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Revue de presse Afrique

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  • Revue de presse Afrique

    À la Une: les «bons» et les «mauvais» putschistes

    16/2/2026
    « Durant son année passée à la tête de l’Union africaine, João Lourenço a montré sa capacité à dire, puis à agir sans détour, relate Jeune Afrique. L’Angolais en a de nouveau fait la preuve, samedi, avant de rendre son tablier de président de l’institution et de le confier au Burundais Évariste Ndayishimiye. »
    En effet, João Lourenço a prévenu : « lorsque nous évoquons la nécessité de rétablir l’ordre constitutionnel après une prise de pouvoir inconstitutionnelle, nous ne voulons pas dire qu’il est rétabli dès lors que les auteurs du coup d’État organisent des élections et se font élire. » En résumé, pas de blanc-seing pour les putschistes qui s’abritent derrière un paravent démocratique…
    « Parmi les chefs d’État et de gouvernement présents, deux d’entre eux, au moins, n’ont pas ovationné la tirade, relève Jeune Afrique : le président de la Guinée, Mamadi Doumbouya, et celui du Gabon, Brice Clotaire Oligui Nguema. Les deux ex-militaires ont été élus en 2025 après des périodes de transition, et surtout après avoir chassé du pouvoir leurs prédécesseurs, Alpha Condé en 2021 pour le premier et Ali Bongo Ondimba en 2023 pour le second. »
    Reste que les deux dirigeants guinéens et gabonais ont été invités officiellement à ce 39e sommet de l’UA. « Ce sommet marque donc le retour de deux “bons putschistes“, comme ils sont parfois surnommés à l’international, parce que, affirme encore Jeune Afrique, ils ont su mettre en place un chronogramme, organiser des élections et permettre un retour à l’ordre constitutionnel. »
    Incantations ?
    « Naïveté » ou alors volonté de se donner « bonne conscience », commente Ledjely. « Peut-on sérieusement croire que de simples incantations, érigées en slogans, suffiront à relever un défi aussi structurel ? », s’exclame le site guinéen. « Comment l’Union africaine peut-elle opportunément s’ériger en gendarme anti-coups d’État, alors que sa réaction a parfois tardé ou manqué de vigueur face aux crises post-électorales ? Par quel miracle espère-t-elle voir disparaître les coups d’État, quand les violations des droits humains et des libertés fondamentales sont rarement sanctionnées avec fermeté ? (…) Une chose devrait pourtant s’imposer, assène encore Ledjely : la fin des coups d’État ne se décrète pas. Elle constitue l’aboutissement d’un processus politique et institutionnel. Cela suppose d’attaquer à la racine les causes profondes des ruptures constitutionnelles : gouvernance opaque, exclusion politique, corruption, inégalités persistantes, instrumentalisation des institutions. »
    Et les coups d’État « constitutionnels » ?
