Dans cet essai, Le Vieux Sage plonge au cœur de deux grandes traditions contemplatives pour interroger ce mot que tout le monde croit connaître. D'un côté, l'Advaita Vedānta de Śaṅkarācārya, pour qui le karma appartient au domaine de l'illusion : fiction d'un moi fictif, il s'évanouit dès que la lumière de la connaissance directe dissipe le voile de māyā. De l'autre, le Bouddhisme, qui opère une révolution silencieuse : sans âme, sans Dieu, sans Absolu, le karma continue de tourner — porté non par un sujet, mais par le flux ininterrompu de la coproduction conditionnée.
Ces deux sagesses semblent se contredire. Pourtant, elles s'accordent sur l'essentiel : l'illusion du moi-auteur est la racine de toute souffrance, et c'est en la perçant — par la jñāna ou par la prajñā — que le cycle s'arrête.
En s'appuyant sur les textes sources — Bhagavad-Gītā, Vivekacūḍāmaṇi, Dhammapada, Milindapañha, Mūlamadhyamakakārikā de Nāgārjuna —, cet essai invite à une rencontre philosophique rare : non pas un débat, mais un dialogue entre deux miroirs qui, brisés l'un et l'autre, révèlent peut-être la même lumière.
Bibliographie: Bhagavad-Gītā (trad. commentée par Śaṅkarācārya) ; Brahmasūtra-bhāṣya de Śaṅkara ; Vivekacūḍāmaṇi (attr. Śaṅkara) ; Māṇḍūkya Upaniṣad ; Dhammapada (canon pāli) ; Milindapañha ; Mahānidāna-sūtra ; Mūlamadhyamakakārikā de Nāgārjuna ; Prasannapadā de Candrakīrti.
Musique: Bing Satellites
Ecriture, narration et réalisation: Bruno Léger
Puisse la lumière des Maîtres toucher un nombre infini de cœurs,
Puissent tous les êtres, visibles et invisibles, proches et lointains, humains et non humains, être libérés et heureux.
OM Shanti, Shanti, Shanti.
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