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  • Les drones ukrainiens frappent dans la grande profondeur du territoire russe

    23/05/2026
    Les 16 et 17 mai 2026, Kiev a lancé sur la Russie l'une de ses attaques les plus massives. Plus de 600 drones sont tombés sur la capitale, Moscou, mais aussi sur des zones qui se trouvent à plus de 1 700 kilomètres de la frontière ukrainienne. Les frappes ukrainiennes en Russie sont de plus en plus nombreuses et efficaces, et cela pourraient être une bascule.
    Situées à près de 2 000 kilomètres de l'Ukraine, les villes russes de Iekaterinbourg, Perm, Tcheboksary ont été touchées : des usines d'armement, des raffineries, des aérodromes attaqués dans cette région de l'Oural russe, qui se pensait jusque-là à l'abri de la guerre. Des frappes dronisées longue distance qui, pour les forces ukrainiennes, ont représenté quelques défis.
    Vincent Tourret, chercheur à l'Institut français des relations internationales (Ifri), explique : « Le premier défi, c'est tout simplement le nombre de drones en production pour atteindre ces distances-là. C'est augmenter la charge utile sur chaque drone. Réussir à avoir des appareils qui soient capables d'évoluer malgré les interférences électroniques russes. Et puis enfin, le problème est d'affaiblir suffisamment la défense anti-aérienne et antimissiles de Moscou pour passer de plus en plus. Les Ukrainiens, sur plus d'un an, on fait cet effort industriel, technologique et opérationnel, où petit à petit, ils ont grignoté les batteries et les radars situés en Ukraine, puis ensuite dans les régions limitrophes comme Belgorod ou la Crimée, et ont commencé à élargir les trous dans la raquette de la défense russe. »
    Amener la guerre dans le quotidien des Russes
    Ces frappes dans profondeur révèlent des failles béantes dans le dispositif de protection russe et provoque de fait des bouleversements stratégiques. Vincent Tourret poursuit : « Le niveau qui est le plus visible, celui stratégique, est d'amener la guerre dans la vie de tous les jours des Russes. C'est un des buts avoués de la stratégie ukrainienne. Mais là, ce qui est le plus intéressant et le plus important, c'est que jusqu'à maintenant, on avait une lutte ukrainienne avec les drones qui étaient dans l'infiniment petit, avec les FPV, les drones sur la ligne de front, et l'infiniment grand, donc les frappes sur les villes russes et les raffineries. Ce qui, maintenant, est en train de changer, c'est l'interdiction à portée moyenne – entre 50 et 100 kilomètres –, où les Ukrainiens ont désormais des drones efficaces pour aller frapper des centres de munitions, leur logistique, les zones de concentration, les bases, les garnisons. Et donc, il y a un vrai risque pour les Russes que les Ukrainiens arrivent à finalement asphyxier leurs efforts et à stabiliser le front, voire à reprendre l'initiative. »
    Un été 2026 possiblement décisif
    Si pour le moment, aucune inflexion n'a été observée côté russe, l'été est propice aux offensives et servira de test à la théorie de la victoire de chacun, souligne Vincent Tourret : « Les Russes sont restés sur l'idée selon laquelle ils peuvent user les forces ukrainiennes en les pressurisant jusqu'à ce qu'elles craquent. La théorie ukrainienne, inversement, c'est de se dire qu'ils peuvent mettre un coup d'arrêt suffisamment fort, détruire suffisamment des pointes d'offensives russes pour qu'il y ait une stagnation, voire une stabilisation du front. Et pour y parvenir, ils robotisent à outrance le front. Effectivement, cet été ces deux théories vont se répéter à forte puissance. »
    Après plus de quatre ans de guerre, l'été 2026 pourrait donc être décisif, avec pour bilan un possible épuisement des forces en présence.
