

A la Une : ces Africains qui ont marqué 2025…
01/1/2026
Au cours de l’année, ils ont fait la une de l’actualité africaine. Politiques, écrivains, artistes, cinéastes, sportifs, chercheurs… Chacun d’eux a remporté des succès ou marqué les esprits et mérite selon Le Monde Afrique, d’être distingués. Le Monde Afrique qui pointe tout d’abord non pas une personnalité mais toute une génération : la génération Z. « Mille visages, mais une colère, s’exclame le journal. Au Kenya, à Madagascar et au Maroc, l’année a été celle de la Gen Z, tel que se désignent les personnes nées entre la fin des années 1990 et le début des années 2010. L’injustice fiscale au Kenya, les coupures d’eau et d’électricité à Madagascar et des scandales dans le système hospitalier public au Maroc ont poussé des milliers de jeunes dans les rues en particulier de juillet à octobre, malgré une répression parfois féroce. » Parmi les personnalités politiques distinguées par Le Monde Afrique : Cyril Ramaphosa, le président sud-africain qui « se présente en figure du Sud global, plaidant en faveur du multilatéralisme, se montrant proche de son homologue brésilien de gauche Lula, ou encore défendant la cause palestinienne. » Parmi les Africains qui ont fait la Une en 2025, Le Monde Afrique cite encore l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, le rappeur ivoirien Himra, l’universitaire camerounais Augustin Holl, qui a dirigé les trois derniers tomes de l’Histoire générale de l’Afrique, gigantesque encyclopédie, lancée en 1964 ; le footballeur marocain Achraf Hakimi ; ou encore l’entrepreneur kényan Elly Savatia, créateur d’applications utilisant l’intelligence artificielle. Des « dynamiques contradictoires » Cette année 2025 aura été marquée sur le continent par des tentatives de déstabilisation, des élections issues de transitions militaires, des ruptures avec des organisations régionales, mais aussi de grands rendez-vous diplomatiques mondiaux. C’est ce que détaille le site Afrik.com. il y a eu en effet le coup d’Etat en Guinée Bissau ; la tentative de coup d’Etat au Bénin ; l’élection de Mamadi Doumbouya en Guinée ; les protestations populaires et le durcissement du régime au Mali ; la rupture historique des pays de l’AES avec la CEDEAO ; la reconnaissance du Somaliland par Israël qui « a déclenché une crise diplomatique dans la Corne de l’Afrique » ; le 7ème Sommet UE-UA à Luanda : avec la relance du partenariat Afrique-Europe et le G20 à Johannesburg, qui « a placé l’Afrique au centre de la gouvernance mondiale. » Commentaire d’Afrik.com : « cette année 2025 a révélé une Afrique traversée par des dynamiques contradictoires : quête de souveraineté, fragilités démocratiques, ruptures régionales et ambitions diplomatiques globales. » Encore et toujours la guerre dans l’est de la RDC… Autre fait marquant de l’année écoulée, la situation sécuritaire qui a continué de se dégrader dans l’est de la RDC, malgré les efforts de paix… Le Point Afrique nous expose « cinq scénarios pour sortir de cette guerre ». Des scénarios établis par le Centre de coopération internationale de l’université de New York en partenariat avec le Groupe d’étude sur le Congo. « Cinq scénarios, donc, du retrait complet du soutien rwandais au M23 à une autonomie large de certaines provinces du Kivu et de l’Ituri. L’une de ces alternatives prévoit le retrait du Rwanda, affaiblissant ainsi le M23, tout en ouvrant la voie à un processus de paix crédible. » Toutefois, ce rapport « conclut sur une note pessimiste, parfaitement alignée avec l’enlisement actuel des pourparlers. Le succès ne dépendra pas seulement de la signature d’un accord, mais de la volonté politique et, surtout, de la pression extérieure, car les deux parties ont des raisons de vouloir faire traîner les pourparlers et, en l’absence d’une pression politique et d’incitations économiques fortes, il est probable que “la violence s’intensifie à nouveau“. » … et au Soudan Enfin, cette année 2025 aura vu l’intensification de la guerre au