PodcastsReligions du monde

Religions du monde

Religions du monde
Dernier épisode

69 épisodes

  • Visite du pape Léon XIV en Afrique : quels enjeux ?

    12/04/2026
    Le pape Léon XIV se rend en visite apostolique du 13 au 23 avril 2026 en Algérie, au Cameroun, en  Angola et en Guinée équatoriale. Pourquoi le pape Léon XIV a-t-il choisi l’Afrique pour son premier grand voyage apostolique (après la Turquie et le Liban, puis Monaco) ?
    C’est le continent où la progression des catholiques est la plus grande, avec plus de 280 millions de fidèles (sur 1,4 milliard dans le monde), et une forte dynamique spirituelle, mais où les églises pentecôtistes et de réveil se développent en concurrence avec l’Église catholique.
    Un continent riche en ressources naturelles, source de conflits et d'inégalités, qui encaisse les conséquences des changements climatiques, les migrations, où les tensions politiques et économiques sont fortes, un thème qui tient Léon XIV à cœur, très attaché à la justice sociale.
    Le Vatican mise sur sa diplomatie de neutralité pour dialoguer avec des régimes autoritaires tout en apportant aux populations un soutien moral et spirituel, en évitant toute récupération politique.
    Quels sont les enjeux du voyage de Léon XIV en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale ?
    Léon XIV va parcourir 18 000 km en onze jours, prononcer onze discours et célébrer sept messes.
    D’abord, l’Algérie, pays à 99% musulman, sera pour la première fois visitée par un pape. Dans ce pays ouvert sur la Méditerranée et porte de l’Afrique, Léon XIV ira soutenir la petite communauté catholique, rencontrer les Algériens, créer des ponts entre chrétiens et musulmans. Il marchera à Annaba sur les traces de Saint-Augustin, son père spirituel et père fondateur du christianisme. Il rendra hommage aux 19 martyrs catholiques, dont les moines de Tibhirine, tués il y a tout juste 30 ans pendant la guerre civile.
    Au Cameroun, qui a déjà connu trois visites pontificales, le pape Léon XIV place son voyage sous le signe de la paix et de la réconciliation, à Yaoundé et à Douala, mais surtout à Bamenda, au cœur d'une des régions anglophones où le conflit dure depuis dix ans. Le pape Léon XIV apportera son soutien à la population fragilisée par une situation économique et politique tendue et à une Église catholique dynamique dans la région.
    En Angola, pays lusophone riche en pétrole et en diamants où le catholicisme est très ancré, Léon XIV se rendra au sanctuaire marial de Muxima, mais aussi à Saurimo au cœur de la région diamantifère et auprès des populations qui subissent les tensions sociales et politiques, à un an des élections générales. Une visite avec un enjeu diplomatique aussi : l’implication de l’Angola comme médiateur dans des conflits en Afrique, notamment l’est de la République démocratique du Congo, une démarche que soutient le Vatican.
    Enfin en Guinée équatoriale à près de 90% catholiques, gouvernée depuis 1979 par le même président autoritaire, le pape entend soutenir les fidèles sans pour autant cautionner le régime, un exercice d’équilibriste que pourrait permettre la diplomatie vaticane.
     
    Invités :
    Pierre Diarra, théologien, d’origine malienne, docteur en Histoire des religions et anthropologie religieuse, membre du dicastère au Vatican sur le dialogue interreligieux
    Jean-Claude Angoula, prêtre spiritain, originaire du Cameroun, docteur en sociologie et en théologie, professeur à l'Institut catholique de Paris et directeur de publication de la revue Spiritus
    François Mabille, directeur de l’Observatoire géopolitique du religieux, chercheur associé à l’IRIS, l’Institut de relations internationales et stratégiques, chercheur au CNRS – GRSL (Groupe sociétés religions laïcités) à l’EPHE (École pratique des hautes études).
    Entretiens :
    Cardinal Jean-Paul Vesco, franco-algérien, archevêque d’Alger
    Louis Sémé Nkolo, prêtre camerounais fidei donum au diocèse de Nanterre, rattaché pour quelques années en France, professeur de Théologie à l’université catholique de Paris
    Nadeige Ngo Nlend, professeure d’Histoire à l’université de Douala, spécialiste en Histoire des civilisations et religions contemporaines, auteure de Dynamique de transculturation du christianisme : l'expérience du missionnaire protestant Jean-René Brutsch au Cameroun (1946-1960) aux Éditions Karthala (2019).
    Correspondance d’Eric Sénanque au Vatican à Rome.
    Éclairage sur l’Angola avec Cristiana Soares, journaliste au service lusophone de RFI.
  • Pessah et Pâques sous tension

