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Revue de presse internationale

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  • Revue de presse internationale

    À la Une: les municipales en France, une respiration démocratique

    11/03/2026
    C’est le scrutin auquel les Français sont le plus attachés : les élections municipales vont avoir lieu dimanche. Le Monde a fait les comptes : « lors du premier tour, pas moins de 904 042 candidats, répartis entre 50 478 listes, s’affronteront pour s’occuper du destin des 34 875 communes françaises. Seuls 68 villages, tous de moins de 1300 habitants, se retrouvent sans candidats ».
    Alors, « au cœur d’une année 2026 percutée par des guerres et des chocs géopolitiques, noyée dans une actualité politique nationale rythmée par les invectives et les polémiques alimentées par les réseaux sociaux, ces élections municipales sont une respiration démocratique nécessaire, s’exclame le quotidien du soir. (…) Malgré la défiance et le déclinisme qui plombent la France depuis, au moins, le milieu des années 80, la vie politique locale est toujours dynamique ».
    Des « dangers pour la République… »
    La Croix revient sur le débat politique national de ces dernières semaines qui a largement pollué la compagne de ce scrutin local : « alors que notre pays a été secoué par de vifs débats sur la violence politique, après le lynchage et la mort du militant d’extrême droite Quentin Deranque, il faut se garder des équivalences fallacieuses, affirme le quotidien catholique. De ce point de vue, il faut résister à la tentation d’apposer un signe "égal" entre LFI, La France insoumise, et le RN, le Rassemblement national, tous deux situés aux extrêmes de notre échiquier politique. Ils sont chacun à leur manière un danger pour la République, s’exclame La Croix. L’un est un parti fondé par d’anciens SS, dont les dirigeants actuels, liés à une même dynastie familiale au sein de laquelle les membres ont été condamnés à maintes reprises par la justice, n’ont jamais eu un mot pour regretter leur passé. L’autre est un groupe fondé sur le culte d’un chef, dont la stratégie est de "tout conflictualiser". Un homme dont il ne faut pas oublier la tirade de 2018 – "La République, c’est moi !" —, alors que la justice avait ordonné de perquisitionner ses locaux, mais aussi sa remise en cause permanente du contre-pouvoir que constitue la presse ».
    Et La Croix de conclure : « le RN et LFI ont chacun leur trajectoire et leur histoire. Il est de la responsabilité de chacun de nous de les pointer. Faire cela, c’est refuser le simplisme et continuer à penser ».
    Le thème de l’insécurité repris par la gauche
    Libération pour sa part s’intéresse à ces maires de gauche qui « assument désormais de ne pas laisser le thème de l’insécurité à la droite et à l’extrême droite. Effectifs de police municipale en hausse ou installation de la vidéosurveillance sont des mesures souvent revendiquées dans leurs bilans, à Nantes par exemple, ville dirigée par le PS ; à Bordeaux, dirigée par un écolo, et dans beaucoup d’autres municipalités. D’aucuns, pointe le journal, notamment du côté des insoumis, critiquent une horrible droitisation du discours de la gauche sur le sujet. Les plus nombreux préfèrent assumer de s’emparer d’une thématique qui concerne d’abord les classes populaires. De tenir compte aussi d’une évolution du narcotrafic difficile à nier. Tout en continuant, relève encore Libération, d’avoir les yeux ouverts sur l’absolue nécessité d’accompagner ces politiques de sécurité par de véritables politiques de prévention, d’accompagnement social, de financement du tissu associatif, et de lutte contre les amalgames d’une droite et d’une extrême droite toujours prisonnière de leurs clichés ».
