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  • Invité Afrique - Climat: «Les intérêts nationaux priment hélas devant l’intérêt mondial», constate Gahouma Bekale
    La ville écossaise de Glasgow accueille à partir du dimanche 31 octobre, la COP 26, la Conférence de l'ONU sur le climat. Les défis sont énormes pour la planète. Les experts décrivent des changements climatiques qui risquent de devenir irréversibles et vont frapper de plein fouet les populations les plus fragiles. « Le temps de la négociation est fini, maintenant c'est le temps de l'action » interpelle le président du groupe africain des négociateurs à cette COP. Tanguy Gahouma Bekale est ce matin notre invité.
    10/28/2021
    5:03
  • Invité Afrique - J-M Abimbola: la restitution de ces oeuvres d'art béninoises «n'est qu'un début»
    26 œuvres d'art du Bénin sont exposées depuis mardi 26 octobre 2021 et jusqu’à dimanche 31 octobre 2021 au musée du Quai Branly à Paris. Emmanuel Macron inaugurera l’exposition cet après-midi. Le président français devrait confirmer à cette occasion que l’acte de transfert des œuvres sera signé le 9 novembre prochain à l’Élysée, en présence du président béninois Patrice Talon. Les pièces seront transférées dans la foulée à Cotonou. Comment les autorités béninoises se préparent-elles à cet événement ? Où seront accueillies les 26 œuvres à court, moyen et long terme ? Le ministre béninois de la Culture Jean-Michel Abimbola va participer ce mercredi à la cérémonie au Quai Branly. RFI : L’acte de transfert des 26 œuvres va être signé dans les prochains jours en présence des présidents Macron et Talon, quel est le sentiment qui vous anime à quelques jours de cet évènement, de la joie ? De la satisfaction ? Jean-Michel Abimbola : Cette information me donne une satisfaction relative parce que nous venons de franchir une étape décisive, historique, mais ce n’est qu’un début par rapport à cette coopération que nous avons voulu implémenter, que le gouvernement du Bénin et son président ont voulu avoir avec la partie française. Qu’est-ce que représente cette restitution pour la population béninoise ? C’est une étape dans la réappropriation de la culture béninoise, du patrimoine béninois, dans le fait de mettre la culture, l’art, et le patrimoine au cœur de notre développement. La requête pour la restitution des œuvres, ce n’est pas seulement sur une question de principe, c’est parce que c’est une question de développement, une question de coopération et que ces œuvres vont servir d’amorce et de pompe pour révéler le Bénin au monde, donc c’est une étape décisive dans la mise en œuvre du programme d’action du gouvernement béninois.  À quel moment les œuvres quitteront-elles Paris pour Cotonou ? Tout de suite après la signature de l’acte de transfert les formalités seront faites pour le départ des trésors du Bénin vers leur pays d’origine. Est-ce qu’il y aura une cérémonie à l’arrivée de ces œuvres pour fêter leur retour au pays 130 ans après ? Oui, bien évidemment, vous pensez bien que ces œuvres ne peuvent pas revenir au Bénin dans l’indifférence. Il est bien évident qu’à l’arrivée, pour symboliser le retour des œuvres, il va y avoir une série d’évènements. Les œuvres seront accueillies à l’aéroport de Cotonou. Elles iront en acclimatation pendant un ou deux mois. Et après la période d’acclimatation, nous allons avoir une série d’évènements, d’abord à la présidence de la république pour symboliser le retour au pays des œuvres. Après celles-ci seront à Ouidah, dans le Fort portugais, dans un premier temps dans la maison du gouverneur, en exposition temporaire jusqu’à ce que ces œuvres aillent dans leur écrin, qui est le Musée de l’épopée des amazones et des rois du Danhomè à Abomey, et ça, c’est à l’horizon 3 ans. Je crois que nous pourrons évidemment poursuivre cette politique qui est historique Avez-vous formulé d’autres demandes de restitution à la France ? Nous n’avions pas formulé de façon spécifique la demande de restitution pour les 26 œuvres, nous avons formulé une demande de portée générale. Nous avons réclamé, nous avons souhaité, et ça a été acté dans le programme de travail commun, un inventaire pour que nous soyons de part et d’autre mieux informés et voir comment nous pouvons programmer la poursuite de cette coopération. La sculpture du Dieu Gou, par exemple, c’est une pièce que vous avez réclamée déjà