Aujourd'hui dans "Les voix de l'économie, Charles Bonnaire reçoit Bertrand Martinot, économiste expert associé à l'Institut Montaigne et spécialiste des questions de retraites et d'emploi. A l'occasion de la publication de son livre "J'ai cotisé, j'y ai droit !", il déconstruit les idées reçues sur le système de retraite français et explorent les réformes nécessaires pour en assurer la pérennité.
L'invité commence par analyser la phrase emblématique "J'ai cotisé, j'y ai droit", qui résume bien le malentendu autour du fonctionnement des retraites. Il explique que si cette affirmation est en partie vraie, elle comporte aussi une part de fausseté, car les cotisations ne servent pas à financer sa propre retraite mais celle des générations précédentes. De plus, le rendement des retraites diminue d'une génération à l'autre, rendant ce lien de plus en plus ténu.
Le débat se poursuit sur les réformes successives des retraites, jugées trop timides et urgentes par l'invité. Celui-ci regrette que ces changements n'aient pas été étalés sur le long terme et n'aient pas réglé le problème en profondeur. La suppression de l'âge pivot, une idée régulièrement évoquée, est également écartée comme une fausse solution qui ne ferait qu'aggraver les difficultés.
Bertrand Martinot insiste sur la nécessité de repousser l'âge légal de départ à la retraite, tout en permettant des départs anticipés pour certaines catégories de travailleurs pénibles. Il souligne aussi l'importance d'augmenter le volume global de travail et d'améliorer la qualité des emplois, afin de dégager les ressources nécessaires au financement des retraites.
Enfin, l'expert met en garde contre les conséquences désastreuses d'un statu quo, qui conduirait à une forme de "RSA vieux" pour les retraités les plus modestes, tandis que les plus aisés pourraient compter sur leur épargne. Il insiste sur l'urgence d'agir pour préserver un système de retraites par répartition digne de ce nom.
Hébergé par Audiomeans. Visitez audiomeans.fr/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.