    Plus un plébiscite sur une personne qu’un vote d’adhésion à un parti…
    Reste que dans la plupart des communes de France, la couleur politique des candidats importe peu… C’est ce que pointe Le Parisien qui s’appuie sur une étude publiée hier qui montre que « seulement 8 % des Français jugent important que le maire soit "de la même sensibilité politique" qu’eux. Dans le même temps, 64 % évoquent son honnêteté, 52 % le fait qu’il tienne ses promesses et 32 % qu’il connaisse bien ses dossiers. Le rapport au maire a changé, relève encore Le Parisien, et rend l’élection plus "directe", ressemblant de plus en plus à un plébiscite sur une personne qu’à un vote d’adhésion au programme d’un parti ».
    Enfin, Le Figaro s’inquiète d’une certaine désaffection démocratique locale… En effet, remarque le journal, « dans 68 % des communes, une seule liste sera présente, et dans 25 %, deux seulement. Dès dimanche soir, donc, 93 % des communes connaîtront le nom de leur maire. L’élection sera jouée dès le premier tour, sans véritable affrontement de projets ni future opposition au conseil municipal. Autrement dit, pointe Le Figaro, la question n’est pas seulement de savoir si la démocratie locale attire encore des volontaires, mais si elle reste partout une démocratie de débat, de pluralisme et d’alternative ».
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    À la Une: le spectre d’une guerre sans fin

    10/03/2026
    Comment sortir de cette guerre au Moyen-Orient ? Donald Trump a beau claironner que le conflit va bientôt se terminer, en fait, soupire le New York Times, le président américain « n’a aucune idée de comment mettre fin à la guerre contre l’Iran. (…) Bombarder sans cesse la région, détruire toujours plus d’infrastructures militaires et civiles, en espérant que les Iraniens en quête de démocratie s’unissent et renversent par eux-mêmes ce régime meurtrier enraciné… eh bien, s’interroge le New York Times, où cela s’est-il déjà produit dans l’histoire ? Ce régime ne s’effondrera que par le sommet, affirme le quotidien américain, un processus qui ne débutera qu’après un cessez-le-feu. Le mieux que puisse faire la stratégie de bombardements massifs de Trump et Netanyahu est d’amorcer ce processus ; le simple fait d’orienter le pouvoir Iranien vers une voie plus favorable, où il représenterait une menace moindre pour sa population et ses voisins, constituerait déjà un succès considérable, pointe le New York Times. Le pire scénario serait de dévaster l’Iran par des bombardements aériens incessants au point de le rendre ingouvernable. Ce serait une catastrophe aux conséquences incalculables ».
    Des promesses et des insultes…
    El Pais à Madrid s’interroge également : « alors que le régime totalitaire iranien se prépare à résister et que l’économie mondiale tremble devant un conflit qui, quelle que soit sa durée, pèse déjà sur le pouvoir d’achat des citoyens, quel est le plan de ceux qui ont ordonné cette guerre ? Proclamer que tout rentrera bientôt dans l’ordre, que les dégâts économiques sont minimes comparés aux bénéfices à venir et que "seuls les imbéciles pourraient penser le contraire". En d’autres termes, s’agace El Pais, des promesses et des insultes : c’est la stratégie de Donald Trump ».
    La hausse du pétrole : « un tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité » ?
    Libération à Paris complète ce propos : « au-delà de l’Iran, la mécanique s’est emballée, constate Libération. Le baril de pétrole a franchi la barre symbolique des 100 dollars. Aux États-Unis, l’opinion publique ne comprend pas vraiment pourquoi il faudrait – encore – envoyer des soldats mourir dans une guerre lointaine. Les lignes se durcissent. Sans qu’on voie comment cette nouvelle aventure américaine au Moyen-Orient pourrait bien se terminer. (…) Le séisme déclenché à Téhéran le 28 février n’en a pas fini de secouer la planète. Et même si Donald Trump assure que la hausse du prix de pétrole et les autres conséquences ne sont qu’un "tout petit prix à payer pour la paix et la sécurité", il n’est pas certain, affirme encore Libération, que tout le monde – et les Américains les premiers – ait envie d’en payer la facture très longtemps ».
