BPM - Bonnes Pulsations du Monde

Dernier épisode
108 épisodes
- Avec Next, son quatrième album, Kendra Morris signe son disque le plus personnel. Imaginé en grande partie dans son appartement de Brooklyn, il mêle soul, doo-wop, reggae et pop dans un parcours intime pensé comme un jeu de société. Rencontre avec une chanteuse et productrice américaine dont la voix semble venue d'une autre époque et qui a fait de la sincérité et des imperfections le cœur de sa démarche artistique.
Depuis une quinzaine d'années, Kendra Morris construit une œuvre singulière, nourrie de soul, de doo-wop, de rocksteady, de reggae et de pop. Compositrice, productrice mais aussi artiste visuelle, l'Américaine puise autant dans les harmonies des girls groups des années 60 que dans l'héritage du Brill Building, où sont nés quelques-uns des plus grands classiques de la pop américaine, ou de la Factory d'Andy Warhol, laboratoire de la scène artistique new-yorkaise.
Avec Next, elle livre son disque le plus autobiographique, enregistré à partir de maquettes réalisées chez elle, à Brooklyn, avant de prendre sa forme définitive en studio avec son groupe.
Pour donner forme à cet album, Kendra Morris a imaginé un jeu de société. Un plateau, des directions à suivre, des cases où l'on s'arrête un instant avant de repartir ailleurs.
Au printemps 2026, juste avant son concert parisien au New Morning, je lui ai donc proposé d'entrer dans la partie : un dé, quelques portes à ouvrir et un parcours qui nous mène de la discothèque de ses parents, bande-son de son enfance en Floride, aux premières maquettes enregistrées dans son appartement de Brooklyn. L'occasion de remonter le fil de ses influences et de découvrir sa manière d'écrire, de composer et de produire ses chansons.
Une rencontre où il est question de vérité, d'imperfections, de création... et de ces chansons qui, parfois, semblent annoncer ce que l'on n'a pas encore vécu.
Pour suivre Kendra Morris
YouTube / Instagram / Site
Titres diffusés
Extraits de Next (Karma Chief Records / Colemine Records – 2025) : "In My House" ; "Flat Tire" ; "If I Called You" ; "Back With Me" ; "Something In Common" ; "Don't Wanna Be Happy" ; "Bill Go Nowhere" ; "Dear Buddy" ; "After Midnight"
Extraits de Nine Lives (Karma Chief Records / Colemine Records : "Keep Walking" ; "Got Me Down" ; "Drag On"
Journaliste : Hortense Volle
Réalisation : Benjamin Sarralié
Mixage 3D en Dolby ATMOS pour une écoute immersive au casque : Camille Roch
Responsable d'unité de production FMM – RFI Labo : Xavier Gibert - Figure majeure de la scène musicale africaine contemporaine, le sud-africain Bongeziwe Mabandla fait partie de ces artistes capables de provoquer une émotion immense avec presque rien. Sur Ndingubani (« Qui suis-je ? »), son cinquième album et le plus personnel à ce jour, il chante les départs, les métamorphoses et les chemins que l'on emprunte pour devenir soi-même. Rencontre au nord de Paris, où il vit aujourd’hui.
Né il y a une quarantaine d’années dans la région rurale du Cap-Oriental en Afrique du Sud, Bongeziwe Mabandla chante principalement en isiXhosa, sa langue maternelle, et construit depuis plus de dix ans une œuvre singulière à la croisée de la folk, de la soul et des traditions africaines.
De sa voix à la fois douce et puissante, habitée, presque céleste il explore, disque après disque, les questions d’identité, de mémoire et de transformation.
Après Umlilo (« Le Feu »), Mangaliso (« Le Miracle »), iimini (« Les Jours ») et amaXesha (« Les Temps »), il revient avec Ndingubani — «Qui suis-je ?« Une question qui sert de point de départ à cette rencontre enregistrée à la terrasse du Hasard Ludique, dans le nord de Paris, où il s'est installé récemment.
