Vlan!

Gregory Pouy
Vlan!
Dernier épisode

624 épisodes

  • Vlan!

    #390 Faire de son quotidien un acte de resistance avec Fabrice Midal

    14/04/2026 | 1 h
    Fabrice Midal, philosophe, fondateur de l'École Occidentale de Méditation et auteur d'une vingtaine de livres dont le dernier, Empêcher que le monde ne se défasse, paru récemment. C'est aussi l'auteur d'un podcast génial.
    Je le connaissais de loin. J'avais tort de ne pas l'avoir lu plus tôt. Dès qu'on s'est mis à parler, j'ai réalisé qu'on partageait une même manière de regarder le monde : avec inquiétude, mais sans résignation. Avec lucidité sur ce qui fout le camp, et une conviction tenace que quelque chose reste à faire, là, maintenant, à notre échelle.
    Dans cet épisode, nous parlons de ce que Fabrice appelle la calculabilité généralisée : cette tendance de notre époque à ne considérer comme réel que ce qui se mesure, se gère, se rentabilise. Et comment cette idéologie invisible, qu'on ne voit même plus parce qu'elle est partout, est à l'origine de beaucoup de nos souffrances, de nos burn-out, de notre sentiment d'impuissance collective.
    J'ai questionné Fabrice sur la différence entre la haine et la colère, sur ce que résister veut vraiment dire, sur pourquoi la méditation est devenue un outil de barbarie dans la majorité des entreprises, et sur ce que Camus, René Char, Etty Hillesum ont à nous dire aujourd'hui. Nous parlons aussi de la distinction entre le sacrifice et l'amour, entre le militantisme et l'engagement, entre réagir et agir.
    Ce qui m'a le plus frappé dans cette conversation : Fabrice ne propose pas de grand soir. Il propose un pas. Un seul. Et l'idée que ce pas, même invisible, même non mesurable, pourrait changer tout.
    3. CITATIONS MARQUANTES
    « Les gens font un burn-out parce qu'ils veulent trop bien faire. Ils ont tellement intégré ce modèle où il faut s'instrumentaliser, sinon on ne va plus trouver sa place. »
    « Ce qu'on prétend rationnel est très irrationnel. On est obligé de réduire le réel à des équations extrêmement sommaires. Et donc, on oublie non seulement le sensible, mais le réel lui-même. »
    « On meurt de chagrin. Personne ne meurt de colère. »
    « Fais ce que tu dois, advienne que pourra. Nous avons à empêcher, dans nos actions au quotidien, que le monde ne s'effondre. »
    « Ça ne change rien et ça change tout. Ce n'est pas nous qui pouvons mesurer les choses. »
    4. IDÉES CENTRALES (BIG IDEAS)
    1. La calculabilité comme idéologie invisible [00:04:57] Notre époque a redéfini le réel : est réel ce qui est calculable, gérable, rentable. Tout le reste, y compris la qualité d'une présence humaine, a été évacué du champ de ce qui compte. Cette idéologie n'est pas neutre : elle produit de la déshumanisation à grande échelle. Pourquoi c'est important : cela requalifie nos problèmes. Ce ne sont pas des problèmes psychologiques, ce sont des problèmes idéologiques. La responsabilité change de camp.
    2. Dépsychologiser nos souffrances [00:06:00] Le burn-out n'est pas un problème de gestion émotionnelle individuelle. C'est le symptôme d'un modèle qui demande aux gens de s'instrumentaliser pour garder leur place. Remettre la cause dans le système, pas dans la personne, est un geste philosophique et politique. Pourquoi c'est important : ça libère. Et ça déplace l'action possible.
    3. Colère vs haine : une distinction vitale [00:18:30 – 00:27:00] La colère est saine, elle dit non à l'injustice. Elle est une force de vie, confirmée par l'éthologie, la physiologie, et Descartes lui-même. La haine, elle, veut détruire et jouir de la destruction. Toute résistance qui glisse de la colère vers la haine finit par devenir ce qu'elle combat. Pourquoi c'est important : savoir réussir sa colère, lui donner forme sans la transformer en haine, c'est la condition d'une résistance qui reste humaine.
    4. Agir sans garantie de résultat [00:15:17 – 00:18:00] Toutes les grandes révolutions, toutes les résistances historiques, ont été faites par des gens qui ne calculaient pas leur impact. Les résistants disaient "je ne pouvais pas faire autrement", pas "j'ai optimisé ma stratégie". Attendre la certitude d'impact avant d'agir, c'est rester prisonnier du système même qu'on veut changer. Pourquoi c'est important : ça autorise à agir maintenant, à sa propre échelle, sans diplôme de héros.
    5. L'excellence comme acte de résistance ordinaire [00:45:10 – 00:48:00] Sauver le monde n'est pas réservé aux militants. Un médecin qui prend le temps de parler, un cuisinier qui fait à manger avec du cœur : chaque acte fait avec présence empêche que le monde ne se défasse. L'excellence n'est pas la performance calculée, c'est l'humanité mise dans ce qu'on fait. Pourquoi c'est important : ça restitue à chacun une puissance d'agir concrète, immédiate, sans attendre les conditions idéales.