Soudan. Depuis avril 2023, ce conflit oppose l’armée nationale aux miliciens des Forces de soutien rapide et a provoqué 200.000 morts. On revient au Monde Afrique qui publie une série de reportages sur cette terrible guerre : avant-hier, premier volet dans « dans El-Obeid encerclée, sur le nouveau front de la guerre », cette ville « menacée par les paramilitaires, devenue stratégique pour le contrôle du centre du pays. » Et hier, deuxième volet : « la lente résurrection de Khartoum, la capitale. (…) Principale ligne de front pendant deux ans, la capitale a été reprise en mars par l’armée régulière. Depuis, la ville tente de renaître de ses cendres. »

À la Une: l’heure des bilans
31/12/2025
En cette veille de Nouvel an, nombre de médias du continent s’attardent sur l’année écoulée et se lancent dans le traditionnel exercice du bilan. Bilan politique tout d’abord avec ce constat établi par Le Pays au Burkina Faso : « Dans la plupart des élections qui se sont tenues cette année, il y avait, de Yaoundé à Bissau en passant, entre autres, par Bangui et Dodoma, comme une constante qui consistait pour les tenants du pouvoir à écarter (…) les candidatures de poids de l’opposition, susceptibles de gêner les plans d’élection ou de réélection du prince régnant, pour ne laisser passer que des candidatures de seconde zone (…). C’est à peine si certains chefs d’Etat, candidats à leur propre succession, n’ont pas eux-mêmes choisi leurs challengers. Et des coups de force, le continent noir en a connu aussi en 2025, pointe encore Le Pays. Notamment à Madagascar et en Guinée-Bissau où le pouvoir a changé de main. (…) Ce sont autant de faits qui constituent autant d’alertes pour la démocratie sur le continent noir. Lequel continent a aussi connu la survivance de certaines crises en 2025, notamment en RDC, au Soudan et dans les pays du Sahel. » Croissance et… dette ! WalfQuotidien à Dakar fait le point pour sa part sur l’économie du continent. « L’année 2025 se termine comme elle a commencé pour l’Afrique. Sans leadership affirmé, affirme le quotidien sénégalais. Sans réelles perspectives stratégiques pour conforter l’Agenda 2063 adopté en 2013 afin d’inscrire l’Afrique dans la voie de l’unité et du progrès. L’accélération de la croissance économique africaine autour de 4 % environ est une réalité encourageante. En revanche, la moitié des États de la région sont déjà surendettés. Le rythme de la croissance est insuffisant pour réduire l’extrême pauvreté et créer des emplois. L’année 2025 se termine donc comme elle a commencé pour le continent, insiste WalfQuotidien. Les mêmes défis politiques, les mêmes enjeux sociétaux devant un monde où sa faiblesse structurelle lui donne peu de marges de manœuvre (…). » Mali : « ne pas offrir le même scénario… » Le Pouce, à Bamako, s’attarde sur la situation nationale : « L'année 2025 a été particulièrement difficile au Mali avec, pointe le journal, en plus du problème sécuritaire, la crise du carburant (…), le chômage, l’accès à la santé, à l’éducation et au logement… Il est clair que le Malien ne souhaite pas vivre les mêmes problèmes qu’il a déjà vécus en 2025. Il appartient aux autorités de la transition de créer la surprise à hauteur des attentes, des rêves, affirme Le Pouce. Ne pas offrir le même scénario même si c'est difficile. (…) La guerre contre le terrorisme ne doit pas priver les Maliens du bonheur auquel ils ont droit ; elle ne doit surtout pas empêcher un État de mettre en œuvre ses projets de développement. » La CAN, bouquet final de 2025 En cette fin d’année et à l’aube de la nouvelle, un moment de bonheur pour des millions d’africains : le foot avec la Coupe d’Afrique des nations. On entre dans le dur avec les 16è de finale et donc les matches à élimination directe à partir de samedi. « Tout peut arriver maintenant !, s’exclame WakatSéra. Les Pharaons d’Égypte tenteront de se démomifier pour remonter sur le toit de l’Afrique pour la huitième fois. Les Lions indomptables vont sortir les crocs pour aller à