En Europe, les prix du maïs sont passés au-dessus du blé pour l'échéance de mars, ces derniers jours, à la bourse Euronext. Il n'y a que quelques euros de différence, mais depuis 2007, il est très rare que les prix s'inversent.
En 2007, la Bulgarie et la Roumanie, deux pays producteurs de maïs, sont entrés dans l'Union européenne. Depuis cette année-là, l'offre plus importante de grains jaunes a fait baisser les cours européens et le maïs a globalement toujours été plus bas que le blé.
Ce qui rebat les cartes aujourd'hui, c'est la chute des volumes roumains et bulgares disponibles à l'exportation, après une troisième année de sécheresse estivale. En face, le blé européen souffre de la fermeture du marché algérien et s'exporte moins au Maroc, car le pays privilégie les achats de blé argentin depuis quelques semaines.
Les exportations d'Ukraine à la traîne
Ce qui soutient les prix du maïs en Europe, c'est que l'Ukraine n'arrive pas à fournir autant que l'année dernière. L'Ukraine était le premier fournisseur de l'Union européenne sur la précédente campagne agricole avec près de six millions et demi de tonnes. À cette date, cette année, les importations n'ont atteint pour l'instant que deux millions et demi de tonnes.
Cette baisse est liée à la récolte qui est plus lente que d'ordinaire en Ukraine, et aux exportations qui sont à la traîne. De plus en plus d'armateurs refusent d'aller charger à Odessa après les récentes attaques sur des bateaux ukrainiens dédiés au transport de céréales. « On avait trouvé un semblant de fluidité dans les exportations depuis l'été 2022, mais la machine est aujourd'hui grippée », résume Damien Vercambre du cabinet Inter-Courtage. Résultat, les Européens n'importent pas autant de volumes ukrainiens que ce qu'ils voudraient. Ils ont compensé cette année avec du maïs brésilien, mais la période d'exportation du Brésil est maintenant terminée. Ils ont aussi acheté plus de maïs américain.
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Un record de production de maïs aux États-Unis
Les États-Unis ne manquent pas de maïs. La production américaine devrait battre un record. Et les stocks atteignent déjà 50 millions de tonnes, presque l'équivalent de la production européenne. Étonnamment, cette abondance n'a pas fait dégringoler les prix.
Les exportations sont dynamiques, la demande est là : « C'est souvent comme ça avec le maïs, explique Damien Vercambre, dès qu'il y a une bonne production quelque part, elle est tout de suite consommée, comme si les besoins étaient sans limite. »
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