    « Une seule chose est sûre » dans cette guerre, souligne pour sa part le Süddeutsche Zeitung : « l’essence va être plus chère ». Et aux États-Unis, « la hausse du prix du pétrole est un enjeu politique majeur à l’approche des élections de mi-mandat cet automne. (…) Apparemment, après l’invasion du Venezuela, pays riche en pétrole, et compte tenu de son slogan de campagne "Forons, forons, forons !", Trump n’avait pas imaginé que bombarder l’Iran engendrerait une telle crise pétrolière et financière, en plus des souffrances subies par les populations ».
    La France rattrapée par la crise et… la guerre ?
    Et la France dans tout cela ? Sur le plan économique tout d’abord, « l’heure des comptes n’est pas encore venue, mais la guerre d’Iran vient douloureusement rappeler à la France ses grandes faiblesses, pointe Le Figaro. D’abord, sa dépendance toujours excessive aux énergies fossiles (…). Ensuite, et surtout, sa grande fragilité financière. Sans vouloir jouer les Cassandre, il apparaît d’ores et déjà que nous ne sortirons pas indemnes de cette crise ».
    Enfin, sur le plan international, Emmanuel Macron était hier à Chypre et sur le porte-avions Charles-de-Gaulle… « Cette guerre n’est pas la nôtre », a-t-il dit. « Elle fait toutefois peser des menaces sur des intérêts importants pour la France, relève La Croix : la sécurité des pays de l’Union européenne ; la libre circulation maritime ; la sécurité de trois États du Golfe (Koweït, Qatar, Émirats arabes unis), que notre pays s’est engagé à épauler ; et la protection des ressortissants dans la région. (…) Pour pouvoir assumer les responsabilités qu’elle se donne, la France adopte une posture offensive de son action défensive. Elle prend toutefois le risque, affirme encore La Croix, que les belligérants, notamment l’Iran, ne comprennent pas cette neutralité combative. Le danger est réel que la guerre la rattrape ».
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    À la Une: l’art de la guerre selon Trump

    09/03/2026
    10 jours de guerre déjà contre l’Iran et, constate Le Figaro à Paris, « on attend toujours la définition précise des objectifs du président américain ». Hé bien « on a tort, s’exclame le journal, car ceux-ci restent ouverts. Trump entame une guerre comme il lance une négociation : pas forcément pour en finir, mais pour voir ce que ça va donner et récolter ce qui peut l’être. (…) Avec lui, l’art de la guerre n’est pas si différent de "l’art du deal", pointe encore Le Figaro. Dans sa stratégie inversée, il n’y a pas d’ultimatum, pas de coalition, pas de troupes d’invasion, pas de voie de sortie idéale : l’attaque survient par surprise, en pleines discussions, et peut s’arrêter tout aussi soudainement, lorsqu’il le décidera. (…) Et rien n’empêchera Donald Trump de composer avec le système qu’il a cherché à éliminer, comme au Venezuela ».
    Et le journal de conclure : « dans sa façon de faire la guerre, il n’y a tout simplement pas de défaite possible. Et tant pis si, pour le pouvoir des mollahs, le simple fait de survivre serait aussi une victoire ».
    Mettre la main sur les richesses du monde
    Pour l’économiste Thomas Piketty, qui publie une tribune dans Le Monde, « l’objectif affiché de cette stratégie guerrière est parfaitement clair : il ne s’agit pas de promouvoir un quelconque idéal collectif, mais bel et bien de se remplumer et de rentabiliser financièrement le fait de disposer de la plus grande armée du monde. Il faut prendre au sérieux ce que dit Trump, poursuit Thomas Piketty : il est prêt à trouver des deals avec tous les mollahs et tous les chavistes de la planète pourvu que les compagnies états-uniennes mettent la main sur les richesses de l’Iran ou du Venezuela. Même chose pour les minerais du Groenland, d’Ukraine ou de Russie. Business is business, et Trump compte utiliser la force pour faire des affaires juteuses partout où elles se trouvent, la main sur la canonnière, à la façon des puissances coloniales européennes du passé ».
