “Y s'passe quoi, ici ? » Une série d'Alexandre Héraud, monté, réalisé et mixé par Vincent Decque
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Generated: 2/16/2026 - 6:00:00 AM