    Au Burkina Faso — dont le dirigeant arrivé au pouvoir par les armes, Ibrahim Traoré, n’était pas invité — le site d’information WakatSéra ne mâche pas ses mots envers l’Union africaine : « la voix de l’institution porte-t-elle encore ? (…) Comment s’opposer aux prises de pouvoir par les armes, alors que des chefs d'État, comme le Gabonais Oligui Nguema et le Guinéen Mamadi Doumbouya, présents à Addis-Abeba, ont pris la clé du palais présidentiel par effraction, avant de se faire une virginité par les urnes ? Que fait-on des contre-exemples démocratiques au Tchad, en Guinée-Bissau et à Madagascar ? Comment empêcher les coups d’État militaires en laissant prospérer ceux institutionnels, s’interroge encore WakatSéra, qui ont frappé récemment la Côte d’Ivoire et le Cameroun, avec le quatrième quinquennat consécutif de l’Ivoirien Alassane Ouattara et le huitième septennat du Camerounais, l’inoxydable Paul Biya ? »
    Le Pays, toujours au Burkina, renchérit : « Les propos virulents du président sortant de l’UA, Joao Lourenço, contre ce qu’il qualifie “d’élections qui blanchissent les coups d’État“, risquent d’être comme de l’eau sur les plumes d’un canard. On est d’autant plus fondé à le penser que l’UA passe son temps à condamner les coups d’État militaires tout en fermant les yeux sur les coups d’État constitutionnels. »
    Sénégal : le soupçon de la bavure policière…
    Enfin, à la Une également, le Sénégal, avec la polémique qui se poursuit, une semaine après la mort d’Abdoulaye Ba à l’université de Dakar. « Clash entre le procureur et le collectif des médecins », titre Walf Quotidien. La justice sénégalaise affirme que l’étudiant n’est pas mort sous les coups de la police. Faux, rétorque le Collectif des médecins du Sénégal, qui s’appuie sur le rapport d’autopsie. Un rapport, authentifié par RFI ce week-end, et par Le Monde Afrique qui constate pas moins de « 16 lésions sévères » sur le corps de l’étudiant qui ont provoqué de « multiples hémorragies internes. »
    Autant d’éléments qui confirment l’hypothèse selon laquelle Abdoulaye Ba aurait été victime d’une bavure policière.
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    À la Une: la visite à Goma de la cheffe par intérim de la Monusco

    13/2/2026
    Vivian van de Perre, souriante, apparaît à la Une du Journal de Kinshasa, de 7 sur 7 ou encore d’Actualité.cd. Première déclaration de la cheffe par intérim de la Mission de l’ONU en RDC : « Il y a plus d’un an, le 26 janvier 2025, j’étais dans le dernier avion à atterrir à l’aéroport de Goma. Aujourd’hui, je suis dans le premier hélicoptère à y atterrir de nouveau, j’espère que cela marque le début de la réouverture progressive de l’aéroport de Goma, au bénéfice de la population. »
    Quelle est la mission de Vivian van de Perre ? « Elle prépare surtout la mise en œuvre du mécanisme de suivi du cessez-le-feu, dispositif qui découle de la résolution 2808 du Conseil de sécurité, votée en 2025 », explique le Journal de Kinshasa, qui souligne par ailleurs « que cette visite intervient dans un climat fragile, car les cessez-le-feu tiennent difficilement sur le terrain ». 
    La situation reste tendue, remarque également 7 sur 7, « la visite à Goma de la cheffe par intérim de la Monusco intervient dans un contexte sécuritaire toujours marqué par des tensions persistantes dans le Nord-Kivu, où les affrontements entre les forces gouvernementales et les rebelles de l’AFC-M23 ont provoqué d’importants déplacements de population ces derniers mois ». « Même technique, cette visite reste politique », remarque encore le Journal de Kinshasa, « elle doit prouver une chose : les engagements de Washington, Doha et Addis-Abeba peuvent produire des effets concrets. Finalement, tout se jouera sur le terrain ».
    Exigence de vérité
    Au Sénégal, la famille de l'étudiant Abdoulaye Ba, tué lors d’une intervention des forces de l’ordre sur le campus universitaire de Dakar, s’est exprimée hier. « Elle demande des éclaircissements sur les circonstances du drame », explique Walfnet. « La famille a choisi Mamadou Diouldé Ba, l’oncle de la victime comme porte-parole. Dès le début de son discours, poursuit le journal, il a appelé la communauté étudiante à garder son calme, encourageant les étudiants à mettre l’accent sur la prière ». Mais « il a également souligné que la famille souhaitait être informée des évènements réels qui ont mené au décès de l’étudiant ».
    Exigence de vérité, également, à la Une de Sénéplus, qui titre « L’État accusé de vouloir cacher la vérité à l’UCAD (l’université Cheik Anta Diop). » Sénéplus, qui ajoute : « La communication officielle n’a fait qu’attiser la colère. Loin d’apaiser les esprits, les justifications de l’État sur une supposée "radicalisation" du mouvement étudiant sont perçues comme une insulte à la mémoire de la victime ».
