Pendant près d’un quart de siècle, Vitaliano Trevisan né en 1960 et mort en 2022, a exercé un nombre infini de métiers dans une région industrieuse du nord-est de l’Italie, en Vénétie : fabricant de cages d’oiseaux, serveur dans une pizzeria, maçon, dessinateur de meubles, glacier, géomètre, magasinier mais aussi dealer dans la mesure où écrit-il, « aux gens qui se demandent ce que les acides ont à voir avec le travail, je dirais que, contrairement à ce qu’on croit, dealer est un travail de tous les points de vue. »
Ces métiers le plus souvent manuels, déclarés ou non, la plupart précaires, Vitaliano Trevisan les a exercés sans avoir toujours le temps d’écrire, mais en se sachant écrivain, même s’il a dû attendre des décennies pour pouvoir se consacrer entièrement à l’écriture de livres, de pièces de théâtre et de scénarios.
En 2016, il publie un ouvrage de plus de 700 pages, intitulé Works, qui rend compte de ses expériences de travail depuis son adolescence dans les années 1970 jusqu’au début des années 2000, en offrant un regard d’une précision littéraire et sociologique inédite sur un monde souvent négligé par les écrivains.
Un livre au ton souvent imprécateurs contre les hypocrisies de la société qui l’entoure, au sujet de laquelle il écrit notamment : « Mais qu’est-ce que l’Italie, me suis-je pris à penser en me levant et en m’acheminant vers le Panthéon, sinon un conglomérat de lieux communs. Les prendre à coups de marteau, voilà une de mes tâches » ?
C’est ce livre qui paraît aujourd’hui en français aux éditions Verdier, traduit par Christophe Mileschi et Martin Rueff, quatre ans après le décès de son auteur et une décennie après sa publication en Italie.
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