PodcastsNotre incroyable histoire avec Victor Démé

Notre incroyable histoire avec Victor Démé

Notre incroyable histoire avec Victor Démé
Dernier épisode

6 épisodes

  • 5. Un coup d’État et deux enterrements (2014-2026)

    28/1/2026
    Une vie apaisée, un troisième album en préparation, mais une santé qui décline... Le paludisme qui touche Victor gagne du terrain. La révolte populaire burkinabè aussi. La jeunesse du pays se lève contre le président Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans. En septembre 2015, Ouagadougou s'embrase, les tirs de mitraillettes et les couvre-feux rythment la vie sur place : le Burkina Faso vit un coup d’État. C'est dans ce contexte que Blanche, la femme de Victor, contacte Camille Louvel le 21 septembre pour lui annoncer l’impensable : Victor Démé est mort. Depuis ce jour, ses amis font perdurer son art et sa mémoire jusqu’à Marseille et Paris, où doivent se tenir deux concerts pour commémorer les dix ans de sa disparition en septembre 2025. Quelques jours avant les célébrations, Issouf Diabaté – guitariste virtuose qui a accompagné Victor Démé toute sa vie – disparaît dans un accident de moto. Les autres musiciens tiennent néanmoins à maintenir les concerts, rendant ainsi hommage à Victor et Issouf, deux légendes de la musique africaine. Indélébiles.
    Victor Démé, considéré comme un véritable ambassadeur culturel du Burkina Faso, profite enfin d’une période calme après plusieurs tournées internationales. Il rassemble sa famille à Bobo-Dioulasso, construit sa maison et continue de composer des morceaux emblématiques. Il enregistre un troisième album au ton apaisant, invitant au pardon.  
    La disparition de Victor Démé et son héritage musical au Burkina Faso 
    Mais l’histoire prend un tournant tragique en septembre 2015. Alors que le Burkina Faso est secoué par un coup d’État, Victor Démé décède d’une crise de paludisme à Bobo-Dioulasso le 21 septembre. La situation politique rend tout accès médical difficile, et sa famille doit organiser un enterrement rapide. 
    Tu étais impuissant. Tout est sclérosé. Tu ne peux pas bouger. Tu sais que tout ce qui pouvait être fait n'a pas pu être fait, puisque le pays est bloqué. –  Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé.
    Trois jours après sa mort, le pays est débloqué, et tous les musiciens se déplacent à Bobo-Dioulasso pour lui rendre hommage. L’épisode met en lumière l’héritage durable de Victor Démé. Ses filles, sa musique et ses valeurs continuent d’inspirer et de rassembler, tandis que des projets commémoratifs et des concerts hommages célèbrent sa mémoire et son œuvre.
    Mort d'Issouf Diabaté : la disparition d'un pilier de la musique
    Été 2025, Issouf Diabaté comme tous les autres musiciens de Victor, s'apprête à donner deux concerts en hommage à Victor Démé, à Marseille et Paris. Une dizaine de jours avant son départ pour la France, le musicien emblématique de la scène musicale africaine décède tragiquement dans un accident de moto à Ouagadougou.
    La perte d'Issouf n'a pas seulement été un choc pour sa famille et ses amis. Elle a également touché l'ensemble de la communauté musicale africaine. Celle-ci voyait en lui un pilier de la musique moderne. Issouf était capable de fusionner différents styles, tout en restant, à l'instar de Victor Démé, profondément ancré dans la tradition.
    À écouter aussiVictor Démé et Acid Arab dans Musiques du monde (2015)
    Avec : 
    Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé 
    Ali Diarra, ami et musicien de Victor Démé 
    Salif Diarra, ami et musicien de Victor Démé 
    Ata Seybu Démé, fille de Victor Démé 
    Sadia Seybu Démé, fille de Victor Démé 
    Victor Démé (archives) 
    Extraits musicaux :  
    Sindi Deni Ma – Yapa et Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Yafaké - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Ambideu - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Djabila - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Tungan (live) - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Sabu (live) - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Écriture : David Commeillas
    Coréalisation : Simon Decreuze
  • 4. Des millions de streams et une tournée mondiale (2010-2013)

