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    Au Népal, l'inquiétude des proches des travailleurs expatriés dans les pays du Golfe

    04/03/2026
    Ce jeudi 5 mars, c'est jour de vote au Népal. Un scrutin décisif, près de six mois après le soulèvement historique de la jeunesse, mais une élection qui se heurte aussi à la guerre qui fait rage au Moyen-Orient. Dans un pays au chômage des jeunes très élevé, des millions de Népalais sont partis travailler dans les pays du Golfe. Mais depuis l’attaque américaine et israélienne sur l’Iran et la riposte iranienne, les proches de ces travailleurs népalais vivent dans la peur.
    De notre envoyé spécial à Katmandou, 
    À Katmandou, les vidéos filmées par des Népalais inquiets montrant les interceptions de missiles dans le ciel de Doha, Dubaï ou Abou Dhabi défilent sur les portables. 1,7 million de Népalais travaillent légalement dans les pays du Golfe, bien plus dans la réalité. Dans certains villages, chaque famille a un proche expatrié au Moyen-Orient.
    Susma Baral revient tout juste des Émirats arabes unis, elle nous accueille dans sa maison. « Avec mon mari, nous sommes partis, car ici on ne pouvait pas s’offrir de vraie maison, notre situation financière était trop précaire, raconte-t-elle. Comme c’est l’aîné de la famille, il doit aussi assurer la charge financière pour ses frères et sœurs… »
    Enceinte de sept mois, elle est rentrée pour accoucher au Népal, aux Émirats arabes unis, les factures de santé étaient trop élevées. Son mari, Bibik Dhakal, est encore sur place. « Quand je vois tout ce qui se passe là-bas, sur les réseaux sociaux, dans les médias internationaux, ça m’inquiète énormément... J'ai peur que les missiles tombent sur son appartement, son quartier. À cause de cela, je ne dors plus depuis trois nuits », se désole-t-elle. 
    Et elle l’appelle chaque jour : « J’ai entendu les explosions, je n’ai pas vu de missiles en train de descendre dans le ciel, mais j’ai vu la fumée après qu’ils soient tombés au sol », témoigne son mari au téléphone. 
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    « La peur les tient éveillés »
    Depuis la banlieue de Katmandou, son épouse reste connectée avec la communauté de travailleurs népalais. Pour l'association Shramik Sanjal, elle anime des émissions en direct sur les réseaux sociaux. Elle répond aux questions, et les informe de l’évolution du conflit. « Je parle avec beaucoup de travailleurs népalais au Moyen-Orient. Ces trois/quatre derniers jours ont été particulièrement durs. Ils sont réveillés par les bruits des missiles et des interceptions. Même lorsqu’ils essaient de s’endormir, ils n’y arrivent pas, la peur les tient éveillés. »
    Susma travaille dans l’enseignement et son mari est analyste alimentaire. Le couple se dit chanceux par rapport aux Népalais qu’ils connaissent sur place, car ils occupent des emplois extrêmement précaires dans l’hôtellerie, l’agriculture, la construction ou la restauration. « Ils ont peur, ils passent leur temps à regarder des vidéos en direct, ils ne mangent pas, décrit Bibik Dhakal. Ils n’ont aucun choix. Ils n’ont pas leur passeport, c’est leur employeur, ou quelqu’un d’autre, qui le détient… Ensuite, ils n’ont pas d’argent pour partir… »
    Ces travailleurs envoient chaque mois une grande partie de leur salaire à leurs proches, gardant le strict minimum. Ces transferts d’argent représentent un quart du PIB du Népal. C'est un sacrifice vital pour l’économie, mais qui ne leur offre pas de droits civiques. Tous ces travailleurs ne peuvent participer au scrutin de ce jeudi 5 mars : le vote dans les ambassades ou consulats à l’étranger n’est pas autorisé au Népal. 
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  • Reportage international

    Au Royaume-Uni, la famille royale est de moins en moins populaire

    03/03/2026
    L'affaire Epstein n'a pas fini de secouer la monarchie britannique. L’ex-prince Andrew, déjà accusé d'agression sexuelle, a été arrêté le 19 février dernier. Soupçonné de faute professionnelle dans l’exercice de ses fonctions lorsqu’il était représentant spécial du commerce entre 2001 et 2011, il a passé 11 h dans un poste de police. Andrew Mountbatten Windsor n’a pas été inculpé mais s’il l’est et qu’il est reconnu coupable, il risque la prison à vie. Le roi Charles III a beau lui avoir retiré son titre de prince en fin d’année, les liens de son frère avec Jeffrey Epstein éclaboussent Buckingham Palace et la popularité de la royauté britannique est au plus bas. 
    Un reportage de notre correspondante à Londres à retrouver en intégralité sur le podcast d'Accents d'Europe.
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  • Reportage international