    Alors, préconise Thomas Piketty, « face à cette dérive guerrière et à ce désastre annoncé, l’Europe doit se donner les moyens de peser sur le monde. L’urgence est de mettre en place des structures communes permettant de prendre des décisions ensemble, de façon démocratique et pluraliste, sur l’Iran comme sur l’Ukraine ». 
    Quand l’Europe parlera-t-elle d’une même voix ?
    Analyse similaire pour El Pais à Madrid : « pour éviter que l’Europe ne soit entraînée dans le conflit tumultueux provoqué par Trump et Netanyahu, il lui faut adopter une position commune ».
    En effet, « l’Europe brille par son absence, déplore le quotidien espagnol. Seul Madrid a clairement rejeté la guerre dès le départ. Sur le reste du continent, certains de ses principaux dirigeants se sont progressivement positionnés contre l’intervention, à mesure que le sentiment d’une situation incontrôlée grandissait ».
    Mais globalement, « une semaine après l’attaque contre l’Iran, l’Europe reste muette sur la question, regrette encore El Pais. Les décisions que les Européens seront contraints de prendre en cas d’escalade du conflit exigent une action immédiate et claire de Bruxelles. La seule véritable alternative pour éviter d’être entraînés dans le conflit – et l’attaque contre Chypre est un avertissement très inquiétant – est (donc) une position commune ».
    Pour l’instant, on n’en est pas là… Et « qu’est-ce qui peut arrêter Trump ? », s’interroge le Süddeutsche Zeitung ? Réponse : « lui-même, affirme-t-il. (…) Interrogé en janvier par le New York Times sur ce qui limitait son pouvoir, Trump a répondu : "Ma propre morale. Ma propre volonté. C’est la seule chose qui puisse m’arrêter" ».
    Et le quotidien allemand de constater également que si « Trump envoie des missiles, il n’a aucun plan pour l’après-missile ». 
    À quand la liberté en Iran ?
    Et les Iraniens dans tout cela ?, s’interroge Le Devoir à Montréal. « Alors même que des bombes s’abattent sur des installations liées au régime, certains exilés veulent y croire. Drapeaux, discours, manifestations… Les victimes civiles ? Tragique, mais inévitable. Le prix à payer, mais après ça, oui, oui, promis, on sera libres… Pour autant, pointe le quotidien canadien, les Iraniens ont dans leur histoire (et peuvent en trouver dans celle de leurs voisins — l’Irak de 2003) des raisons de se méfier des interventions étrangères, de leur caractère moralement douteux… et aussi bourré d’effets pervers imprévus. Ils savent, ou devraient savoir que ce genre d’équipée hasardeuse se traduit rarement en termes de libération ».
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    À la Une: l’enquête sur l’école de filles bombardée en Iran le 28 février

    07/03/2026
    Le bombardement de l'école de Minab est survenu le premier jour de la guerre. Bombardement que les médias analysent chacun leur tour pour arriver à la même conclusion : c’est probablement un tir américain qui a visé école, faisant des dizaines de victimes. Le Monde déclare ainsi « avoir analysé des images inédites prouvant la présence d’enfants parmi les personnes tuées dans cette école ». Le quotidien français raconte :« Dans les décombres d’un bâtiment en ruines, les secouristes iraniens découvrent le corps inanimé d’une enfant, encore vêtue d’un uniforme vert turquoise ». Pour le Monde, il n’y a pas de doute : « Malgré sa proximité immédiate avec une base militaire des gardiens de la révolution, elle aussi bombardée le 28 février, les images prouvent que le bâtiment était une école ».