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  • Le très long déploiement au Moyen-Orient du porte-avions Charles-de-Gaulle

    16/05/2026
    Le Charles-de-Gaulle se dirige vers la mer d'Arabie. Un « signal » selon lequel la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz. Si cette opération de réassurance au profit des navires de commerce voit le jour, la mission articulée autour du groupe aéronaval devrait nécessairement être longue. Les 1 800 marins du navire-amiral de la flotte française déjà en mer depuis bientôt quatre mois s'organisent pour rester mobilisés et garder le moral. 
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  • Des hélicoptères Tigre bientôt sur des frégates?

    09/05/2026
    Le porte-avions français Charles-de-Gaulle a franchi cette semaine le canal de Suez, il se dirige vers la mer d'Arabie qu'il devrait atteindre dans une semaine. Un « signal » que la coalition montée par Londres et Paris se tient prête à sécuriser le détroit d'Ormuz. Le porte-avions et son escorte sont en mesure d'agréger une coalition navale et pour piloter une opération de déconfliction dans le détroit, le groupe aéronaval pourrait aussi se doter de nouveaux moyens de défense.
    Et si la solution pour protéger une coalition navale, c'était le Tigre ? L'hélicoptère Tigre de l'armée de Terre a été testé en mars dernier aux Émirats arabes unis et, avec son canon de 30 mm et ses deux paniers de 22 roquettes, il s'est révélé véritablement efficace et dissuasif contre les drones iraniens. Alors, si la marine devait s'engager dans une opération de sécurisation d'Ormuz, elle souhaite avoir des Tigre à bord de ses frégates, indique l'amiral Thibault de Possesse. Il commande le groupe aéronaval et nous l'avons interrogé il y a une semaine sur le pont du Charles-de-Gaulle, qui se trouvait alors en Méditerranée orientale.
    « Récemment, on a validé, grâce aux efforts de la DGA [Direction générale de l'armement] et aux efforts de la marine et de l'armée de terre, l'emploi d'hélicoptères Tigre sur les frégates de la marine nationale, explique l'amiral. Et donc on est capable aujourd'hui de faire poser et de faire décoller depuis les frégates de la marine ces hélicoptères de combat qui sont armés et qui sont adaptés à l'interception des drones. Ils ont démontré aujourd'hui aux Émirats arabes unis leur efficacité face à ce type de menace. »
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    Les Tigre, un complément aux Rafale
    L'amiral Thibault de Possesse poursuit : « C'est un excellent complément [aux Rafale qui tirent, eux, des missiles Mica]. D'abord parce que c'est un peu moins cher. Mais surtout, ça permet d'avoir une couche de défense supplémentaire. Les Rafale sont au loin, les hélicoptères sont plus près et, en dernier recours, on a des bateaux d'escorte qui peuvent escorter soit le porte-avions, soit d'autres bateaux si c'est nécessaire, comme on le fait aujourd'hui dans Bab-el-Mandeb. »
    Si l'opération navale pour mettre fin au blocus voit le jour, il faudra être capable de rapidement déployer des moyens militaires pour empêcher d'éventuelles frictions. L'arrivée d'hélicoptères de combat de l'armée de terre sur les bateaux de la Marine nationale serait donc un gage de réassurance pour sécuriser les bâtiments civils, assure l'amiral Thibaud de Possesse. « Le retour des drones montre que les compétiteurs, les adversaires potentiels, essayent de nous prendre à contrepied et essayent de jouer des armes offensives de très bas coût pour qu'on s'épuise à dépenser des armes rares et très chères que sont nos missiles, surperformants par rapport à la menace, en réalité, analyse-t-il. Et donc nous, évidemment, on réagit et on ressort des armes moins chères qu'on a finalement dans notre arsenal. On essaye aussi de construire des drones anti-drones. »
    Des hélicoptères Tigre aussi pour le Charles-de-Gaulle ?
