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    Guerre au Moyen-Orient: la communauté libanaise expatriée au Qatar s'inquiète

    02/04/2026
    La guerre au Liban, un conflit suivi avec douleur par l’immense diaspora libanaise dont la population dépasse en nombre celle des Libanais vivant dans leur propre pays. Pour les expatriés libanais du Golfe, la situation est particulière puisqu’eux-mêmes vivent dans des pays déstabilisés par cette guerre régionale. 
     
    De notre envoyé spécial à Doha,
    Au Qatar, deux amies libanaises expatriées pour des raisons professionnelles et économiques, comme tant d'autres de leurs compatriotes, échangent sur la situation au Liban. « On a cette énorme inquiétude concernant le Liban. On vit les infos, on se réveille, on regarde les infos, on est toujours devant nos écrans, témoigne la première. On travaille, c'est vrai, mais notre tête est ailleurs. »
    « Le Liban, c'est notre pays. C'est le plus beau pays, on l'aime. Mais malheureusement, on a vécu beaucoup de guerres et on continue à vivre beaucoup de guerres, complète son amie. Et maintenant, le Liban saigne. Donc nous sommes fatigués, nous sommes épuisés moralement. »
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    « On ne s'y attendait pas »
    17 ans au Qatar pour l'une, 10 ans pour l'autre, l'une travaille dans le domaine de la santé, l'autre dans l'éducation. Les deux amies libanaises ont connu d'autres guerres dans leur pays, mais cette fois, le conflit est régional, avec des drones et des missiles iraniens interceptés ici dans le ciel des pays du Golfe. « On ne s'y attendait pas et on ne sait pas ce qu'il va se passer dans une semaine, dans quelques jours, parce qu'on a dû partir pour de meilleures opportunités, pour trouver la stabilité pour nous et pour nos enfants, exprime une des deux amies. Et on se retrouve de nouveau dans une situation vraiment extrêmement compliquée. »
    Passé le trouble des premiers jours, les deux amies libanaises se sentent en sécurité au Qatar, où les alertes se font désormais plus rares. « Donc ici, pour nous, ce qu'on vit maintenant, c'est rien du tout, honnêtement, c'est rien du tout, juge l'une. » « On a honte d'en parler », réagit son amie. « Donc ce qu'on vit maintenant ici, c'est rien du tout parce qu'on le sent ici, il y a l'État, il y a les gens qui travaillent derrière, il y a les leaders qui sont là, il y a les gens qui t'envoient des messages pour te rassurer, poursuit la première. Ça, ça nous manque au Liban. »
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    « On va être tiraillées »
    Le dialogue entre les deux femmes continue : « On est au Qatar, on se dit grâce à Dieu, on est au Qatar. Parce que même avec les bombardements et les missiles, on sent toujours, toujours cette protection. Vraiment. »
    Parfois, une phrase s'interrompt dans un sanglot lorsque les deux expatriées évoquent les conversations avec leur famille restée au Liban. « On se sent coupable parce que, lorsqu'on voit nos parents dans quel état ils sont, bien sûr, en tant que Libanaise, j'ai envie d'y aller, de les aider. Je suis en train de les aider financièrement. Mais il y a aussi le côté moral. Ils ont besoin de nous. Mais comment ? On va être tiraillées…, confie-t-elle. Parce qu'ici, le Qatar, pour moi, c'est mon deuxième pays, il a besoin de nous. Maintenant, on ne peut pas partir parce qu'on a nos familles ici, on a nos enfants, donc on va rester, inchallah, tout ira bien. »
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    En Hongrie, la presse prête à défendre sa liberté à quelques jours des législatives

    01/04/2026
    En Hongrie, à quelques jours des élections législatives à un tour du 12 avril 2026, tous les scénarios sont sur la table. Y compris celui où Viktor Orban gagnerait le scrutin. Le dirigeant d’extrême droite l’a annoncé : il souhaite faire taire la poignée de médias indépendants qui existent encore dans le pays. La presse libre se prépare au pire.
    Un reportage de notre correspondante à Budapest à retrouver dans la longueur dans Accents d'Europe.
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    En Turquie, la laïcité, inscrite dans la Constitution, fait débat

