L’ère du Cloud-Native a vécu, place à l’ère de l’IA-Native. Selon une étude du cabinet Deloitte, le marché du logiciel, qui pèse aujourd'hui 4 000 milliards de dollars, s'apprête à vivre une onde de choc comparable à l'arrivée du SaaS il y a dix ans.
Pour les DSI et les décideurs, ce n'est pas seulement une question de nouveaux outils.
C'est une remise en question profonde des modèles économiques et opérationnels.
Un nouveau modèle de revenu
D'abord, le séisme porte sur le modèle de revenus.
Les géants du logiciel traditionnel sont sous une pression immense pour abandonner le classique paiement à la licence au profit d'une tarification axée sur les résultats.
Les nouveaux entrants, ces entreprises nées avec l'IA dans leur ADN, arrivent sur le marché avec des structures de coûts ultra-légères.
Elles ne cherchent pas à vendre des abonnements en volume, mais à résoudre des problèmes métier ultra-spécifiques, souvent dans des niches délaissées par les grands éditeurs.
Et cette concurrence va mécaniquement redonner du pouvoir aux acheteurs, notamment aux PME, qui pourront accéder à des capacités de niveau "grand compte" pour une fraction du prix habituel.
L'interface utilisateur est en train de disparaître
Ensuite, l'interface utilisateur telle que nous la connaissons est en train de disparaître.
Deloitte prédit que l'IA va devenir la couche d'interface primaire au-dessus de toutes vos applications. Nous ne naviguerons plus entre dix logiciels différents. Nous interagirons avec un orchestrateur capable de piloter des agents autonomes.
La bataille ne se joue donc plus sur qui possède le meilleur tableur ou le meilleur CRM. Mais sur qui contrôlera cette couche de contrôle.
Pour les entreprises, cela implique un virage technologique vers des plateformes d'orchestration capables de surveiller et de gérer ces flottilles d'agents IA pour éviter qu'elles ne travaillent en silo.
Gestion des marges et des compétences
Enfin, attention au revers de la médaille. Et ce revers, c'est la gestion des marges et des compétences.
Car si l'IA-Native promet de l'agilité, elle coûte cher en infrastructure.
En 2026, l'explosion des coûts de calcul liés aux LLM va donc peser lourdement sur les budgets.
Parallèlement, le succès de cette transition ne sera pas technologique, mais humain. Il va falloir redéfinir les rôles, de l'ingénieur au chef de produit, en mettant l'accent sur la gestion des données et l'évaluation des nouveaux fournisseurs.
Alors le gain de productivité est réel, mais Deloitte prévient : il viendra d'un déploiement discipliné et mesurable.
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