« The less money you take, the more freedom you get », déclarait Kelly Reichardt à propos de son neuvième film, The Mastermind, sorti en février dans les salles européennes. Une déclaration qui résonne assez bien avec la philosophie de deux podcasts : d’un côté ceux qui parlent chaque mois de cinéma en fouillant dans sa riche histoire et de l’autre un spécialiste des classements de discographies d’artistes éclectiques.
The Mastermind, c’est donc l’occasion de se lancer à trois voix dans ce qui semblait jusqu’ici impossible : classer les films d’une réalisatrice qui a construit toute sa filmographie à côté du grand cinéma hollywoodien, en prônant un cinéma de la mise en espace, de l’économie de moyens et du retour aux choses, aux matières, une manière de reprendre de la distance face au monde qui nous submerge.
Le résultat c’est plus d’une heure et demie de débat effréné pour savoir si la radicalité de Meek's Cutoff (2010) vaut davantage que la sublime contemplation des désenchantées de l’Amérique dans Certain Women (2017).
Une émission pour les amateur·ices de cinéma américain hors des marges mais pas seulement parce qu’écouter trois gastronomes parler de cuisine donne parfois encore plus envie de passer à table. Et parce que parler de Kelly Reichardt, c’est aussi parler de l’Amérique : de son histoire ethnocidaire, de ce qu’elle a produit, et des traces que cela laisse dans le monde où nous vivons. Et qu’aujourd’hui, ça peut pas faire de mal.