à la France ? Oui, vous le savez, bien évidemment nous avons réclamé cette pièce emblématique. Nous continuons de discuter avec la partie française et nous ne désespérons pas de trouver des accords dans les prochains mois, dans les prochaines années. Pas seulement pour le Dieu Gou, mais y compris pour d’autres pièces. Vous savez bien qu’il ne s’agit pas de 26 œuvres ou de 30 ou de 50, nous sommes bien au-delà, mais nous avancerons de façon intelligente avec nos partenaires français. Après avoir discuté ensemble, je crois que nous pourrons évidemment poursuivre cette politique qui est historique et c’est le lieu de féliciter le président Patrice Talon et bien évidemment le président Emmanuel Macron. ►À lire aussi : Les œuvres de l'ancien royaume du Dahomey exposées à Paris avant leur restitution au Bénin
    10/27/2021
    3:39
  • Invité Afrique - À Madagascar, «à cause de la sécheresse, plus d'un million de personnes sont au bord de la famine»
    Le dérèglement du climat risque-t-il de devenir l'un des pires dictateurs du XXIe siècle ? L'ONG Amnesty International sonne en tout cas l'alarme, à l'approche de la COP 26 à Glasgow. Dans un rapport, elle montre comment, dans le sud de Madagascar, la sécheresse prive les populations de leurs droits les plus élémentaires. Sabine Gagnier, Responsable du programme protection des populations à Amnesty International France, appelle les dirigeants mondiaux à agir pour réduire les émissions de CO2 et aider les populations affectées par ce changement climatique. RFI : Quels sont les témoignages que vous avez rassemblés sur la situation dans le sud de Madagascar ? Sabine Gagnier : Le sud de Madagascar a subi quatre épisodes consécutifs de sécheresse qui ont anéanti les récoltes et qui ont entravé l’accès des populations à la nourriture. Le dernier épisode de sécheresse en date a commencé en novembre 2020 et il s’est poursuivi jusqu’en janvier 2021. Il y a plus d’un million de personnes qui sont au bord de la famine. Nous avons eu plusieurs témoins qui nous ont dit avoir perdu des enfants en bas âge à cause de la sécheresse que le pays est en train de subir actuellement. Ce qu’on constate et qui a été confirmé par les données scientifiques, c’est que sur les cinq dernières années, les précipitations ont été en chute drastique, donc le pays a manqué d’eau, ce qui a eu une conséquence dramatique sur les cultures. Dans ce contexte de sécheresse et de crise alimentaire, est-ce que la communauté internationale se mobilise assez ? Depuis les premiers signaux d’alerte, on trouve que la communauté internationale n’est pas assez réactive pour apporter une aide humanitaire d’urgence, il y a encore des gens qui se nourrissent de cactus… Ce qu’il faut faire aujourd’hui face à ce constat dramatique à Madagascar, c’est qu’il faut apporter une aide humanitaire au pays de toute urgence… mais ce n’est pas seulement une question humanitaire, il y a vraiment un problème et une responsabilité en matière de crise climatique. Il se trouve que ce sont les pays industrialisés qui ont une responsabilité historique dans les émissions de gaz à effet de serre, donc il faut que les pays les plus riches et industrialisés apportent une aide humanitaire d’urgence, mais aussi agissent sur la crise climatique elle-même et s’engagent à réduire au maximum les émissions de gaz à effet de serre. ►À lire aussi : C'est pas du vent – Comment faire changer l'agroécologie d'échelle sur le continent africain ? Pourquoi est-ce qu’Amnesty International s’implique dans la question du changement climatique ? Quels sont les liens que vous établissez entre changement climatique et droits humains ? Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’il y a un effet « domino ». En fait, la crise climatique a des conséquences dramatiques sur les droits humains. S’il y a une sécheresse, les populations ne peuvent plus se nourrir puisque les terres ne sont plus fertiles. Si les populations ne peuvent plus se nourrir, il y a un impact sur le droit à la vie, et ensuite il y a des séries de conséquences sur le droit à l’éducation puisque les enfants qui survivent ne peuvent même plus aller à l’école le ventre vide, le droit à l’eau, à l’assainissement, et donc la crise climatique, c’est une crise des droits humains. Ne pas agir contre la crise climatique, c’est une violation de droits humains Vous avez cette formule dans votre