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L’esprit critique

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  • L’esprit critique

    PARTIE 2 -EP168, autour de l'exposition "Leonora Carrington", au Musée du Luxembourg

    05/04/2026 | 13 min
    Le musée du Luxembourg à Paris consacre une rétrospective à la peintre Leonora Carrington, née en 1917 en Angleterre, voyageuse incessante de Florence à Paris, du Sud de la France à l’Espagne, avant de s’installer au Mexique pendant la Seconde Guerre mondiale.
    A travers 126 œuvres, cette première exposition solo d’envergure consacrée à cette figure de l’art du XXè siècle située à la croisée du surréalisme, de la mythologie et de l’ésotérisme est composée de six sections qui nous font avancer dans son œuvre et dans sa vie de façon chronologique et thématique.
    On part ainsi des origines d’un « grand tour intérieur » pour évoquer la « mariée du vent », surnom donné par son compagnon Max Ernst à Leonora Carrington, et aboutir, après être passé par « L’obscurité lumineuse », à la « cuisine alchimique », réunissant les passions à la fois culinaires, artistiques et ésotériques de Carrington au sujet desquelles son mécène Edward James écrivit que ses peintures étaient « non seulement peintes, mais aussi concoctées. Il semble parfois qu’elles se sont matérialisées dans un chaudron sur le coup de minuit. »
    Leonora Carrington a pu autrefois être réduite à son statut de compagne du peintre Max Ernst, avec lequel elle vécut plusieurs années dans le sud de la France avant que la guerre ne les sépare lorsque ce dernier fut arrêté comme « étranger ennemi ». Elle avait pourtant affirmé : « Je n’avais pas le temps d’être la muse de qui que ce soit ; j’étais trop occupée (…) à apprendre à devenir une artiste. »
    A propos d’elle-même, la peintre écrivit : « J’ai compris qu’il était indispensable que j’extirpe de moi tous les personnages qui m’habitaient. J’ai dû me débarrasser de tout ce que m’avait apporté ma maladie, chasser ces personnalités et c’est ainsi qu’a commencé ma libération. J’ai senti que, sous l’action du soleil, j’étais une androgyne, la Lune, le Saint-Esprit, une gitane, une acrobate, Leonora Carrington et une femme. »
    Le commissariat de cette exposition est signé Tere Arcq, historienne de l’art spécialiste du surréalisme au Mexique et Carlos Martin, spécialiste de l’art moderne et du surréalisme.
    La grande rétrospective consacrée à Leonora Carrington a ouvert au Musée du Luxembourg à la mi-février et sera visible jusqu’au 19 juillet.

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  • L’esprit critique

    PARTIE 1 -EP168, autour de l'exposition "This Will Not End Well", de Nan Goldin au Grand Palais et à la Salpêtrière

    05/04/2026 | 19 min
    La célèbre photographe américaine Nan Goldin propose une rétrospective de ce qu’elle présente comme sa première exposition cinématographique puisqu’elle n’y propose pas d’images fixes mais ses diaporamas et vidéos constitués de milliers de photographies. Cette rétrospective a déjà tourné dans plusieurs villes d’Europe et arrive aujourd’hui à Paris en se déployant sur deux lieux.
    Au Grand Palais sont montrés cinq diaporamas installés dans des pavillons dans lesquels on entre en pénétrant des architectures de tentures noires conçues par l’architecte Hala Wardé. On y voit son premier film intitulé La Ballade de la dépendance sexuelle, constitué d’images prises du début des années 1980 au début des années 2020, et qui fut initialement projetée dans des boîtes de nuit et des soirées privées avant d’être montré dans des institutions culturelles.
    Puis les diaporamas plus récents qu’elle a consacrés à la communauté queer, à la dépendance aux drogues mais aussi aux plaisirs qu’elles peuvent procurer, ainsi qu’un travail intitulé « Le Syndrome de Stendhal » qui met en regard des chefs d’œuvres de musée avec des portraits de ses proches au sujet desquels elle dit : « Je voyais les visages de mes ami·es dans les toiles. Stendhal décrivait la peinture comme une surface que l’imagination vient compléter. »
    A ces cinq diaporamas s’ajoute une esquisse de film à venir sur Gaza qui a aussi été le principal sujet de la prise de parole de Nan Goldin en ouverture de cette exposition qui a débuté le 18 mars dernier.
    A cela s’ajoute également une installation multimédia présentée dans la chapelle de l’hôpital de la Salpêtrière en forme d’hommage à la sœur aînée de Nan Goldin, Barbara, internée en hôpital psychiatrique durant son adolescence et suicidée à l’âge de 18 ans, qui avait déjà été montrée dans le cadre du Festival d’Automne il y a plus de vingt ans.
    Celle-ci s’intitule Sisters, Saints, Sibyls et se présente comme un triptyque vidéo. Le premier chapitre est consacré à la légende de Sainte Barbara, martyre chrétienne emprisonnée et décapitée par son père, retracé à partir de plusieurs images et tableaux religieux, accompagné par une musique de chœurs médiévaux. Le deuxième retrace la vie de Barbara Holly Goldin à travers des photos de famille et des documents provenant des hôpitaux où elle a séjourné. Le dernier évoque l’adolescence de Nan Goldin et une vie marquée par l’addiction et des séjours en hôpital psychiatriques. L’installation a été conçue en collaboration avec la vidéaste et scénographe Raymonde Couvreu.

