À la fin des années 70, Los Angeles bouillonne. Une nouvelle génération rejette le rock classique, la culture dominante et le rêve californien. C’est dans ce climat qu’apparaît Slash, d’abord sous la forme d’un fanzine punk. Le magazine devient rapidement une voix essentielle de la scène locale, racontant les concerts, les groupes et la rue, sans filtre ni compromis. Très vite, l’équipe comprend qu’écrire sur cette musique ne suffit plus : pour qu’elle survive, il faut aussi l’enregistrer et la graver sur disque.
En 1978, l’artiste Bob Biggs finance l’enregistrement d’un single du groupe The Germs. Ce geste marque la naissance officielle de Slash Records. Le label devient alors l’un des tout premiers à documenter la scène punk de Los Angeles, encore marginale, souvent mal comprise et parfois réprimée par la police. Slash ne cherche pas le succès commercial. Il capture un instant brut, chaotique, presque dangereux, une musique à l’image de son époque : urgente, violente et imprévisible.
Très vite, Slash Records s’impose comme le cœur battant du punk californien. Le label publie des groupes aujourd’hui devenus cultes comme X, Fear, The Flesh Eaters ou The Gun Club. Chacun apporte sa propre vision du punk, qu’elle soit politique, sombre, poétique ou totalement incontrôlable. Slash devient un refuge pour les artistes qui refusent les règles et un repère pour un public en quête de nouveauté. Ici, on ne suit pas les tendances, on les provoque.
Au début des années 80, un tournant s’opère avec le succès critique des albums Los Angeles et Wild Gift du groupe X. Grâce à eux, Slash attire l’attention de l’industrie musicale et signe un accord de distribution avec Warner Bros. Pour certains, c’est une trahison de l’esprit punk, pour d’autres une opportunité de faire entendre cette musique au-delà de l’underground. Le label élargit alors son catalogue en accueillant des artistes comme Violent Femmes, Los Lobos ou Dream Syndicate, tout en conservant une identité forte.
Durant les années 80 et 90, Slash Records avance sur une ligne fragile. Le punk originel s’essouffle, les scènes évoluent et le label se transforme pour s’adapter aux réalités économiques. Certains y voient des compromis, d’autres une nécessité. Malgré tout, Slash continue de défendre des artistes singuliers, souvent à contre-courant.
En 2000, Slash Records cesse officiellement ses activités, mais son influence demeure. Né d’un simple fanzine, le label a profondément marqué l’histoire de la musique alternative américaine, prouvant qu’un mouvement underground pouvait laisser une empreinte durable sans renier son identité.
X/Johny Hit and Run Paulene
Germs/Lexicon Devil
The Dream Syndicate/That’s What You Always Say
Fear/I Love Livin' In The City
Faith No More/Kindergarten
Green On Red/Blue Parade
L7/Pretend We're Dead
Steel Pole Bath Tub/The 500 Club
Failure/Another Space Song
Grant Lee Buffalo/Fuzzy