rapport : vous appelez tous les pays à s’engager lors de la prochaine COP en faveur d’objectif de réduction des émissions de CO2 à la fois « ambitieux », et « respectueux des droits humains ». Ne pas limiter les émissions de CO2, c’est violer d’une certaine manière les droits humains ? Ne pas agir contre la crise climatique, c’est une violation de droits humains puisque la crise climatique a des impacts sur les droits de l’homme directement. Ça fait des années que la communauté scientifique et la société civile interpellent les gouvernements sur ce sujet du réchauffement climatique, et on le sait les conséquences deviennent de plus en plus dramatiques. Les conséquences se font déjà sentir sur les pays les plus pauvres et les populations les plus défavorisées, c’est un phénomène mondial et il est vraiment temps de réagir. Quel est le message d’Amnesty international aux responsables qui participeront à la COP26 ? On les appelle à s’engager en faveur d’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour absolument maintenir l’élévation de la température moyenne de la planète en dessous de 1,5 °C. Il faut aussi que les dirigeants s’engagent à abandonner rapidement les énergies fossiles, parce qu’on sait qu’elles sont responsables d’effets désastreux et d’émissions de gaz à effet de serre conséquentes, et il faut qu’ils arrivent à mettre en place un mécanisme mondial pour soutenir les personnes dont les droits sont affectés.   ►  Le rapport d'Amnesty International (en français, anglais ou malgache) est disponible sur le site de l'ONG.
    10/27/2021
    3:45
  • Invité Afrique - Soudan: «Une mobilisation est urgente pour pousser les militaires à revenir en arrière»
    Le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan, a dissous hier, lundi 25 octobre 2021, les autorités de transition. Le Premier ministre Abdallah Hamdok et des membres de son gouvernement ont été arrêtés. Pourquoi ce coup de force ? Comment le bras de fer entre civils et militaires peut-il évoluer ? Le chercheur Jérôme Tubiana, spécialiste du Soudan, est l’invité de Laurent Correau. RFI : Qu’est-ce qui a poussé les militaires à effectuer ce coup d’État, selon vous ? Jérôme Tubiana : Difficile de le dire, mais il est clair que beaucoup de militaires n’étaient pas très heureux de la perspective d’une transition vers un pouvoir de plus en plus civil et démocratique. Ils se sentaient notamment menacés par la réforme des services de sécurité. Ils se sentaient menacés par la perspective qu’il y ait des actions de justice soit au niveau international à la Cour pénale internationale pour les crimes commis au Darfour depuis 2003, soit au Soudan même, notamment l’enquête sur la répression des manifestants précédemment menée en 2019, qui pouvait mettre en cause beaucoup plus de gens, Hemeti notamment, mais aussi des dirigeants importants de l’armée. Les réformes économiques menées par le gouvernement Hamdok se heurtaient à la volonté des militaires de conserver leurs propriétés économiques, parce que l’armée soudanaise et d’autres parties de l’appareil sécuritaire soudanais sont aussi des propriétaires très importants d’un certain nombre d’entreprises. Pour autant, je ne trouve pas que les circonstances soient particulièrement favorables pour faire un coup, puisqu'il y a eu il y a quelques jours des manifestations de soutien au gouvernement civil qui ont été importantes. Ce conflit entre civils et militaires a été présent dès les négociations, avant même la constitution des autorités mixtes   Quand diriez-vous que le rapport de force entre civils et militaires a commencé ? Est-ce qu’il a démarré dès août 2019, dès la signature au Friendship Hall de Khartoum de la déclaration constitutionnelle, ou est-ce qu’il y a eu une période de cohabitation sans tensions, pourrait-on dire, entre les deux camps ? À mon avis, ce rapport de force, ce conflit entre civils et militaires a été présent dès les négociations, avant même la constitution des autorités mixtes de transition civilo-militaire, mais il a été disons moins visible non du fait d’une bonne entente, du fait d’abord que beaucoup d’acteurs civils et militaires n’étaient pas forcément très forts et donc avaient intérêt à s’entendre entre eux, ou en tout cas à masquer leurs conflits. ►À lire aussi : Entretien - «Depuis le début, les militaires ne voulaient pas des civils dans la transition» au Soudan