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Thibault ELIE
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    Florence Loiret Caille, à propos de "La Tête Froide"

    10/11/2024 | 44 min
    Rencontre avec Florence Loiret Caille à l'occasion de la présentation de La Tête Froide, premier long-métrage de Stéphane Marchetti, à l'Arras Film Festival 2023. Elle y incarne Marie, une femme en situation de survie dans les Alpes, une trafiquante-revendeuse de cartouches cigarettes, puis une passeuse en faisant traverser la frontière à des migrants contre de l’argent. Un personnage aux multiples facettes, à l'image de la filmographie de celle qui ne se retrouve pas dans les termes d'« actrice » ou de « comédienne ».

    ➡️ https://revue.negatif.co/entretien/florence-loiret-caille-la-tete-froide/

    Avec Florence Loiret Caille, nous avons discuté ensemble de la question centrale du jeu. Pour elle, le fait de jouer permet de donner vie à des mots et à des rôles complexes. Inspirée et formée par le théâtre d'Ariane Mnouchkine, elle a fait du corps un support central du jeu et de son expression. Dans la Tête Froide, l'incarnation du personnage de Marie était avant tout une question d'immersion dans des situations : « Il n'y avait qu'à enregistrer la vie, le quotidien, les petits gestes ».

    Florence Loiret Caille a été révélée d'abord pour ses nombreux rôles chez Claire Denis, puis plus largement pour le personnage de Marie-Jeanne, l'espionne la plus remarquable des cinq saisons du Bureau des Légendes d'Eric Rochant. Elle nous raconte également la création de son double clownesque, Coralie Corail, mis en scène sur Instagram ; sa passion pour le cinéaste coréen Lee Chang-Dong ; et l'évolution du statut des acteur·ice·s à l'ère du culte de l'image, de l'argent. Elle nous pose la question : a-t-encore le droit, simplement, de jouer ?
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    #41 Piero Usberti, cinéaste, réalisateur de "Voyage à Gaza"

    06/11/2024 | 1 h 54 min
    À l’occasion de la sortie au cinéma le 6 novembre de Voyage à Gaza, nous découvrons le travail documentaire d’un jeune réalisateur franco-italien, Piero Usberti.

    ➡️ https://revue.negatif.co/grand-entretien/piero-usberti-voyage-a-gaza/

    Le titre du film invite à la découverte de la bande de Gaza, ce territoire où il s’est rendu en 2018, à 25 ans, dans le but d’aller à la rencontre de la jeunesse gazaouie. Cinq ans plus tard, le 29 septembre 2023 – la date est importante puisqu’antérieure d’une semaine aux attaques du Hamas du 7 octobre — Piero Usberti achève son montage réalisé en solitaire.

    Le contexte de la guerre a transformé la destinée du film et son importance historique. La destruction du territoire gazaoui, les milliers de morts civils et la mécanique génocidaire de l’État d’Israël ont suscité une grande curiosité pour le peuple palestinien et les habitant·e·s de Gaza. Les images de Piero Usberti sont devenues de précieuses archives de son voyage et de la vie d’un peuple avant son exil forcé — les protagonistes ayant tous·te·s fui la bande de Gaza depuis un an.

    Avec Piero Usberti, nous sommes revenus en détail sur le long processus de fabrication de ce documentaire autoproduit. Entre journal de voyage et reportage, Voyage à Gaza se distingue par son style, tendant vers l’essai voire le pamphlet, force d’une pensée du cinéma nourrie de références littéraires et cinématographiques (de Louons maintenant les grands hommes de James Agee à Il était une fois un merle chanteur de Otar Iosseliani), comme de lectures philosophiques et historiques sur l’histoire de la Palestine.

    Voyant son rôle de cinéaste un devoir de prendre au corps de plus en plus les problématiques politiques et de justice de son temps, Piero Usberti a également pensé son film à mi-chemin entre une dimension participative (intrinsèque à ce tournage immersif) et une expression subjective (renforcée par le montage fragmentaire et sa voix off) . En suivant le quotidien d’un été et la révolte qui gronde, il a non seulement recueilli la parole des gazaouis, mais aussi restitué la puissance des amitiés, à la hauteur des enjeux de leur lutte, et de la vie.