    « Les États-Unis sont probablement responsables », titre de son côté la Republica, qui s’appuie sur des sources citées par l’agence de presse Reuters. Le quotidien italien rappelle aussi que « cibler délibérément une école ou un hôpital constitue un crime de guerre au regard du droit international humanitaire ». À moins qu’il ne s’agisse d’une « bavure » ? Washington fait savoir qu’une enquête de l’armée américaine est en cours.
    La peur des mollahs
    À Téhéran, la capitale iranienne visée cette nuit par d’intenses frappes, la population oscille entre crainte et espoir. Le Jérusalem Post affirme que « selon des sources à l’intérieur de la capitale », « quelque chose a changé dans l’atmosphère de la ville. Non pas à cause du deuil, mais en raison d’une ambiance électrique, d’une attitude d’attente ». « Les gens, assure le quotidien israélien, ne sont pas nombreux à sortir, mais ceux qui le font affichent ce qu’une source décrit "comme un regard radieux", comme si, pour la première fois depuis des années, ils s’autorisaient à espérer ».
    Toutefois, la peur du régime des mollahs n’a pas disparu, selon le quotidien français Libération, qui s’informe auprès d’un journaliste iranien dont l’anonymat est préservé. Selon ce journaliste, « beaucoup de gens disent qu’ils ont davantage peur du gouvernement que des bombes ». « À Téhéran, explique le reporter iranien, rares sont ceux qui osent quitter leur domicile, et encore moins descendre dans la rue pour exprimer leur colère. Même derrière leurs fenêtres ou sous les toits, personne n’est à l’abri. Dans plusieurs quartiers résidentiels de la capitale, les forces de sécurité ont tiré en direction des appartements d’où provenaient des chants hostiles aux mollahs ».
    Quel scénario en 2026 ?
    Au Liban, le journal l’Orient-le Jour s’interroge sur les intentions d’Israël qui bombarde les quartiers sud de Beyrouth. « Quelle guerre Israël va-t-il mener au Liban cette fois-ci ? » se demande le quotidien francophone libanais, qui a interrogé le général à la retraite Khaled Hamadé. Selon lui, la guerre en 2026, ne ressemblera « ni à celle de 2006, ni à celle de 2024 ». Il n’envisage toutefois pas l’avenir avec optimisme : « Ce n’est que le début, estime le général à la retraite. Tant que la guerre continue, les Israéliens vont continuer à mener des frappes, détruisant petit à petit la banlieue sud de Beyrouth ».
    L’Orient-le Jour a également interrogé un diplomate occidental qui s’inquiète des rapports de force. « Le problème, estime-t-il, c’est que cette fois-ci les Américains sont occupés par la guerre en Iran, ce qui donne aux Israéliens une marge de manœuvre plus grande ». Le même diplomate ajoute : « Pour éviter un tel scénario si le conflit se prolonge, il faut que l’Etat libanais se montre ferme face au Hezbollah ».
    Analyse que partage Khaled Hamadé. Le général à la retraite estime en effet « que les Israéliens vont augmenter la pression, au fur et à mesure en rendant inhabitables toutes les régions qui portent la signature du Hezbollah, à moins que l’État parvienne à séparer le Liban de la République islamique d’Iran ».
    À lire aussi[En direct] Guerre au Moyen-Orient: l'Iran ne frappera plus ses voisins sauf s'il est visé, dit son président
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    À la Une: quelles sont les capacités de résistance de l’Iran?

    06/03/2026
    C’est le Washington Post qui pose la question de la résistance de l'Iran. Le quotidien américain fait le bilan d’une (presque) première semaine de combats : « La campagne aérienne américano-israélienne contre l’Iran a décimé les plus hauts échelons du pouvoir politique et militaire, détruit des infrastructures de commandement et de contrôle militaires essentielles ainsi que des capacités de combat, et endommagé des bâtiments civils à travers tout le pays ». Pour autant, remarque le Washington Post, « la structure dirigeante de Téhéran est restée étonnamment résiliente (…) Malgré l’intensité des frappes et des destructions, aucune défection significative au sein du régime, ni aucun soulèvement populaire n’ont été signalés à ce jour ».