Il y avait aussi d'autres conflits internes aux civils et internes aux militaires qui paraissaient jusque-là plus importants, c’est en particulier le cas du conflit entre al-Burhan, le chef de l’armée régulière et son adjoint Hemeti qui lui est le chef d’un groupe paramilitaire. Al-Burhan souhaitait plutôt contrôler les forces paramilitaires les forces de soutien rapide d’Hemeti, donc il y avait évidemment une compétition entre eux. Aujourd’hui, ils semblent être unis, et il est probable qu’il y ait une entente entre al-Burhan et Hemeti qui ait rendu possible ce coup de force, c’est seulement dans les toutes dernières semaines qu’ils sont apparus à peu près sur la même ligne. De quelle manière est-ce que ce qui s’est passé fin septembre, une supposée tentative de coup d’État dénoncé par l’armée, a contribué à aggraver la crise entre civils et militaires ? Civils et militaires se sont jetés à la figure des accusations de responsabilité quant au coup ou de faiblesse. Les militaires ont déjoué le coup, mais il y a aussi une autre interprétation qui circule depuis à Khartoum, qui est que les militaires ou en tout cas une partie d’entre eux ont fait une sorte de « test » de coup. Est-ce que le test a été positif ? Pas vraiment puisqu’il a été suivi par des mobilisations massives de soutien au gouvernement Hamdok et aux civils. Pour autant, visiblement en tout cas, les militaires ont considéré qu’il était possible aujourd’hui de faire un coup. Justement le bras de fer entre civils et militaires s’illustre dans la rue depuis la mi-octobre, depuis qu’on a vu des manifestants hostiles au gouvernement d’Abdallah Hamdok monter leur tente devant le palais présidentiel à Khartoum. Est-ce qu’effectivement la population est partagée dans ce bras de fer, ou est-ce qu’elle soutient plutôt les forces pour la liberté et le changement, c’est-à-dire la composante civile de la transition ? Je ne pense pas que la population soutienne les forces pour la liberté et le changement en soi, parce qu’elles ont beaucoup déçu, et qu’elles représentent l’élite plutôt que la population générale, mais la population soutient certainement les comités de résistance qui sont vraiment le véritable fer de lance de la révolution de 2019, parce que ce sont des comités qui sont implantés dans des quartiers, qui sont véritablement des représentants de la population, plus que les politiciens. Il est vraiment urgent, sans doute qu’il y ait une mobilisation Est-ce que les comités de résistance dont vous parliez à l’instant sont susceptibles de se mobiliser dans le cadre d’un bras de fer entre civils et militaires dans les jours qui viennent ? Je pense qu’ils vont se mobiliser à l’évidence et que ça risque d’être une mobilisation très forte. On peut espérer que les militaires fassent preuve de suffisamment d’intelligence et de retenue pour ne pas se livrer à une répression violente. Par le passé en 2019, il y a eu des phases de répression violente dans la rue notamment lors du massacre du 3 juin, mais aussi à d'autres moments de la retenue qui a permis justement les négociations. Donc là il est vraiment urgent, sans doute qu’il y ait une mobilisation et que ce soit une mobilisation qui pousse les militaires à faire pression sur les militaires pour qu’ils remettent la transition sur les rails, qu’ils reviennent en arrière simplement et qu’ils se remettent à la table des négociations avec les civils, pour constituer un gouvernement civilo-militaire. ►À lire aussi : Analyse - D'un équilibre politique précaire au coup d'État au Soudan
    10/26/2021
    4:40
  • Invité Afrique - Abderrahmane Sissako: «Le comité de sélection du Fespaco a visionné plus de 1000 films»
    Au Burkina Faso, le Fespaco 2021 a refermé ses portes ce samedi 23 octobre à Ouagadougou. C’était la 27e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision. Le grand prix, l’étalon d’or de Yennenga, a été attribué au réalisateur somalien Ahmed Khadar pour son film « La femme du fossoyeur ». Malgré les risques (pandémie de Covid-19, questions de sécurité, …), le Fespaco s’est bien déroulé. Le cinéaste et producteur mauritanien Abderrahmane Sissako, président du jury dans la catégorie Long métrage, est l’invité de Guillaume Thibault, notre envoyé spécial au Burkina Faso. RFI: Pourquoi ce film vous a tant marqué, pourquoi La femme du fossoyeur a gagné le grand prix du Fespaco 2021 ? Abderrahmane Sissako : La Femme du fossoyeur raconte certes une souffrance de gens démunis, ce sont les fossoyeurs, qui attendent que quelqu’un meurt pour gagner un peu. C’est dramatique. Mais, ce sont des gens dignes qui ont une force et une honnêteté.  