    Chine: les lanternes de palais inscrites au patrimoine culturel immatériel

    02/03/2026
    À Pékin, un artisanat vieux de plus de deux siècles est aujourd’hui classé patrimoine culturel immatériel. Les lanternes de palais, autrefois réservées aux cours impériales, sont toujours fabriquées à la main, mais par une poignée d’artisans vieillissants. Les lanternes de la place Tiananmen viennent d’un petit atelier situé en plein cœur de la capitale. Entre transmission fragile et attachement populaire, reportage sur une tradition qui tente de survivre.
    De notre envoyée spéciale à Pékin,
    À Pékin, certaines lumières viennent de très loin dans le temps. Elles éclairaient autrefois les palais impériaux. Aujourd’hui, elles pendent encore dans quelques maisons et dans un atelier, où presque plus personne ne sait les fabriquer. Tang, thé au jasmin entre ses mains burinées, nous reçoit dans la pièce maîtresse de l’atelier. Il nous montre une lanterne. 
    « L'hexagone au milieu, c'est le modèle traditionnel de lanterne de palais. Elle est entièrement sculptée dans du bois de rose massif et elle représente deux dragons jouant avec une perle. Dans le passé, dans les anciennes cours impériales, toutes les lanternes suspendues étaient de ce type. Elles symbolisaient le luxe, la richesse », décrit le vieil homme. 
    Pendant des siècles, ces lanternes indiquaient le statut social d'une personne. Ici, chaque pièce est sculptée et assemblée à la main, un travail long et minutieux.
    « C'est un métier délicat qui demande beaucoup de savoir-faire. Nous avons été officiellement désignés comme patrimoine culturel immatériel. Ce que nous fabriquons appartient à ces anciennes traditions, et nous ne pouvons pas les laisser disparaître. Tous ces anciens métiers artisanaux de Pékin, pour être honnête, ont pratiquement disparu. Quand on en arrive là, c'est la fin », se désole notre hôte.
    Un savoir-faire protégé
    Aujourd’hui, ce savoir-faire est officiellement protégé. Mais dans l’atelier, ce sont aussi les artisans qui disparaissent, comme nous l'explique l’un des derniers d’entre eux, Liu, âgé de 78 ans : « Il n'y a pas d'employés officiels dans cet atelier. Tout le monde est à la retraite. Même les plus jeunes ont déjà plus de soixante ans et ils continuent à venir ici pour travailler. L'industrie artisanale reste un secteur assez difficile. Les jeunes n'aiment pas faire ce genre de travail. »
    C’est un métier exigeant et difficile à transmettre. Et pourtant, les lanternes continuent d’être achetées. Pour la fête des lanternes, cette acheteuse choisit le bois. « C'est pour le Nouvel An. Pour ma maison, je veux quelque chose de meilleure qualité qui puisse être accroché plus longtemps. Même si les décorations en plastique sont jolies, elles ne dureront pas », nous dit-elle. 
    Liu souligne qu’à présent, dans les appartements modernes, ces lanternes n’éclairent plus des empereurs, mais des repas de famille : « Beaucoup de gens qui achètent des lanternes aujourd'hui cherchent ce sentiment de nostalgie, ce lien émotionnel. C'est ce qui compte. ». 
    Les lanternes de palais ont traversé les dynasties, les révolutions, les transformations de la ville. Aujourd’hui, leur avenir dépend de deux choses : des mains qui savent encore les fabriquer et des maisons qui choisissent encore de les accrocher.
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    La Suisse relance la rénovation de ses abris antiatomiques