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    INTEGRALE -EP168, autour des rétrospectives de Nan Goldin et Leonora Carrington et du dialogue entre la plasticienne Huma Bhabha et Alberto Giacometti

    05/04/2026 | 46 min
    Trois expositions de trois femmes artistes dialoguant avec l’histoire de l’art du XXe siècle et la société de leur temps. Une photographe qui propose sa première exposition cinématographique. Une peintre longtemps reléguée dans l’ombre qui expose son « obscurité lumineuse ». Et une plasticienne touche-à-tout qui se confronte à Alberto Giacometti.
    On évoque aujourd’hui dans « L’esprit critique » l’exposition des diaporamas de l’américaine Nan Goldin qui se déploient sur deux sites, au Grand Palais et à la chapelle de la Salpêtrière ; la grande rétrospective que le Musée du Luxembourg consacre à la peintre anglaise longtemps installée au Mexique Leonora Carrington, et enfin la façon dont la pakistano-américaine Huma Bhabha investit la fondation Giacometti à Paris pour un dialogue entre ses œuvres contemporaines et celles du sculpteur suisse.
    Avec :
    • Margot Nguyen, travailleuse de l’art indépendante.
    • Hélène Soumaré, critique d’art
    « L’esprit critique » est un podcast enregistré et réalisé par les équipes de Gong.

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  • L’esprit critique

    PARTIE 3 -EP168, autour du dialogue entre la plasticienne Huma Bhabha et Alberto Giacometti

    05/04/2026 | 12 min
    L’Institut Giacometti à Paris présente une exposition consacrée à l’artiste Huma Bhabha, née à Karachi au Pakistan au début des années 1960 avant de s’installer aux Etats-Unis, dont les œuvres sont confrontées au célèbre sculpteur suisse. L’artiste pakistano-américaine a conçu spécialement la plupart de ses pièces qui tout à la fois se fondent et dénotent au milieu des œuvres de Giacometti, avec des effets de trouble et de ressemblance.
    Entre hommage et humour, l’exposition s’intitule « Dénoue, boucle à boucle, les cheveux d’une idole avant que tes articulations se détachent… » Un titre emprunté à un vers du poète persan Omar Khayyam, qui entend saisir autant la précision du travail des artistes que le refus qu’ils partagent d’une figuration littérale qui les pousse à représenter des corps étirés, démembrés parcellisés.
    Pour les deux artistes, les corps et le visage humains sont les sujets essentiels, et le travail d’Huma Bhabha, qui pratique autant la sculpture, la peinture, la photographie que le collage voisine donc avec des Giacometti : sculptures, dessins et photographies…
    L’exposition met ainsi en parallèle la célèbre sculpture de Giacometti, L’homme qui marche, datant de 1960, avec une pièce de Bhabba intitulée Magic Carpet, faite d’un simple tapis sur lequel est posé une paire de jambes en mousse rose, chaussées de véritables bottes de caoutchouc.
    Autre exemple, face à la Jambe du sculpteur Suisse, Huma Bhabha éparpille au sol un corps en morceaux — une tête, des jambes et de petits bouts d’argile cuits — réalisé lors d’une résidence au Mexique (Untitled, 2022), créant à la fois rapprochement et distance, soulignée par le fait que Giacometti travaille avec des matériaux nobles et classiques, tandis que la plasticienne crée principalement des installations faites d’os, de polystyrène de liège, d’argile, de plâtre de fil de fer, travaillant avec des matériaux disparates.
    Dans une pièce à part - le cabinet graphique - on découvre un autre fil permettant de relier les deux artistes, passant l’image en mouvement, puisque Huma Bhabha qualifie Giacometti de « post-cinéma » au sens où son travail et sa perspective seraient imprégnés d’une esthétique cinématographique. On voit ici des planches contacts inédites d’Ernst Scheidegger, où les sculptures de Giacometti sont photographiées en extérieur un peu comme des storyboards de cinéma en les confrontant avec des sculptures de Bhabha photographiées comme des scènes de cinéma.
    Le commissariat de l’exposition est signé Émilie Bouvard qui évoque moins un dialogue historique qu’un « compagnonnage sensible » entre les deux artistes.
    Le dialogue entre Alberto Giacometti et Huma Bhabba, organisé par l’institut Giacometti à Paris est visible depuis le 6 février dernier et jusqu’au 24 mai prochain.

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    PARTIE 3 -E167, autour du spectacle "Patatas, Fritas, Falsas", d'gnés Mateus et Quim Tarrida

    29/03/2026 | 16 min
    Patatas fritas falsas est le titre de la pièce des espagnols Quim Tarrida et Agnés Mateus, créé en Catalogne et montré au Théâtre de la Bastille à Paris. Ce seul-en-scène interprété avec grande énergie par Agnés Mateus entend regarder le fascisme en face et prendre le public à partir d’un texte très frontal, de quelques coups de feu, d’une lumière stroboscopique, d’une marionnette de Franco, de nombreux lustres qui parfois se détachent pour tomber violemment sur scène, de musiques de boîte de nuit de la Costa Brava, mais aussi d’une machine à laver.
    Après une première pièce sur les violences policières, puis une seconde sur les violences faites aux femmes, c’est à la violence politique que s’attaque le duo catalan dans ce spectacle qui s’ouvre sur la vision d’un gigantesque drapeau franquiste occupant tout l’espace habituellement occupé par les rideaux de scène.

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Cinéma, littérature, spectacles, expos : chaque semaine, L’esprit critique, c’est le nouveau podcast proposé par Mediapart pour inciser l’actualité culturelle, renouveler les voix qui débattent des œuvres et rendre compte des débats esthétiques et politiques qui traversent ce qu’on nous donne à lire ou à voir.Hébergé par Audiomeans.Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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