    Cet entretien s’inscrit dans une série au long sur les voyageurs-créateurs, qui pratiquent l’art du reportage avec la création visuelle, littéraire et artistique au sens large : avec le reporter Quentin Müller, spécialiste de la péninsule arabique ; Florent Marcie, cinéaste-reporter qui parcourt les terrains de conflit au long cours depuis 35 ans, ou Loup Bureau, qui avait réalisé un geste similaire à Piero Ubserti en allant filmer une tranchée en Ukraine, cinq ans avant que le conflit prenne une tout autre ampleur.

    LES CHAPITRES

    00:00:00 – Introduction

    00:02:56 – Être cinéaste : recherche personnelle

    00:05:49 – Transcender le reportage

    00:11:30 – Découvrir Gaza : voyage+film

    00:17:45 – Rentrer et séjourner dans la Bande

    00:27:57 – À la rencontre de la jeunesse gazaouie

    00:36:07 – Un tournage chaotique, débordant et surprenant

    00:39:13 – Filmer la Marche du retour et la créativité de la lutte

    00:46:43 – Tourner seul, en autoproduction et en DV

    00:57:00 – Le son : perception et abandon de soi

    01:00:54 – Un montage solitaire de cinq ans

    01:12:58 – L’écriture de la voix off du narrateur

    01:21:40 – Du côté des victimes d’injustice et de la révolte

    01:26:51 – De l’entrelacement d’un montage son magnétique

    01:30:01 – Présence subjective et humble illégitimité

    01:34:54 – Une expérience collective, joyeuse et estivale

    01:41:29 – Une sortie nationale… et une grande curiosité

    01:52:42 – Chantiers futurs entre fiction et documentaire
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    Claude Schmitz, réalisateur de "L'Autre Laurens"

    14/10/2023 | 1 h 5 min
    Entretien avec Claude Schmitz, réalisateur de "L'Autre Laurens"

    RÉSUMÉ

    En 2019, nous rencontrions Claude Schmitz pour son étonnant court-métrage devenu long-métrage, Braquer Poitiers. Trois ans plus tard, nous partions une deuxième fois à sa rencontre pour Lucie perd son cheval, considéré comme un téléfilm même s’il est lui aussi sorti en salles comme long-métrage début 2023. Pour cette troisième rencontre, Claude Schmitz nous présente son premier long-métrage : L’Autre Laurens, en salles le 4 octobre.

    Entre le film de genre revisité et le polar comique postmoderne, L’Autre Laurens est l’histoire de deux frères, les frères Laurens. L’un, François, vient de mourir ; l’autre, Gabriel, est détective privé. La fille de François vient chercher son oncle pour enquêter sur la mort de son père
    dans les Pyrénées, entre gang de bikers, narco trafiquants espagnols, GI américain et flics véreux. Comment François est-il mort ? Est-ce un accident ou un meurtre ? Il y a-t-il un complot ? Qui est responsable ? Qui était vraiment François ? Et qui est vraiment Gabriel, son jumeau ?

    Derrière cette enquête à résoudre, Claude Schmitz a construit un scénario autour de personnages aux « doubles sens et fonctions » questionnant le cinéma, ses codes et archétypes. Metteur en scène au théâtre, le réalisateur s’inspire de la manière qu’avait Shakespeare de faire cohabiter les genres dans un même un récit. Des sorties de route et la possibilité d’un cinéma baroque ?

    LES CHAPITRES

    00:00:00 – Introduction

    00:00:59 – Invention et bricolage

    00:02:50 – Déjouer codes et archétypes

    00:05:33 – Un polar déguisé

    00:10:03 – La trahison des pères

    00:16:10 – Baroque et sorties de route

    00:22:58 – Des fonctions des personnages

    00:29:07 – Supports à imagination

    00:36:55 – Image et contrastes de jeux

    00:44:17 – De la singularité des acteurs

    00:51:45 – Temporalités et métamorphose

    01:01:05 – À suivre : spin-off et Tintin

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    Robin Campillo, réalisateur de "L'île rouge"

    24/05/2023 | 37 min
    Entretien avec Robin Campillo, réalisateur de "L'île rouge"

    ⁠revue.negatif.co/entretien/robin-campillo-l-ile-rouge

    RÉSUMÉ

    Après Les Revenants (2004), Eastern Boys (2014) et 120 Battements par minute (2017), Robin Campillo signe avec L’île rouge son quatrième long-métrage. Son dernier film en date était à la fois un film sur une époque, au sens historique, et un film sur un moment important de sa vie personnelle : les années 1990, votre engagement militant auprès d’Act Up et ces années de lutte pour combattre l’épidémie du sida.