On y entend les bouleversements d'un homme en mouvement qui évoque le sentiment d'appartenance, les femmes qui l'ont construit, à commencer par sa mère, la dépression, l'acceptation de soi et la force de continuer malgré les doutes.
Une rencontre sensible avec un artiste qui transforme les grandes questions de l'existence en chansons lumineuses.
Pour suivre Bongeziwe Mabandla
YouTube / Instagram / Facebook
Titres diffusés
Extraits de Ndingubani (Black Major – 2026) : «Ndingubani» ; «Kude» ; «Yalwa» ; «Zama» ; «Walila» ; «Ndikhulule» ; «Ukuyeka» ; «Ndinje» (feat Blick Bassy); «Makuyiwe».
Extraits de amaXesha (Bongeziwe Mabandla / Black Major – 2023) : «xesha (i)» ; «xesha (ii)» ; «xesha (iii)».
Extraits de Mangaliso (Universal Music – 2017) : «Intro» ; «Philakanzima» ; «Ndokulandela» ; «Wena».
Avec aussi : «Why is it so hard ?» de Charles Bradley x Menahan Street band (2011).
Journaliste : Hortense Volle
Réalisation : Benjamin Sarralié
Mixage 3D en Dolby ATMOS pour une écoute immersive au casque : Jérémie Besset
Responsable d'unité de production FMM – RFI Labo : Xavier Gibert. - Chanteuse, percussionniste et compositrice vénézuélienne installée en France, Rebecca Roger Cruz développe une musique à la croisée des mondes, entre traditions afro-vénézuéliennes, musiques anciennes et création contemporaine. Avec Río Abajo, son premier album solo, elle explore un univers où sa voix circule comme l’eau, entre les rives, les langues et les mémoires. Rencontre au Babel Music XP (Marseille) avec une artiste pour qui chanter, c’est aussi apprendre à se laisser porter.
Née à Caracas, au Venezuela, Rebecca Roger Cruz grandit dans une ville de contrastes, entre nature luxuriante et agitation urbaine. Une géographie singulière, marquée par la présence toute proche — mais invisible — de la mer, séparée de la capitale par une chaîne de montagnes. Un paysage fondateur, dont les images, les sons et les odeurs irriguent encore aujourd’hui sa musique.
Très tôt, la musique s’impose comme une évidence. Elle est partout : dans l’espace public, dans les bus, dans les fêtes, dans la voix de sa mère. Une pratique vivante, collective, instinctive, qui façonne son rapport au chant.
À l’adolescence, elle se passionne pour le rock avant de se tourner vers le chant lyrique et les musiques anciennes. Une formation exigeante, qui ouvre chez elle un vaste champ de recherche autour de la voix — envisagée comme un espace d’expérimentation, traversé par les émotions, les textures et les héritages.
Installée en France depuis une douzaine d’années, elle multiplie les projets, notamment avec Parranda La Cruz, un quatuor de voix et de percussions entre Venezuela et La Réunion, où la musique devient transe, mouvement et célébration collective.
Avec Río Abajo, son premier album solo, Rebecca Roger Cruz affirme une écriture très personnelle, à la croisée des traditions afro-vénézuéliennes, du baroque et de la chanson. Un disque profondément traversé par l’élément eau — rivières, pluies, larmes, océans — comme un fil entre deux territoires, deux temps, deux vies.
Au cœur de cet album, une expérience intime : celle de l’exil. Comme l’oiseau migrateur qu’elle évoque dans ses chansons, Rebecca Roger Cruz interroge le départ, l’absence, la transformation. Et fait de la musique un espace de réparation, de circulation et de lien.
Je l’ai rencontrée à Marseille, au Babel Music XP, où son concert — habité, intense, précis — a marqué les esprits.
