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  • Reed Brody: «C’est grâce à la ténacité des victimes que le procès d'Hissène Habré a pu se tenir au Sénégal»
    « La traque d'un dictateur »... C'est le titre du livre que publie l'avocat américain Reed Brody, qui s'est rendu célèbre par ses 25 années de combat pour faire juger l'ancien président tchadien Hissène Habré. Pour l'instant, le livre -publié à New York par les éditions Columbia University Press - n'est paru qu'en anglais, sous le titre « To catch a dictator ». Il fourmille d'anecdotes sur les coulisses du combat sans merci qui a opposé l'ancien dictateur tchadien et les survivants de ses salles de torture. En ligne de la Haye, aux Pays-Bas, Reed Brody répond aux questions de RFI.  Il vous a fallu 25 ans pour faire traduire Hissène Habré devant un tribunal international. Quel a été pour vous l’obstacle le plus difficile à franchir ? Reed Brody : C’était la volonté politique. On a déposé les premières plaintes en janvier 2000. Hissène Habré a été inculpé par le doyen des juges d’instruction au Sénégal en 2000. Mais, suite aux ingérences politiques au Sénégal, les plaintes ont été abandonnées. Et ce n’est qu’avec l’élection de Macky Sall [en 2012] et la venue d’Aminata Touré comme ministre de la Justice, que le Sénégal et l’Union africaine ont créé un tribunal spécial pour faire ce jugement. Et donc, tout cela, c’était grâce à la ténacité et l’obstination des victimes qui ont dû mobiliser, remobiliser les opinions jusqu’à ce que le Sénégal accepte de le juger. ►À lire aussi : Les Tchadiens et Habré : pour beaucoup, la mémoire d'années sombres Oui, mais, derrière la mauvaise volonté manifeste d’Abdoulaye Wade, est-ce qu’il n’y avait pas le scepticisme de tous les dirigeants politiques africains ? C’est d’ailleurs Abdoulaye Wade lui–même qui nous a dit une fois : « Vous savez, il y a quelque chose qui s’appelle le syndicat des chefs d’État. Il n’accepterait pas que je juge un des leurs ». Nous avons arpenté les couloirs de l’Union africaine durant 6 à 8 sommets et on mesurait la difficulté pour ces dirigeants d’accepter qu’un des leurs soit jugé. Est-ce que Paris, Washington ont bloqué ? C’est vrai que Hissène Habré a été porté au pouvoir par les États-Unis. Il a été soutenu de bout en bout par les États-Unis et presque jusqu’au bout par la France. Les États-Unis ne sont pas complexés. Que ce soit au Guatemala, en Argentine, les États-Unis acceptent de faire juger et de soutenir les jugements des gens qu’ils ont soutenus. Et Barack Obama a même fait le déplacement à Dakar et a ouvertement soutenu le procès et félicité Macky Sall. La France, c’est vrai, a beaucoup plus hésité. C’était Nicolas Sarkozy et Rama Yade qui ont changé la donne avec la France. Et finalement, les deux pays, je dois le dire, ont quand même fini par accepter le projet d’un procès. À l’ouverture du procès en juillet 2015 à Dakar, Hissène Habré et ses partisans vous ont traité de « juif américain » au service du lobby antimusulman. Vous étiez partout les années qui ont précédé en tant que chef d’équipe, on vous voyait dans toutes les réunions internationales, est-ce que, de fait, il ne s’est pas établi une hiérarchie postcoloniale dans l’équipe qui a traqué le dictateur Hissène Habré ? Comme on peut voir dans le livre, le comité international pour le jugement de Hissène Habré était dirigé par [l’avocate tchadienne] Jacqueline Moudeina. Moi, j’étais un soutien important, mais je pense qu’en premier lieu, c’étaient les Tchadiens. Et, comme vous dites, ça ne sert à rien que ce soit un soi-disant « chasseur de dictateurs ». C’est comme ça qu’on vous appelait, en effet… On m’appelait « chasseur de dictateurs » et, en fait, ce n’est pas grâce à moi qu’on a pu mobiliser les soutiens. D’ailleurs, il faut le dire, moi, en même temps, j’ai écrit quatre rapports sur le traitement des prisonniers par les États-Unis dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, j’ai écrit un livre Faut-il juger George Bush ?. Quand on m’a dit d’aller à Guantanamo, je suis allé à Guantanamo. J’essaie aussi de faire juger les crimes commis par les pays occidentaux. Le 20 octobre, une grande