    Avec L’île rouge, Robin Campillo prolonge ce double geste initié dans 120 BPM, mêlant cette fois-ci une forme du fin du colonialisme de la France au tournant des années 1970, une époque où il était enfant dans l’ex-colonie française de Madagascar. Son père était sous-officier dans l’armée de l’air alors que la France possédait toujours une base sur le territoire malgache devenu indépendant.

    Une base militaire qui devient le terrain d’exploration de l’alter ego du cinéaste : le jeune Thomas, qui y habitait avec sa famille. Robin Campillo filme un crépuscule (celui d’un monde, celui du couple de ses parents, incarnés par Nadia Tereszkiewicz et Quim Gutierrez) et la naissance, voire la métamorphose d’un regard.

    Autofiction plus qu’autobiographie, L’île rouge puise dans les souvenirs multiples du jeune Robin pour entremêler des lignes narratives multiples à la fois autonomes et interdépendantes. ambitionne de dresser un portrait de groupe alliant intime et politique : une articulation proprement politique.

    Dans cet entretien, Robin Campillo raconte comment il s’est projeté et a projeté ce qu’il était enfance pour créer une matière filmique propre ; son rapport au réel et à l’imaginaire ; le scénario comme puzzle ; mais aussi comment faire la révolution à l’intérieur de son propre film.

    LES CHAPITRES

    00:01:18 – Lutter contre la sédentarité
    00:03:44 – Réalité hirsute et scénarios contradictoires
    00:07:47 – Le tournage hante l’écriture
    00:12:03 – La politique : de l’intime au collectif
    00:15:58 – Du portrait de groupe
    00:20:14 – Son enfance comme ressource formelle
    00:24:44 – Rendre le film aux malagasy
    00:31:20 – Découvrir de nouveaux mondes
    00:33:57 – « Veloma » par Mahaleo

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    Sophie Letourneur, réalisatrice de "Voyages en Italie"

    29/03/2023 | 31 min
    Entretien avec Sophie Letourneur, réalisatrice de "Voyages en Italie"

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    RÉSUMÉ

    Venue au cinéma par les arts plastiques, Sophie Letourneur signe avec Voyages en Italie, un second long-métrage original en salles en 29 mars 2023. Film autoproduit, Voyages en Italie a été créé de bout en bout par Sophie Letourneur. Tour à tour scénariste, réalisatrice, actrice puis monteuse, la cinéaste intervient à toutes les étapes pour construire son geste entre documentaire et autofiction.

    Elle incarne son alter ego, Sophie, cinéaste parisienne en crise dans son couple parisien, ce qui la conduit, avec Jean-Fi (Philippine Katerine), à partir en Italie, plus précisément en Sicile, pour tenter de se sauver. L'enjeu est posé : faut-il rendre le quotidien extraordinaire ou chercher l'extraordinaire ailleurs ?

    Le film étonne par ses multiples couches : Sophie Letourneur l'a écrit à partir de sa propre expérience, pour faire de l'autobiographie une autodérision, et la rejouer dans une comédie quasi documentaire sous forme de road movie romantique voire en réalité anti-romantique, ou a-romantique.

    Dans cet entretien, Sophie Letourneur raconte comment elle a construit une méthode de fabrication adaptée à son projet : tournage d'une maquette filmée-montée en guise de repérages, opposition 35mm/caméra numérique vintage et texte donné aux deux comédiens via des oreillettes.

    LES CHAPITRES

    00:00:55 – Autoproduction et artisanat
    00:04:36 – Déprofessionnaliser le tournage
    00:08:36 – Tendresse et amour du vieux couple
    00:13:14 – La maquette comme premier objet
    00:17:03 – Image hyperréelle
    00:20:51 – Un film de collage
    00:25:33 – Matière et instinct
    00:27:00 – Une trilogie

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Generated: 3/14/2026 - 10:58:37 AM