    05/04/2026
    Cette année, les fêtes de Pâques catholique et Pessah, la Pâque juive, tombent la même semaine. Qu’on soit en France, loin des conflits, ou dans un pays du Proche-Orient au plus près de la guerre, comment célébrer ces fêtes importantes pour les croyants alors que le fracas des armes rend la paix impossible à atteindre ?
    Vous entendrez dans cette émission de nombreux témoignages, Laurent Berros, le Grand rabbin de Sarcelles (« Pessah, c’est revenir à l’essentiel et essayer de voir la lumière qui est autour de nous »), ainsi que des fidèles de la synagogue ; des fidèles chrétiens maronites à la cathédrale Notre-Dame du Liban Paris (« Il ne nous reste plus que la prière »), mais aussi un long entretien avec Mgr Maroun Ghafari, curé de la paroisse d’Aalma el Chaab au sud Liban (« En tant que chrétiens du sud, nous passons en ce moment par le tunnel de la mort, nous portons actuellement notre croix, nous espérons la fin de cette terrible guerre ») et le témoignage sur la longueur du curé de Gaza, le père Gabriel Romanelli (« Je vis dans l’un des pires endroits du monde et pourtant je ne peux pas rester silencieux »).
     
    Entretien avec le père Gabriel Romanelli, curé de la paroisse catholique de la Sainte-Famille à Gaza, qui témoigne du quotidien de Gaza dans le livre Les ruines et la Lumière (Éd. du Rocher, avril 2026) avec le journaliste au Figaro, ancien correspondant à Jérusalem, Guillaume de Dieuleveult.
    Entretien avec Mgr Maroun Ghafari, chorévêque maronite et curé d’Aalma el Chaab, village chrétien près de la frontière sud qui a été forcé à évacuer par l’armée israélienne le 10 mars 2026.
    Reportage à Paris lors de la célébration des Rameaux à la cathédrale Notre-Dame du Liban 
    Reportage à Sarcelles, au nord de Paris, auprès de fidèles de la Grande synagogue et de Laurent Berros, Grand rabbin de Sarcelles et du Val-d’Oise
    Témoignages recueillis par Clémentine Méténier « Une histoire juive, 2000 ans de liens entre Rhône et Alpes » au musée dauphinois.
  • L’islam après l’exil, une histoire religieuse de l’immigration

    29/03/2026
    L’islam après l’exil : une histoire religieuse de l’immigration, c’est le titre du dernier ouvrage de Hamza Esmili, socio-anthropologue du religieux, qui s’est plongé pendant plusieurs années au cœur des banlieues de Paris, notamment Clichy-sous-Bois où, en octobre 2005, deux jeunes, Zyed et Bouna, sont morts électrocutés après une poursuite de la police, un événement dramatique qui avait déclenché des émeutes dans plusieurs villes de France. 
    Hamza Esmili a enquêté auprès des jeunes générations nées en France pour comprendre comment depuis les années 1980, elles se sont réapproprié la religion musulmane, héritée de leurs parents ou de leurs grands-parents venus du Maghreb. Loin des clichés, et de façon dépassionnée, Hamza Esmili nous offre une plongée dans ces cités reléguées à la marge, où la piété individuelle l’emporte sur le collectif.
     
    Invité :
    Hamza Esmili, socio-anthropologue du religieux, maître-assistant à l’Université de Lausanne en Suisse, auteur de La cité des musulmans – une piété indésirable (éditions Amsterdam, 2025) ; L’islam après l’exil – une histoire religieuse de l’immigration (éditions du Seuil, 2026).
  • Isabelle Le Bourgeois, religieuse ignatienne, psychanalyste, à l’écoute de l’autre