    6. L'identité comme prison [00:49:39 – 00:51:30] L'injonction contemporaine à se définir, à s'enfermer dans une identité stable, est une illusion. Nous sommes des êtres relationnels, façonnés par le contexte. Ce qui nous libère n'est pas de savoir qui on est, mais d'être en relation. C'est la relation qui guérit. Pourquoi c'est important : cela remet en cause l'individualisme comme fondement de l'action et de l'identité.
    5. QUESTIONS POSÉES DANS L'INTERVIEW
    Comment toi, tu regardes et tu observes le monde dans lequel on évolue en ce moment ?
    Pour la plupart des gens, ce qui est réel, c'est ce qui est calculable. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
    Qu'est-ce qui t'effraie dans ce monde ?
    Tu penses qu'on est dans l'immonde ?
    Comment tu redescends dans le concret pour traverser cette période, pour les gens qui sont perdus ?
    Est-ce que c'est possible de vraiment s'extraire de ce modèle ?
    Tu fais une différence entre la colère et la haine, et tu dis que la colère est saine. C'est quoi une colère réussie ?
    La méditation n'est-elle pas devenue, elle aussi, un outil de gestion du stress au service du système ?
    Comment faire son travail bien, dans ce monde-là, sans se trahir ?
    Qu'est-ce qui te donne envie du futur, toi ?
    6. RÉFÉRENCES CITÉES
    Philosophes et penseurs
    Albert Camus, Discours de Stockholm (prix Nobel) — titre du livre de Fabrice, fil rouge de l'épisode [00:02:15]
    Albert Camus, L'Homme révolté — notion de révolte comme condition humaine [00:39:24]
    Camus vs Sartre, querelle sur la guerre d'Algérie — "entre la justice et ma mère, je préfère ma mère" [00:18:30]
    Emmanuel Kant — impossibilité de juger sa propre époque de l'extérieur [00:10:36]
    René Char, Feuillets d'Hypnose — résister sans haine, capitaine Alexandre [00:36:34]
    Simone Weil (philosophe), Note sur la suppression générale des partis politiques (1944) — danger de renoncer à penser par soi-même [00:21:31]
    Spinoza — la joie comme carburant de l'action, évoqué par Greg [00:40:42]
    Descartes — un être humain qui ne peut pas se mettre en colère n'est plus un être humain [00:25:00]
    Figures historiques et spirituelles
    Etty Hillesum — jeune femme déportée pendant la Seconde Guerre mondiale, figure de résistance intérieure, textes lumineux redécouverts il y a 30 ans [00:34:04]
    Arnaud Beltrame, lieutenant-colonel mort à Trèbes — distinction sacrifice vs amour [00:43:30]
    Nelson Mandela — agir sans calcul, tenir debout [00:47:21]
    Le Bouddha — premier acte : déconstruire les castes et l'exclusion des femmes. Mécompréhension généralisée du bouddhisme [00:28:21]
    Saint François d'Assise — "Sœur la lune, frère arbre", la création comme fraternité [00:04:57]
    Références culturelles et littéraires
    Kabale juive — la légende des dix justes qui empêchent le monde d'être détruit [00:57:47]
    Satish Kumar — "leçon de dépendance", nous sommes des êtres dépendants les uns des autres [00:51:00]
    Œdipe (Sophocle) — les apparences trompeuses [00:04:57]
    Livres de Fabrice Midal
    Empêcher que le monde ne se défasse — dernier livre, fil conducteur de l'épisode
    Foutez-vous la paix — burn-out, auto-instrumentalisation, colère
    7. TIMESTAMPS CLÉS (YOUTUBE)
    00:00 — Introduction : se réjouir du futur sans naïveté ni fatalisme 00:01:42 — Entrée en matière : comment Fabrice regarde le monde aujourd'hui 00:02:15 — Le titre du livre : ce que Camus voulait dire par "empêcher que le monde ne se défasse" 00:04:07 — Ce qui effraie vraiment Fabrice : la calculabilité comme nouvelle définition du réel 00:06:00 — Burn-out : ce n'est pas un problème psychologique, c'est un problème idéologique 00:08:05 — Le réel comme construction idéologique : économie vs écologie, même combat 00:13:01 — Ce qu'on prétend rationnel est profondément irrationnel 00:15:17 — Comment agir sans garantie de résultat : la leçon des grands résistants 00:18:30 — Haine vs colère : la distinction la plus importante du livre 00:20:14 — Militantisme vs engagement : être contre vs être pour 00:22:48 — Pourquoi la colère est saine, selon Descartes, l'éthologie et la physiologie 00:28:05 — La méditation instrumentalisée : quand elle devient un outil de l'immonde 00:31:09 — Le capitalisme absorbe tout : du self-care au développement personnel 00:33:06 — S'extraire du système ? Non. Remettre du monde là où il n'y en a plus 00:34:04 — Etty Hillesum : rester debout et digne dans l'effondrement 00:36:07 — René Char, Camus, Frankl : les résistants comme boussole 00:40:42 — Joie vs amour : le désaccord amical entre Greg et Fabrice 00:43:30 — Arnaud Beltrame : la différence entre le sacrifice et l'amour 00:45:10 — Sauver le monde commence par faire son travail bien 00:48:43 — Les contradictions font partie de la vie : personne n'est à la hauteur, et c'est soulageant 00:51:00 — L'identité comme illusion : nous sommes des êtres relationnels 00:54:00 — Ce qui donne de l'élan à Fabrice : l'amour et le goût de l'effort 00:57:47 — La légende des dix justes : on ne sait pas si on sauve le monde, et c'est pour ça qu'on le fait 00:59:03 — Clore et ouvrir : fermer la porte au découragement, ouvrir celle du premier pas

