Nouveau film de Mamoru Hosoda (Summer Wars, Les Enfants loups, Ame et Yuki, Belle...), Scarlet et l’éternité est arrivé chez nous en catimini le 11 mars 2026, précédé d’une réputation peu flatteuse et d’un joli four au box-office japonais. Une réputation amplement justifiée : même pour un fan de comme Maxime Lancelin-Golbery (OtaXou sur les réseaux), invité de cet épisode, ainsi que votre serviteur, il s’agit du film le plus faible de la filmographie d’Hosoda.
Scarlet, princesse issue d’un royaume médiéval et formée dès l’enfance à l’art de l’épée, entreprend de venger la mort de son père, assassiné par son méchant oncle. Mais sa quête tourne court : vaincue et laissée mourante, elle est entraînée malgré elle dans le Pays des Morts, un monde étranger aux lois du sien. Là, elle croise Hijiri, un jeune ambulancier idéaliste de notre époque, qui non seulement l'aide à guérir mais lui fait comprendre qu'un monde sans rancœur ni colère est possible. Face au meurtrier de son père, Scarlet devra alors mener son plus grand combat : briser le cycle de la haine et donner un sens à sa vie en dépassant son désir de vengeance.
N’y allons pas par quatre chemins : Scarlet échoue sur à peu près tous les plans. Le film est d’abord très pauvre visuellement, que ce soit en 2D ou 3D, alternant entre animation datée, environnements vides et designs sans inspiration. Narrativement aussi, Scarlet et l'éternité s’écroule sous le poids du récit dont elle reprend la trame, Hamlet, en ne parvenant ni à développer ses personnages, ni à nous rendre crédible un univers qu’on ne cesse jamais de questionner. Si l’on peut reconnaître à Mamoru Hosoda d’avoir pris un vrai risque avec ce film, s’aventurant dans le milieu de la fantasy, inédit pour lui, il ne donne jamais à son œuvre l’ampleur de ses principales influences, Arcane et Spider-Verse. Cette quasi catastrophe industrielle culmine en un final indigne de son auteur, d’une mièvrerie et d’une naïveté désolantes. Un accident de parcours dont on espère qu’il se relèvera vite.
Animé par Flegmatic
Guest star : Maxime Lancelin-Golbery, alias OtaXou
Mamoru Hosoda On ‘Scarlet’s’ Shakespearean Roots And Developing A New Hybrid Pipeline - Cartoon Brew (article en anglais)
Elle DONNE VIE à nos PERSOS PRÉFÉRÉS : @znanaeo, ANIMATRICE 3D dans le jeu vidéo - Vidéo YouTube d'OtaXou
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[email protected]Générique : Encounter of Every Possible Kind - Midnight Commando
CC BY 4.0 DEED