NewGame+ #046 – Opération Ninja : Ragebound vs Art of Revenge
L'année du ninja, c'était promis. Juillet-août 2025 : deux légendes du jeu d'action 2D ressuscitent à un mois d'intervalle. D'un côté, Ninja Gaiden Ragebound signé Dotemu et The Game Kitchen (Blasphemous). De l'autre, Shinobi Art of Revenge par Sega et Lizard Cube (Streets of Rage 4). Deux licences mythiques des années 80-90, deux revivals européens, un seul vainqueur ?
Dans ce nouvel épisode en duo, Mugen et Ace Bunny se lancent dans une analyse comparative sans filtre de ces deux action-platformers qui ont créé un véritable effet "Barbenheimer ninja" dans la communauté. Entre Kenji Muzo qui s'allie à une kunoichi du clan rival et Joe Musashi qui refuse obstinément de parler, découvrez quel jeu a le mieux rempli sa mission.
Au programme :
Ninja Gaiden Ragebound – Le retour aux sources
Kenji Muzo, protégé de Ryu Hayabusa, doit fusionner son âme avec Kumori, kunoichi du clan rival, pour repousser une invasion démoniaque. Entre démons, CIA infiltrée, galions fantômes et robots mutants, The Game Kitchen (Blasphemous) livre un pixel art léché qui revisite l'esprit des épisodes NES originaux.
L'équipe décortique la direction artistique sublime, le duo de personnages attachants qui évolue réellement, les phases Kumori dans le monde des démons façon Stranger Things, et ce gameplay nerveux en 60fps qui fait mouche (sauf sur Switch à 30fps, le scandale). Mais aussi les frustrations : combos limités, trop de séquences véhicule (moto, jet-ski, hélicoptère accrochée), une dérive urbaine (CIA en ville moderne) qui casse l'ambiance, et Ryu Hayabusa qui nous nargue avec son Izuna Drop signature avant de se barrer aux États-Unis.
Shinobi Heart of Revenge – Le guerrier taiseux
Joe Musashi ne parle jamais. Littéralement. Pas un mot, pas un dialogue, rien. Cette frustration mise à part, Lizard Cube (Streets of Rage 4) offre une claque visuelle avec son mélange dessin à la main / modèles 3D, des niveaux somptueux (festival des lanternes, Neo-City sous la pluie avec néons Sega, laboratoire NP Core), et des musiques signées Tee Lopes (Sonic Mania) et Yuzo Koshiro.
Le level design moins linéaire propose de vraies phases d'exploration, les combats combos puissants et rapides fonctionnent, les boss sont plus accessibles que dans Ninja Gaiden. Mais la maniabilité parfois lourde, le mapping des boutons complexe, l'esquive peu efficace avec des hitbox douteuses, les projectiles infernaux à contrer, et les patterns de boss annoncés en rouge viennent ternir l'expérience. Sans parler du scénario en pointillés : rien → pic narratif → rien → pic → rien.
Entre anecdotes marquantes (Ace qui termine son premier Ninja Gaiden ET son premier Shinobi pour ce podcast, la confusion mentale quand on enchaîne les deux jeux), débats techniques (séquences véhicule, hitbox approximatives) et réflexions sur le recyclage des formules Lizard Cube / Dotemu, cet épisode capture l'essence de ce phénomène "Barbenheimer ninja" : deux revivals européens sortis à un mois d'intervalle qui se sont mutuellement tirés vers le haut.
Ce qu'on retiendra : moins les jeux individuels que cette collaboration commerciale intelligente (bundle Steam à prix réduit) et cette célébration de deux licences NES / Mega Drive ressuscitées par des développeurs français et espagnols qui respectent l'héritage tout en y apportant leur patte.
Jeux évoqués : Ninja Gaiden (NES Trilogy, Xbox, 2 Black, 3 Razor's Edge), Shinobi (Master System, Mega Drive, Shadow Dancer), Blasphemous 1 & 2, Streets of Rage 4, TMNT Shredder's Revenge
Développeurs : The Game Kitchen, Lizard Cube, Dotemu, Sega, Team Ninja
Plateformes : PC, PS4, PS5, Xbox One / Series, Switch
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Intervenants : Mugen, Ace Bunny
Mixage et montage : Ace_Bunny
Technique, diffusion et hébergement : Mugen_Pascal
PS : L'équipe était à l'Orléans Gaming Festival les 14 et 15 février 2026 — un épisode bonus avec interviews et retours devrait suivre prochainement !