    « Alors poser un Tigre sur le Charles-de-Gaulle est assez simple, mais en réalité, ça n'a pas beaucoup d'intérêt parce qu'un porte-avions se tient très loin de la menace et donc un drone Shahed aujourd'hui aurait beaucoup de mal à trouver un porte-avions qui bouge par ailleurs, qui est loin de la menace, explique l'amiral. Et donc le guider sur un porte-avions, ça représente un défi très important. Il a quand même assez peu de chance de passer. »
    L'environnement des mers chaudes ne nécessite pas de mariniser les appareils. Les hélicoptères Tigre de l'aviation légère de l'armée de terre pourraient donc très prochainement embarquer et ce serait une véritable révolution tactique et opérationnelle.
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  • Islande: Keflavik, un verrou stratégique dans l'Arctique face à la Russie

    02/05/2026
    Redevenue un point névralgique de l'Alliance atlantique, la base aérienne de Keflavik accueille des rotations régulières d'avions alliés chargés de surveiller l'espace aérien islandais. Au cœur de l'Atlantique nord, l'Otan entend afficher sa présence face à la Russie.
    Sur le tarmac de la base aérienne islandaise de Keflavik, le lieutenant-colonel Arvidsson désigne un avion de chasse stationné dans un hangar. Le JAS 39 Gripen, fleuron de l'industrie de défense suédoise, fait partie des six avions déployés en février par Stockholm dans le cadre d'une mission de police du ciel de l'Otan.
    « C'est un avion multirôle. Vous avez là ce qu'on appelle un ''pod de désignation'' qui permet d'identifier des cibles : un autre avion ou des drones. On les détecte au radar, et si besoin, on les verrouille, détaille le militaire. L'avion est aussi équipé d'un canon de 27 millimètres intégré dans le fuselage. L'idée ici, c'est d'avoir une capacité d'autodéfense. »
    Une base redevenue stratégique depuis le départ des Américains
    Construite pendant la Seconde Guerre mondiale, la base de Keflavik a longtemps accueilli des forces américaines. Mais en 2006, Washington retire officiellement ses soldats d'Islande, laissant ce petit pays de 400 000 habitants – sans armée permanente – dépendre entièrement de ses alliés.
    Depuis, les États membres de l'Otan assurent par rotation la surveillance du ciel islandais. La Suède, devenue officiellement membre de l'Alliance en 2024, vient d'y effectuer pour la première fois une mission autonome.
    « Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept, deux appareils sont prêts à décoller, précise Robin Arvidsson. Si on détecte quoi que ce soit qui s'approche de l'Islande, comme des drones, on peut intercepter la menace. Jusqu'ici, nous n'avons pas eu à intervenir, mais on se tient prêts. »
    Vue de l'extérieur, Keflavik semble isolée, perdue dans des plaines balayées par les vents. Pourtant, la base occupe une position clé sur le couloir « GIUK » – une ligne imaginaire qui relie le Groenland, l'Islande et le Royaume-Uni. Contrôler ce couloir, c'est contrôler le passage entre l'Arctique et l'Atlantique Nord.
    Au cœur des rivalités dans l'Arctique
    « L'Islande n'a pas de forces armées, mais elle dispose d'une base parfaitement opérationnelle au cœur de la région arctique, résume le lieutenant-colonel Johan Legardt, commandant du détachement suédois. C'est la base la plus centrale de toute la région arctique, accessible à tous les alliés. »
    L'intérêt stratégique de l'Arctique s'est encore renforcé ces derniers mois. Les vues de Donald Trump sur le Groenland en début d'année ont replacé la région au centre des rivalités géopolitiques. Ressources minières, nouvelles routes maritimes rendues accessibles par la fonte des glaces, compétition militaire : les grandes puissances s'y repositionnent progressivement.
