Dans la nuit du 28 mars 2021, un bébé de trois mois décède à l’hôpital après une prise en charge en urgence par le SAMU. La veille, les secours étaient intervenus face à un nourrisson présentant des signes de déshydratation sévère. Les urgentistes décrivent des gémissements, des pleurs persistants, puis soudain le silence. Un arrêt cardiaque. Malgré les tentatives de réanimation, l’enfant ne survivra pas.
Le parquet des mineurs est immédiatement avisé. L’enquête révèle que le bébé souffrait d’une gastro-entérite depuis quatre jours. Son état s’était progressivement dégradé. Au cœur des investigations : la réaction – ou l’absence de réaction de la mère, qui présente une légère déficience mentale. Les autorités s’interrogent sur sa capacité à avoir mesuré la gravité de la situation et à avoir apporté les soins nécessaires.
Très vite, l’affaire prend une tournure criminelle. La mère est poursuivie pour privation de soins ayant entraîné la mort d’un mineur de quinze ans, une infraction passible de trente ans de réclusion criminelle.
Comment qualifier juridiquement ce drame ? S’agit-il d’une négligence pénale, d’une incapacité à comprendre l’urgence, ou d’un véritable manquement volontaire ? Où se situe la frontière entre vulnérabilité personnelle et responsabilité pénale ?
Dans cet épisode, Maître Dylan Slama, avocat de la mère, revient sur cette affaire bouleversante. Il raconte l’enquête, la construction de la défense, et les questions vertigineuses que soulève ce dossier : juger un acte, mais aussi une fragilité ; sanctionner une faute, sans ignorer la réalité d’un handicap.