    Suggestion d'autres épisodes à écouter :
    #388 Comment cultiver la joie quand tout s'effondre? avec Mai Hua (https://audmns.com/njAMVyL)

    #335 Trouver du reconfort dans un monde en chaos avec Marie Robert (https://audmns.com/ICuFMra)

    [SOLO ] Reprendre goût au futur dans un monde en crise (https://audmns.com/fKSFkcw)

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • Vlan!

    [SOLO] L'IA va t'elle tuer le capitalisme?

    09/04/2026 | 40 min
    Dans cet épisode solo, je reviens sur une position que j'ai longtemps défendue, celle de tempérer face au catastrophisme ambiant sur l'IA, et j'explique pourquoi les preuves qui s'accumulent depuis quelques mois m'obligent à regarder les choses autrement. Pas pour rejoindre la panique, mais parce qu'une position qui ne s'interroge jamais devient une posture, pas une analyse.
    Dans cet épisode, nous parlons de la contradiction structurelle au cœur du capitalisme numérique : l'IA générative détruit les emplois cognitifs de niveau intermédiaire, précisément ceux qui constituent la base de consommation sur laquelle repose l'économie. J'ai questionné les travaux de Nick Dyer-Witheford, Karen Hao, Emad Mostaque et Anis Rahman sur ce que ça signifie concrètement, au-delà des chiffres de Goldman Sachs et des fuites internes d'Anthropic.
    Et parce que je déteste laisser les gens dans un état d'impuissance intellectuelle pire qu'avant la lecture, je finis sur des exemples concrets, locaux, qui montrent qu'une autre IA est possible même si les rapports de forces sont pour l'instant très déséquilibrés. Le tout pour vous redonner envie du futur bien sur :)
    CITATIONS MARQUANTES
    "Il y a un mot pour décrire un système qui détruit méthodiquement sa propre base de clients. Ce mot n'est pas 'innovation' mais 'suicide'."
    "C'est la boîte qui construit les outils qui sonne elle-même l'alarme sur leur impact. Ce n'est pas un philosophe marxiste."
    "Ils ont entraîné leurs propres remplaçants." (sur les travailleurs d'annotation de Nairobi, Manille, Lahore)
    "Regarde qui te chuchote à l'oreille chaque jour, et demande-toi de qui c'est l'intérêt." (Emad Mostaque)
    "Une position qui ne s'interroge jamais elle-même, c'est une posture, pas une analyse."
    IDÉES CENTRALES
    1. Le contrat de Ford est rompu, par design Henry Ford payait ses ouvriers pour qu'ils puissent acheter ses voitures : le capital paie le travail, le travail consomme, la production nourrit le capital. L'IA générative rompt ce cercle en rendant le capital structurellement indépendant du travail humain. Ce n'est pas un bug du système, c'est une conséquence logique de sa propre optimisation poussée à l'extrême. C'est important parce que cela remet en cause le mécanisme de stabilisation automatique sur lequel les démocraties libérales se sont appuyées depuis Keynes.
    2. L'IA s'attaque précisément aux emplois qui étaient censés être la solution Contrairement aux révolutions industrielles précédentes qui frappaient d'abord les peu qualifiés, l'IA générative cible le travail cognitif intermédiaire : analyse, rédaction, code, diagnostic, comptabilité, marketing. Ces emplois constituaient la colonne vertébrale des classes moyennes éduquées. Ce sont eux qui avaient fait les études recommandées pour s'adapter. Si eux ne peuvent pas, qui peut ?
    3. La disruption du mécanisme de relance économique Quand les banques centrales baissent les taux pour relancer l'emploi, les entreprises recrutent désormais des agents IA, pas des travailleurs humains. Le lien entre capital et emploi se rompt pour la première fois depuis deux siècles. Et contrairement à toutes les crises précédentes, l'IA ne devient pas moins intelligente après une récession.
    4. La broligarchy et la capture réglementaire Les "Magnificent Seven" contrôlent 90,2% des modèles d'IA notables mondiaux. En 2024, les entreprises privées ont investi 109 milliards de dollars dans l'IA, contre 5,3 milliards d'investissement public. Sam Altman se pose en défenseur de la régulation en public et fait du lobby pour l'affaiblir en coulisses. L'administration Trump a inclus un moratoire de dix ans sur toute régulation étatique de l'IA. C'est une capture de la démocratie, pas seulement une concentration de marché.
    5. L'IA coloniale et la souveraineté cognitive L'IA ne transmet pas seulement des informations, elle transmet les valeurs et le cadre moral de ceux qui l'ont construite. Quand 90% des modèles viennent de Silicon Valley, la question de la souveraineté cognitive devient aussi urgente que la souveraineté économique. Et le "colonialisme par l'IA" s'exerce aussi dans le sud global, où des travailleurs ont littéralement entraîné les outils qui ont ensuite concurrencé leur propre travail.
    6. L'IA-vélo contre l'IA-fusée Karen Hao propose une distinction utile : l'IA-fusée, paradigme dominant à des centaines de milliards de paramètres visant l'AGI, et l'IA-vélo, des outils à échelle humaine pour des besoins spécifiques. Les architectures techniques sont les mêmes. Ce qui diffère, c'est le principe directeur. Des exemples comme Te Hiku Media en Nouvelle-Zélande, Chattanooga dans le Tennessee ou le modèle S1 développé pour 70 dollars prouvent que le choix existe.
    7. La destruction créatrice a un problème de rythme L'argument de Schumpeter tient sur le fond : chaque vague technologique crée plus qu'elle ne détruit. Mais il bute sur le rythme. La machine à vapeur s'est étalée sur des décennies. L'IA générative frappe en années. Si le pouvoir d'achat des classes moyennes disparaît avant que de nouveaux emplois émergent, qui consomme les produits que les entreprises continuent de produire ?
    QUESTIONS DE L'ÉPISODE
    Est-ce que ma position rassurante sur l'IA reflétait une lecture lucide, ou était-elle aussi une façon d'éviter une conclusion que je n'avais pas envie de regarder en face ?
    Le capitalisme peut-il fonctionner sans consommateurs, et les consommateurs peuvent-ils exister sans travailleurs ?
    Qu'est-ce qui différencie fondamentalement l'IA générative des révolutions industrielles précédentes en termes d'impact sur l'emploi ?
    Pourquoi l'argument de la "destruction créatrice" de Schumpeter bute-t-il cette fois sur quelque chose de structurellement différent ?
    Comment fonctionne concrètement la capture réglementaire par les grandes entreprises tech, et qu'est-ce que l'exemple de Sam Altman révèle sur ce phénomène ?
