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Chronique des matières premières

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  • La Chine se détourne de l'arachide africaine au profit de la sud-américaine

    28/04/2026
    C’est une saison compliquée pour l’arachide du continent africain : elle est devenue moins compétitive que l’arachide sud-américaine, et donc moins intéressante pour les acheteurs, en particulier pour la Chine, le premier importateur. Le pays s’est intéressé de très près, cette année, aux arachides d’Amérique latine.
    Le principal enjeu en Chine, c’est le prix, avant même le choix de la variété, car l’essentiel des arachides est transformé en huile. Les importateurs chinois, qui ont globalement peu acheté depuis octobre, se sont concentrés sur les producteurs qui offraient les plus bas prix et où il y avait de la disponibilité, relève le Service agricole N'kalô.
    La dernière récolte brésilienne a été très bonne et le pays a pu répondre à la demande. Ces derniers mois, le Brésil, comme l'Argentine, a vu exploser ses exportations d’arachides décortiquées et d’huile d’arachide vers l’empire du Milieu.
    Des fournisseurs africains moins présents
    Ce qui a défavorisé les arachides d’Afrique, c’est aussi tout simplement qu'elles ont été moins présentes sur le marché. Traditionnellement la Chine s’approvisionnait au Soudan, or la guerre a perturbé les flux. Depuis octobre dernier, pas une arachide n'a quitté le Soudan pour la Chine, selon les données de N’Kalô. La saison dernière – 2024/2025 –, le pays avait pourtant vendu à son partenaire plus de 160 000 tonnes. 
    La Chine est généralement très active aussi au Sénégal, mais les autorités ont mis en place de mi-novembre à mi-janvier des restrictions à l’exportation pour privilégier leur industrie locale, ce qui a fait chuter les volumes sénégalais exportés. 
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    Le Brésil et l'Argentine, des partenaires plus « fiables » ?
    Il y a aujourd'hui un risque que la Chine se détourne durablement de l’Afrique au profit de l'Amérique du Sud. C’est en tout cas ce qui va se jouer dans les prochaines années selon N’Kalô. Les fournisseurs habituels ont été moins fiables et ont montré qu’ils pouvaient temporairement, pour des raisons différentes, ne plus exporter, alors que les ruptures d’approvisionnement en Argentine et au Brésil sont beaucoup moins probables, relève un des experts agricoles de l'organisation. Ce qui, d’un point de vue commercial, est un atout, surtout pour un gros acheteur comme la Chine.
    On observe un peu le même scénario dans le secteur du sésame. Le Brésil s’est mis à en produire depuis quelques années et grâce à des chaînes d’approvisionnement efficaces, le pays offre ainsi une forme de garantie aux acheteurs internationaux. Résultat, le géant d'Amérique latine a gagné des parts de marché auprès des importateurs indiens et chinois qui ont pourtant leurs habitudes au Nigeria et au Burkina Faso. L’avantage prix, offert généralement par l’Afrique, dans le sésame, perd même du terrain au profit de la sécurité des flux.
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  • Forte demande de la mangue ivoirienne, dans un contexte international défavorable

    26/04/2026
    La Côte d'Ivoire, premier exportateur ouest-africain de mangues vers l'Europe, démarre une campagne de commercialisation assez timide. Entamée le 28 mars, la campagne n'a pas encore trouvé un rythme intense. En cause, une relative baisse de la récolte, alors que le contexte international se complexifie.
    En cette année 2026, le prix bord champ de la mangue a été fixé à 2 450 FCFA par kilo (3,73€ environ) en Côte d'Ivoire. Les producteurs espéraient un prix plus élevé, mais le contexte international, marqué par la crise dans le Golfe, les pousse à la modération. 
    D'autant que sur le plan intérieur, la campagne commence timidement. Car la production est relativement faible. La cause : en décembre 2025, des pluies précoces ont perturbé le cycle du manguier. La floraison a été tardive. Cela a eu un impact sur le début de la campagne. Les acteurs de la filière misent désormais sur la seconde récolte qui démarre sous peu. 
    De leur côté, les exportateurs constatent une demande plus importante en raison de l'interdiction pour le Mali d'exporter ses mangues en Europe. « Il y a une hausse de 20 à 30%. On a une pression sur la quantité de mangues à livrer, c'est nouveau », affirme l'un d'eux.
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    Hausse des coûts du transport
    Concernant l'exportation de mangues bio, la période de commercialisation a été allongée de dix jours cette année. Problème : le fret coûte plus cher à cause du conflit en Iran. Certains exportateurs évoquent un surplus de près de 1 000 € sur chaque conteneur. Dans un tel contexte, « si le prix de vente de la mangue baisse trop, on ne va pas s'en sortir », affirme un exportateur. 
    L'année dernière, la Côte d'Ivoire a exporté 40 000 tonnes de mangues, principalement vers la France, la Belgique et les Pays-Bas. Sur la mangue conventionnelle, Abidjan ne parvient pas à compétir avec les mangues du Brésil et du Pérou. Les exportateurs ont notamment du mal à avoir des fruits qui ont une maturité optimale à l'arrivée. 
    Autre challenge : respecter les règles sanitaires, alors que la mouche des mangues est toujours présente. Une partie seulement des vergers a été traitée. Une proportion indéterminée de la production semble donc potentiellement exposée. Dans tous les cas, les usines disent appliquer les protocoles sanitaires et refoulent les productions piquées par cette maladie.
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  • Le prix des préservatifs pourrait flamber à cause de la guerre au Moyen-Orient