    Pluie, neige et vent
    Le Maroc souffre toujours des intempéries. « Pluies historiques au Maroc : 110 000 hectares engloutis et 276 millions d'euros pour reconstruire », annonce Bladi.net. Le site d’information précise également « que la montée des eaux a déplacé 188 000 personnes ». Telquel de son côté annonce la couleur pour aujourd’hui et demain : sont attendues « de fortes pluies avec orages et risques de grêle, des chutes de neige à partir de 1 400 mètres et de fortes rafales de vents (…) dans plusieurs provinces du Royaume ».
    Hesspress souligne l’inquiétude exprimée par l’association Al Karama, pour la défense des droits humains, à Tétouan, dans le nord du Maroc. Cette association « alerte sur l’ampleur des dégâts et appelle à une mobilisation citoyenne plus large, tout en mettant en garde contre toute tentative d’instrumentalisation de la catastrophe ». Pas question donc, de critiquer ouvertement la gestion de la crise par le gouvernement, mais l’association basée à Tétouan, souligne que « les opérations de secours et d’acheminement des produits de première nécessité ont été confrontées à des difficultés logistiques, en particulier dans les zones rurales et montagneuses ».
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    À la Une: la traque des homosexuels s’intensifie au Sénégal

    12/2/2026
    Constat établi par Le Monde Afrique. « Il y a un climat de peur, de terreur même, soupire un militant de Free Sénégal, groupe de défense des droits des personnes homosexuelles, à propos de l’ambiance qui prévaut dans le pays. Ce militant souhaite d’ailleurs rester anonyme – impossible de s’exposer ouvertement sur le sujet. Dernier signe en date de ce regain généralisé d’homophobie, pointe le journal, l’arrestation, ces derniers jours, de douze personnes accusées “d’actes contre nature“, une expression désignant des relations sexuelles entre deux personnes de même sexe. (…) Les douze hommes ont été présentés lundi à un procureur. Depuis, ils sont détenus à la prison de Rebeuss, dans la capitale. Parmi eux, deux célébrités : Pape Cheikh Diallo, animateur radio et télévision, qui recevait notamment des stars dans son émission “Face à Pape Cheikh“, suivi par des dizaines de milliers d’internautes, et Djiby Dramé, chanteur de fusion, en wolof et soninké. Les prévenus risquent un à cinq ans d’emprisonnement. »
    Précisons qu’ils sont non seulement accusés d’actes contre nature, mais aussi d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux, de transmission volontaire du VIH/sida et de mise en danger de la vie d’autrui.
    Une « déviance » et un délit…
    Faut-il le rappeler ? L’homosexualité est un délit au Sénégal. « L’article 319 du Code pénal incrimine les relations homosexuelles, passibles de peines d’emprisonnement », relève Afrik.com. « Cette disposition, régulièrement débattue dans l’espace public et par les organisations de défense des droits humains, demeure en vigueur. Les poursuites engagées s’inscrivent donc dans le cadre légal actuel, même si elles suscitent des réactions contrastées au sein de l’opinion. » 
    Il est vrai qu’au sein de la société sénégalaise, l’homosexualité est largement considérée comme une déviance. Les discriminations à l’égard de la communauté LGBTQ+ sont régulières.
    Alors qu’il était encore dans l’opposition, l’actuel Premier ministre, Ousmane Sonko, avait promis à plusieurs reprises de durcir la répression de l’homosexualité. En 2022, il avait même fait de la lutte contre l’homosexualité un argument de campagne pour les législatives.
    Dernier épisode dans cette affaire, relève le site Seneweb à Dakar : la fouille des domiciles des accusés hier, en leur présence. Rien n’a été découvert, si ce n’est des préservatifs dans la résidence de l’un d’entre eux.
    Où est la tolérance ?