    Qu'est-ce que le sort des travailleurs d'annotation du sud global dit de la nature systémique de l'IA capitaliste ?
    Pourquoi le mécanisme de relance économique des banques centrales risque-t-il de ne plus fonctionner dans un monde d'IA générative ?
    Qu'est-ce que la distinction entre "IA-fusée" et "IA-vélo" change concrètement à la façon dont on peut construire et déployer ces technologies ?
    Comment des initiatives locales comme Te Hiku Media ou Chattanooga incarnent-elles une alternative crédible au paradigme dominant ?
    Quelle est votre part personnelle dans cette reconfiguration, en tant qu'individu, professionnel, citoyen ?
    RÉFÉRENCES CITÉES
    Livres et rapports
    Inhuman Power : Artificial Intelligence and the Future of Capitalism de Nick Dyer-Witheford (2019, + Cybernetic Circulation Complex, 2026, Verso). Thèse centrale : l'IA comme instrument par lequel le capital se rend indépendant du travail humain. Référence tout au long du texte.
    The Last Economy d'Emad Mostaque (août 2025, disponible gratuitement). Fondateur de Stability AI, ex-gérant de fonds. Concept de "transition de phase" et des "mille jours". Utilisé sur la chute des coûts de l'IA et la fin du mécanisme de relance keynésien.
    Empire of AI : Dreams and Nightmares in Sam Altman's OpenAI de Karen Hao (2025). Journaliste, ex-MIT Technology Review. Travailleurs d'annotation, double discours sur l'AGI, distinction IA-fusée vs IA-vélo.
    Is Another AI Possible ? d'Anis Rahman (rapport, Annenberg School / Media Inequality & Change Center, Université de Washington, disponible gratuitement). Concentration des modèles, investissements publics vs privés, initiatives alternatives.
    AI Snake Oil de Narayanan et Kapoor (Princeton University Press). Cité comme référence pour "démêler le réel du fantasme dans le discours tech".
    Personnes et institutions citées
    Henry Ford : intuition du salaire comme condition de la consommation (1914, 5 dollars/jour).
    Karl Marx : concept de "sujet automatique" dans les Grundrisse (vers 1850).
    Joseph Schumpeter : concept de "destruction créatrice".
    Andrew Ng (ex-Baidu, ex-Google Brain, Stanford) : formule "l'IA est la nouvelle électricité".
    Dario Amodei (Anthropic) : projection de 10 à 20% de chômage dans certaines catégories professionnelles sur 5 ans.
    Goldman Sachs : estimation de 300 millions d'emplois à plein temps à risque.
    FMI : 89% des emplois de services externalisés aux Philippines à haut risque d'automatisation.
    PwC : l'IA ajoutera 15 700 milliards de dollars au PIB mondial, 70% ira aux États-Unis et à la Chine.
    Amy Webb et Sam Jordan (Future Today Institute) : concept de "crédit de contribution".
    Les Magnificent Seven : Alphabet, Amazon, Apple, Meta, Microsoft, Nvidia, Tesla (90,2% des modèles d'IA notables).
    Initiatives et exemples
    Te Hiku Media (radio Maori, Nouvelle-Zélande) : développement souverain d'outils IA en langue Maori, principe "kia tangata whenua".
    Chattanooga, Tennessee : réseau haut débit municipal, 900 communautés américaines ayant suivi.
    Modèle S1 (Stanford / Université de Washington) : modèle de raisonnement comparable à OpenAI pour 70 dollars de frais cloud.
    xAI d'Elon Musk à Memphis, Tennessee : data center dans quartier majoritairement noir, dégradation de qualité de l'air signalée.
    TIMESTAMPS CLÉS
    Note : il s'agit d'une newsletter sans timestamps réels. Les repères ci-dessous sont structurés par section éditoriale et peuvent servir de chapitres si l'épisode est enregistré.
    00:00 Introduction : pourquoi j'ai changé de position sur l'IA Pendant dix ans j'ai tempéré le catastrophisme. Quelque chose a changé. Des gens autour de moi perdent des contrats qu'ils avaient depuis dix ans. Je reviens sur ma posture et j'explique ce qui m'a forcé à regarder les choses autrement.
    06:00 La contradiction centrale : le capitalisme peut-il se passer de consommateurs ? L'intuition de Ford et pourquoi elle s'effondre. Pas de travail, pas de salaires, pas de consommation, pas de capitalisme. La vraie question n'est peut-être pas "l'IA va-t-elle tuer des emplois ?" mais "l'IA va-t-elle tuer le système qui l'a créée ?"
    12:00 Ce que les chiffres disent vraiment Goldman Sachs, Dario Amodei, les fuites internes d'Anthropic. Un "white-collar bloodbath" annoncé par la boîte qui construit les outils. La nature de cette vague est différente des précédentes : elle frappe d'abord les cols blancs qualifiés.
    20:00 Nick Dyer-Witheford et le capital qui se libère du travail "Inhuman Power" et la thèse centrale : l'IA comme instrument par lequel le capital pourrait se rendre structurellement indépendant du travail humain. Marx avait formulé ça comme une crainte théorique. On s'en approche.
    28:00 La fin du mécanisme keynésien de relance Quand les banques centrales baissent les taux, les entreprises recrutent des agents IA, pas des humains. Ce mécanisme qui a fonctionné pendant deux siècles risque de ne plus fonctionner du tout. Personne ne le formule clairement dans le débat public.
    36:00 Le sud global et l'extraction coloniale Les Philippines, le Bangladesh, les travailleurs d'annotation de Nairobi et Manille. Ils ont entraîné leurs propres remplaçants. Karen Hao et la dimension coloniale de ce modèle économique.
    44:00 La broligarchy et la capture réglementaire 109 milliards d'investissement privé contre 5,3 milliards publics. Sam Altman défenseur de la régulation en public, lobbyiste pour l'affaiblir en coulisses. Le moratoire de dix ans de l'administration Trump. Ce n'est pas qu'une question de marché.
    52:00 L'argument de Schumpeter est réel, mais il a un problème de rythme La destruction créatrice a toujours fonctionné. Mais sur des décennies, pas des années. Si le pouvoir d'achat s'effondre avant que de nouveaux emplois émergent, qui consomme la production ?
    60:00 L'IA-vélo contre l'IA-fusée : une autre IA est possible Te Hiku Media, Chattanooga, le modèle S1 à 70 dollars. La distinction de Karen Hao entre l'IA construite pour la performance commerciale et l'IA construite à échelle humaine pour des usages définis. Ce sont les mêmes architectures techniques.
    70:00 Ce que vous pouvez faire maintenant : individu, collectif, citoyen Trois niveaux d'action concrets. Parce que je déteste les textes qui laissent dans l'impuissance. Les décisions se prennent maintenant, pas dans dix ans.