    « Notre présence est essentielle , insiste Johan Legardt. L'idée, c'est de montrer que si des bombardiers russes traversent cette zone, ils ne seront pas laissés sans surveillance. Notre présence sert à rappeler que l'Otan est là. »
    « Les Russes se déploient périodiquement dans la région, confirme Erlingur Erlingsson, chercheur à l'Institut des affaires internationales de l'université d'Islande. On a, en effet, pu observer des bombardiers, et il est certain que des sous-marins russes circulent dans la zone. Mais la présence alliée relève autant de la surveillance que de la dissuasion. »
    L'Islande, verrou de l'Atlantique nord
    Sans armée nationale, l'Islande reste entièrement dépendante de ses alliés pour sa sécurité. Jonas Allanson, chef d'état-major islandais, rappelle pourquoi l'île demeure indispensable au dispositif occidental : « La position clé de l'Islande, pour la sécurité de l'Amérique du Nord et de l'Europe, tient à une chose : ici, on peut surveiller tout le trafic maritime. »
    « ​​​​​​​On a déjà vu des accidents, ou en mer Baltique, des actes de sabotage sur des câbles sous-marins, indispensables pour nos communications, poursuit le responsable islandais. C'est pourquoi les Alliés travaillent ensemble : il faut surveiller ce fameux couloir stratégique et assurer la sécurité de l'Amérique du Nord et de l'Europe. »
    C'est pour renforcer ce dispositif que l'Otan a lancé en février la mission Arctic Sentry. Objectif : augmenter la fréquence des rotations aériennes alliées à Keflavik et maintenir une présence plus continue sur cette base devenue, à nouveau, l'un des principaux verrous stratégiques de l'Atlantique nord.
  • «La Légion étrangère, un outil de combat taillé pour la haute intensité»

    25/04/2026
    Chaque année, le 30 avril et le 1er mai, la maison mère de la Légion étrangère à Aubagne ouvre ses portes pour la cérémonie officielle de la bataille de Camerone. La Légion étrangère, qui représente 10% des effectifs de l'armée de terre française, est un corps d'élite réunissant en son sein 144 nationalités. Une troupe singulière, « taillée pour les combats de haute intensité », assure le général Cyrille Youchtchenko, commandant de la légion étrangère.
    RFI : À l'heure de l'hyperdronisation des conflits, à quoi sert encore un légionnaire ?
    Cyrille Youchtchenko : Un légionnaire, c'est un combattant avant tout, et il est utile dans tous les conflits. Puisqu'après avoir modélisé le terrain par l'arme aérienne ou par les drones, à un moment donné, il faut aller au choc, aller au combat. Et la Légion étrangère s'entraîne, comme l'ensemble de l'armée de terre, aux chocs les plus durs, aux combats les plus exigeants. La Légion étrangère a toujours cette utilité, car elle représente 10% de l'armée de terre aujourd'hui.
    D'ailleurs, vous avez pensé à la doctrine d'ouverture de théâtre ? C'était à l'époque de Serval, en 2013...
    Oui, j'ai travaillé, à un moment donné lors de mes passages en état-major, à la doctrine. Et effectivement, j'ai rédigé une version de l'engagement d'un groupement tactique interarmes en milieu semi-désertique, et cette réflexion sur l'engagement tactique au contact fait partie du travail d'un officier d'état-major.
    La Légion étrangère est une arme de combat largement déployée, puisqu'elle est par exemple présente en Estonie, et même au large du Liban...
    La Légion étrangère est effectivement une troupe combattante. En tout cas, c'est marqué dans la loi de 1831. Et la Légion étrangère répond aux impératifs que lui fixe l'armée de terre sur le déploiement opérationnel. Donc actuellement, il y a 1 050 légionnaires déployés sur 17 territoires différents, dont ceux que vous avez cités par exemple. Mais vous comprendrez que je sois relativement succinct sur le sujet.
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    Le chef d'état-major des armées, le général Fabien Mandon, a évoqué un choc possible face à la Russie d'ici la fin de la décennie. Quelles sont vos marges de manœuvre pour grossir très vite en cas de crise ?
    La Légion a la chance d'avoir bon an mal an 6 000 volontaires qui viennent se présenter à ses portes, 6 000 volontaires qui veulent servir en son sein. Et en fonction des impératifs de recrutement que me fixe l'armée de terre, je peux recruter jusqu'à 6 000 candidats. Mais actuellement, avec 10% de l'armée de terre, c'est-à-dire 9 600 légionnaires, aujourd'hui, j'estime que la Légion, en temps de paix, est à un volume tout à fait acceptable pour la France.