    22/03/2026
    « On doit sortir de ce silence qui nous est imposé, à nous, les femmes ». Écouter l’autre, ses rêves mais surtout ses blessures, ses souffrances, ses appels à l’aide, c’est le quotidien d’Isabelle Le Bourgeois, religieuse et psychanalyste, qui a longtemps été aumônier de prison. Ancienne femme d’affaires, engagée en religion depuis 1981 à l’âge de 36 ans, Isabelle Le Bourgeois nous reçoit dans sa congrégation des Sœurs Auxiliatrices à Paris.
    Depuis plusieurs années, Isabelle Le Bourgeois a publié de nombreux ouvrages centrés sur l’écoute de l’autre, une écoute des personnes « dans les marginalités de l’humanité », au cœur de son métier de psychanalyste, mais aussi de son rôle en tant qu’aumônier de prison pendant 14 ans à Fleury-Mérogis en banlieue de Paris où elle a accompagné des détenus dont certains ont commis des crimes très graves (viols, crimes de sang). « Je suis passionnée par l’humain » nous dit Isabelle Le Bourgeois, qui pose cette question : « Pourquoi sommes-nous capables d’un bien infini et d’une horreur absolue ? »
    Écouter les bourreaux dans des lieux de privation de liberté, comme Ryan en prison, cité dans son dernier livre « J’aurais tant voulu… » (Éd. Albin Michel, 2026), qui « aurait tant voulu être un type bien ».
    Écouter les victimes, notamment celles qui ont subi des agressions sexuelles ou des abus spirituels, des phénomènes d’emprise dans l’Église catholique contre lesquels elle s’insurge de façon virulente en tant que femme, religieuse, investie dans l’Église catholique. Des abus qu’elle évoque en profondeur dans tous ses ouvrages dont « Vivre avec l’irréparé » (Éd. Albin Michel, 2024), qui fait référence à ces traces des souffrances et blessures intérieures. « La source ne s’est pas tarie, qu’est-ce qui fait que ces abus continuent ? » demande-t-elle.
    Et sur la répartition des rôles au sein de l’Église catholique entre les hommes et les femmes, Isabelle Le Bourgeois insiste : « on doit sortir de ce silence qui nous est imposé, à nous, les femmes ».
    Malgré tout, Isabelle Le Bourgeois conclue toujours ses livres sur l’espérance, cet interstice qui fait tenir l’humain même dans les moments les plus sombres.
     
    Invitée :
    Isabelle Le Bourgeois, religieuse auxiliatrice et psychanalyste, ancien aumônier de prison, autrice de « J’aurais tant voulu… » (Éd. Albin Michel, 2026) ; « Vivre avec l’irréparé » (Éd. Albin Michel, 2024) ; « Le Dieu des abîmes » (Éd. Albin Michel, 2020) ; « Espérer encore » (Éd. Desclée de Brouwer, 2006).
    Reportage en Irlande sur « Saint Brigitte » / Clémence Pénard.
  • Néochamanisme: l’engouement dans les sociétés occidentales

    15/03/2026
    À quoi se réfère le néochamanisme ? Ce qu’on appelle aussi les nouvelles spiritualités suscite un engouement particulier dans les sociétés occidentales depuis les années 1960 - 1980, avec une offre qui a explosé ces dernières années notamment après le Covid. (Rediffusion)
    Certains se réfèrent à des «pratiques spirituelles à visée thérapeutique» en utilisant des croyances de populations autochtones (chamanisme de Mongolie ou amérindien), pour répondre à un besoin de spiritualité, de sacré, de purification, pour réenchanter son existence, dans des sociétés de plus en plus sécularisées.
    Entretiens :
    Denise Lombardi, anthropologue, chargée de conférences à l’EPHE-PSL (École Pratique des Hautes Études), docteure associée au Laboratoire GSRL (Groupe Sociétés Religions et Laïcités), autrice de «Le néo-chamanisme. Une religion qui monte ?» (Éd. Cerf 2023) – Denis Lombardi dirige un séminaire sur le néochamanisme en tant que pratique thérapeutique et spirituelle dans l’Occident contemporain
    Laetitia Merli, anthropologue (docteure de l’EHESS - École des Hautes Études en Sciences Sociales de Paris), a mené des recherches de terrain pendant de longues années auprès de chamans mongols et sibériens, réalisatrice de documentaires, auteure et thérapeute transpersonnel
    Eric Marchal propose un accompagnement thérapeutique et psychologique, pratique le chamanisme contemporain avec des stages et des initiations depuis plus de 20 ans.

À propos de Religions du monde

Religions du monde traite de l’actualité des religions et croyances autour du monde, de sujets de société, la recherche spirituelle, la religion sur Internet, les pratiques religieuses... Des portraits nourrissent également cette émission présentée par Véronique Gaymard, diffusée le dimanche à 10h10 TU. Réalisation : Ludivine Amado.
Site web du podcast
Applications
Réseaux sociaux
v8.8.10| © 2007-2026 radio.de GmbH
Generated: 4/19/2026 - 12:03:32 AM