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • Vlan!

    #389 Comment l'humain devient le prochain chantier technologique ? Avec Olivier Veran (partie 2)

    07/04/2026 | 36 min
    Olivier Véran est évidemment l'ancien mnistre de la santé qui a eu à gérer la crise du Covid mais c'est égaleemnt un médecin neurologue.
    Depuis, il a quitté la politique pour mieux l'observer, et il regarde le monde avec une lucidité qui, franchement, m'a surpris.
    On s'était croisés autour d'un café pour parler d'un sujet qui m'obsède : comment nos cerveaux vont évoluer à l'ère de l'IA. Et la conversation est allée beaucoup plus loin que prévu.
    Dans cet épisode, nous parlons de diagnostic préimplantatoire et de design d'enfant, de neurotechnologies d'augmentation, du projet d'Apple de lire vos pensées via les AirPods, de l'absence totale de débat démocratique sur ces sujets, de la société du commentaire vue de l'intérieur d'un ministère, des inégalités creusées par les campagnes de santé publique, de l'avenir de la Sécurité sociale, et de ce qui, selon Olivier, peut encore nous redonner de l'élan.
    J'ai questionné Olivier sur ce qui se joue vraiment autour des neurotechnologies, sur pourquoi il n'existe pas encore de "conférence d'Asilomar" pour le cerveau, et sur ce que ça dit de nous, collectivement, qu'on laisse ces décisions aux seuls acteurs privés.
    Un épisode dense, parfois inconfortable, et finalement assez stimulant j'espère.

    CITATIONS MARQUANTES
    "Si ton collègue d'à côté parle 50 langues, comprend plus vite que toi et peut bosser 12 heures sans pause, à un moment donné, tu n'auras plus le choix."
    "Il n'y a pas eu de conférence d'Asilomar pour les neurotechnologies. Pas 150 chercheurs réunis pour dire : est-ce qu'on veut vraiment aller là ?"
    "L'IA, ça nous est littéralement tombé dessus. Aucun État n'était préparé. Et c'est déjà la preuve qu'on est incapables d'anticiper les révolutions technologiques."
    "80% de tes dépenses de santé, c'est dans ta dernière année de vie."
    "Je claque la porte à la radicalité de tous bords, celle qui veut nous faire croire qu'on n'a plus la capacité de s'entendre."

    QUESTIONS DE L'INTERVIEW
    Le diagnostic préimplantatoire est interdit en France, mais légal ailleurs. Où en est-on techniquement, et à quelle fiabilité ?
    Le film Bienvenue à Gattaca date de 1997. Est-ce qu'il a pris une ride ?
    Comment la société du commentaire a-t-elle changé la gestion d'une crise sanitaire comme le Covid ?
    On a été l'un des pays les plus vaccinés. Comment tu expliques ça, vu le niveau de défiance au départ ?
    Si tu devais regérer le Covid aujourd'hui, qu'est-ce que tu ferais différemment ?
    Les neurotechnologies d'augmentation, c'est de la science-fiction ou c'est pour demain ?
    À quel moment est-ce qu'on nous a demandé notre avis sur ces technologies qui peuvent lire nos pensées ?
    Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, comme le propose Macron, ça sert à quoi ?
    L'IA va-t-elle remplacer les médecins, ou simplement transformer leur métier ?
    Qu'est-ce qui te donne encore de l'élan, dans ce monde qui semble s'effondrer ?