Un moment suspendu, à l’image de sa musique : toujours en mouvement, entre deux rives,
Pour suivre Rebecca Roger Cruz
YouTube / Instagram / Facebook
Titres diffusés
Extraits de Rio Abajo (Airfono Publishing – 2025) : « DIABLXS »; « Rio Abajo »; « Abreme la puerta Juana »; « Sol de Luna Llena »; « Aguacero »; « O Let Me Weep »; « Intro Reencuentro de Aves »; « Alcaravan » ; « Llamarme Mar »; Esteros » ; « Destino de la Noche»
Extraits de Parranda La Cruz du groupe Parranda La Cruz (Lamastrock – 2023) : « In Zourné »; « Sirena »; « Sanación » ; « Tonada de Tacarigüita ». - Comédienne, chanteuse au tempérament de rockeuse et militante, Meral Polat est née aux Pays-Bas dans une famille originaire du Kurdistan. Portée par des musiciens de haut vol, sa musique — entre rock anatolien, Afrobeat et blues — fait dialoguer mémoire, spiritualité et luttes contemporaines. Une rencontre aussi bouleversante qu’éclairante avec une artiste à l’énergie tellurique, à la ville comme à la scène.
Née à Amsterdam, dans une famille kurde-alévie originaire de Dersim, dans l’est de l’actuelle Turquie, Meral Polat a grandi entre deux mondes : la liberté des Pays-Bas et la mémoire d’un territoire traversé par la violence, la résistance et l’exil.
Comédienne, Meral Polat a longtemps porté les mots des autres, au théâtre et au cinéma, avant de laisser toute la place à la musique.
Dans ses deux albums, elle tisse les langues et les héritages.
Le premier, Ez Kî Me — « Qui suis-je ? » en kurde — explore l’intime, la mémoire et la spiritualité de ses montagnes du Kurdistan, dans une couleur presque bluesy.
Avec le deuxième, Meydan, « la place », en turc, sa voix devient collective et combative. Dans un mélange de rock anatolien psychédélique, d’Afrobeat nigérian et de blues malien, elle y affirme une idée simple : la liberté n’a de sens que si elle se partage.
Une fois n’est pas coutume, nous nous sommes retrouvées dans l’intimité d’un studio de RFI pour parler de voix, de mémoire, de transmission et de résistance.
La musique de Meral Polat me touchait sans que j’en mesure encore toute la profondeur. Notre rencontre m’en a révélé l’évidence.
Pour suivre Meral Polat
YouTube / Instagram / Facebook
En cette année 2026, Meral Polat est en tournée dans toute l’Europe (Pays-Bas, Belgique, Allemagne, etc) accompagnée de Chris Doyle (guitare, clavier), Jens Bouttery (batterie) et Lisa Lukaszczyk (claviers, voix, percussions).
En France, elle sera en concert le 27 mars à Cholet et, entre le 27 juin et le 20 juillet, sur la scène navigante du Canal du Midi du Festival Convivencia.
Titres diffusés
Extraits de Meydan (W.E.R.F. Records – 2025) : "Meydana Ge" ; "Govend" (feat. Mola Sylla) ; "Çenek" ; "Boyun eğmem" ; "Xwedawendno" ; "Dost"
Extraits de Ze kî Me (Meral Polat Trio – 2022) : "Hoş Geldin" ; "Ez Kî Me" ; "Elqajiyê" ; "Bile Bile" ; "Gel Dedi" ; "Diya" ; "Benem" ; "Parca Parca"
Avec aussi un titre de l’artiste nigérian feu Ebo Taylor, auquel Meral Polat a choisi de rendre hommage : "Love and death" - Chanteuse catalane capable de passer du folk au jazz et du flamenco au classique sans jamais donner l’impression de se disperser, Sílvia Pérez Cruz a fait de sa voix, tour à tour vibrante ou enivrante, un espace de liberté. Pour BPM, quelques jours avant son premier Olympia, celle qui est aussi musicienne, auteure et compositrice, accepte de traverser ses disques comme on traverse une vie : intensément.
Sílvia Pérez Cruz est née et a grandi dans les collines de l’Empordà, sur la Costa Brava. Un territoire catalan entre Méditerranée et contreforts des Pyrénées, où la musique entre très tôt dans sa vie : lors de veillées familiales d’abord, puis par l’apprentissage du piano à cinq ans, de la guitare et du saxophone à sept.
