Un personnage nommé Sony d’après la marque japonaise du même nom ; un autre dont le prénom, Hai, se prononce comme on dit « salut » aux Etats-Unis ; une veuve âgée d’origine lituanienne prénommée Grazina ; mais aussi un Russe, une catcheuse gérante de restaurant ou encore Maureen qui finira à tricoter des écharpes dans son fauteuil roulant dans la ville de Defiance, dans l’Ohio…
C’est un melting pot très américain, réuni dans une petite ville marginalisée et paupérisée de Nouvelle Angleterre, que nous donne à lire Ocean Vuong, marketé comme le nouveau prodige des lettres américaines dans son nouveau roman intitulé L’Empereur de la Joie et traduit par Hélène Cohen aux éditions Gallimard.
Petite ville où règnent la malbouffe et les cachets permettant la défonce, et à propos de laquelle le narrateur écrit : « Rien ne s’arrête jamais ici, à part nous. (…) Nous sommes la tache floue derrière les vitres de vos tarins et de vos monospaces, de vos bus greyhound, nos visages déformés par le vent comme les parias des toiles de Munch. »
Tout comme Hai le personnage principal de son histoire, Ocean Vuong, né au Vietnam à la fin des années 1980, est arrivé aux Etats-Unis à l’âge de deux ans. Tout comme lui, il a voulu écrire, rencontrant le succès avec un premier roman intitulé Un bref instant de splendeur, ainsi qu’un recueil de poésie titré Le temps est une mère.
L’Empereur de la Joie débute un soir d’été, au moment où Hai, 19 ans, addict à différents cachets, sans perspectives et presque sans famille, se retrouve sur un pont et sous une pluie battante, prêt à sauter en contrebas, avant d’en être dissuadé par Grazina, et de former avec elle un improbable duo jouant à la guerre et à la famille, pour le plus grand déplaisir du fils de Grazina...
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