Notre Salut a été une des révélations du Festival de Cannes (où nous n’étions pas), mais a été projeté dans quelques salles en avant-première la semaine dernière, avant une sortie prévue le 30 septembre.
L’idée n’était ni de parler d’un film qu’il n’est pas encore possible de voir pour faire les malins, ni d’absolument vouloir évoquer un long métrage récompensé par le prix du scénario lors du Festival de Cannes. Mais Notre salut d’Emmanuel Marre nous intéressait tout particulièrement.
D’abord parce qu’il s’inscrit dans un moment du cinéma obsédé par l’époque vichyste et la question de la résistance et de la collaboration. Le film d’Emmanuel Marre arrive en effet en écho au biopic sur de Gaulle, mais aussi au long métrage de Xavier Giannoli, Les Rayons et les Ombres, qui retraçait le parcours du collaborationniste Jean Luchaire exécuté à la Libération, et au nouveau film de László Nemes sur Jean Moulin, avec Gilles Lellouche dans le rôle-titre, qui était en compétition à Cannes et sortira en salles à l’automne.
Ensuite parce qu’il s’inscrit dans ce moment avec une grammaire cinématographique qui percute de plein fouet le genre du film d’époque, avec une forme « d’anachronisme contrôlé », pour reprendre les termes de l’helléniste Nicole Loraux, et qu’il parvient peut-être ainsi à être autre chose qu’un film d’histoire dont on attendrait soit de la véracité, soit des leçons.
Et ce même s’il est fondé sur une histoire bien réelle, en l’occurrence celle de l’arrière-grand-père du cinéaste, petit fonctionnaire de la collaboration ordinaire, ayant adhéré avec enthousiasme à la « révolution nationale » pétainiste, après avoir écrit un livre à compte d’auteur intitulé précisément Notre salut sur le choc qu’a été la défaite rapide des armées françaises face à celles d’Hitler.
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