manifestation de l’opposition tchadienne a été très violemment réprimée par les forces de l’ordre, à Ndjamena et dans plusieurs grandes villes du sud du Tchad. Selon les sources, le bilan des victimes varie de 50 à 150 morts. Vous vous êtes toujours battu pour les droits de l’homme et de la démocratie, quelle est votre réaction ? Je suis effrayé de voir cela. Le gouvernement tchadien a promis qu’il y aurait une enquête internationale, mais je n’en vois pas la trace. Je ne vois rien qui promet que telle ou telle commission soit mise sur pied. Donc, je déplore farouchement. On ne peut pas tirer sur les manifestants. Je pense que, si le procès de Hissène Habré doit servir à quelque chose, c’est de montrer les limites que les dirigeants ne peuvent pas franchir. ►À lire aussi : Au Tchad, la mission de l'UA en charge de l'indemnisation des victimes d'Hissène Habré arrive à Ndjamena
    12/6/2022
    10:21
  • Geert Laporte : «L’ouverture d’un dialogue Europe-Afrique beaucoup plus ouvert maintenant est vraiment nécessaire»
    En février, l’Union africaine et l’Union européenne s’étaient retrouvés à Bruxelles en sommet. Depuis, la guerre en Ukraine a éclaté et les rapports entre les deux continents se sont dégradés. Les Européens n’ont notamment pas digéré l’abstention de nombreux pays africains lors des votes aux Nations unies, votes destinés à sanctionner l’offensive russe. Les relations s’étaient déjà refroidies avec la crise du Covid-19. Une conférence sur l’évolution des rapports entre les deux continents avait lieu la semaine dernière à Bruxelles. Geert Laporte, directeur de l’European Think Tanks Group, un réseau de think tanks européens, qui organisait cette conférence, revient sur le sujet. On l’a vu lors de cette conférence : après la crise du Covid, l’Europe et l’Afrique sont sur deux lignes divergentes au sujet de la guerre en Ukraine. Est-ce que ce conflit ne risque pas d’abîmer durablement la relation entre les deux continents ? Geert Laporte : C’est vrai que les problèmes qui existent, les frustrations qui existent entre les deux continents, se sont accentués à cause de cette crise. Donc, on est à un point où par exemple les divergences qui existaient sur la crise et la gestion de la crise du Covid, tout ça maintenant, c’est devenu quelque chose qui est débattu d’une manière beaucoup plus ouverte à cause de cette crise, à cause aussi de la crise en Ukraine. Donc, on est plus ouvert maintenant à reconnaître qu’il y a des problèmes. ►À lire aussi : Invasion de l'Ukraine : pourquoi les pays africains prônent-ils le non-alignement ? Cela veut dire que cette crise et la crise du Covid ont permis en fait de mettre un petit peu tous les problèmes sur la table alors qu’avant ça, ils étaient un peu mis sous le tapis. C’est ce qui s’est passé ? C’était certainement mis sous le tapis… Personnellement, je trouve ça une bonne chose, parce qu’à ce moment-ci, on voit que cette ouverture dans le dialogue est vraiment nécessaire. C’est le moment où les deux continents ont des opportunités de ne plus faire semblant. Et là, je crois que maintenant, on sait aussi bien, avec l’abstention d’une grande partie des pays africains à l’Assemblée générale des Nations unies sur cette résolution qui devait condamner l’invasion russe en Ukraine, on voit clairement que ces frustrations sont mises sur la table et que les deux parties, l’Europe et l’Afrique, sont prêtes pour en parler. Le dialogue se poursuit même entre Européens et Africains. Une réunion a eu lieu la semaine dernière, le 28 novembre, à Bruxelles entre les commissions de l’Union européenne (UE) et de l’Union africaine (UA). Vous avez eu des échos sur la teneur des échanges ? Oui, le côté européen a voulu aborder cette question, mais pas en grande force. Moi, j’ai l’impression que le côté fonctionnaire-institution européenne, a voulu poursuivre le suivi du dialogue du sommet de février. Et cela me paraît un peu drôle qu’on commence de nouveau à parler de financement, de différents types d’investissements et tout cela, tandis que les problèmes fondamentaux ne sont pas vraiment débattus en détail. Et c’est là qu’on voit qu’il y a quand même encore un peu de travail à faire