    28/1/2026
    Véritable révélation de la musique africaine, Victor Démé et ses musiciens font voyager la langue dioula à travers le monde. En 2010, ils entament une longue série de concerts et font vibrer les foules de New York à Tokyo, en passant par Montréal ou Chicago. Entre concerts fabuleux et découverte de nouvelles cultures, cette tournée sonne comme une récompense pour Victor Démé et ses musiciens. La musique de Victor se nourrit alors de nouvelles influences qui trouvent leur place dans son deuxième album Deli. Mais ce sont deux autres jeunes Français qui vont donner une nouvelle résonance aux compositions de Victor. En proposant « Djon’maya maï », un remix house du fameux « Djon’maya », Synapson fait d'un morceau enregistré dans un studio bricolé en banlieue de Ouagadougou un tube mondial aux millions d’écoutes.
    Ce nouvel épisode vous emmène sur les routes – de Bobo-Dioulasso à Central Park, en passant par Tokyo et les clubs parisiens – pour raconter l’itinéraire hors norme de Victor Démé et de ses musiciens. Entre ancrage identitaire, rencontres interculturelles et succès inattendu sur la scène électro, l’histoire de Victor met en lumière la capacité de la musique à abolir les frontières, à fédérer les publics et à faire dialoguer les générations.
    La magie de Victor Démé à la conquête de l’Amérique  
    Après avoir retrouvé son public au Burkina Faso et enregistré son second album à Ouagadougou, Victor Démé s’ouvre à l’international : Canada, États-Unis, Europe, Asie… Le groupe enchaîne festivals et concerts, s’imposant dans des lieux emblématiques comme le Montréal Jazz Festival, le Summer Stage de New York ou le Millennium Park de Chicago. Sur scène, Victor chante majoritairement en dioula.
    Mes compositions sont en dioula parce que c’est la langue que je parle. Sans doute, sans crainte. Voilà, l’inspiration ne se force pas.  – Victor Démé
    Son blues universel, enrichi d’influences africaines et anglo-saxonnes, fédère les publics, bouscule les codes et fait dialoguer le balafon, la kora et la guitare électrique.
    En parallèle de la tournée, David Commeillas, co-producteur de Victor Démé, reçoit un appel d'un numéro inconnu. Au bout du fil, Paul Cucuron, l'un des deux membres du groupe Synapson, qui a repris le morceau Djon'maya pour en faire un remix électro :  
    En un mois et demi, voire un peu moins, on se tape un million d'écoutes avec des commentaires de partout. Je me remémore ces souvenirs toujours avec beaucoup de tendresse, parce que c'est la genèse de notre groupe. – Paul Cucuron du groupe Synapson 
    Le choc Synapson : quand le blues burkinabè rencontre l'électro française
    Le destin de Victor Démé bascule à nouveau lorsqu’un remix de son titre « Djon’Maya » par le duo Synapson envahit la scène électro et les plateformes. Cette rencontre, fruit du hasard et d’un coup de cœur du duo français, illustre la circulation mondiale des répertoires musicaux africains.
    La pierre angulaire de notre carrière, je le répète à ce micro, c’est quand même le remix de Victor Démé qui a rendu Synapson populaire…  – Paul Cucuron et Alex Chiere, du groupe Synapson
    Le morceau dépasse les 100 millions d’écoutes sur Spotify, permettant à la famille de Victor de bénéficier de cette nouvelle notoriété. Au-delà du succès, c’est la puissance de la transmission, l’ouverture à d’autres univers et la reconnaissance d’un héritage qui sont ici mis en exergue.
    À lire aussiLes paysages éclectiques de Synapson
    Avec : 
    Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé 
    Ali Diarra, ami et musicien de Victor Démé 
    Salif Diarra, ami et musicien de Victor Démé 
    Victor Démé (archives) 
    Synapson, groupe de musique électro 
    Extraits musicaux :  
    Ma belle - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Yirri Lili - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Maa Gâafora - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Le passage de l'arc à bouche par Tim Winsey - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Domalon Donkalon (instrumentale) - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Mais où sont les dollars ? - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Labanko (live) - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Karaba - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Djon’maya maï (feat Victor Démé) - Synapson (Parlophone)
    Soro te karaba (feat Victor Démé) - Synapson (Parlophone)
    Écriture : David Commeillas
    Coréalisation : Simon Decreuze
  • 3. La réconciliation avec Bobo-Dioulasso (2008-2010)