    Les idées partagées
    1. La neuroaugmentation n'est pas de la science-fiction, c'est du business Apple a breveté des AirPods capables de capter les ondes cérébrales. L'industrie du gaming développe des casques qui lisent les émotions. Des milliards sont investis sans aucun contrôle démocratique. Le glissement est lent, mais il est en cours. Pourquoi c'est important : on ne nous demande pas notre avis, et c'est précisément le problème. (~28:00)
    2. Il n'existe pas de "conférence d'Asilomar" pour le cerveau Dans les années 80, les généticiens avaient eux-mêmes demandé l'interdiction du clonage humain. Aujourd'hui, rien d'équivalent n'existe pour les neurotechnologies. Le Chili est le seul pays au monde à avoir inscrit des "neurodroits" dans sa constitution. Pourquoi c'est important : ce vide est une décision par défaut, et elle se prend sans nous. (~32:00)
    3. Les campagnes de santé publique creusent les inégalités Contra-intuitif mais documenté : plus tu investis dans la prévention grand public, plus tu touches ceux qui en ont le moins besoin. Les messages "mangez des fruits", "faites du sport" n'atteignent pas les ouvriers qui passent 2h30 dans les transports chaque jour. Pourquoi c'est important : la santé publique telle qu'on la pratique produit exactement l'inverse de ce qu'elle prétend faire. (~1:05:00)
    4. L'IA ne remplacera pas le médecin, mais changera radicalement ce qu'il fait L'IA est déjà plus performante que l'oeil humain en imagerie. Elle va diagnostiquer plus tôt, trouver des biomarqueurs inattendus, raccourcir la durée de formation. Mais la valeur humaine se concentrera sur l'information de première main, celle que l'IA ne peut pas avoir. Pourquoi c'est important : la question n'est pas "IA ou médecin" mais "quel médecin dans un monde avec IA". (~53:00)
    5. La souveraineté sanitaire est déjà perdue, et Trump l'accélère 98% des matières premières pour les médicaments vitaux viennent d'Asie. Un médicament sur quatre innovants n'est pas distribué en France faute d'accord sur le prix. Et Trump vient d'imposer aux labos que les nouveaux médicaments ne coûtent pas plus cher aux Américains qu'aux Européens, ce qui va mécaniquement augmenter les prix en Europe. Pourquoi c'est important : une décision d'un homme peut mettre à mal tous les systèmes de protection sociale européens. (~45:00)

    RÉFÉRENCES CITÉES
    Films / Séries
    Bienvenue à Gattaca (1997) — Ethan Hawke, Jude Law — modèle d'une société basée sur la sélection génétique (~06:00)
    Fondation (série Apple TV+, d'après Asimov) — clone d'un dirigeant à trois âges différents (~11:00)
    Personnalités / Figures historiques
    Jacques Monod, généticien prix Nobel français, qui disait dans les années 80 qu'on ne pourrait jamais toucher au génome humain (~09:00)
    Pierre Larocque (gaulliste) et Ambroise Croizat (communiste), co-fondateurs de la Sécurité sociale (~1:03:00)
    Eduardo Paes, maire de Rio, qui a proposé de rendre les GLP-1 accessibles dans les favelas (~1:10:00)
    Sam Altman, patron d'OpenAI, rencontré par Olivier Véran (~35:00)
    Pasteur, cité comme exemple de découverte scientifique accidentelle (~57:00)
    Nathalie Polony, citée sur la dépendance militaire européenne aux équipements américains (~42:00)
    Concepts / Références intellectuelles
    Convention d'Asilomar (Californie) — réunion des généticiens ayant conduit à l'interdiction du clonage (~08:00)
    La "fenêtre d'Overton" — mécanisme de déplacement des sujets acceptables dans le débat public (~14:00)
    Le positivisme et le Temple positiviste de Rio — la morale comme sommet de toutes les sciences (~40:00)
    La Société du commentaire — mentionné comme titre de livre (~12:00)
    Conation — concept d'élan vital évoqué avant l'enregistrement (~48:00)
    Rapport UNESCO sur les neurotechnologies (~36:00)
    Réforme constitutionnelle chilienne sur les neurodroits (~33:00)
    Étude nord-américaine : 40% des élèves exerceront un métier qui n'existe pas encore (~07:00)
    F2SOI / Soitec — microprocesseur français présent dans tous les smartphones (~44:00)

    TIMESTAMPS
    00:00 Introduction — Comment redonner envie du futur face aux polycrises 02:30 Choix des embryons et diagnostic préimplantatoire — ce qui est légal, ce qui ne l'est pas 07:00 Bienvenue à Gattaca : la science-fiction est devenue une piste sérieuse 10:00 Clonage humain : l'interdiction d'Asilomar et ce qui se passerait si c'était à refaire aujourd'hui 14:00 La société du commentaire — comment les médias fabriquent des sujets de débat 18:00 Covid : la gestion de crise vue de l'intérieur, la désinformation, le vaccin 24:00 Peut-on envisager une nouvelle crise sanitaire ? Les scénarios sur la table 28:00 Neurotechnologies : du progrès naturel à la lecture de pensées par AirPods 35:00 Neuroaugmentation et transhumanisme — pourquoi on n'a pas notre conférence d'Asilomar 40:00 Le positivisme et la morale comme boussole du progrès technologique 42:00 Souveraineté numérique et sanitaire — la dépendance stratégique de l'Europe 48:00 Conation, IA générative et burn-out de ChatGPT — ce qui se perd quand on fait faire 53:00 IA et médecine — diagnostic, formation, remplacement ou transformation ? 58:00 L'information de première main comme seule plus-value humaine face à l'IA 01:01:00 Ce qui donne encore de l'élan à Olivier Véran — le lien, les amis, la solidarité 01:05:00 Santé publique et inégalités — pourquoi les campagnes touchent les mauvaises cibles 01:10:00 Sécurité sociale : retour aux fondamentaux, le panier de soins, les arbitrages 01:17:00 Robots en médecine — chirurgie de précision, micro-robots, logiciels 01:22:00 Claquement de porte et ouverture — contre la radicalité, pour le débat 01:25:00 La politique, un métier ? Pourquoi Olivier Véran pense que non

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • Vlan!

    📣 V­lan! présente Avant-Poste - #1 - Le diplôme, la fin du Graal ?

    07/04/2026 | 30 min
    Retrouvez l’ensemble des épisodes du podcast Avant-Poste de Unédic ici
    #1 - Le diplôme, la fin du Graal ?

