Et si on parlait de hockey sur glace ? Heated Rivalry la série canadienne qui a cassé Internet sera disponible vendredi sur HBO Max en France. Si vos algorithmes sont imperméables à la folie qui s’est emparée de la toile depuis fin novembre, petit rappel des faits. Adaptée des romans de Rachel Reid, Heated Rivalry raconte la passion secrète qui consume Shane Hollander, le Canadien, et Ilya Rozanov, le Russe, 2 jeunes stars qui jouent respectivement pour Montréal et pour Boston. Je ne vous en dis pas plus si jamais vous avez eu la chance de ne pas encore vous faire spoiler. Cette série bien ficelée est une romcom dont elle emprunte pas mal de codes. Elle révèle 2 jeunes acteurs qui il y a encore quelques semaines couraient les castings et servaient dans des diners. Les vies de Hudson Williams et Connor Storrie ont bien changé puisque désormais ils enchaînent les late shows, remettent des Golden Globes, portent la flamme olympique et sont invités à la Fashion Week habillés par Saint-Laurent. Succès phénoménal, donc, que personne n’avait vu venir et pour un budget tout petit. Le réalisateur Jacob Tierney s’est vu fermer la porte par plusieurs productions américaines avant de se collaborer avec Crave, une petite plateforme canadienne dont c’est à ce jour le plus gros succès. Un succès qui n’est pas sans occasionner son lot de critiques : la série serait trop blanche, (alors qu’un acteur est asio-descendant) ne serait pas assez inclusive (alors qu’un personnage présente des troubles du spectre autistique ou que deux rôles secondaires sont joués par des personnes trans)… On dit aussi qu’elle promeut le stéréotype des corps masculins musclés, qu’elle n’est pas assez politique et qu’enfin elle s’adresse surtout aux personnes hétérosexuelles. Et pourtant, depuis la diffusion de Heated Rivalry un ancien joueur de hockey canadien a fait son coming out, suivi de près par un ancien joueur de football américain. Le champion de ski acrobatique Gus Kenworthy, qui participe aux JO, a raconté comment il se serait senti moins seul si la série avait existé il y a 15 ans quand il a révélé son homosexualité. Même son de cloche pour le joueur de hockey sur gazon, Nicolàs Keenen, compagnon du futur Premier Ministre néerlandais qui a détaillé cette semaine la peur qu’il ressentait quand il était encore dans le placard. Est-ce que 2026 va voir le tabou de l’homosexualité masculine dans le sport céder le pas ? La question se pose et sans doute que Heated Rivalry n’y est pas pour rien. Au-delà de toute considération esthétique ou politique, l’art a cette capacité de nous rassembler et de pointer tout ce que nous avons en commun. Dans sa série, Jacob Tierney le fait avec beaucoup de tendresse, une pointe d’humour et sans rien céder sur le fond. Quelques jours avant des JO d’hiver dans l’Italie de Meloni et une coupe du monde de foot dans les Etats-Unis de Trump, il y a quand même de quoi se réjouir. Mais loin de moi l’idée de piquer le rôle de chroniqueur série à notre Olivier Forest, cette série on va surtout en parler à travers sa musique. La bande originale est signée d’un garçon qu’on connait bien. Il a sorti 5 albums de pop électronique et romantique, avec des titres évocateurs : Une version améliorée de la tristesse, 20 000 heures de solitude, Noir Eden. Peter Peter est aujourd’hui au téléphone depuis chez lui à Québec, l’invité de Place des Fêtes.
PETER PETER "La nuit est longue"
PETER PETER "Distant rivalry"
PETER PETER "Danses-tu dehors, ce soir quelque part, loin de ton téléphone"
TOM MISCH "Sisters With Me"
CHARLOTTE DAY WILSON "If Only"
JANIS "Cry With Us"
LEWIS OFMAN "Electronicity"
DAPHNI "Talk To Me"
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