    28/1/2026
    À l’aube de la cinquantaine, la carrière de Victor Démé décolle enfin. Mais à l’approche d’une grande tournée africaine, ses vieux démons le rattrapent. Victor replonge dans l’alcool pour oublier ses cicatrices intimes et familiales. L’argent est dilapidé et sa santé prend un sérieux coup. Ses musiciens et producteurs l’accompagnent tant bien que mal à travers 11 pays d’Afrique. Mais Victor ne lâche pas sa bouteille, jusqu’à ne plus pouvoir monter sur scène certains soirs. Malgré la période la plus sombre de cette aventure, Victor donnera un concert triomphal à Bobo-Dioulasso, où il fait oublier sa mauvaise réputation pour se réconcilier avec le public de sa ville natale.
    Fin 2008, Victor Démé, de retour au Burkina Faso après une série de concerts en France, apprend que son premier album est désigné meilleur album étranger de l’année par les auditeurs de France Inter. Il succède à Amy Winehouse et Cat Power dans un palmarès inattendu, devant Ayo et Portishead. 
    Nous, on est avec notre album au budget de 1 000 € [enregistré devant un] pare-brise de camion. C’étaient pas les mêmes productions. - Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé. 
    La fulgurante reconnaissance internationale de Victor Démé 
    Dans une cabine téléphonique à Bobo-Dioulasso, entre fatigue et gueule de bois, Victor décroche le téléphone et intervient en direct sur France Inter. Sa sincérité et son émotion touchent immédiatement le public français.  
    Vous savez, j'ai beaucoup galéré, franchement. Et en tout cas, présentement, ce sont les Français qui m'ont réveillé parce que ma musique est vraiment acceptée là-bas. - Victor Démé.
    D’un coup, sa carrière explose. L’attention médiatique est intense et Victor Démé devient une figure populaire au Burkina Faso. Mais cette notoriété entraîne de nouveaux défis : sollicitations de la famille et du voisinage, gestion des aides aux proches, tout en essayant de préserver un quotidien simple. L’épisode aborde également les défis personnels, notamment liés aux excès d’alcool de Victor, qui met sa santé en danger et complique la vie de son entourage...
    Tournée africaine et deuxième album 
    Entre tournées africaines et enregistrements, l’épisode explore la dualité de Victor Démé : la fierté d’être reconnu sur le continent et le besoin viscéral de retrouver l’ambiance artisanale et fraternelle du Ouaga Jungle, le studio de fortune de Camille Louvel à Ouagadougou. Malgré des cycles d’autodestruction et de résilience, il continue d’écrire et d’enregistrer, souvent dans la douleur.
    Ça passe par un cycle assez particulier. Il se met à boire pendant deux semaines en s'échappant du studio. On le perd de vue pendant 24 h. On le cherche et on apprend qu'il est dans un quartier dans un état complètement second et en train de dormir par terre. [...] Tout le monde est un peu fâché, mais on prend soin de lui. Lui, après cette grande cuite, il revient, remonte la pente doucement et puis tac [...] au bout d'un moment, il attrape la guitare et il commence à jouer. Une petite mélodie ressort et nous sort une chanson. C'est une chanson qui est magnifique, qui nous fait pardonner un peu le mal qu'il a pu faire les deux dernières semaines, tout le mal qu'il a pu se faire à lui et aux autres. - Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé.
    Son parcours, jalonné de crises et de réconciliations, culmine lors d’un concert exceptionnel au Théâtre de l’Amitié de Bobo-Dioulasso, où le public, la famille et les musiciens célèbrent enfin Victor Démé dans sa ville natale.
    À écouter aussi«Labanko»: le concert inédit de Victor Démé dix ans après sa disparition
    Avec : 
    Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé 
    Ali Diarra, ami et musicien de Victor Démé 
    Salif Diarra, ami et musicien de Victor Démé 
    Virginie Dubois, bookeuse chez Furax, organisatrice des concerts de Victor Démé 
    Victor Démé (archives)  
    Extraits musicaux :  
    Djon’maya - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Peuple burkinabè - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Djon’maya (live) - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Chapa Blues Band - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Ibe Siran Munlela - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Écriture : David Commeillas
    Coréalisation : Simon Decreuze
  • 2. La naissance d’une étoile (2007-2008)

