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Le choix musical de RFI

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Dernier épisode

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  • Systema Solar: la «berbenautica» de Medellín à la conquête du monde

    28/07/2026
    C'est une vague afro-caribéenne qui déferle avec le groupe colombien Systema Solar, venu tout droit des rues de Medellín. Un collectif créé à l’origine après le tournage d’un documentaire sur la culture hip-hop en Colombie.
    Il y a 20 ans, la réalisatrice Vanessa Gocksch préparait un documentaire sur le hip-hop colombien. Elle a voyagé partout dans le pays pour interviewer des musiciens, des DJs, des rappeurs et, sans le savoir, tous les futurs membres de Systema Solar. Une fois rassemblés, ils ont eu l'occasion de monter un set pour ouvrir la Biennale des arts de Medellín, et ils ne se sont plus jamais quittés. L'un de leurs premiers tubes ensemble est un chant sur la joie de la pêche dans la région de Sierra Nevada, intitulé « Yo voy ganao ».
    Rapidement le système solaire colombien trouve sa patte musicale : un mélange de cumbia, de fandango et de bellerengue avec des musiques électroniques. Ils appellent leur style le « berbenautica », littéralement : « un tour dans la fête ». « La berbena, c'est une fête populaire sur la côte caribéenne, identifiée par des pikos : des systèmes son colorés. Notre tradition, c’est de mélanger nos musiques colombiennes avec les chansons du monde. Nous faisons une fusion entre les sons connus mondialement comme le hip hop et les musiques électroniques, et le vallenato, la cumbia, la champeta, qui sont les musiques les plus présentes dans les berbenas. C'est la clé pour rendre notre musique accessible et compréhensible dans le monde entier. » raconte le collectif.
    Entre engagement politique et shows colorés
    Côté paroles, Systema Solar navigue entre des textes joyeux qui célèbrent la fête et la joie, et d'autres plus engagés politiquement. Certains évoquent la nécessité de protéger la nature, ou encore la violence policière. Dans un registre toujours très ironique, le collectif se moque des forces policières et s'impose comme les plus grands gangsters sur le morceau « Quien es el patron ».
    Le groupe a également un univers très coloré visuellement, autant dans leurs clips que sur scène. En concert ils portent des chemises tropicales, des ponchos multicolores, et à seulement un batteur, un dj et deux chanteurs ils sautent partout, interagissent énormément avec le public et sont de véritables bêtes de scène. Une apparente légèreté derrière laquelle se cache une vraie fierté quant à l'évolution de la scène musicale colombienne.
    « Il y a de plus en plus de nouvelles générations qui se réconcilient avec les valeurs et les richesses de la musique colombienne. Là d’où l’on vient, il y a de plus en plus de groupes et de personnes qui connaissent de mieux en mieux comment fonctionne et comment évolue la scène colombienne. Côté administratif on peut encore s’améliorer pour comprendre les défis de l’industrie musicale aujourd’hui avec la distribution, la circulation, l'intelligence artificielle... Mais ce que nous avons toujours c'est le talent, et le pouvoir de lui donner un chemin. » estime le groupe.
    Le groupe Systema Solar sera à retrouver en concert le 31 juillet 2026 au festival du Bout du Monde à Crozon en France, le 4 août à Berlin en Allemagne et le 9 août à Barcelone en Espagne.
  • Filiz: Le raz-de-marée K-pop 100% «Made in France»

    27/07/2026
    La chanteuse Filiz sort son premier album, intitulé La folle du bus. À 27 ans, cette musicienne et chanteuse française d'origine turque et vietnamienne s'inspire de la K-pop et tourne en dérision son quotidien en région parisienne.
     