    31/03/2026
    En Turquie, la querelle autour de la laïcité a ressurgi dans le débat public ces dernières semaines. En plein mois de ramadan, un mois de communion spirituelle, on a pu constater les fractures, toujours plus fortes, entre un pouvoir qui se revendique ouvertement de l’islam et une partie de la société qui dénonce des injonctions et une instrumentalisation de la religion. Alors que la laïcité est un principe inscrit dans la Constitution turque, deux polémiques sont venues illustrer cette fracture.
    Un reportage de notre correspondante à Ankara à écouter en version longue dans Accents d'Europe.
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    Les drones intercepteurs Strila en Ukraine

    31/03/2026
    Avant la guerre au Moyen-Orient, les drones intercepteurs étaient surtout une affaire qui regardait l'Ukraine. Mais depuis plus d'un mois, ces drones attirent tous les regards. Alors que Kiev continue à lutter contre l'agression russe, Wiy, l'une de ces entreprises de fabrication de drones intercepteurs, a signé un partenariat avec une entreprise allemande, Quantum Systems, qui permettra la livraison prochaine à l'armée ukrainienne de quelque 15 000 drones, une alternative efficace et bien moins coûteuse que des missiles, pour contrer les attaques de drones. Dans une région de l'ouest de l'Ukraine, sous haute sécurité, notre correspondante Emmanuelle Chaze a pu rencontrer les créateurs et les opérateurs de ces drones.
    Avec notre envoyée spéciale, Emmanuelle Chaze
    Le drone intercepteur Strila fait un bruit semblable à celui d'un essaim d'abeilles. Pour la première fois, l'entreprise ukrainienne Wiy Drones, qui les coproduit avec Quantum Systems – une entreprise allemande –, accepte de les montrer lors d'un entraînement dans l'ouest de l'Ukraine.
    Dmytro Horlin, directeur de la technologie de Quantum Systems en Ukraine, est optimiste sur l'efficacité de son produit : « Dans un futur proche, il sera possible de contrôler non pas un, mais par exemple cinq drones Strila à la fois, ça veut dire qu'ils pourront éliminer encore plus de [drones kamikazes] Shahed d'un coup, car ceux-ci volent rarement seuls. »
    L'intercepteur de drone Strila est conçu par la société Wiy Drones 
    Une efficacité plus bienvenue alors que, depuis 2022, Moscou a lancé plus de 57 000 drones sur l'Ukraine, selon la défense anti-aérienne ukrainienne.
    Pour les contrer et protéger la population, Max, le cofondateur de Wiy Drones, explique un fonctionnement simple : « Il y a un écran où on voit l'image filmée par le drone, et ici la carte pour comprendre où vous volez, un peu comme une feuille de route : ça vous montre d'où vous venez et où vous allez... et aussi, les cibles qui viennent dans notre direction sont affichées sur les radars. »
    Une simplicité nécessaire, renchérit « Zanzibar », le nom de code de l'instructeur en chef qui entraîne les opérateurs des Strila : « Notre station au sol a été créée pour simplifier au maximum le contrôle du drone. On a développé un programme de haut niveau, directement avec l'armée, c'est-à-dire en prenant en compte leurs ajustements et leurs besoins pour une utilisation de combat appropriée. »
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    La sécurité de l'Ukraine reste prioritaire
    Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les drones intercepteurs ukrainiens sont convoités, en témoignent les nombreux nouveaux accords de défense signés par Volodymyr Zelensky avec des pays du Golfe.
    Mais la priorité pour les fondateurs de Wiy Drones reste pour l'instant la sécurité de l'Ukraine, comme l'explique Dmytro Horlin : « Bien sûr, nous constatons un vif intérêt de la part des pays du Moyen-Orient pour cette technologie. Mais je précise que notre priorité, notre intérêt premier, en Ukraine, est la protection de l'espace aérien ukrainien. »
    Depuis l'an dernier, la production quotidienne de drones a doublé, et Dmytro ambitionne de doubler encore, voire de tripler sa production dans les prochains mois. Vu d'Ukraine, le drone intercepteur Strila semble promettre des miracles, mais dans la guerre des drones, la course à la performance n'est jamais finie.
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    Les tensions entre Pékin et Tokyo pèsent sur les Chinois installés au Japon