    Si la Légion doit grossir, ce serait pour des régiments d'infanterie ou des régiments d'appui ? Qu'est-ce qui vous manque le plus ?
    Si vous me laissez le temps de construire un régiment, je pourrais aller jusqu'à un régiment d'appui. Si vous me demandez de faire ça dans des très brefs délais, le plus simple pour la Légion étrangère, ce serait de créer un régiment d'infanterie. Nous avons actuellement plusieurs régiments d'infanterie, un régiment de cavalerie et deux régiments de génie au sein de la Légion étrangère. Créer des capacités supplémentaires nécessiterait des délais de formation que la Légion n'a pas en propre actuellement. Et donc, ça nécessiterait un peu plus de temps.
    Qui vient chez vous chaque année ?
    Sur les 6 000 volontaires qui se présentent, j'en recrute 1 100 chaque année. Et actuellement, j'ai 144 nationalités différentes. Et je pense qu'il n'y a pas un seul grand groupe linguistique qui ne soit pas représenté au sein de la Légion étrangère. Ce sont avant tout des volontaires.
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    C'est un défi, le recrutement ?
    Le recrutement est toujours un défi. Recruter en quantité, ça, c'est le premier défi. Le deuxième défi, c'est la qualité. Donc le taux de sélection est pour l'instant d'un sur cinq, ce qui est relativement bon, j'estime, pour la Légion étrangère. Et enfin, le troisième défi, c'est la diversité. Il ne faut pas que j'aie un groupe linguistique trop dominant. La Légion, c'est l'amalgame de toutes les nationalités, des 144 nationalités dont je vous ai parlé, avec une certaine proportion de Français, parce que le ciment de la cohésion de toutes ces nationalités, c'est le français. Et donc, j'ai un volume actuellement de 12% de Français, 27% de francophones, ce qui est relativement bon. Mais ça aussi, c'est un défi au quotidien.
    Ce vendredi 30 avril, vous allez célébrer la bataille de Camerone, qui fonde la Légion étrangère. La main en bois du capitaine Danjou, sa prothèse, sera portée par un ancien chef d'état-major, le général Burkhard. Ce n'est pas si courant ?
    La main du capitaine Danjou, qui remonte la voie sacrée le jour de Camerone, à Aubagne, symbolise le serment que le légionnaire fait de servir la France avec honneur et fidélité, de servir ses chefs et ses officiers qui incarnent la France – puisque nous, les officiers, nous sommes Français. Et j'ai demandé au général Burkhard de porter la main du capitaine Danjou cette année, parce qu'il sera accompagné aussi de deux sous-officiers emblématiques de la Légion étrangère, qu'on appelle les « maréchaux de Légion étrangère », parce qu'ils sont décorés de la Légion d'honneur. À eux trois, ils représentent toutes les opérations depuis la fin de la guerre d'Algérie jusqu'à nos jours. J'aime beaucoup ce symbole qui permet aux jeunes légionnaires de se reconnaitre en celui qui a commandé les opérations auxquelles il a participé. Le général Burkhard, par ses différentes fonctions, que ce soit comme lieutenant au 2e REP, ensuite à la 13e demi-brigade de Légion étrangère, puis ses fonctions au sein du ministère des Armées, a été notre chef. Il nous a emmenés au combat. Le voir remonter la voie sacrée va symboliser toutes ces opérations que l'on a menées. Avec une pensée pour nos camarades qui nous ont quittés, morts pour la France.
À propos de Lignes de défense
Dans un système globalisé, où les menaces prennent des formes de plus en plus variées, la chronique de Franck Alexandre vous plonge chaque semaine, au cœur des enjeux et des problématiques de défense et de sécurité du XXIème siècle. Les acteurs d’un monde militaire en mutation et les meilleurs observateurs des questions de Défense répondent à Franck Alexandre tous les dimanches matins dans sa chronique.
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