17 juillet 2012. Séance de questions au gouvernement à l'Assemblée Nationale. Cécile Duflot, ministre du Logement, s'avance pour répondre à une question sur le Grand Paris. Elle porte une robe à fleurs bleue et blanche. Quolibets, rires, chahut de la part des députés masculins de droite. Patrick Balkany lance : "vas-y enlève les boutons !". Il aura ensuite le culot de déclarer : "Nous n'avons pas hué Cécile Duflot, nous l'avons admirée." La robe devient le sujet politique numéro un.
Voilà comment les femmes en politique sont traitées en France. Dans cet épisode, Marine-Pétroline reçoit Hélène Goutany, journaliste en presse écrite, TV, radio et podcast, co-réalisatrice de l'excellente série "Y'a pas mort d'homme" sur les violences sexistes et sexuelles en politique chez Binge Audio.
Selon une enquête de l'Union Interparlementaire, 65% des femmes parlementaires déclarent avoir déjà fait l'objet de remarques sexistes, proférées dans l'enceinte du parlement par des collègues masculins. "À poil", "vous seriez mieux dans un film porno", "folle", "hystérique" : les insultes pleuvent.
Mai 1991. Edith Cresson devient la première femme Premier ministre de France. On lui reproche sa voix aiguë, on la surnomme La Pompadour. Les caméras filment ses jambes pour voir si ses bas filent. Dans le Bébête Show, elle est représentée en panthère lascive au pied du Prince Mitterrand qui dit : "Je m'ennuie, alors la greluche, je la viole." Au bout de 11 mois, Mitterrand la lâche. Son passage éclair rappellera à toutes les femmes que l'accès aux plus hautes responsabilités ne va pas sans un harcèlement en règle.
En 2000, une loi impose la parité aux élections. Aujourd'hui, on atteint 38,8% de femmes à l'Assemblée Nationale. Mais elles se retrouvent souvent cantonnées sur des sujets jugés secondaires : la parité en chiffres ne se transpose pas en parité de responsabilités.
Qu'est-ce qui freine encore l'ascension des femmes en politique ? La démocratie française nage en plein fantasme de l'universalisme. Quand on y regarde de plus près, l'universel français correspond surtout à l'homme blanc, hétéro, bourgeois et valide.
Les boys clubs persistent : des déjeuners, des cercles fermés masculins où se créent des alliances, où se prennent des décisions, et où les femmes ne sont pas invitées. L'entourage rapproché d'Emmanuel Macron est d'ailleurs 100% masculin. Et puis il y a les violences sexistes et sexuelles : harcèlement, agressions, viols. C'est dans ce contexte qu'a été créé MeToo politique avec la signature de plus de 100 femmes appelant à la non-représentation des hommes mis en cause.
Dans cet épisode, Marine-Pétroline et Hélène Goutany décryptent le sexisme structurel qui empêche les femmes d'accéder au pouvoir politique et d'y rester.
Les Chroniques du sexisme ordinaire sont un podcast de Marine-Pétroline Soichot qui débusque le sexisme avec pédagogie, humour et zéro culpabilité.
Pour aller plus loin :
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👉 Écoute la série "Y'a pas mort d'homme" d'Hélène Goutany chez Binge Audio
👉 Lis "La démocratie féministe : Réinventer le pouvoir" de Marie-Cécile Naves
👉 Lis "Politiser les cyberviolences" de Léa Chamboncel
👉 Consulte l'enquête de l'Union Interparlementaire sur le sexisme en politique
Crédits :
Écriture, voix : Marine-Pétroline Soichot et Hélène Goutany
Production : Marine-Pétroline Soichot, Olympe&Simone
Montage, mixage : Alice Krief, Les belles fréquences
Mise en ligne et communication : Agence Alan
Mots-clés :
sexisme en politique, parité, femmes politiques, Edith Cresson, Cécile Duflot, Assemblée Nationale, harcèlement sexuel, violences sexistes, MeToo politique, boys clubs, double standard, universalisme, système présidentialiste, discrimination, féminisme, démocratie, Hélène Goutany, Binge Audio
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