Elle a douze ans quand, dans un bar catalan, elle monte sur scène aux côtés de son père. Pour la première fois, elle ressent cette connexion immédiate avec le public — quelque chose de fort, presque physique. Elle comprend alors que chanter, pour elle, n’est pas un choix, mais une nécessité.
Adolescente puis étudiante en musique, elle se frotte à tous les styles avec une curiosité presque insatiable, multiplie les groupes — jusqu’à onze formations en parallèle — avant de se lancer dans une carrière solo à 28 ans.
De 11 de novembre (2012), né à un moment où se croisent le deuil de son père et l’expérience de la maternité, à Toda la vida, un día (2023), vaste fresque en cinq mouvements enregistrée entre l’Espagne, le Mexique, l’Argentine et Cuba, en passant par à Granada (2014), un album de reprises conçu avec le guitariste et producteur barcelonais Raül Refree où elle confronte sa voix aux mémoires collectives : son parcours dessine une trajectoire libre et exigeante.
Bien entourée ou en solo, avec ses propres chansons ou en s’emparant de celles des autres, Sílvia Pérez Cruz cherche toujours la même chose : l’émotion juste. Chez elle, interpréter n’est jamais reproduire : c’est recréer, déplacer, incarner.
Je l’ai rencontrée à l'Institut Cervantes, à Paris, un lieu dédié à la langue et aux cultures espagnoles et hispano-américaines. Ensemble, nous avons parlé de transmission, de mémoire et de présence — et de cette conviction qui traverse toute son œuvre : la voix, pour elle, est bien plus qu’un instrument. C’est une manière de se comprendre et d’habiter le monde.
En concert à l'Olympia de Paris le dimanche 8 mars 2026
Pour suivre Sylvia Perez Cruz
YouTube / Instagram / Facebook
Titres diffusés
Singles : "Moreno" (2026) ; "Capitana" (2024) ; "Pastores" (2024)
Extraits de Lentamente (El Pez Cruz / Sony Music – 2024) avec Juan Falù : "La Nochera"
Extraits de Toda la vida, un dia (Sony Music / El Pez Cruz – 2023) : "Estrelas e raiz" (feat MARO & Tita Payes) - Mov.5 : Renacimiento ; "El teu nom" - Mov.5 : Renacimiento ; "Nombrar es imposible" (feat Roly Berrio, Marbis Manzanet) - Mov.5 : Renacimiento
Extraits de Farsa (género impossible) (El Pez Cruz / Sony Music - 2020) : "Grito Pelao" ; "Tango De La Via Lactea" ; "Futuras Madres Del Mundo"
Extraits de Vestida De Nit (Silvia Perez Cruz / Sony Music – 2017) : "Tonada De Luna Llena" ; "Mechita" ; "La Lambada (Chorando Se Foi)" ; "Vustida De Nit"
Extraits de Granada (Silvia Perez Cruz / Sony Music - 2014) avec Raül Refree : "Hymne A L'Amour" ; "Corrandes D'Exili" ; "Puerto Montt Esta Temblando" ; "Companero (Elegia A Ramon Sije)"
Extraits de 11 De novembre (Silvia Perez Cruz / Sony Music – 2012) : "11 De Novembre" ; "O Meu Amor E Gloria" ; "Lietzenburgerstrasse 1976" ; "Folegandros"
À propos de BPM - Bonnes Pulsations du Monde
BPM – Bonnes Pulsations du Monde (ex SessionLab), c’est une conversation en toute intimité au cœur des musiques et de leurs créateurs. Hortense Volle s’invite chez un artiste ou sur les itinéraires familiers qui sont ceux de son inspiration, le temps d’une rencontre qui mêle sa vie à son œuvre. Podcast original en audio 3D. Réalisation : B. Sarralié. Mixage en Dolby Atmos pour une écoute immersive au casque : J. Besset. Responsable d'unité de production RFI Labo : X. Gibert. Diffusion le dimanche à 14h10 TU.
Site web du podcast