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[email protected] Lecture du livre du prophète Jonas
La parole du Seigneur fut adressée à Jonas : « Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. » Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser. Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! » Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac. La chose arriva jusqu’au roi de Ninive. Il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’une toile à sac, et s’assit sur la cendre. Puis il fit crier dans Ninive ce décret du roi et de ses grands : « Hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront à rien, ne mangeront pas et ne boiront pas. Hommes et bêtes, on se couvrira de toile à sac, on criera vers Dieu de toute sa force, chacun se détournera de sa conduite mauvaise et de ses actes de violence. Qui sait si Dieu ne se ravisera pas et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère ? Et alors nous ne périrons pas ! » En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.
Évangile de Jésus Christ selon saint Luc
En ce temps-là, comme les foules s’amassaient, Jésus se mit à dire : « Cette génération est une génération mauvaise : elle cherche un signe, mais en fait de signe il ne lui sera donné que le signe de Jonas. Car Jonas a été un signe pour les habitants de Ninive ; il en sera de même avec le Fils de l’homme pour cette génération. Lors du Jugement, la reine de Saba se dressera en même temps que les hommes de cette génération, et elle les condamnera. En effet, elle est venue des extrémités de la terre pour écouter la sagesse de Salomon, et il y a ici bien plus que Salomon. Lors du Jugement, les habitants de Ninive se lèveront en même temps que cette génération, et ils la condamneront ; en effet, ils se sont convertis en réponse à la proclamation faite par Jonas, et il y a ici bien plus que Jonas. »
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Article sur Jonas : https://www.prixm.org/articles/histoire-de-jonas-et-la-baleine-dans-la-bible
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Cardinal Ratzinger sur Jonas (1983):
Une autre réflexion s'impose ici. Les Ninivites ont cru au message de ce Juif, et ils ont fait pénitence. Pour moi, la conversion des Ninivites constitue un fait fort surprenant. Comment pouvaient-ils croire ? Je ne trouve pas d'autre réponse que la suivante : en écoutant la prédication de Jonas, ils ont bien dû reconnaître qu'au moins la partie vérifiable de ce message était tout simplement vraie : la malice de cette ville était grave. Ainsi ont-ils compris que l'autre partie était vraie, elle aussi : la malice détruit une ville. Ils ont pu comprendre que la conversion était donc l'unique possibilité de sauver la cité.
La vérité manifeste authentifiait l'annonce, mais la connaissance de la vérité exigeait la sincérité des auditeurs. Le désintéressement personnel du messager constituait le second élément de la crédibilité de Jonas : il était venu de loin pour un service qui l'exposait à la dérision et dont il ne pouvait certainement espérer aucun avantage personnel. La tradition rabbinique ajoute encore un autre élément : Jonas restait marqué par les trois jours et les trois nuits au cœur de la terre, « au fond des enfers » (Jn 2, 3). Les traces de son expérience de mort restaient visibles et authentifiaient ses paroles.
Impossible de ne pas s'interroger ici. Si venait un nouveau Jonas, croirions-nous? Nos villes croiraient-elles? Aujourd'hui encore, pour les grandes cités, pour les Ninives modernes, Dieu cherche des messagers de la pénitence. Avons-nous le courage, la foi profonde, la crédibilité nécessaires pour toucher les cœurs et ouvrir les portes à la conversion?
b) Revenons à l'interprétation du signe de Jonas dans la tradition synoptique. Tandis que saint Luc considère simplement ce signe en la personne et la prédication de Jésus, Matthieu souligne le mystère pascal : le Prophète qui reste trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson, c'est-à-dire dans « les profondeurs des enfers », préfigure le Messie mort, enseveli et ressuscité pour nous. La différence entre les évangélistes n'est certainement pas fondamentale; le mystère pascal fait partie de la personne de Jésus et, ainsi, cet aspect n'est pas totalement absent en saint Luc.
Mais saint Matthieu insiste davantage sur le mystère de Pâques, sur la force créatrice de Dieu, révélée et démontrée dans le Seigneur ressuscité en qui la créature nouvelle commence réellement, ainsi que la victoire sur la mort, la victoire de l'amour plus fort que « le dernier ennemi » (1 Co 15, 26), la mort. Dans le Christ, Dieu a inauguré un miracle inouï : il a vaincu la mort ; le Jonas revenu « de la profondeur des enfers », Jésus, nous adresse cette parole : « Ayez confiance, j'ai vaincu le monde » (Jn 16, 33). Dieu a finalement exaucé la demande du riche : « Alors, Père, je te supplie de l'envoyer (Lazare) chez mon père, car j'y ai cinq frères. Qu'il les avertisse afin qu'ils ne viennent pas eux aussi dans ce lieu de tourment » (Lc 16, 28). Le vrai Lazare est revenu ; nous n'avons plus seulement Moïse et les Prophètes, nous avons Jésus, revenu d'entre les morts, pour nous avertir ; mais la prophétie d'Abraham est vraie : « S'ils n'écoutent ni Moïse ni les Prophètes, ils ne se laisseront pas persuader, même si quelqu'un ressuscitait des morts » (Lc 16, 31). La dureté de cœur résiste même au signe de Jonas, à la résurrection de Lazare-Jésus.
La tradition rabbinique souligne elle aussi l'élément pascal de la figure de Jonas. Il existait une tradition selon laquelle Jonas voulait mourir en mer pour sauver Israël. Il offrait volontairement sa mort : « Prenez-moi et jetez-moi à la mer » (Jon 1, 12). Selon les Rabbins, il avait agi ainsi parce qu'il craignait que les païens ne fassent pénitence, ne se convertissent et n'obéissent à la parole de Dieu ; ainsi il aurait pu se produire que Dieu, comparant la pénitence des païens à la dureté d'Israël, rejette son peuple. Selon les Rabbins, la mort de Jonas fut une mort volontaire pour le salut d'Israël, et c'est pourquoi le prophète fut un « juste parfait (Cf. J. Jeremias, « Ionas », in ThWNT, III, p. 410-413) ». Le signe du juste véritable, du juste parfait, c'est la mort acceptée volontairement pour le salut des autres. Ce signe, Jésus l'a donné. Il est, lui, le vrai juste. Son signe, c'est sa mort. Son signe, c'est sa Croix. C'est avec ce signe qu'il reviendra à la fin des temps, et ce signe sera le jugement du monde, le jugement de notre vie. Jour après jour, plaçons dès maintenant notre vie sous ce signe; en faisant le signe de croix au début et à la fin de notre prière, nous acceptons et nous reconnaissons le signe de Jonas.
Pierre Laffon