    23/04/2026
    La guerre au Moyen-Orient perturbe gravement les chaînes d'approvisionnement mondiales et aucun secteur n'est épargné. Après l'essence, les engrais et les produits alimentaires, le prix des préservatifs devrait à son tour augmenter dans les prochains mois.
    L'entreprise leader du secteur, Karex, a lancé l'alerte. Dans une interview à Bloomberg, son directeur général, Goh Miah Kiat, estime que le prix des préservatifs pourrait fortement augmenter dans les prochains mois, jusqu'à 30%. Une hausse directement liée à l'augmentation des coûts depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
    Le groupe malaisien, qui représente environ un cinquième de la production mondiale, évoque des hausses de 25 à 30% de ses coûts de production. Or, la fabrication de ces dispositifs médicaux est encadrée par des normes strictes, ce qui limite la capacité des producteurs à changer de recette du jour au lendemain.
    Hausse des prix issus de la pétrochimie
    Dans un contexte où le baril de pétrole oscille autour des 100 dollars, les produits issus de la pétrochimie ont enregistré des hausses de prix ces dernières semaines. L'huile de silicone, utilisée comme lubrifiant, a ainsi bondi de près de 30%, selon Bloomberg. Le prix du nitrile, un caoutchouc de synthèse particulièrement résistant et notamment utilisé pour la fabrication de préservatifs sans latex, a quant à lui doublé ces derniers mois, selon cette même source.
    Le caoutchouc naturel n'échappe pas non plus à cette tendance haussière. Selon le site Trading Economics, les acheteurs ont tendance à se reporter sur cette matière première lorsque le coût du caoutchouc synthétique augmente, ce qui contribue, à terme, à faire également grimper son prix.
    Enfin, les emballages sont également touchés. À la mi-avril, le cours de l'aluminium a atteint un pic à 3 672 dollars la tonne, son plus haut niveau depuis mars 2022.
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    Vers une pénurie ?
    Dans ce contexte, les consommateurs doivent s'attendre à une répercussion de ces hausses sur les prix de vente. Mais une autre question se pose : celle d'éventuelles pénuries. Car, en plus des tensions sur les chaînes d'approvisionnement qui ralentissent la production, la demande de préservatifs a augmenté d'environ 30% sur un an.
    Cette hausse s'explique notamment par la baisse du soutien de l'USAID, décidée par Donald Trump, qui tarit les stocks et contraint les organisations à se fournir directement sur le marché commercial.
    L'entreprise malaisienne Karex, qui fournit de grandes marques comme Durex, estime toutefois pouvoir maintenir sa production pendant encore deux à trois mois. Mais certains anticipent déjà des pénuries. En Chine, le hashtag « hausse des prix des préservatifs » est récemment devenu viral sur les réseaux sociaux, selon Reuters. De nombreux internautes appellent à faire des stocks, alors que les autorités chinoises ont mis en place une série de mesures pour tenter d'enrayer la baisse de la natalité.
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  • L'ail chinois, entre excès de production, pression sur les prix et incertitudes à l’export