l’assaut de leur sixième trophée. Les Super Eagles du Nigeria essaieront de planer plus haut dans le ciel marocain, afin d’y décrocher leur quatrième titre. Les Fennecs algériens et les Léopards de RDC vont lutter pour une troisième étoile, tandis que les Aigles de Carthage, les Bafana-Bafana d’Afrique du Sud, et les Lions de la Teranga, iront, eux, à la conquête du graal pour la deuxième fois de leur histoire. » Toutefois, relève encore WakatSéra, « la partie est loin d’être gagnée pour les ténors, car le ballon sera rond pour les 16 équipes qui se mettent désormais dans la peau du vainqueur. Le Burkina Faso, le Mali, le Bénin, la Tanzanie, le Mozambique et le Soudan ne comptent pas faire de la figuration. Loin de là. »

À la Une: des élections sans surprises en Guinée et en Côte d’Ivoire
30/12/2025
Avec tout d'abord la présidentielle de dimanche en Guinée. Pas de suspense : la presse guinéenne publie les premiers résultats qui donnent Mamadi Doumbouya gagnant. Guinée Matin écrit : « La Direction générale des élections a publié cette nuit les premiers résultats partiels de l'élection présidentielle du 28 décembre. Ces résultats concernent six circonscriptions électorales de Conakry et neuf autres de l'intérieur du pays. On constate une nette avance du candidat Mamadi Doumbouya par rapport à ses concurrents et un taux de participation globalement élevé alors que l'affluence n'était pas importante dans de nombreux bureaux de vote. » Quelle participation ? La participation a été déjà annoncée importante… malgré une faible affluence dans les bureaux de vote : on constate la contradiction. « La directrice générale des élections, Djenabou Touré, annonce un taux de participation de 85 %, pointe Le Monde Afrique. Celui-ci était considéré comme le principal enjeu du contrôle en l'absence d'opposants d'envergure. » Un chiffre surprenant donc, d'autant, note encore le journal, que « l'opposition, dont les ténors ont été écartés du scrutin, avait appelé à boycotter cette présidentielle. » Pour sa part, relève encore Le Monde Afrique, le FNDC, « le Front national pour la défense de la Constitution, mouvement citoyen qui réclame le retour des civils au pouvoir, a remis en cause cette forte participation. "Une immense majorité de Guinéens a choisi de boycotter la mascarade électorale", a déclaré le FNDC. Les Guinéens ont "refusé de s'associer à ce simulacre d'examen", sans toutefois donner de chiffre. » Retour prochain au sein de la Cédéao et de l'UA « En réalité, le chiffre importe peu, estime pour sa part Le Point Afrique, car la communauté internationale a déjà implicitement validé ce processus de retour à l'ordre constitutionnel. » Avec un retour prochain quasi-certain au sein de la Cédéao et de l'Union africaine. « En dépit d'écarts sociaux grandioses, d'un examen peu inclusif et d'une opposition muselée, Mamadi Doumbouya risque de remporter son pari, celui de devenir crédible aux yeux du monde. "Dès 2026, la Guinée va revenir sur le devant de la scène internationale", promet le Premier ministre Amadou Bah Oury. Cette victoire annoncée de Mamadi Doumbouya s'inscrit cependant dans un contexte de pauvreté chronique de la population, tempère Le Point Afrique. Selon l'Organisation internationale pour les migrations, la Guinée figure toujours parmi les premières nationalités à emprunter la "route atlantique ouest-africaine pour tenter de rejoindre l'Europe, après le Mali et le Sénégal". » Côte d'Ivoire : victoire écrasante du RHDP aux législatives Pas de surprise non plus en Côte d'Ivoire. Le RHDP, le parti au pouvoir, remporte les législatives de samedi avec 197 sièges sur 255. « Autant en emporte l'orange », s'exclame L'Intelligent, faisant allusion à la couleur officielle du parti. « La Côte d'Ivoire en orange », renchérit Le Patriote. « Le examen s'est déroulé dans le calme et la discipline », constate Le Jour. « Fraudes, corruptions, intimidations dans des bureaux de vote », dénonce pour sa part Le Nouveau Réveil, quotidien d'opposition. L'opposition