
s10e08 - Sortir de son genre
02/1/2026 | 21 min
L’imaginaire est identifié par ses genres, et attire ceux et celles qui les aiment et veulent les explorer. Ce qui peut conduire, avec le temps, à s’y trouver identifié·e. Mais: si l’on veut sortir de ce cadre ? Peut-on le faire, comment, est-ce même une bonne idée ? Lionel décrit succinctement le monde anglophone où ces explorations doivent correspondre à autant de noms de plume différents, et avance que la francophonie accepte beaucoup plus les expérimentations. Il donne aussi l’exemple de sa propre stratégie avec Évanégyre pour se donner sa propre liberté d’écriture. Estelle explique que, quand on travaille dans plusieurs courants, on se retrouve classé·e dans celui qui est le moins considéré. Mais elle se préoccupe avant tout du genre qui appelle l’histoire qu’elle veut raconter ; lesquels forment autant des boîtes à outils que des cultures. Elle rappelle aussi que ces classifications sont de toute façon toujours mouvantes. Mélanie parle de son parcours en changeant de format, et son observation du monde du livre l’amène à formuler que changer de genre est davantage un problème de milieu éditorial que de public. Références citées - Iain (M.) Banks - Les éd. Goater - Floriane Soulas - Francis Berthelot, « Le Rêve du démiurge », Bibliothèque de l’entre-mondes - Les éd. Dystopia - Emily St. John Mandell, Station Eleven - Les éd. Gallimard et leur collection blanche - Tristan Garcia, 7 - Jean-Baptiste Del Amo, La Nuit ravagée - Ken Grimwood, Replay - Les éd. La Volte - Les éd. Aux Forges de Vulcain

s10e07 - Les limites du worldbuilding
15/12/2025 | 17 min
La question est fréquente : à partir de quand puis-je me lancer dans mon projet ? Mon monde est-il suffisamment développé ? Mais y a-t-il un risque inverse : trop développer son monde, au point que cela devienne contreproductif ? Où trouver le dosage ? Pour Lionel, l’horizon reste l’écriture de l’histoire, et donc créer un monde sans fin représente un problème. Il trace un parallèle fort entre la création des personnages, où l’on ne peut pas tout connaître, mais en avoir une connaissance suffisamment solide permet d’improviser quand c’est nécessaire. Estelle invite à penser aux grandes lois, aux grands systèmes, au degré de réalisme et surtout à prendre des décisions fortes et cohérentes. Le point de vue est un outil important pour faire jouer ignorance et découverte d’un monde imaginaire ; la documentation permet aussi de sortir des sentiers battus ! Mélanie parle de son expérience de traduction d’œuvres parmi les plus touffues en termes de worldbuilding, et met en garde les jeunes auteur·ices contre la tentation de vouloir absolument tout mettre dans son histoire, ce qui risque d’enliser la narration. Références citées - Brandon Sanderson, « Les Archives de Roshar » - Joe Michael Straczynski, Becoming a Writer, Staying a Writer

s10e06 Organiser sa pièce de travail, avec Karima Amarouche
01/12/2025 | 17 min
Pour sa dixième saison, le podcast Procrastination est enchanté et honoré de s’entretenir avec Karima Amarouche, ergonome à France Travail, membre du département ergonomie et analyse des activités et spécialiste de la prévention des risques professionnels, afin de créer le meilleur – et le plus durable – environnement d’écriture possible ! Deuxième volet de cette conversation au long cours, plus en détail sur l’organisation de sa pièce (ou de son espace) pour travailler. Quelles recommandations en particulier pour l’éclairage et l’organisation, d’un point de vue tant physique que psychologique ? Avec beaucoup de premières recommandations quant aux méfaits (et bienfaits précis) du travail à l’ordinateur portable. Références citées - L’INRS, https://www.inrs.fr

s10e05 - Le sensitivity reading partie 2
15/11/2025 | 12 min
Suite et fin de la conversation sur le sensitivity reading ou relecture concernée, sur ses enjeux, son importance et sa pratique dans l’écriture de fiction. Estelle rappelle qu’il ne devrait pas y avoir de prime à bien faire son travail, et que toute réflexion est un travail en cours, y compris de la part des personnes concernées, où le consensus n’existe d’ailleurs pas forcément. Elle pose aussi les questions vitales de la rémunération des lectures concernées par les maisons d’édition et celle de la diversité dans leurs hiérarchies décisionnaires. Lionel insiste sur le fait que la perfection formelle quant à des questions nécessitant des relectures concernées est un faux objectif, surtout dans la création artistique, mais qu’il convient de garder toujours justice et justesse au cœur. Il rappelle aussi que l’idéal kafkaien du livre « fendant la mer gelée en nous » est plus que nourri par les relectures concernées et la diversité. Mélanie aborde la question de l’accessibilité dans les événements littéraires et son évolution récente. Références citées - Franz Kafka - Moby Dick, Hermann Melville

s10e04 - Le sensitivity reading partie 1
01/11/2025 | 17 min
Le « sensitivity reading », relecture par une personne concernée par une problématique donnée, a cristallisé un certain nombre d’idées reçues voire de paniques morales ; dans ce double épisode, Procrastination définit la question, son importance et sa pratique dans l’écriture de fiction. Lionel rappelle d’abord qu’il s’agit, dans le fond, de faire appel à un·e expert·e, ce qui ne devrait choquer personne, et sur des sujets potentiellement porteurs d’impacts psychologiques ou traumatiques, ce qui exige d’autant plus de soin. Estelle insiste sur l’importance du vécu et de l’expérience personnelle, quotidienne, des personnes concernées, et rappelle qu’on a toujours interrogé le vécu des gens dans la littérature. Mélanie voit dans le monde que l’on écrit celui que l’on reflète et qu’on espère, à son échelle, contribuer à créer. Elle relate son expérience de la pratique du sensitivity reading à travers l’un de ses récents textes. Références citées - Différente, film de Lola Doillon - Grady Hendrix, Witchcraft for Wayward Girls



Procrastination, pour procrastiner utile sur son écriture