    02/03/2026
    En Suisse, la loi oblige chaque habitant à avoir une place dans un abri antiatomique. Certains de ces bunkers, construits pendant la guerre froide, vieillissent. Échaudé par la guerre en Ukraine et le contexte géopolitique explosif, le gouvernement suisse veut les rénover. 
    De notre correspondant à Genève,
    Un bunker, c'est un peu comme une maison : ça s'entretient. Christian Sinigaglia est à la tête d'une PME spécialisée dans la construction et la rénovation d'abris antiatomiques. Le bunker que nous visitons près de l'aéroport est totalement à refaire car le béton, même lorsqu'il est armé, peut s'user avec le temps. Cela sans compter les nombreuses interventions des Suisses, qui ont tendance à s'approprier leurs abris comme une pièce supplémentaire de leur habitation. 
    « Ce qui se fait beaucoup aussi, c'est ce qu'on appelle des ''carnotzet'', précise Christian Sinigaglia. Vous avez un petit bar, et puis, les gens viennent boire l'apéritif, jouer aux cartes… Il faut amener de l'eau, de l'électricité, des choses qui ne sont pas prévues initialement, donc les gens font un peu tout et n'importe quoi ! Ils percent à travers les murs, mais on n'a pas le droit de toucher à l'enveloppe de l'abri. C'est ça qui pose un gros problème. »
    Et pourtant, la loi suisse oblige les propriétaires d'abri à les entretenir pour qu'ils soient utilisables. Hier, c'était en cas de conflit nucléaire entre l'Union soviétique et les États-Unis. Le risque n'est toujours pas totalement écarté. On le voit avec la guerre en Ukraine, même si on ne construit pas forcément des abris aujourd'hui comme on le faisait au temps de la guerre froide.
    « Les Américains ont développé des bombes qui exposent non plus à l'impact, mais qui peuvent pénétrer jusqu'à certaines profondeurs et ensuite exploser, détaille le spécialiste. Donc, c'est vraiment de travailler sur une cellule qui, elle, résiste à toute déflagration, toute onde de choc. »
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    370 000 abris antiatomiques en Suisse 
    Il s'agit donc moins de construire des abris antiatomiques, avec tout le nécessaire pour survivre pendant de longs mois, que des abris antibombes, voire anticatastrophes tout court. Ces dernières années, les bunkers ont servi par exemple à protéger la population lors d'accidents industriels et chimiques.
    Le cabinet d'architectes de Tanguy Caversaccio se trouve à Lausanne. Ce jeune professeur à l'École polytechnique fédérale de Zurich a beaucoup travaillé sur le sujet des abris antiatomiques. Il leur a même consacré une exposition : « La guerre en Ukraine déclenche des intérêts beaucoup plus importants chez le Suisse de savoir s'il est en sécurité ou pas, et qu'il puisse aller se cacher sous terre. Cette espèce de thermomètre de l'anxiété du Suisse grandit ou diminue selon le contexte géopolitique. »
    Entre les abris publics et les abris privés, on estime que les neuf millions de Suisses ont tous une place garantie dans ces infrastructures. Le gouvernement a fait passer de 800 à 1 400 francs suisses [1 530 euros environ] le montant de la taxe dont il faut s'acquitter si on ne veut pas construire un abri avec sa maison. La somme alimente un fonds national destiné aux bunkers. Il approche aujourd'hui le milliard d'euros, mais on sait qu'il ne suffira pas pour rénover les 370 000 abris antiatomiques répartis dans le sous-sol de la Suisse. 
    ► Un reportage à retrouver en version longue sur Accents d'Europe
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    Corée du Sud: des concours d'éloquence pour les réfugiés nord-coréens

    01/03/2026
    En Corée du Sud, un concours d'éloquence en anglais est dédié aux réfugiés nord-coréens. L'association Freedom Speakers International permet aux réfugiés du régime d'apprendre l'anglais et de parler devant un public, dans le but de partager leur histoire au monde entier. Une langue à laquelle ils ont été très peu exposés en Corée du Nord et avec laquelle ils tentent de se familiariser.
    De notre correspondant à Séoul,
    Prendre le micro et parler devant un public, c'est un exercice qui n'est pas donné à tout le monde, d'autant plus dans une langue que l'on apprend encore. Mais c'est le défi qu'a tenté de relever Ahn Sumin. Arrivée en Corée du Sud en 2011, la jeune femme de 32 ans est aujourd'hui devenue artiste-peintre. Elle raconte ce qui l'a motivée à participer à ce concours :
    « Quand j'étais à l'université, je voulais apprendre l'anglais. Puis, on m'a recommandé de m'entraîner à faire des discours. Au début, je n'aimais pas ça. Puis, j'ai compris que je voulais partager mon histoire en anglais, car c'est la langue internationale. Alors, cela m'a motivé à partager mon histoire. C'est quelque chose d'important et puissant pour moi. »
    Casey Lartigue est le co-fondateur de Freedom Speaker International et accompagne Ahn Sumin dans l'apprentissage de l'anglais. Il nous explique en quoi consiste son association : « On a réalisé que des Nord-Coréens avaient besoin d'aide avec l'anglais, donc on a commencé un projet de mentorat en anglais en mars 2013. Et on a eu beaucoup de réfugiés nord-coréens qui sont venus nous voir en disant qu'ils voulaient vraiment apprendre l'anglais. En février 2015, on a organisé notre premier concours d'éloquence en anglais, et on en fait deux par an depuis. L'objectif, c'est qu'ils puissent nous rejoindre sans pression et qu'ils puissent améliorer leurs compétences à l'oral. »
    Un défi qui transforme
    Sept semaines d'écriture et d'entraînement pour présenter son discours devant un jury : pour Casey Lartigue, la maîtrise de l'anglais d'Ahn Sumin a complètement transformé la jeune artiste. « Elle nous a rejoints en 2018 et elle avait un niveau très faible à ce moment-là. Mais elle a décidé qu'elle voulait apprendre de façon intensive et elle est partie au Royaume-Uni. Maintenant, mon dieu, c'est une personne différente. Avant, elle était timide, réservée, discrète ; aujourd'hui, elle est plus forte, active, elle dit qu'elle veut devenir une artiste célèbre. Cette expérience l'a vraiment changé », assure-t-elle.
    Un regain de confiance en elle qui a permis à Ahn Sumin d'atteindre la troisième place du concours. Et elle est bien décidée à poursuivre son apprentissage pour partager son histoire.

À propos de Reportage international

Chaque jour, l’illustration vivante et concrète d’un sujet d’actualité. Ambiance, documents, témoignages, récits en situation : les reporters de RFI présents sur le terrain décrivent le monde avec leur micro. 
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