    28/1/2026
    Alors que sa carrière s’essoufflait dans les cabarets burkinabè, Victor Démé sort son premier album, produit par ses amis français Camille Louvel et David Commeillas. Le morceau « Djon’maya » est alors diffusé en boucle sur les ondes de plusieurs grandes radios au Burkina Faso et en France. Le succès qui se dessine est une nouveauté pour Victor... répondre aux interviews l’est tout autant. Il se retrouve pourtant invité dans de nombreux médias de premier plan, et le public y découvre cette authenticité qui lui confère un charme singulier. Avec ses musiciens, le chanteur prend alors l’avion pour la première fois de sa vie, et se dirige vers la France. Il y rencontre la famille de Camille, la culture française, et un nouveau public. Son premier concert hors d’Afrique a lieu à Paris. La salle est comble. Une étoile est née. 
    Qu’est-ce qui fait qu’une voix, née dans l’anonymat d’un quartier populaire burkinabè, parvient à toucher le monde ? Ce nouvel épisode plonge au cœur de la trajectoire singulière de Victor Démé, musicien au destin longtemps contrarié, qui connaîtra la reconnaissance sur le tard grâce à sa rencontre décisive avec Camille Louvel. De l’enregistrement artisanal de son premier album dans un studio de fortune à Ouagadougou, jusqu’à ses premiers pas sur la scène internationale, ce portrait éclaire la persévérance d’un artiste et la force de la transmission musicale.
    La genèse d'un album entre héritage et débrouille
    À 47 ans, après des années de galère, Victor s’enferme avec Camille Louvel dans un modeste home studio, sans climatisation, pour enregistrer douze titres en langue dioula, portés par l’émotion brute et une authenticité rare. Si sa voix capte d’emblée, c’est aussi la simplicité de l’accompagnement guitare qui façonne la singularité de son blues et de ses compositions originales.
    Même si sa guitare est désaccordée, il va réussir à travailler sa voix avec ces désaccords, et personne ne peut l'accompagner mieux que lui-même. - Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé.
    L'amour de la musique transmis par sa grand-mère griotte, et sa passion du chant contrariée par un père couturier, imprègnent tout le répertoire de Victor Démé. Sa musique mêle souvenirs, influences africaines, mais aussi une fascination à la fois pour les grandes voix africaines comme Salif Keïta, Amadou Balaké ou Cesária Évora, et pour les chanteurs européens comme Johnny Hallyday ou Sylvie Vartan, révélant la richesse des métissages culturels et musicaux au Burkina Faso.
    [Djon'maya] est un morceau qui parle de sa galère, où il est obligé d’aller négocier de la bouffe auprès des voisines, et ce qui a été sa réalité pendant longtemps, de ne pas manger à sa faim, de ne pas pouvoir nourrir sa famille. - Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé.
    De Bobo-Dioulasso à Paris : la reconnaissance d’un artiste authentique
    Après avoir été diffusé localement, l’équipe s’emploie à faire exister la musique de Victor Démé en dehors des frontières : la création du label Chapa Blues Records, les démarches auprès des maisons de disques, puis la première tournée médiatique et scénique à Paris.
    L’arrivée de Victor Démé et de ses musiciens sur la scène de l’Européen marque un tournant. Malgré la pression et l’inconnu, l’authenticité de Victor séduit le public et les professionnels, ouvrant la voie à une reconnaissance tardive mais méritée.
    Il a des choses à dire, il a des choses à chanter et dans sa voix, il y a des émotions qui passent et qui sont fortes. - Virginie Dubois, organisatrice des concerts de Victor Démé
    Ce récit, ponctué d’anecdotes sur la découverte de l’Europe, met en avant les liens entre musique, identité et résilience, et démontre comment la musique et l'art permettent d'outrepasser les différences culturelles.
    À écouter aussiLe Couleurs tropicales show - Invité : Victor Démé (2010)
    Avec : 
    Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé 
    Ali Diarra, ami et musicien de Victor Démé 
    Salif Diarra, ami et musicien de Victor Démé 
    Virginie Dubois, bookeuse chez Furax, organisatrice des concerts de Victor Démé 
    Victor Démé (archives) 
    Extraits musicaux :  
    Djon’maya - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Fond de cour - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Burkina Mousso - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Le passage de l'arc à bouche par Tim Winsey - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Sabu - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Deen Wolo Mousso (live) - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Écriture : David Commeillas
    Coréalisation : Simon Decreuze
  • 1. Une double rédemption (2006-2007)