    22/04/2026
    En Chine, premier producteur mondial d’ail, le marché traverse une mauvaise passe. Depuis plusieurs mois, les récoltes abondantes s’accumulent dans les entrepôts, les stocks gonflent et les prix chutent. Résultat : toute la filière est sous pression, et certains producteurs comme exportateurs sont contraints de vendre à perte.
    De notre correspondante à Pékin, 
    L’ail chinois n’a jamais été aussi abondant et paradoxalement, aussi peu rentable. Depuis plusieurs mois, le marché est saturé, conséquence directe de récoltes record et de stocks déjà élevés accumulés l’an dernier. 
    Résultat : les prix s’effondrent. Aujourd’hui, ils dépassent à peine les 2 yuans par demi-kilo – un niveau insuffisant pour couvrir les coûts de production de nombreux acteurs.
    Produire plus… au risque d’aggraver la crise
    Dans les grandes régions agricoles comme le Shandong, le Henan ou le Jiangsu, les surfaces cultivées ont encore augmenté. Une stratégie classique : produire plus pour compenser la baisse des prix. 
    Mais cette logique alimente en réalité le cercle vicieux de la surproduction. Même si certaines zones ont été pénalisées par les pluies et des rendements en baisse, la tendance nationale reste à la hausse.
    Face à cette offre pléthorique, la demande peine à suivre. Les entrepôts sont pleins, les volumes disponibles dès le printemps sont déjà importants, et la nouvelle récolte arrive.
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    Exporter à tout prix pour écouler les stocks
    Dans ce contexte, de nombreux exportateurs n’ont d’autre choix que de casser leurs marges, voire de vendre à perte, pour écouler leurs stocks. À l’international, la concurrence s’intensifie. La Chine reste ultra-dominante sur le marché mondial de l’ail, mais elle doit désormais se battre sur les prix.
    Certains opérateurs cherchent de nouveaux débouchés, notamment en Afrique, tandis que d’autres s’appuient sur des marchés plus stables comme la Russie. Les tensions logistiques en mer Rouge ou autour du canal de Suez compliquent aussi les exportations vers l’Europe, mais leur impact reste limité : l’essentiel des volumes part vers l’Asie.
    Au final, derrière ce produit du quotidien, c’est toute une filière agricole qui se retrouve fragilisée – prise entre excès de production, pression sur les prix et incertitudes à l’export.
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  • Au Sénégal, le gel des importations de bananes relance la production locale

    21/04/2026
    Le Sénégal avait espéré être autosuffisant en bananes en 2024, l'objectif est repoussé à 2029. En septembre dernier, pour soutenir sa filière locale, le pays d’Afrique de l’Ouest a pris une mesure inédite, interdire durant trois mois les importations du fruit jaune. Si ce gel a permis de booster la filière, il a aussi posé des problèmes en termes de respect des accords de libre-échange avec les pays de la région.
    De notre correspondante à Dakar,
    Les producteurs de banane sénégalais sont unanimes : pour une fois, presque aucune perte agricole n’a été enregistrée. Geler les importations de septembre à décembre, période correspondant aux mois de pic de production, a permis d’écouler l’ensemble des bananes locales. En trois mois, 25 000 tonnes de fruits jaunes ont été commercialisées à un prix stable, autour de 500 FCFA le kilogramme. Les revenus ont ainsi été conséquents pour les quelque 10 000 producteurs de la filière, atteignant 12 milliards 500 millions de FCFA, selon Babacar Sembène, directeur de l’Agence de régulation des marchés.
    Un autre chiffre illustre cette dynamique : si le Sénégal importait plus de 55 % de ses besoins en banane en 2021, cette part est tombée à moins de 20 % en 2025. Une évolution soulignée par Yahya Mamadou Sall, président du Collectif des producteurs de banane de Tambacounda, qui promet une autosuffisance d’ici à 2029.
    Si l’impact de cette mesure est sans conteste positif pour le secteur de la banane au Sénégal, le gel des importations a en revanche tendu les relations économiques avec les pays de la région. La Côte d’Ivoire, qui exporte chaque année environ 50 000 tonnes de bananes vers le Sénégal, a notamment pointé une possible violation des accords de libre-échange de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont Dakar est membre. Pour 2026, il faudra donc trouver une autre approche, assure Babacar Sembène. Le directeur de l’Agence de régulation des marchés promet de « prendre en compte les préoccupations des partenaires commerciaux de la sous-région ».
    Malgré ces avancées, la filière bananière sénégalaise doit encore relever des défis structurels. Parmi eux, « le manque d’organisation et la faiblesse du circuit de commercialisation », qui entraînent chaque année des pertes en raison d’un déficit de camions frigorifiques et d’espaces de stockage adaptés. Autre difficulté : assurer une présence constante de la banane sur les étals, douze mois sur douze. « Même si le potentiel est là », tempère Cheikh Ahmet Bassirou Sané, directeur de l’horticulture.
    La production bananière sénégalaise est toutefois en hausse depuis plusieurs années. En 2025, elle a atteint près de 120 000 tonnes, selon les données de l’Agence de régulation des marchés. Une tendance qui confirme la vitalité d’un secteur en pleine mutation, malgré les obstacles persistants.
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À propos de Chronique des matières premières

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.
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