    Filiz a grandi en Seine-et-Marne en faisant, tous les jours, des allers-retours entre Paris et sa ville en RER. Autrement dit, beaucoup de temps pour s'imaginer des scénarios qui sortent de la grisaille. Dans cet album intitulé La folle du bus, Filiz nous fait voyager dans un univers urbain coloré, complètement délirant, inspiré par One Piece, L'Attaque des Titans, et d'autres animés japonais qui ont bercé son enfance.
    La santé mentale au premier plan 
    Dans le titre « Burn out BB », morceau aux sonorités très pop qui pourrait être un générique de dessin animé, Filiz aborde le sujet de la santé mentale et de la surcharge de travail. Pas commun de parler d'un tel sujet sur un beat pop survitaminé. Elle pose sa voix kawaii avec énergie sur des mélodies au synthé. Elle rappe presque sur certains couplets. Ce style lui permet de créer une connexion avec son public, qui pourra s'identifier à ses problèmes tout en souriant.
    Filiz se décrit elle-même comme un petit clown. Sa pire phobie : l'ennui. En témoigne le titre de l'album : La folle du bus, une expression très utilisée sur les réseaux sociaux qui, pour elle, « fait partie de sa personnalité ». Elle affirme : « une folle du bus, c'est cette fille qui se fait remarquer et qui ne voit pas le regard des autres comme un danger ». Ce serait d'ailleurs le surnom que lui donnent certains de ses amis. 
    Filiz s'est forgé cette personnalité en osant jouer devant des inconnus dans les centres commerciaux, dès ses 14 ans. Alors qu'elle est étudiante, la jeune chanteuse se fait renvoyer de son école de dessin, parce qu'elle manque des cours pour participer à l'émission La France a un incroyable talent. Sans regrets, car seule la musique la fait vibrer. À l'époque, elle doit se présenter à l'émission avec une amie guitariste qui la laisse tomber à la dernière minute. Malgré le trac, elle tente sa chance en solo et atteint la demi-finale.
    Avec son premier album, Filiz dévoile sa personnalité positive et hyperactive, qui fonce pour réaliser ses rêves tout en assumant son syndrome de Peter Pan.
  • La pop expérimentale de l'artiste franco-brésilienne Gildaa

    24/07/2026
    Artiste franco-brésilienne de pop expérimentale, Gildaa construit avec son premier album GILDAA un personnage multiple, entre conteuse, chamanes et clown. Sorti en mars, ce disque au fort imaginaire spirituel vaut aujourd’hui à Gildaa d’être coup de cœur de Didier Varod (Radio France) des Médias Francophones Publics.
    À la ville, elle s’appelle Camille Constantin da Silva. Mais ici, celle qui nous intéresse, c’est son double : un prolongement fantasmatique de sa psyché musicale. Elle s’appelle Gildaa, comme un territoire de destins mêlés, cette génération de femmes qui dialoguent entre elles et qui viennent, dans un aller-retour incessant, construire et déconstruire cet autre d’elle-même. Cet « autre » a besoin, pour rester libre dans son chant, de se démultiplier à l’infini.
    D’aucuns diront que cet assemblage d’identités ancestrales ressemble à une utopie lorsqu’on doit se coltiner avec le réel. Mais Gildaa a fait sa révolution musicale en prenant sa propre Bastille pour en faire précisément le chemin imparable vers l’utopie. Ce geste intérieur irrigue son premier album GILDAA, sorti en mars, qui devient aujourd’hui le centre d’un récit où la musique sert de laboratoire à cette utopie franco-brésilienne.
    Gildaa, d’une certaine manière, a emprunté au continent africain le rite des griots. C’est une conteuse, une passeuse d’âmes, un peu sorcière, un peu fée. C’est l’apprentissage du clown qui a fait naître son personnage. Chants multiples, langues plurielles, on entre dans son premier album de Gildaa comme dans un boudoir spirituel, poétique et drôle à la fois.
    On entre dans sa musique comme on entre aussi en religion chamanique, menée par des forces terriennes, divinité chtonienne, avec la percussion qui donne l’assise dans les chansons et sa voix qui autorise l’envol et le tutoiement des étoiles.
    Oui, décidément, Gildaa s'offre en déséquilibre nourricier entre le Brésil et la France, entre ses mémoires tatouées et le futur incertain, entre ses prières païennes et ses élucubrations magiques. Dans ce balancement perpétuel, elle a tout pour plaire et elle le chante même en forme de satire sociale.
    Révolutionnaire à sa manière
    Gildaa est une exploratrice de l'intime et du divin. Il y a le disque et puis il y a la scène où elle excelle. Sur scène, c'est une expérience totale. Elle initie un rite à la fois physique et sensuel, redonnant surtout à la scène sa vertu d'improvisation.
    Chaque concert est de fait différent, transformant le spectateur en miroir à facettes et du même coup, acteur privilégié de cette célébration d'un syncrétisme musical et spirituel brillant qui laisse chacun comme possédé par ce qu'il vient de recevoir, comme une offrande possédée et grandie. Comme étrangement sortie du confort et des habitudes que chacun a devant un spectacle. En cela, Gildaa est une révolutionnaire qui désembourgeoise le spectacle et ses spectateurs qui découvrent ainsi la vertu de devenir un élément constitutif de sa création, au même titre que les musiciens ou le décor.
    Gildaa, c'est « ma doula », dit elle, ce qui signifie l'accoucheuse. Dans « Pensées diluviennes », on entend l'énorme travail de production alliée à un souci d'être tout de même accessible. Elle nous fait entrer dans ses questionnements et dans la complexité de son personnage, déplié en une multitude d'identités. Le morceau raconte bien qui est Gildaa, son personnage, ce va-et-vient subtil, entre ses voyages immobiles et ses grandes traversées du désir. La beauté sauvera le monde et le monde sauvera la beauté. Gildaa a bien raison.
    C'est en cherchant la virtuosité et en la capturant autant qu'elle la captive, qu'elle a réussi à faire de ce premier album une première pierre ancestrale devenue objet de désir futuriste qui redéfinit la singularité de notre pop française hybride, ouverte, contradictoire, poétique, sensorielle. Un grand tout qui restera la plus belle promesse de cette année.
    Gildaa GILDAA (Pias) 2026
  • Wham ! Retour sur sa tournée en Chine en 1985