pour rapprocher les deux continents. L’Europe a une relation particulière, une relation, on pourrait dire de proximité avec le continent africain. Comment expliquer ce ressentiment grandissant en Afrique vis-à-vis de certains pays européens ? J’ai l’impression qu’il y a une frustration sur la façon dont l’Europe a utilisé des méthodes de paternalisme : dire aux Africains, vous devez vous porter bien, sinon vous aurez moins d’argent de notre côté.Les politiques de conditionnalité et tout cela a certainement frustré une partie des générations africaines. Et j’ai l’impression que l’Europe a tendance à changer ses attitudes à cet égard, que l’Europe reconnaît de plus en plus qu’elle a aussi des problèmes au sein de son Union européenne. Et donc, je crois qu’une approche beaucoup plus modeste du côté européen, beaucoup plus humble, est une approche qui pourrait convaincre le côté africain que ce n’est plus une relation d’un patron vers son dépendant ou vers l’État qui l’a colonisé à l'époque. Personnellement, je crois que, sur les grands principes, il y a un consensus. Mais du moment qu’on parle du court terme où les voies pour arriver à des changements fondamentaux, que ça prendrait beaucoup plus de temps. Le changement climatique, c’est certainement un dossier très important. L’Europe veut forcer le monde avec son « Green Deal » vers une économie verte. Je crois que l’Afrique est d’accord avec tout cela. Mais en ce moment-ci, l’Afrique veut aussi s’industrialiser. Elle veut donc avoir le droit de pouvoir polluer. Et donc, il faut débattre sur des mesures de transition et ça, ce sera donc la vraie négociation. Je crois que là les relations de pouvoir sont en train de changer fondamentalement. ►À lire aussi : L'Union africaine fait un point sur la Zlecaf et veut repenser l'industrialisation en Afrique
    12/5/2022
    4:05
  • Dérive Casablancaise: l'artiste marocaine Fatima Mazmouz interroge la mémoire de son pays dans «Résistance»
    Casablanca, au Maroc, accueille pour la première fois Les arts de la scène en Méditerranée qui se tiennent traditionnellement à Montpellier dans le sud de la France. Meryem Jazouli, chorégraphe marocaine, est l’initiatrice de cet évènement. L’idée étant qu’un pays du sud soit aussi hôte de cet évènement. « Dérive Casablancaise », ce sont des spectacles, des projections de films, et des rencontres d’artistes venus de Tunisie, d'Algérie, de France, d'Espagne, du Liban et du Maroc bien sûr comme Fatima Mazmouz, une artiste qui questionne la mémoire de son pays.
    12/4/2022
    5:26
  • Retrait du M23 de RDC: «Le Kenya dispose d'un pouvoir de persuasion», dit Onesphore Sematumba
    Après cinq jours d'accalmie, les combats ont repris hier, au Nord-Kivu, entre l'armée congolaise et les rebelles du M23. Comment obliger ces rebelles à se retirer des territoires qu'ils occupent, comme le demandent officiellement tous les pays de la sous-région ? Et comment convaincre le président Kagame que ce retrait du M23 serait la meilleure solution pour le Rwanda ? Onesphore Sematumba, analyste pour la région des Grands Lacs pour International Crisis Group répond aux questions en ligne de Goma. RFI : Le sommet du 23 novembre à Luanda a échoué, la preuve, la reprise des combats dans le Nord-Kivu après quelques jours d’accalmie. Pourquoi cet échec ? Onesphore Sematumba : C’est un peu la quadrature du cercle, parce que, voyez-vous, le M23 insiste mordicus pour avoir des négociations directes avec Kinshasa. Alors que Kinshasa, qui a déjà désigné le M23 comme groupe terroriste, ne veut même pas l’avoir autour de la table. Je pense qu’il faudra des efforts diplomatiques dans la région pour amener les deux parties à mettre un peu d’eau dans leur vin et trouver une façon de faire que le M23, qui de toute façon fait partie du problème, puisse être aussi partie à la solution. Et dans votre document de ce mercredi 30 novembre, vous dites que, si le M23 commençait à se retirer du terrain conquis, peut-être Kinshasa pourrait accepter le retour de ce mouvement rebelle à la table des négociations… Oui, mais il faudra aboutir à une formule qui ne soit pas humiliante pour le gouvernement de Kinshasa, parce que