laminée Justement, pour ce qui est de l'opposition, relève Afrik.com, « le PDCI enregistre une diminution notable de son nombre de sièges par rapport à la législature sortante (de 66 à 32). Des bastions symboliques ont basculé au profit du RHDP, illustrant les difficultés du parti à maintenir son influence dans certaines zones urbaines et politiques clés. La perte de circonscriptions stratégiques, notamment dans des villes à forte valeur institutionnelle, constitue un revers important pour la formation dirigée par Tidjane Thiam, constate encore Afrik.com. Autre fait marquant de ces législatives : la progression de candidats indépendants (une vingtaine). Dans plusieurs circonscriptions, des personnalités non investies par les grands partis ont réussi à s'imposer face aux formations traditionnelles. Ce phénomène témoigne d'une volonté d'une partie de l'électorat de privilégier les profils locaux, parfois en rupture avec les appareils politiques classiques. » Vers de nouvelles modifications constitutionnelles ? À noter également le faible taux de participation à ces législatives : seulement un peu plus de 35 %. En tout cas, conclut Jeune Afrique, qui imagine que les débats parlementaires seront « moins vifs dans cette Assemblée quasi monocolore (avec plus des trois quarts de voix pour le parti au pouvoir). La configuration simplifiera en revanche grandement les projets législatifs du gouvernement et, surtout, d'éventuelles modifications de la Constitution. On parle notamment du retour de la limite d'âge à 75 ans pour se présenter à la magistrature suprême. » Rappelons que le président Ouattara, bientôt 84 ans, réélu en octobre dernier pour un 4e mandat, avait fait adopter une nouvelle constitution en 2016, qui lui avait permis de se représenter.

À la Une: des scrutins «apaisés» mais encore des défis à relever
29/12/2025
L'année 2025 s'achève, comme l'observe Afrik.com, « sur une séquence électorale dense et symbolique » pour la Guinée, la Côte d'Ivoire et la Centrafrique. « Des scrutins majeurs, chacun révélateur de dynamiques politiques propres, mais aussi de défis communs », souligne le site internet, concernant la « participation électorale, la crédibilité des processus et le rapport entre pouvoir et opposition ». En Guinée, d'abord : les différents médias du pays confirment que le premier tour de l'élection présidentielle s'est déroulé dans « le calme », malgré une certaine « confusion », pointée notamment par Guinée360, au moment de la prorogation de l'heure de clôture des bureaux de vote. « Force est de reconnaître que le scrutin s’est déroulé dans le calme et la sérénité », affirme Le Djely, en rappelant que « la dernière présidentielle, en 2020, s’était tenue dans un climat de quasi-chaos ». Mais le journal en ligne guinéen note un bémol : « la mobilisation des électeurs n’a pas été à la hauteur des attentes exprimées par les autorités », ce qui doit donc leur servir de « message ». Le Djely constate, entre autres, que « de nombreux jeunes préféraient suivre les matchs » de la Coupe d'Afrique des nations. Autre explication possible de « ce peu d'enthousiasme » constaté par Le Djely : « le boycott observé chez une partie des sympathisants des opposants absents au scrutin ». Et donc, en parallèle, « le sentiment que l’issue de l’élection était connue d’avance ». « Une suite de la transition ? » Depuis le Burkina Faso, Wakat Séra rappelle effectivement le contexte : pour prendre le pouvoir « en tant que civil », après le coup d'État de 2021, « le général Mamadi Doumbouya a pris le soin de faire le nettoyage autour de lui, contraignant ses opposants à l’exil ». « Le président déchu, Alpha Condé, et les deux anciens Premiers ministres ont dû suivre, en spectateurs, loin de leur pays, cette élection présidentielle présentée comme la fin de la transition politique élastique et fermée imposée à la Guinée par le général Mamadi Doumbouya. » Mais Wakat Séra pose une question : « Avec les mêmes au pouvoir, sauf tsunami, n’assistera-t-on pas à