    29/03/2026
    Le président français Emmanuel Macron est à Tokyo, du 30 mars au 2 avril, dans un contexte régional tendu. Les relations continuent à se dégrader entre le Japon et la Chine. En novembre 2025, des propos de Sanae Takaichi, la Première ministre nippone, sur une potentielle réaction de son pays à une intervention militaire chinoise autour de Taïwan ont provoqué la colère de Pékin. Depuis, la Chine a conseillé à ses ressortissants de ne pas se rendre au Japon et a mis en place des restrictions aux exportations de terres rares. Il y a quelques jours, un militaire japonais aurait fait irruption dans l'ambassade de Chine à Tokyo, menaçant de tuer les diplomates chinois. Un contexte pesant notamment pour les près de 900 000 Chinois qui vivent au Japon.
    De notre envoyé spécial à Tokyo,
    À Ikebukuro, quartier animé de Tokyo, une vingtaine de personnes se sont rassemblées parmi les musiciens et les passants. Chinois et Japonais sont venus échanger et débattre, dans un contexte marqué par des tensions persistantes entre leurs deux pays. « Beaucoup de Chinois qui vivent au Japon n'ont pas d'amis japonais. Parce que les Japonais sont xénophobes mais également assez introvertis », confie l'un des participants.
    C'est Shigeru Takano, un Japonais, qui a lancé ce groupe il y a trois ans et demi. Son objectif : stimuler les échanges linguistiques, culturels et économiques avec la communauté chinoise. Un projet ambitieux mais qui a été freiné par les relations tendues entre Pékin et Tokyo. « On déplore 20% de participants en moins », explique-t-il en observant le petit attroupement. Parmi eux, une Chinoise installée au Japon depuis deux décennies témoigne des répercussions concrètes de ces tensions politiques :
    « Parfois, les problèmes politiques nous affectent directement. Cela a un impact sur nous, les citoyens ordinaires, ceux qui veulent simplement s'amuser ou travailler pour des relations amicales entre les deux pays. Quand je rentre en Chine et que je dis que j'habite ici, on me parle mal, on me dit des choses blessantes. »
    « Lavage de cerveau »
    Les enquêtes d'opinion le confirment : une hostilité réciproque s'est installée entre les deux peuples. Un informaticien japonais de 42 ans, présent lors de cette rencontre, déplore cette situation. « Le nationalisme est de plus en plus présent dans le monde entier, et c'est pareil au Japon où il y a aussi de la xénophobie. Cela a toujours existé, mais maintenant, c'est juste plus intense. Mais les gens restent des gens... En réalité, la plupart d'entre eux aiment la paix », estime-t-il.
    Les Chinois présents ont demandé à rester anonymes, beaucoup critiquant ouvertement leur gouvernement. « Tous ces problèmes politiques dépendent directement des hauts dirigeants chinois. En une phrase, tout peut être réglé par Xi Jinping. S'il veut que ça se passe bien, alors les choses se passeront bien. En Chine, les gens sont hostiles aux Japonais à cause de la propagande anti-américaine et anti-occidentale : ils subissent un lavage de cerveau », affirme l'un d'eux.
    Du côté japonais, certains partagent ce sentiment, mais le dirigent vers leurs propres autorités. « Le gouvernement japonais actuel, avec des politiciens d'extrême droite comme notre Première ministre Sanae Takaichi, est xénophobe. Cela va limiter le développement économique du Japon. Je pense que le peuple japonais finira par se réveiller. Aux prochaines élections, ces politiciens d'extrême droite devront quitter le gouvernement », lance un participant. Un avis qui semble toutefois isolé. La ligne dure adoptée par Sanae Takaichi face à Pékin a été largement plébiscitée dans les urnes en février. Son parti contrôle en effet plus des deux tiers de l'Assemblée nationale.
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À propos de Reportage international

Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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