On a tout entendu sur Naples. Le meilleur, le pire. On n’a pas tout entendu de Naples. Preuve : Carola Moccia, nom de scène la Niña, classe 1991, une petite conne dirait Brigitte. Fille de la balle, fille de la terre qui tremble, fille de la baie, Carola a d’abord pris le temps de l’étude (histoire et philosophie oui oui) et celui de l’exil. Milan, où elle rencontre son âme sœur Alfredo Maddaluno puis Londres où ensemble ils forment le groupe Yombe. 2017. Ça tremble un peu. Première partie de Little Dragon et une Boiler Room, rien que ça. Mais comme un beat électro trop en place, comme chanter en anglais parce qu’il le fallait, comme le dernier album de Rosalia, comme une trahison du parti socialiste français : en vrai, ça lasse. Retour à la source donc. Napoli. Le vrai danger, à côté tout est chaos, tout s’abîme. Septembre 2025. Le Vésuve fume et Naples tremble. Encore. « Se rendre compte que je ne pouvais pas gagner contre la nature a été pour moi libérateur. » Elle se dépoussière et fait un rêve : un album tout en langue napolitaine. Les femmes de la Campanie toutes devant. Les rythmes de la tammurriata partout, tordus, déstructurés et le tambourin, partout, devant et tout le temps. Jusqu’à la cover de l’album. Son visage, la Niña, peint dedans. La brutalité du Caravage. Une tempête musicale. Furèsta. Sauvage et indomptable. Un pont du futur au passé. Comme réveiller les mortes pour mieux les venger. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.