une suite de la transition ? » Le site burkinabè pose, aussi, une autre question, concernant cette fois-ci la Côte d'Ivoire : « Jusqu'à quand » se poursuivra le « règne presque sans partage du parti présidentiel sur la vie politique ivoirienne ? » Puisque, « comme un remake de la victoire écrasante de son candidat Alassane Ouattara à la présidentielle, c’est vers un raz-de-marée que se dirige le RHDP » après les législatives de ce week-end, selon Wakat Séra. Alors « jusqu'à quand » ? La question « demeurera sans réponse tant que le PPA-CI (de l'ancien président Laurent Gbagbo, NDLR) continuera à bouder les élections, que le PDCI n’aura pas de plan B alors que son président Tidjane Thiam est inéligible sur décision de la justice de son pays, et que le RHDP n’ouvrira pas réellement le jeu politique pour permettre à ses adversaires de se mesurer à lui, à armes plus ou moins égales ». « L’enjeu dépasse la simple arithmétique électorale » En Centrafrique, aussi, « les rapports de force sont déséquilibrés ». « Le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, évolue en situation de quasi-monopole politique », rappelle Le Pays, depuis Ouagadougou. « Face à lui, une opposition morcelée, presque évanescente. Dans un pays meurtri par plus d’une décennie de violences et toujours exposé à des attaques sporadiques de groupes armés résiduels, cette asymétrie politique, résume Le Pays, fait du chef de l’État le grand favori » d'un scrutin inédit, puisqu'il s'agissait non seulement d'une présidentielle et de législatives, mais aussi d'élections municipales et régionales: les premières depuis presque 40 ans. « Dans ces trois pays, l’enjeu central de tous ces scrutins dépasse largement la simple arithmétique électorale. À Bangui, à Conakry comme à Abidjan, la réconciliation nationale et l’apaisement doivent constituer le cœur battant des politiques publiques, et non de simples slogans de circonstance, écrit Le Pays. L’Afrique contemporaine regorge d’exemples de pouvoirs électoralement confortés mais brutalement renversés, non par les urnes, mais par les armes. Les vainqueurs de ces scrutins doivent en tirer les leçons, et se rappeler que gouverner exige certes une main ferme, mais surtout une main tendue, seule garante d’une paix durable et à même de barrer la route aux fracas des armes. »

À la Une: la Somalie au lendemain des premières élections locales à Mogadiscio depuis près de 60 ans
26/12/2025
« Les impossibles élections au suffrage universel », titre Le Monde Afrique. Dans une crise politique et sécuritaire, le pays essaye de renouer avec ce mode de scrutin abandonné il y a plus de cinquante ans, à l’occasion de ces élections locales organisées jeudi. Près de 400 000 électeurs inscrits étaient attendus aux urnes, selon la commission électorale. Ils devaient départager 1 600 candidats pour 390 sièges locaux. Ce suffrage universel est « une réforme ambitieuse mais semée d’embûches », commente Le Monde Afrique. Et, pour comprendre pourquoi, il convient de faire un point sur l’histoire de la Somalie. En 1969, le coup d'État de Siad Barré a aboli le vote direct et mis en place un système électoral indirect pour les élections législatives et présidentielles qui est fondé sur la représentation des chefs de clan. En 2024, le président Hassan Cheikh Mohamoud a promis d’abandonner ce système d’ici mai 2026, date de la prochaine élection présidentielle à laquelle il est candidat, « mais la transition s’annonce périlleuse », analyse Le Monde Afrique. Le retour au suffrage direct est qualifié par certains de stratégie du président pour prolonger son règne. Les principaux partis d’opposition ont boycotté le scrutin, accusant le gouvernement fédéral de « processus électoraux unilatéraux ». « Sous couvert de démocratisation, la réforme institutionnalise un régime présidentiel », analyse pour sa part le chercheur Mohamed Daud Ismail dans le journal. « Le président pourra notamment évincer son vice-président, une disposition susceptible de rompre l’équilibre