C’est le scrutin auquel les Français sont le plus attachés : les élections municipales vont avoir lieu dimanche. Le Monde a fait les comptes : « lors du premier tour, pas moins de 904 042 candidats, répartis entre 50 478 listes, s’affronteront pour s’occuper du destin des 34 875 communes françaises. Seuls 68 villages, tous de moins de 1300 habitants, se retrouvent sans candidats ».
Alors, « au cœur d’une année 2026 percutée par des guerres et des chocs géopolitiques, noyée dans une actualité politique nationale rythmée par les invectives et les polémiques alimentées par les réseaux sociaux, ces élections municipales sont une respiration démocratique nécessaire, s’exclame le quotidien du soir. (…) Malgré la défiance et le déclinisme qui plombent la France depuis, au moins, le milieu des années 80, la vie politique locale est toujours dynamique ».
Des « dangers pour la République… »
La Croix revient sur le débat politique national de ces dernières semaines qui a largement pollué la compagne de ce scrutin local : « alors que notre pays a été secoué par de vifs débats sur la violence politique, après le lynchage et la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, il faut se garder des équivalences fallacieuses, affirme le quotidien catholique. De ce point de vue, il faut résister à la tentation d’apposer un signe "égal" entre LFI, La France insoumise, et le RN, le Rassemblement national, tous deux situés aux extrêmes de notre échiquier politique. Ils sont chacun à leur manière un danger pour la République, s’exclame La Croix. L’un est un parti fondé par d’anciens SS, dont les dirigeants actuels, liés à une même dynastie familiale au sein de laquelle les membres ont été condamnés à maintes reprises par la justice, n’ont jamais eu un mot pour regretter leur passé. L’autre est un groupe fondé sur le culte d’un chef, dont la stratégie est de "tout conflictualiser". Un homme dont il ne faut pas oublier la tirade de 2018 – "La République, c’est moi !" —, alors que la justice avait ordonné de perquisitionner ses locaux, mais aussi sa remise en cause permanente du contre-pouvoir que constitue la presse ».
Et La Croix de conclure : « le RN et LFI ont chacun leur trajectoire et leur histoire. Il est de la responsabilité de chacun de nous de les pointer. Faire cela, c’est refuser le simplisme et continuer à penser ».
Le thème de l’insécurité repris par la gauche
Libération pour sa part s’intéresse à ces maires de gauche qui « assument désormais de ne pas laisser le thème de l’insécurité à la droite et à l’extrême droite. Effectifs de police municipale en hausse ou installation de la vidéosurveillance sont des mesures souvent revendiquées dans leurs bilans, à Nantes par exemple, ville dirigée par le PS ; à Bordeaux, dirigée par un écolo, et dans beaucoup d’autres municipalités. D’aucuns, pointe le journal, notamment du côté des insoumis, critiquent une horrible droitisation du discours de la gauche sur le sujet. Les plus nombreux préfèrent assumer de s’emparer d’une thématique qui concerne d’abord les classes populaires. De tenir compte aussi d’une évolution du narcotrafic difficile à nier. Tout en continuant, relève encore Libération, d’avoir les yeux ouverts sur l’absolue nécessité d’accompagner ces politiques de sécurité par de véritables politiques de prévention, d’accompagnement social, de financement du tissu associatif, et de lutte contre les amalgames d’une droite et d’une extrême droite toujours prisonnière de leurs clichés ».
Plus un plébiscite sur une personne qu’un vote d’adhésion à un parti…
Reste que dans la plupart des communes de France, la couleur politique des candidats importe peu… C’est ce que pointe Le Parisien qui s’appuie sur une étude publiée hier qui montre que « seulement 8 % des Français jugent important que le maire soit "de la même sensibilité politique" qu’eux. Dans le même temps, 64 % évoquent son honnêteté, 52 % le fait qu’il tienne ses promesses et 32 % qu’il connaisse bien ses dossiers. Le rapport au maire a changé, relève encore Le Parisien, et rend l’élection plus "directe", ressemblant de plus en plus à un plébiscite sur une personne qu’à un vote d’adhésion au programme d’un parti ».
Enfin, Le Figaro s’inquiète d’une certaine désaffection démocratique locale… En effet, remarque le journal, « dans 68 % des communes, une seule liste sera présente, et dans 25 %, deux seulement. Dès dimanche soir, donc, 93 % des communes connaîtront le nom de leur maire. L’élection sera jouée dès le premier tour, sans véritable affrontement de projets ni future opposition au conseil municipal. Autrement dit, pointe Le Figaro, la question n’est pas seulement de savoir si la démocratie locale attire encore des volontaires, mais si elle reste partout une démocratie de débat, de pluralisme et d’alternative ».