    28/1/2026
    Tout commence par la rencontre improbable de deux hommes aux destins cabossés : Camille Louvel et Victor Démé. Le premier est un jeune fêtard français, désireux de s’écarter des dangers des rave parties, qu’il a largement éprouvées en Europe. Après un tour du monde, il trouve la quiétude en posant ses valises au Burkina Faso, le « pays des hommes intègres ». Le second est un chanteur de cabaret originaire de Bobo-Dioulasso. Il a depuis longtemps noyé ses ambitions dans le chapalo, la bière de mil locale dont il s’enivre tous les soirs. Leur rencontre donne naissance à une amitié inattendue, ayant pour toile de fond le studio d’enregistrement que Camille a bricolé au milieu d'une casse de camion à Ouagadougou. Lorsque David Commeillas, alors journaliste pour Radio Nova, se rend au Burkina Faso, il fait la connaissance des deux protagonistes. Il découvre leurs premières maquettes, amorçant ainsi une collaboration aux allures d’extraordinaire aventure humaine et musicale...
    Au croisement des destins et des cultures, cet épisode revient sur la rencontre déterminante entre Victor Démé, chanteur burkinabè à la voix exaltante, et Camille Louvel, jeune Français en quête de sens. Ensemble, ils vont façonner bien plus qu’un album : une aventure humaine qui changera leur vie, marquera l’histoire de la musique ouest-africaine et fera briller le blues mandingue aux oreilles du monde.
    Derrière le succès mondial de la chanson « Djon’maya », le public ignore que Victor Démé était à la rue avant d’enregistrer son premier disque. Hébergé presque par hasard au sein du studio indépendant Ouaga Jungle, il trouve enfin un lieu pour créer, enregistrer et se reconstruire.
    Avoir un lieu où tu peux manger à midi, te poser à l’ombre pour la sieste et enregistrer, et même dormir quand tu viens d’un peu loin, c’est pas du luxe, mais c’est déjà opérationnel.  – Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé.
    Des cabarets de Ouagadougou à l'aventure Ouaga Jungle
    Le cœur de cet épisode explore la trajectoire de Victor Démé, du statut d’artiste de cabaret à la reconnaissance internationale. Loin des circuits classiques, la vie de Victor bascule lorsqu’il croise la route de Camille Louvel, alors jeune voyageur venu ouvrir un bar associatif à Ouagadougou, puis une résidence d'artistes. Peu à peu, la singularité de Victor s’impose : ses compositions originales, portées par la langue dioula, et son rapport viscéral à la musique séduisent ceux qui l’écoutent. Il aime tout jouer : le blues, le folk, la salsa, la musique traditionnelle mossi, l'afropop et bien sûr chanter en dioula... et intègre des instruments traditionnels tels que la kora ou le balafon à ses compositions.
    Chez moi, si un enfant est vraiment voyou, délinquant, il faut l'envoyer à l'école de musique. Ça va lui changer les idées et puis ça va le calmer. [...] Ça t'amène dans une autre planète où il n'y a pas la méchanceté. – Victor Démé.
    Mais la précarité, la tentation de l’alcool et le manque de ressources matérielles fragilisent chacune des étapes nécessaires à la production d'un album. L’enregistrement du premier album est d'ailleurs un pari fou, financé par quelques centaines d’euros, mais porté par la conviction qu’il existe là une voix unique pour raconter le Burkina Faso d’hier et d’aujourd’hui.
    Amitié, transmission et résilience
    Au fil des échanges, l’épisode met en lumière la dimension fraternelle de cette aventure.
    Nous avons décidé de travailler avec la confiance. C’est comme ça entre Camille et moi. Il me fait confiance et je lui fais confiance. Et nous ne sommes plus des amis, nous sommes des frères. – Victor Démé.
    Ce lien, fondé sur le respect et l’écoute, agit comme un levier de rédemption pour deux hommes à la croisée des chemins. On découvre comment la musique devient un espace de réparation et d’émancipation, à la fois personnel et collectif. L’histoire d'amitié entre Victor et Camille met également en lumière les conditions de production artistiques en Afrique de l’Ouest au début des années 2000, la force des réseaux informels, et la circulation des styles musicaux de Ouagadougou à Abidjan.
    Avec : 
    Camille Louvel, ami et co-producteur de Victor Démé 
    Victor Démé (archives) 
    Extraits musicaux :  
    Djon’maya - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Deni Kemba - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Tungan - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Deni Moukela - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Sira (version maquette) - Victor Démé  (Chapa Blues Records)
    Sabu (version maquette) - Victor Démé (Chapa Blues Records)
    Le fils intègre - Obscur Jaffar (Le Truc Mécanique)
    Juguya - Baba Commandant & The Mandigo Band (Sublime Frequencies)
    Écriture : David Commeillas
    Coréalisation : Simon Decreuze

À propos de Notre incroyable histoire avec Victor Démé

Avant le succès international de « Djon Maya », Victor Démé n’avait plus rien. Juste une voix… et une vie cabossée par l’alcool et les désillusions. Tout bascule lorsqu'il rencontre Camille Louvel, un jeune Français installé dans la banlieue de Ouagadougou. De cette amitié improbable naît une aventure humaine et musicale qui mènera le chanteur burkinabé et ses compères aux quatre coins du monde. À travers des archives inédites, témoignages rares et entretiens exclusifs, David Commeillas, témoin privilégié de cette histoire d’amitié, propose une plongée intime dans les dix dernières années de la vie de Victor Démé.
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