justement l’opinion politique ne pardonnerait pas que Kinshasa ait l’air de capituler. Et nous croyons à International Crisis Group (ICG) que le Kenya pourrait jouer un rôle pour trouver une solution politique à cette épineuse question de retrait ou non retrait. C’est-à-dire qu’en cette période de pré-campagne électorale, Kinshasa n’est pas portée au compromis. Pourquoi pensez-vous que le Kenya est le pays de la sous-région le mieux indiqué pour faire médiation entre la RDC, le M23 et bien sûr le Rwanda ? Le Kenya n’a pas de frontière avec l’est du Congo, et donc n’a pas de lien avec l’un ou l’autre groupe armé. Donc, il a cette casquette de neutralité. Ça, c'est un atout extrêmement important. L’autre atout, c’est que, peut-être à cause de cela, le Kenya entretient de bonnes relations avec Kigali et d’excellentes relations avec le président Tshisekedi à Kinshasa. Et que répondez-vous à l’opposant congolais Martin Fayulu, qui dit que le Kenya n’est pas vraiment neutre, car il aurait des intérêts économiques forts dans l’exploitation à venir du Nord et du Sud-Kivu ? Je ne veux pas commenter les propos de Martin Fayulu. Bon, de toute façon, Martin Fayulu, il est sur une ligne dure. Par exemple, lui, il est pour le retrait pur et simple de la RDC de la Communauté est-africaine (EAC), il propose que le président Tshisekedi soit traduit en justice pour haute trahison parce qu’il a fait entrer le pays dans cette organisation. Donc là, je pense que ça relève quelque part de la posture politique. Et quels sont à votre avis les moyens de pression ou de persuasion dont dispose le Kenya pour convaincre le président rwandais Paul Kagame de retirer ce que la communauté internationale appelle son soutien militaire aux rebelles du M23 ? Je pense que le Kenya dispose d’un pouvoir de persuasion en tant que membre influent de l’East African Community [Communauté est-africaine, NDLR], c’est quand même le pays le plus fort sur le plan économique. Et le Rwanda, c’est un pays complètement enclavé qui dépend, pour ses importations et pour ses exportations, des ports d’autres pays, notamment le port kenyan de Mombasa au Kenya, et le port tanzanien de Dar es Salaam. Donc si tous les pays de l’East African Community sont d’accord [sur le principe] que le Rwanda devrait faire plus pour freiner l’ardeur du M23, et que, si cela n’était pas le cas, ils pourraient menacer le Rwanda de se trouver isolé au sein de l’East African Community, je pense que c’est un argument qui devrait parler aux Rwandais et au premier d’entre eux, le président Kagame. ►À écouter aussi : Décryptage - RDC: le retour du M23 aux portes de Goma
    12/2/2022
    8:13
  • Alseny Sall: «Ce procès est à la fois un espoir pour les victimes et un défi pour l'État guinéen»
    Depuis deux mois, ils sont onze accusés qui comparaissent au tribunal de Conakry pour le massacre, le 28 septembre 2009, de 157 personnes et le viol de plus de 100 femmes. Beaucoup sont dans le déni et ne se souviennent de rien. Mais un homme parle : c'est Toumba Diakité, qui était l'aide de camp du président guinéen Dadis Camara. Saura-t-on, grâce à lui, qui a donné l'ordre de cette tuerie ? Alseny Sall est le porte-parole de l'Organisation guinéenne des droits de l'homme (OGDH). En ligne de Conakry, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.   RFI: Plusieurs des onze accusés sont déjà passés à l'interrogatoire et notamment Toumba Diakité, l'ancien aide de camp de Dadis Camara, est-ce que son audition a permis d'avancer dans la connaissance de la vérité ? Alseny Sall: En tout cas, il fait partie de ceux qui ont fait des déclarations très fracassantes, qui ont donné des informations très claires, très précises, et le fait aussi pour lui de citer d'autres personnes qui seraient impliquées de près ou de loin dans la perpétration de ces évènements, pour nous aussi c'est une bonne chose. Donc il a donné de la matière au tribunal, par contre nous déplorons que certains accusés versent dans la négation, et refusent vraiment de donner toute la part de vérité dans cette affaire. Et peut-être, pensez-vous à l'ex-ministre Claude Pivi, à l'ex-ministre Thiégboro Camara et au neveu de l'ex-président