    23/07/2026
    Plus de quarante ans après sa création, le groupe britannique Wham fait l'objet d'un documentaire. Ce film a été projeté la semaine dernière à Pékin et sortira le 28 juillet partout ailleurs dans le monde. Il s'agit d'un film sur la tournée du groupe en Chine en 1985.
     
    Signé Mike Christie, ce documentaire s'intitule Wham ! 10 days in China et remet sous les feux de la rampe ce groupe pop qui a marqué les années 80. Composé principalement de deux amis d'enfance d'à peine 22 ans, le guitariste brun Andrew Ridgeley et le chanteur blond George Michael, Wham aligne, en cette année 1985, trois titres numéros 1 au hit parade, notamment le joyeux « Wake me up », et puis un slow langoureux, marqué par un solo de saxo inoubliable, « Careless Whisper ».
    A cette époque-là, le duo ambitionne de conquérir le monde, et le monde, c'est surtout l'Amérique.
    Pour s'imposer au top des charts américains, le manager du groupe va avoir l'idée d'un coup : une tournée en Chine, Wham devenant le premier groupe occidental à se produire dans le pays communiste, fermé pendant des décennies. Le manager de Wham !, Simon Napier-Bell, a consacré dix-huit mois à organiser ce séjour de deux semaines.
    Il dit être parvenu à convaincre les autorités chinoises d’accueillir Wham ! plutôt que Queen, en vantant les mérites de George Michael, censé être plus « présentable » que le chanteur vedette de Queen, Freddy Mercury.
    Produit et diffusé par la BBC, le film Wham 10 days in China a restauré les images d'archives inédites et retrouvé les différents protagonistes de l'époque, notamment Andrew Ridgeley qui se fait rare dans les medias. 
    De parfaits inconnus
    Andrew Ridgeley et George Michael partent donc en Chine en avril 1985. Ils sont accompagnés d'une équipe de film et de journalistes britanniques...Quelque 15 000 personnes assistent à leur concert à Pékin. Personne ne connaît leur musique ni même ne connaît les codes de la musique pop, le fait de taper dans ses mains ou de bouger.
    La police est là pour surveiller et éviter tout débordement. Un moment délicat est d'ailleurs le passage du titre « Freedom », (« Liberté »). Personne ne sait comment le public chinois va réagir... 
    Certains spectateurs trop empressés à danser se sont fait arrêter lors de ce concert. La question a été posée ensuite en conférence de presse par les journalistes occidentaux mais on voit les deux jeunes chanteurs de 22 ans botter en touche. Il ne faut pas fâcher la République populaire de Chine. 
    Après Pékin, Wham se produit à Canton (Guangzhou) devant un public fervent et livre l'un des meilleurs concerts de sa (courte) carrière. Non sans avoir, auparavant, rempli sa mission principale : accorder, en duplex, une interview à la chaine américaine CBS, interview diffusée en prime time et qui permettra par la suite une tournée triomphale aux Etats-Unis.
    Wham se sépare en 1986 puis George Michael se lance dans une carrière solo à succès. Lorsqu'il meurt en 2016 à l'âge de 53 ans, des milliers d'internautes chinois lui rendent hommage sur les réseaux sociaux...
  • Lèvres rouges et paroles crues: Tracy de Sà, rappeuse polyglotte, se fait entendre