    Faire des études supérieures a longtemps été perçu comme la meilleure garantie pour accéder à l’emploi. Mais est-ce toujours le cas aujourd’hui ?
    Entre massification des diplômes, décalage avec les besoins du marché du travail et sentiment de déclassement, le lien entre formation et emploi semble plus incertain.
    Dans cet épisode, Léa Lejeune reçoit Hélène Garner, directrice des données et des études à l’APEC, pour décrypter ce que vaut encore un diplôme sur le marché du travail — et les transformations à l’œuvre.


    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
  • Vlan!

    #389 Comment l'humain devient le prochain chantier technologique? Avec Olivier Veran (partie 1)

    07/04/2026 | 51 min
    Olivier Véran est évidemment l'ancien mnistre de la santé qui a eu à gérer la crise du Covid mais c'est égaleemnt un médecin neurologue.
    Depuis, il a quitté la politique pour mieux l'observer, et il regarde le monde avec une lucidité qui, franchement, m'a surpris.
    On s'était croisés autour d'un café pour parler d'un sujet qui m'obsède : comment nos cerveaux vont évoluer à l'ère de l'IA. Et la conversation est allée beaucoup plus loin que prévu.
    Dans cet épisode, nous parlons de diagnostic préimplantatoire et de design d'enfant, de neurotechnologies d'augmentation, du projet d'Apple de lire vos pensées via les AirPods, de l'absence totale de débat démocratique sur ces sujets, de la société du commentaire vue de l'intérieur d'un ministère, des inégalités creusées par les campagnes de santé publique, de l'avenir de la Sécurité sociale, et de ce qui, selon Olivier, peut encore nous redonner de l'élan.
    J'ai questionné Olivier sur ce qui se joue vraiment autour des neurotechnologies, sur pourquoi il n'existe pas encore de "conférence d'Asilomar" pour le cerveau, et sur ce que ça dit de nous, collectivement, qu'on laisse ces décisions aux seuls acteurs privés.
    Un épisode dense, parfois inconfortable, et finalement assez stimulant j'espère.

    CITATIONS MARQUANTES
    "Si ton collègue d'à côté parle 50 langues, comprend plus vite que toi et peut bosser 12 heures sans pause, à un moment donné, tu n'auras plus le choix."
    "Il n'y a pas eu de conférence d'Asilomar pour les neurotechnologies. Pas 150 chercheurs réunis pour dire : est-ce qu'on veut vraiment aller là ?"
    "L'IA, ça nous est littéralement tombé dessus. Aucun État n'était préparé. Et c'est déjà la preuve qu'on est incapables d'anticiper les révolutions technologiques."
    "80% de tes dépenses de santé, c'est dans ta dernière année de vie."
    "Je claque la porte à la radicalité de tous bords, celle qui veut nous faire croire qu'on n'a plus la capacité de s'entendre."

    QUESTIONS DE L'INTERVIEW
    Le diagnostic préimplantatoire est interdit en France, mais légal ailleurs. Où en est-on techniquement, et à quelle fiabilité ?
    Le film Bienvenue à Gattaca date de 1997. Est-ce qu'il a pris une ride ?
    Comment la société du commentaire a-t-elle changé la gestion d'une crise sanitaire comme le Covid ?
    On a été l'un des pays les plus vaccinés. Comment tu expliques ça, vu le niveau de défiance au départ ?
    Si tu devais regérer le Covid aujourd'hui, qu'est-ce que tu ferais différemment ?
    Les neurotechnologies d'augmentation, c'est de la science-fiction ou c'est pour demain ?
    À quel moment est-ce qu'on nous a demandé notre avis sur ces technologies qui peuvent lire nos pensées ?
    Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, comme le propose Macron, ça sert à quoi ?
    L'IA va-t-elle remplacer les médecins, ou simplement transformer leur métier ?
    Qu'est-ce qui te donne encore de l'élan, dans ce monde qui semble s'effondrer ?

    Les idées partagées
    1. La neuroaugmentation n'est pas de la science-fiction, c'est du business Apple a breveté des AirPods capables de capter les ondes cérébrales. L'industrie du gaming développe des casques qui lisent les émotions. Des milliards sont investis sans aucun contrôle démocratique. Le glissement est lent, mais il est en cours. Pourquoi c'est important : on ne nous demande pas notre avis, et c'est précisément le problème. (~28:00)
    2. Il n'existe pas de "conférence d'Asilomar" pour le cerveau Dans les années 80, les généticiens avaient eux-mêmes demandé l'interdiction du clonage humain. Aujourd'hui, rien d'équivalent n'existe pour les neurotechnologies. Le Chili est le seul pays au monde à avoir inscrit des "neurodroits" dans sa constitution. Pourquoi c'est important : ce vide est une décision par défaut, et elle se prend sans nous. (~32:00)
    3. Les campagnes de santé publique creusent les inégalités Contra-intuitif mais documenté : plus tu investis dans la prévention grand public, plus tu touches ceux qui en ont le moins besoin. Les messages "mangez des fruits", "faites du sport" n'atteignent pas les ouvriers qui passent 2h30 dans les transports chaque jour. Pourquoi c'est important : la santé publique telle qu'on la pratique produit exactement l'inverse de ce qu'elle prétend faire. (~1:05:00)
    4. L'IA ne remplacera pas le médecin, mais changera radicalement ce qu'il fait L'IA est déjà plus performante que l'oeil humain en imagerie. Elle va diagnostiquer plus tôt, trouver des biomarqueurs inattendus, raccourcir la durée de formation. Mais la valeur humaine se concentrera sur l'information de première main, celle que l'IA ne peut pas avoir. Pourquoi c'est important : la question n'est pas "IA ou médecin" mais "quel médecin dans un monde avec IA". (~53:00)
    5. La souveraineté sanitaire est déjà perdue, et Trump l'accélère 98% des matières premières pour les médicaments vitaux viennent d'Asie. Un médicament sur quatre innovants n'est pas distribué en France faute d'accord sur le prix. Et Trump vient d'imposer aux labos que les nouveaux médicaments ne coûtent pas plus cher aux Américains qu'aux Européens, ce qui va mécaniquement augmenter les prix en Europe. Pourquoi c'est important : une décision d'un homme peut mettre à mal tous les systèmes de protection sociale européens. (~45:00)