Dadis Camara, à savoir Marcel Guilavogui ? Tout à fait, mais aussi le ministre de la Santé à l'époque des faits, le colonel Abdoulaye Chérif Diaby, donc évidemment nous avons constaté quand même qu'ils allaient dans une négation systématique des faits. Mais dans tout ça, ce qui est intéressant, c'est que nous constatons qu'il y a de l'incohérence aujourd'hui au niveau de la défense, les accusés commencent à s'accuser mutuellement entre eux, donc pour nous, ce sont quand même des bonnes choses pour comprendre davantage ce qui s'est passé. Alors les contradictions que vous soulevez, n'est-ce pas justement grâce au fait que Toumba Diakité, l'ancien aide de camp, a rompu le pacte de silence entre les accusés ? Tout à fait, et le fait qu'aujourd'hui on commence aussi à arrêter d'autres personnes qui seraient impliquées de près ou de loin par rapport à ces évènements. Tout ça pour nous contribuera à la manifestation de la vérité dans cette affaire. Donc il y a beaucoup d'acteurs qui sont impliqués, qui sont encore en liberté. Et quand vous dites que certains se contredisent par rapport à leur première déclaration, à qui pensez-vous en particulier ? Mais si vous constatez par exemple, il y a un avocat qui s'est déporté la semaine dernière, le vendredi, pour la défense du colonel Claude Pivi et du capitaine Marcel Guilavogui, tout simplement parce que ces deux accusés avaient des versions différentes des évènements. Oui, ces deux accusés sont dans le déni ? Exactement, ils sont dans le déni, mais aussi aujourd'hui ils ont une ligne de défense contradictoire. Alors l'accusé Toumba Diakité a tendance à charger les autres accusés, ça c'est la grande surprise de ce début de procès, mais en revanche il a tendance à s'exonérer de toute responsabilité et à dire au contraire que c'est lui qui a sauvé les dirigeants de l'opposition qui étaient à l'intérieur du stade, est-ce que tout cela n'est pas trop beau pour être vrai ? Justement, raison de plus, vraiment, de prendre du recul par rapport aux déclarations des uns et des autres. Donc il y a aussi les victimes qui viendront plus tard pour témoigner ce qu'elles ont vécu et vu au stade, afin qu'elles obtiennent justice dans cette affaire. Alors c'est vrai qu'on attend aussi le témoignage des victimes, et notamment des dirigeants de l'opposition qui étaient à l'intérieur du stade, on pense par exemple à Cellou Dalein Diallo et à Sidya Touré, le problème c'est que ces deux grandes personnalités sont à l'étranger et qu'elles ont peur de rentrer au pays et de se retrouver en prison sous le régime actuel. Tout à fait, comme vous savez, les victimes sont nombreuses, elles sont plus de 400 constituées pour confondre les accusés qui sont à la barre pour témoigner. Mais est-ce que vous souhaitez que, s'ils ne peuvent pas rentrer à Conakry, Cellou et Sidya puissent témoigner par un système vidéo ? Ça serait bien, parce que pour nous tout ce qui pourrait concourir à la manifestation de la vérité est nécessaire dans ce procès. Dans le box des accusés, il y a l'ancien président Dadis Camara, qui n'a pas encore été interrogé, qu'est-ce que vous attendez de son interrogatoire ? Ecoutez, monsieur Camara a été le président de la République, donc commandant en chef des forces armées, il y a des accusés qui l'accusent déjà, qui le chargent dans leurs déclarations, donc on attend pour qu'il vienne donner sa part de vérité par rapport à ce qui s'est passé. Mais s'il s'enferme dans le déni, comme Claude Pivi, comme Marcel Guilavogui, comme Thiégboro Camara, est-ce que la Cour ne risque pas de manquer de preuves et d'indices matériels, 13 ans après les faits, pour pouvoir le confondre ? Mais écoutez, on n'a pas encore commencé à discuter les pièces de la procédure, je vous apprends que la phase des pièces de la procédure viendra avec des vidéos à l'appui, donc tout ça, ça viendra. Donc c'est un procès qui va prendre bien sûr du temps. Notre souhait, c'est qu'il vienne faire ses déclarations, donner sa version des faits, mais s'il s'inscrit dans la négation, je pense que le tribunal aussi en tirera toutes les conséquences.
    12/1/2022
    7:32

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