    Alors que la plupart des médias sénégalais se contentent d’exposer les faits et de suivre l’enquête, le site d’information Seneplus s’interroge : « La tolérance disparaitrait-elle du Sénégal ? » « Il n’y a pas plus de personnes homosexuelles en Occident que dans le continent africain, affirme Seneplus (contrairement à la croyance de certains qui voient dans l’homosexualité une déviance importée…). Il y a seulement la volonté de vivre en paix et de s’épanouir par une sexualité qui n’est pas choisie mais imposée par la nature de celui qui la vit. (…) Aucune religion, aucun groupe ne peut dicter à ses membres le rejet d’une partie de la population. Lyncher un être humain parce qu’il est, ou pire, "serait" homosexuel est indigne d’un pays, d’une civilisation ! Ce qui devrait être offert au citoyen sénégalais, estime encore Seneplus, c’est l’assurance qu’aucune loi ne puisse le poursuivre pour cet état-là, c’est la possibilité d’assumer son homosexualité – sans faire du mal à autrui – c’est l’espérance, enfin, de vivre libre. »
    Homophobie généralisée…
    On revient au Monde Afrique qui constate que, très loin de cet esprit de tolérance, depuis l’arrestation des douze hommes, des « émissions télévisées et radiophoniques communient dans une homophobie qui ne connaît pas de contradiction ». « J’ai un sentiment de dégoût… Des personnages médiatiques censés être des références morales se retrouvent à la pointe de cette activité diabolique », a tempêté Mame Matar Gueye, hyperactif président de l’association Jamra, très active dans la mobilisation contre les droits des personnes homosexuelles, sur la chaîne Walf. » Et pour sa part, pointe encore Le Monde Afrique, « Mass Mboup, leader du mouvement And Samm Jikko Yi, entièrement dédié à la criminalisation de l’homosexualité, a profité de l’affaire pour exiger à nouveau un durcissement de la législation ».
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    À la Une: le fossé se creuse entre le pouvoir et les étudiants au Sénégal

    11/2/2026
    L’indignation et la colère ne retombent pas après les violences entre forces de l’ordre et étudiants avant-hier à l’université de Dakar. Des violences qui ont fait un mort et des dizaines de blessés.
    Les organisations étudiantes et l’opposition dénoncent la politique de répression policière menée par les autorités.
    « La culture de la répression n’a pas changé malgré l’alternance » : c’est le constat dressé par le journaliste Moussa Ngom sur le site d’information Seneplus. Moussa Ngom est le rédacteur en chef du service enquête de La Maison des reporters, média indépendant basé à Dakar. Pour lui, « le duo Diomaye-Sonko, pourtant porté au pouvoir par une jeunesse assoiffée de justice, a échoué à démanteler la machine répressive qu’il combattait jadis, laissant la culture de la violence intacte. (…) Cette culture d’impunité des forces policières aurait dû être brisée dès l’arrivée au pouvoir du nouveau régime, mais force est de constater que rien n’a été fait ».
    Moussa Ngom souligne également le problème des enquêtes promises mais jamais conclues, poursuit Seneplus : « on a connu après l’arrivée du régime de Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, des violences policières à Camberène dans la capitale dakaroise et aussi à Rosso dans la région de Saint-Louis, des enquêtes avaient été annoncées. Et on attend toujours les résultats ».
    Rupture…
    « Le choc de ce lundi noir est tellurique », pour le parti au pouvoir. C’est du moins ce qu’affirme dans les colonnes du Monde Afrique, Alioune Tine, fondateur du think tank Afrikajom Center, basé à Dakar. « Il y a un divorce avec la jeunesse, dit-il. Les étudiants avaient été de fervents soutiens du Pastef, lorsque la formation était dans l’opposition, et ils ont œuvré pour porter le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre au pouvoir en 2024. Voir [ces jeunes] affronter une telle violence d’État conduit à une rupture inévitable avec l’exécutif dont les dernières déclarations ont mis le feu aux poudres“, analyse encore ce militant reconnu des droits de l’homme en Afrique. Samedi dernier, rappelle le journal, Ousmane Sonko avait dénigré les mouvements étudiants, estimant connaître “les politiciens qui financent les étudiants pour brûler“. Cette déclaration de celui qui était il y a peu encore le héros des jeunes Sénégalais avait suscité l’indignation ».