    22/07/2026
    En espagnol, en anglais ou en français, Tracy de Sà, rappeuse de 34 ans, réinterprète les codes du rap américain pour encourager les femmes à prendre plus de place. D’origine indienne et espagnole, Tracy de Sà vient de sortir le single « Estoy Mejor ». Elle sera vendredi au Banana Festival à Labenne dans les Landes.
    Telle une guerrière, Tracy de Sà est toujours dans un esprit de battle. Nourrie par des figures fortes, comme la chanteuse de flamenco Buika et les rappeuses Lauryn Hill et Lil' Kim, ses refrains sont des slogans d'affirmation de soi. Dans « Estoy Mejor », elle clame : « Quand je suis célibataire, je vais mieux ! » Elle assume de parler crûment du désir féminin avec son look de femme fatale rouge sang et sa gestuelle ancrée dans la culture de la rue.
    Pour Tracy de Sà, être une femme dans la musique est une force, et ce, malgré les remarques et comportements sexistes qu'elle subit dans l'industrie : « Quand j’ai commencé la musique, je m’habillais de manière très masculine, avec des baggys ; je ne voulais pas de rapports ambigus avec les gars, mais ce n’était pas moi », raconte-t-elle. Elle ajoute : « Quand j'ai compris ça, j’ai commencé à faire ce que je voulais, sans me soucier de l’avis des autres. »
    Avec le morceau « Brown and Proud », sorti en 2024, Tracy de Sà rend hommage aux femmes de sa culture d'origine. « Brown » signifie littéralement « marron », mais désigne aussi la communauté indienne en anglais.
    La jeune artiste est née dans l'État de Goa en Inde. Sa mère a subi un mariage arrangé et s'est réfugiée au Portugal avec ses enfants pour pouvoir divorcer, avant de s'installer en Espagne. C'est en partie de là que Tracy de Sà tire son engagement féministe. Le rap lui permet de prendre le contrôle de son destin.
    Dans le clip de « Brown and Proud », Tracy de Sà met en scène des épouses et des petites filles indiennes qui dansent. Une manière de dire que ces femmes, très éloignées à l'origine du rap, ont leur place.
    La même année, la rappeuse collabore avec des stars indiennes : la rappeuse Reble et la chanteuse Rashmeet Kaur sur le titre « Bediyan ».
    Depuis son premier album en 2019, Tracy de Sà enchaîne les concerts. Aujourd'hui, c’est en quelque sorte une mentor du rap. Elle a fondé le Pussy Club, association qui aide d'autres jeunes femmes à se lancer dans cette industrie. Partageant ses contacts et ses conseils, elle offre un espace sécurisant où les femmes peuvent parler, entre elles, de leurs expériences.
    Plus déterminée que jamais, la rappeuse est maintenant diplômée d'un master en études de genre et continue d'écrire pour donner de la force aux autres femmes.
À propos de Le choix musical de RFI
Du lundi au vendredi, chaque matin, un journaliste vous parle des artistes qui font l’actualité des musiques de l’espace francophone, de l’Afrique et de ses diasporas. Vous pourrez y entendre plus largement des musiques du monde et du Sud, des musiques actuelles et urbaines qui sont au cœur de l’identité de RFI.Diffusion 8h50, heure de Paris, 7h50 TU.
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