    Le quotidien américain cite les propos de Gregory Brew, spécialiste de l’Iran au sein du groupe Eurasia, qui analyse ainsi la situation : « Les Iraniens savent qu’ils ne peuvent pas vaincre la plus puissante armée du monde, mais grâce à la guerre asymétrique, ils peuvent tenter d’infliger un maximum de dégâts aux États-Unis, pour les contraindre à une désescalade ». 
    Drones
    Le Parisien remarque, lui aussi, que le régime iranien est loin d’être vaincu. « Comment Téhéran résiste avec une riposte "low-cost" »,  titre le quotidien, « les drones iraniens Shahed s’acharnent sur les monarchies du Golfe et mettent les États-Unis en difficulté ». Le Parisien partage l’analyse du Washington Post : « Les deux camps poursuivent des objectifs différents, à la hauteur de leurs moyens, l’un veut éliminer son adversaire, l’autre tente de l’épuiser ». Téhéran mise donc sur ses drones, qui mettent en difficulté les Américains et leurs alliés. Au point, souligne le quotidien allemand die Welt, que « les États- Unis demandent de l’aide aux Ukrainiens ». En effet, les Ukrainiens sont devenus experts en matière de drones Shahed iraniens, puisque ce sont ceux que la Russie utilise contre eux.
    Savoir-faire
    Selon die Welt, il y a en la matière un « problème que seuls les Ukrainiens ont, jusqu’à présent, su résoudre. » Car si les États-Unis savent « abattre un drone Shahed », explique le quotidien allemand, « ils ignorent comment en détruire des centaines, sans se ruiner ». En effet, un drone Shahed « coûte seulement entre 30 000 et 50 000 dollars, assure die Welt, « un missile intercepteur Patriot coûte, lui, environ trois millions de dollars ». D’où le risque de « perdre une guerre économique, une guerre que même les riches États du Golfe ne sont pas prêts à mener », explique le quotidien allemand. Alors sur quoi repose aujourd’hui le savoir-faire des Ukrainiens ?  « Sur des équipements simples, tels des dispositifs de vision nocturne et des mitrailleuses lourdes montées sur des pick-ups », explique die Welt. Savoir faire que Volodymyr Zelensky est donc disposé à partager avec les pays occidentaux et les pays du Golfe.
    Risque de crise migratoire
    Cette nouvelle guerre du Golfe risque, par ailleurs, de jeter sur les routes des milliers de réfugiés. Et c’est l’Union Européenne qui s’en inquiète. « Bruxelles s’inquiète d’une nouvelle crise migratoire, tout en refusant de donner dans l’alarmisme », annonce le journal Le Soir. Le quotidien belge explique que « le sujet s’est imposé, hier, lors de la réunion des ministres de l’Intérieur des Vingt-sept. » Mais pour l’instant, « aucun mouvement important n’a été observé aux frontières extérieures de l’Iran », assure Magnus Brunner, le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations.  
    Pourtant, si l’on en croit le Times, des « Iraniens fraîchement arrivés à Calais, dans le nord de la France, attendent leur tour pour être clandestinement conduits en Grande-Bretagne ». Ils ne sont pour le moment « qu’une vingtaine d’hommes et de femmes », mais ces réfugiés assurent que « beaucoup d’autres sont en route » explique le quotidien britannique. Il s’agit surtout d’Iraniens ayant fui la répression sanglante du mois de janvier, mais, nous dit le Times, « les experts internationaux ont averti que le conflit en Iran pourrait provoquer un afflux de migrants d’une ampleur sans précédent, aux frontières du continent européen ».

À propos de Revue de presse internationale

Panorama de la presse internationale sur les sujets d’actualité du jour. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet.
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Generated: 3/11/2026 - 10:37:55 AM