    RÉFÉRENCES CITÉES
    Films / Séries
    Bienvenue à Gattaca (1997) — Ethan Hawke, Jude Law — modèle d'une société basée sur la sélection génétique (~06:00)
    Fondation (série Apple TV+, d'après Asimov) — clone d'un dirigeant à trois âges différents (~11:00)
    Personnalités / Figures historiques
    Jacques Monod, généticien prix Nobel français, qui disait dans les années 80 qu'on ne pourrait jamais toucher au génome humain (~09:00)
    Pierre Larocque (gaulliste) et Ambroise Croizat (communiste), co-fondateurs de la Sécurité sociale (~1:03:00)
    Eduardo Paes, maire de Rio, qui a proposé de rendre les GLP-1 accessibles dans les favelas (~1:10:00)
    Sam Altman, patron d'OpenAI, rencontré par Olivier Véran (~35:00)
    Pasteur, cité comme exemple de découverte scientifique accidentelle (~57:00)
    Nathalie Polony, citée sur la dépendance militaire européenne aux équipements américains (~42:00)
    Concepts / Références intellectuelles
    Convention d'Asilomar (Californie) — réunion des généticiens ayant conduit à l'interdiction du clonage (~08:00)
    La "fenêtre d'Overton" — mécanisme de déplacement des sujets acceptables dans le débat public (~14:00)
    Le positivisme et le Temple positiviste de Rio — la morale comme sommet de toutes les sciences (~40:00)
    La Société du commentaire — mentionné comme titre de livre (~12:00)
    Conation — concept d'élan vital évoqué avant l'enregistrement (~48:00)
    Rapport UNESCO sur les neurotechnologies (~36:00)
    Réforme constitutionnelle chilienne sur les neurodroits (~33:00)
    Étude nord-américaine : 40% des élèves exerceront un métier qui n'existe pas encore (~07:00)
    F2SOI / Soitec — microprocesseur français présent dans tous les smartphones (~44:00)

    TIMESTAMPS
    00:00 Introduction — Comment redonner envie du futur face aux polycrises 02:30 Choix des embryons et diagnostic préimplantatoire — ce qui est légal, ce qui ne l'est pas 07:00 Bienvenue à Gattaca : la science-fiction est devenue une piste sérieuse 10:00 Clonage humain : l'interdiction d'Asilomar et ce qui se passerait si c'était à refaire aujourd'hui 14:00 La société du commentaire — comment les médias fabriquent des sujets de débat 18:00 Covid : la gestion de crise vue de l'intérieur, la désinformation, le vaccin 24:00 Peut-on envisager une nouvelle crise sanitaire ? Les scénarios sur la table 28:00 Neurotechnologies : du progrès naturel à la lecture de pensées par AirPods 35:00 Neuroaugmentation et transhumanisme — pourquoi on n'a pas notre conférence d'Asilomar 40:00 Le positivisme et la morale comme boussole du progrès technologique 42:00 Souveraineté numérique et sanitaire — la dépendance stratégique de l'Europe 48:00 Conation, IA générative et burn-out de ChatGPT — ce qui se perd quand on fait faire 53:00 IA et médecine — diagnostic, formation, remplacement ou transformation ? 58:00 L'information de première main comme seule plus-value humaine face à l'IA 01:01:00 Ce qui donne encore de l'élan à Olivier Véran — le lien, les amis, la solidarité 01:05:00 Santé publique et inégalités — pourquoi les campagnes touchent les mauvaises cibles 01:10:00 Sécurité sociale : retour aux fondamentaux, le panier de soins, les arbitrages 01:17:00 Robots en médecine — chirurgie de précision, micro-robots, logiciels 01:22:00 Claquement de porte et ouverture — contre la radicalité, pour le débat 01:25:00 La politique, un métier ? Pourquoi Olivier Véran pense que non

    Suggestion d'autres épisodes à écouter :
    #376 Quelles stratégies pour reconstruire une France autonome et résiliente? Avec Arnaud Montebourg - Partie 1 (https://audmns.com/UxFQjUM)

    [SOLO] On s'en fout de la longévité : guide pour ceux que ça saoule mais qui veulent quand même vivre en bonne santé (https://audmns.com/naYIAVO)

    #294 Les secrets de la longévité en bonne santé avec Docteur Christophe de Jaeger (https://audmns.com/yiQROWd)

    Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Plus de podcasts Actualités

À propos de Vlan!

Un podcast pour comprendre ce qui est en train de se transformer avant que cela ne devienne évident et pour vous redonner envie du futur sans optimisme naif ni cynisme mais avec lucidité.Tendance humaniste.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Site web du podcast

Écoutez Vlan!, Global News Podcast ou d'autres podcasts du monde entier - avec l'app de radio.fr

Obtenez l’app radio.fr
 gratuite

  • Ajout de radios et podcasts en favoris
  • Diffusion via Wi-Fi ou Bluetooth
  • Carplay & Android Auto compatibles
  • Et encore plus de fonctionnalités
Applications
Réseaux sociaux
v8.8.9| © 2007-2026 radio.de GmbH
Generated: 4/14/2026 - 7:01:28 AM