clanique actuel – [parce que] traditionnellement, le chef de l'État et le Premier ministre doivent appartenir à des clans différents. » Mustafa Osman Farah, chercheur à l’institut somalien Balqiis souligne : « Le processus n’est pas inclusif ; tout se décide à Mogadiscio, sans en aviser les autres régions. » En raison de ce scrutin contesté, le risque de partition du pays augmente. Le suffrage universel est par ailleurs déjà en place dans la région séparatiste du Somaliland, qui a déclaré son indépendance en 1991 mais n'a jamais été reconnue au niveau international, rappelle Courrier International, qui mentionne au passage l’AFP. À lire aussiSomalie: le scrutin local historique, au suffrage universel direct, s'est déroulé dans le calme En Guinée-Bissau, des libérations « sélectives » ? La Guinée-Bissau fait aussi parler ce matin. Dans le pays, six opposants ont été remis en liberté mardi, après le coup d’État qui a eu lieu le 26 novembre, veille de la proclamation attendue des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives. Des militaires ont renversé le mois dernier le président Umaro Sissoco Embalo, au pouvoir depuis 2020. Le processus électoral a été interrompu. « Depuis lors, la situation politique demeure tendue dans ce pays lusophone d’Afrique de l’Ouest », explique Sahel Intelligence. « La junte libère six détenus mais maintient en prison les leaders de l’opposition », commente Afrik.com. « Une stratégie qui conforte la thèse d’une manœuvre orchestrée pour confisquer la victoire électorale au profit du clan Embalo. » Juste avant ces libérations, une délégation sénégalaise conduite par le ministre des Affaires étrangères était venue plaider pour la libération des prisonniers. Les libérations ont par la suite fait l’objet d’« une annonce » présentée comme « un signe de bonne foi » mais qui sent « la combine diplomatique », explique Afrik.com. Les principales figures de l’opposition demeurent sous les verrous. Domingos Simões Pereira, leader historique du PAIGC, reste incarcéré. Fernando Dias, candidat indépendant qui revendique la victoire à la présidentielle du 23 novembre, est toujours retranché à l’ambassade du Nigeria où il a obtenu l’asile. Des libérations sélectives qui renforcent les soupçons de connivence entre les putschistes et l’ancien pouvoir. « Les éléments troublants s’accumulent depuis le 26 novembre. Le général Horta N’Tam, investi président de transition, était le directeur de cabinet et chef d’état-major promu par Embalo lui-même. Le nouveau chef des armées, le général Tomas Djassi, occupait également un poste clé auprès du président déchu. » Par ailleurs, le timing du putsch interrogeait aussi dès le départ car il est survenu la veille de l’annonce des résultats provisoires, alors que les estimations donnaient Fernando Dias vainqueur. À lire aussiGuinée-Bissau: des prisonniers du coup d'État relâchés, les principaux opposants restent en prison En Centrafrique, les élections de dimanche « sous haute influence des paramilitaires russes » Alors qu’en Centrafrique des élections sont prévues ce dimanche, « les paramilitaires russes, héritiers du groupe Wagner, s’affichent comme garants de la sécurité du scrutin et pilier du régime Touadéra, entre stabilisation et dépendance accrue à Moscou », souligne Afrik.com. Moscou revendique le désarmement de quelque 2 000 rebelles depuis le début de l’année « et reçoit des marques publiques de gratitude de la part de certaines populations ». Un constat à bien nuancer, appuie Afrik.com : « Malgré une stabilisation relative depuis les accords de paix de Khartoum en 2019, des poches de violence persistent notamment dans l’Est et le Nord-Ouest du territoire ». À l’approche des élections présidentielles, législatives, municipales et régionales, « cette présence massive, loin de dissiper toutes les inquiétudes, interroge sur la dépendance croissante de Bangui vis-à-vis de Moscou, et sur les conditions dans lesquelles se déroule ce scrutin crucial pour l’avenir politique du pays ».