    Arriérés de bourses ou pas ?
    Pour leur part, les autorités promettent de faire toute la lumière sur le drame. « Nous rendrons compte publiquement à la Nation », affirme le ministre de la Justice, Yassine Fall dans les colonnes de Walf Quotidien.
    Le ministre de l’Intérieur, Bamba Cissé, promet « des sanctions de part et d’autre. Il affirme que des actes de violence ont été commis aussi bien par les étudiants que par certains éléments des forces de l’ordre ».
    Et de son côté, rapporte encore le quotidien dakarois, « le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, Daouda Ngom reste intransigeant sur la volonté de l’État de réformer le système universitaire », tout en affirmant que « l’État ne doit aucun arriéré de bourses aux étudiants ».
    Non, rétorque, toujours dans Walf, Mame Moussa Thiam, ancien président d’université : « des bourses impayées. Des mois d’attente. Des étudiants livrés à eux-mêmes dans un contexte économique déjà insoutenable. Pendant que certains discutent de chiffres macroéconomiques, des jeunes se demandent comment se nourrir. Et que répond-on à la détresse ? La fermeture des restaurants universitaires. La faim comme réponse à la revendication. La force comme réponse au dialogue. Puis, l’irréparable. La mort d’un étudiant ».
    Campus fermé
    Hier, au lendemain du drame, constate Afrik.com, « les autorités ont officiellement fermé le campus social jusqu’à nouvel ordre, invoquant des raisons de sécurité. Les étudiants ont été invités à quitter les lieux, tandis que la direction du Centre des œuvres universitaires annonce la mise en place d’un suivi psychologique. “Le calme est revenu, mais le choc est immense“, confie Ousmane, doctorant en sciences politiques. “Beaucoup d’étudiants sont traumatisés. Cette fermeture ressemble à un aveu d’échec collectif“ ».
    Quant à l’étudiant décédé, Abdoulaye Ba, son corps devrait être autopsié. Selon certaines sources, citées notamment par Le Monde Afrique, il aurait été battu à mort. Selon d’autres, citées par certains sites d’information sénégalais comme Seneweb, il aurait sauté d’une fenêtre…
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    À la Une: la colère des étudiants sénégalais

    10/2/2026
    « C’est le chaos à l’Ucad », s’exclame Walf Quotidien. « Le campus de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar a été le théâtre d’une (violente) intervention des forces de l’ordre, alors qu’aucune manifestation n’était en cours, pointe le quotidien dakarois. Hier matin, aux environs de 9 heures, des policiers sont entrés au sein de l’université, procédant à des tirs de gaz lacrymogènes, malgré la décision des étudiants d’observer une journée morte, sans revendication ni mobilisation. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, les étudiants n’ont opposé aucune résistance. Fatigués et éprouvés par une crise sociale qui dure depuis plusieurs jours, ils avaient choisi de ne pas manifester ».
    Rappelons que les étudiants de l’Ucad protestent contre les retards de paiement de leurs bourses, « plongeant certains d’entre eux dans une précarité extrême ».
    Et la tension est montée d’un cran hier avec le décès d’un étudiant, suite à l’intervention musclée des forces de l’ordre. C’est ce que rapporte notamment Le Soleil : « Abdoulaye Ba (c’est son nom) était inscrit en deuxième année de chirurgie dentaire. Selon le président de l’amicale des étudiants en médecine, Atab Sagna, il aurait été “battu par des policiers dans sa chambre“ avant d’être évacué vers le service médical du Centre des œuvres universitaires de Dakar, où il a reçu les premiers soins. Malgré la prise en charge médicale, Abdoulaye Ba est décédé au sein dudit service ».