Et La Femme du fossoyeur c’est l’histoire d’une femme malade qui va mourir et son mari qui se bat, qui se bat pour elle, pour l’amour et le film a touché le jury. Tout cela est raconté avec une grande simplicité, mais avec une grande beauté. Ce film est joué par des gens qui ne sont pas des acteurs. Cela a été quelque chose d’important et d’extraordinaire. Malheureusement, le réalisateur du film Ahmed Khadar n’était pas présent à Ouagadougou. Est-ce que vous le connaissez un petit peu, est-ce que vous pouvez nous le présenter ? Non, malheureusement. C’est son premier film et c’est quelqu’un que je ne connais pas et que je ne connaissais pas. J’ai découvert son travail et c’est quelqu’un de très talentueux et j’ai vu qu’il a la passion du métier. Il a une forme de maîtrise, parce qu’un premier film aussi touchant et aussi émouvant, c’est très rare. Je serais très ravi de le rencontrer. On est dans « quelque chose d’exceptionnel » justement ? Oui. Et dans la force des films, la force. D’abord, il faut savoir que le comité de sélection a visionné plus de 1 000 films. C’est énorme, il y a aussi les films de la diaspora. L’Etalon d’argent est un film porté par l'haïtienne Gessica Généus, Freda est un film magnifique, digne aussi. Tous les films ont ce côté de la souffrance racontée dignement. C’est quelque chose que j’ai beaucoup ressenti. On peut l’évoquer, on en avait parlé avant quand on était dans le secret justement de vos délibérations, et vous me nous disiez, on a eu entre membres du jury des discussions magnifiques, justement parce qu’il y avait de la qualité et qu’il y avait des belles choses… Parce que la beauté d’un palmarès vient d’une forme de cohésion d’un jury. Moi, j’ai eu la chance de travailler avec 6 autres personnes. Nous étions 7. Des gens qui ne viennent pas toujours du cinéma. Et quand on prend quelqu’un comme A’Salfo, Salif Traoré, le leader du groupe musical Magic System, qui est la fierté du continent africain, un des plus grands musiciens de notre continent, mais qui a une sensibilité extraordinaire. J’ai été surpris du regard qu’il porte sur les histoires. C’est quelque chose qui m’a beaucoup touché. Travailler avec une femme, une grande chorégraphe, Germaine Acogny, danseuse, qui a une grande sensibilité. Trois femmes dans le jury, c’est bien aussi. C’est l’air du temps, les femmes prennent leur place, ne cherchent plus à ce que l’on leur donne une place. Elles s’imposent par leur aura, elles s’imposent par le travail. Et donc, quand on discute avec tant de personnes magnifiques, c’est d’abord passionnant de le faire, la délibération devient plus simple, le palmarès, à mon avis, plus juste. Vous parlez toujours des autres. Vous, c’est une fierté d’avoir porté ce Fespaco jusqu’au bout ? C’était important pour moi d’accepter de présider ce jury malgré la situation sécuritaire difficile ici au Burkina en particulier, et au Mali aussi. C’est un moment important pour défier, accompagner ce peuple burkinabè, pour le soutenir dans le choix d’honorer le cinéma, coûte que coûte, malgré la pandémie, malgré l’insécurité. Le Burkina a fait ce travail. Donc, c’est très important pour un cinéaste de venir et de défendre, et de ne pas avoir peur. Je dis, je suis honoré d’avoir été choisi pour cela et je suis fier que le peuple burkinabè a tenu de façon extraordinaire. De plus en plus, on nous isole en parlant de la peur. Lorsqu’on défie la peur de cette façon et qu’on vient, tous ceux qui sont venus sont pour moi des gens courageux. Ils viennent de plusieurs pays d’Afrique, mais d’Europe aussi. Et ça, c’est courageux lorsqu’on est capable de se positionner de cette façon. C’est un sacré beau message d’espoir collectif que vous avez su créer justement avec cette diversité. Cela annonce peut-être des jours meilleurs et cela donne de l’espoir ? Il faut véritablement que l’art, le cinéma soient un vecteur important pour le politique et il faut que le politique soit de plus en plus conscient. Et je crois que c’est ce qui se fait lorsque deux présidents assistent et donnent l’Etalon d’or.
    10/25/2021
    4:51

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