    « L'échec d’un régime incapable d’honorer ses engagements »
    Avalanche de réactions… « Le gouvernement s’est engagé à faire la lumière sur la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba », note le site Seneweb. L’opposition, elle, fustige les autorités, rapporte encore Seneweb : « l’ancien maire de Dakar, Barthélémy Dias dénonce le silence et le mépris de l’État. »
    « Le secrétariat exécutif national de l’APR, l’Alliance Pour la République, accuse le pouvoir en place d’avoir franchi “une ligne rouge dans sa meurtrière saga", et exige la démission du ministre de l’Intérieur ».  
    Réaction également de Khalifa Ababacar Sall, président de Taxawu Sénégal, toujours rapportée par Seneweb : « les images de feu et de sang qui nous parviennent de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar sont le symptôme de l’échec d’un régime incapable d’honorer ses engagements et d’un État qui oppose la matraque à la légitime revendication. Après une troisième alternance démocratique au Sénégal, jamais nous n’aurions pensé revivre de telles scènes ».
    WakatSéra au Burkina Faso s’interroge : « le gouvernement saura-t-il éteindre le feu en donnant satisfaction aux étudiants sans bourse et sans nourriture ? Les dirigeants sénégalais vont-ils enfin comprendre que l’éducation et la recherche sont des piliers essentiels du développement ? Déjà, l’université ne produit la plupart du temps que des chômeurs. Si en plus des perspectives étriquées que le “creuset du savoir“ leur réserve, la vie doit y devenir un calvaire, il y a de quoi se révolter contre les pires conditions de vie et d’études ».
    Un réseau pédocriminel entre Paris et Dakar
    À la Une, toujours au Sénégal, il y a cette affaire Pape Cheik Diallo et Djiby Dramé, des noms d’un animateur de télévision et d’un chanteur, arrêtés ce weekend avec 10 autres personnes. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs et actes contre nature, c’est-à-dire d’homosexualité, un délit pénal dans le pays, et accusés aussi d’avoir transmis volontairement le VIH. On en parle largement dans les journaux de RFI ce matin.
    Et puis il y a aussi le démantèlement de ce réseau pédo-criminel en lien avec la France. C’est Le Parisien qui a sorti l’affaire hier : « Quatorze personnes ont été arrêtées vendredi à Dakar, soupçonnées d’avoir participé à un réseau pédocriminel présumé, orchestré et financé pendant près de 10 ans par un restaurateur de Beauvais de 72 ans ».
    « Le projet glaçant du cerveau présumé du réseau pédocriminel France-Sénégal, s’exclame le site Seneplus. Des “écoles du sexe“ pour former de “bons passifs“. C’était l’obsession de Pierre R., acteur présumé de l’affaire. Une mécanique implacable sur dix ans, où l’argent servait à recruter des complices chargés de fournir de jeunes victimes, dont des talibés (de jeunes élèves d’écoles coraniques) ».
    En effet, précise Afrik.com, « l’enquête sénégalaise trouve son origine dans l’arrestation en France, en avril dernier, de ce ressortissant français, originaire de Picardie. Interpellé pour des faits liés à la pédopornographie, cet individu aurait entretenu des liens étroits avec plusieurs complices basés au Sénégal. (…) Certains suspects sénégalais auraient été chargés de recruter de jeunes garçons, de filmer des actes sexuels et de transmettre les images à leur contact en France, en échange de transferts d’argent ».

À propos de Revue de presse Afrique

Les commentaires des quotidiens et hebdomadaires africains sur l'actualité du continent. Présentée du lundi au jeudi par Frédéric Couteau, le vendredi et le samedi par Catherine Potet. Un regard original, souvent ironique et parfois sans complaisance sur les événements petits et grands qui font l'actualité de l’Afrique.
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