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Chronique des matières premières

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  • Les cours du tungstène atteignent des records sur fond de réarmement

    30/04/2026
    Le marché du tungstène est de plus en plus serré et les prix battent des records. Ce qui tire les prix vers le haut, c'est une demande militaire de plus en plus forte pour ce métal réputé pour sa dureté et sa résistance à des températures élevées.
    Le tungstène est prisé par le secteur de la défense en raison de sa dureté et de sa résistance extrême à la chaleur : son point de fusion est le plus élevé de tous les métaux, 3 422 °C, ce qui permet aux composants qui en contiennent d'être ultra-résistants et de supporter des températures élevées sans se déformer.  
    Le tungstène est présent dans les blindages, les superalliages des moteurs des avions et surtout dans la plupart des munitions, explique Raphaël Danino-Perraud, chercheur associé à l'Institut français des relations internationales (Ifri). Avec plusieurs milliers de missiles utilisés, la guerre au Moyen-Orient est devenue un accélérateur des besoins en tungstène, des besoins qui pourraient augmenter cette année d'au moins 10 % pour le seul secteur militaire.
    L'offre chinoise toujours restreinte
    Cette demande pèse sur les prix car, du côté de l'offre, la Chine ne suit pas. Dans ce secteur, comme dans beaucoup d'autres, c'est l'empire du Milieu qui donne le ton. Le pays contrôle entre 75 et 80 % de l'approvisionnement, mais a mis en place l'année dernière plusieurs mesures de restriction à l'exportation. Ces limitations s'ajoutent au vieillissement des mines et au manque d'investissement qui a engendré une baisse de la production et « une pénurie structurelle d'approvisionnement en tungstène en Chine », selon Argus Media.
    Le décalage entre l'offre et la demande se traduit dans les prix : le produit issu du premier raffinage du minerai brut, le paratungstate d'ammonium (APT), s'affiche à 3 000 dollars la tonne, soit une hausse de 200 % depuis janvier et de 500 % en un an, selon Argus Media.
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    Des prix incitatifs pour le secteur minier
    Les prix actuels pourraient favoriser l'investissement et accélérer le développement ou la relance de plusieurs mines au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada.
    Les prix faciliteront peut-être également la montée en puissance d'une autre mine de tungstène, en Corée du Sud, qui vient d'être rouverte après une trentaine d'années d'inactivité.
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  • Le stress climatique aux États-Unis fait monter les cours du blé

    29/04/2026
    Les cours du blé ont grimpé à leur plus haut niveau depuis deux ans à la bourse de Chicago. Une hausse guidée par des préoccupations climatiques, sans lien direct avec la guerre au Moyen-Orient. Ce qui inquiète les marchés, c'est la situation aux États-Unis.
    La première estimation officielle sur les rendements sera communiquée le 12 mai, par le ministère américain de l'Agriculture (USDA), mais il est déjà acquis que les blés semés à l'automne dernier dans les grandes plaines céréalières du centre du pays ont subi plusieurs semaines de sécheresse, que les prochaines pluies ne suffiront pas totalement à gommer.
    Ces inquiétudes climatiques influencent aujourd'hui directement les prix, beaucoup plus que les soubresauts de la guerre au Moyen-Orient, qui, in fine, ont fait très peu bouger les lignes depuis deux mois. Si les prix réagissent autant, c'est notamment en raison du calendrier : c'est la période de la floraison pour les blés américains et le moindre mauvais signal suffit à faire réagir les cours. 
    Les marchés anticipent par ailleurs une prochaine récolte en baisse de 20 % en Australie – soit 29 millions de tonnes – selon le bureau australien de l'USDA, une réduction liée à la sécheresse croissante dans le pays et à la réduction des apports d'azote en 2026, selon un analyste de la Commonwealth Bank de Sydney. En face, la demande est plutôt bonne : l'Arabie saoudite vient d'acheter près d'un million de tonnes de blé à l'international. Un facteur de plus qui plaide pour des prix soutenus.
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    Le maïs suit la tendance 
    Cette hausse des cours du blé a déteint sur ceux du maïs. Le cours du grain jaune a atteint son plus haut niveau en un an. Dans les champs, le maïs aussi a subi des conditions extrêmes aux États-Unis, avec beaucoup trop d'humidité. Les opérateurs redoutent aussi un mauvais tour de la météo au Brésil. Les modélisations annoncent un temps beaucoup trop sec dans les régions productrices. 
    Cette hausse des cours du blé et du maïs, dans une moindre mesure, devrait avoir cependant une limite : celle imposée par les stocks mondiaux, constitués par les récoltes de 2025, qui avaient été exceptionnelles un peu partout dans le monde. Un bon niveau de stock est un indice rassurant pour les marchés et a généralement un effet modérateur sur les prix.
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    Le soja soutenu par les cours du brut
    Les oléagineux évoluent aussi dans une fourchette haute, mais pas pour une raison climatique. Les grains comme le soja répondent à une autre variable : le pétrole. Plus le brut grimpe, plus les biocarburants montent aussi et plus c'est un débouché intéressant pour les agriculteurs, mais en retour, cela crée de la tension sur les cours du soja.
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  • La Chine se détourne de l'arachide africaine au profit de la sud-américaine

    28/04/2026
    C’est une saison compliquée pour l’arachide du continent africain : elle est devenue moins compétitive que l’arachide sud-américaine, et donc moins intéressante pour les acheteurs, en particulier pour la Chine, le premier importateur. Le pays s’est intéressé de très près, cette année, aux arachides d’Amérique latine.
    Le principal enjeu en Chine, c’est le prix, avant même le choix de la variété, car l’essentiel des arachides est transformé en huile. Les importateurs chinois, qui ont globalement peu acheté depuis octobre, se sont concentrés sur les producteurs qui offraient les plus bas prix et où il y avait de la disponibilité, relève le Service agricole N'kalô.
    La dernière récolte brésilienne a été très bonne et le pays a pu répondre à la demande. Ces derniers mois, le Brésil, comme l'Argentine, a vu exploser ses exportations d’arachides décortiquées et d’huile d’arachide vers l’empire du Milieu.
    Des fournisseurs africains moins présents
    Ce qui a défavorisé les arachides d’Afrique, c’est aussi tout simplement qu'elles ont été moins présentes sur le marché. Traditionnellement la Chine s’approvisionnait au Soudan, or la guerre a perturbé les flux. Depuis octobre dernier, pas une arachide n'a quitté le Soudan pour la Chine, selon les données de N’Kalô. La saison dernière – 2024/2025 –, le pays avait pourtant vendu à son partenaire plus de 160 000 tonnes. 
    La Chine est généralement très active aussi au Sénégal, mais les autorités ont mis en place de mi-novembre à mi-janvier des restrictions à l’exportation pour privilégier leur industrie locale, ce qui a fait chuter les volumes sénégalais exportés. 
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    Le Brésil et l'Argentine, des partenaires plus « fiables » ?
    Il y a aujourd'hui un risque que la Chine se détourne durablement de l’Afrique au profit de l'Amérique du Sud. C’est en tout cas ce qui va se jouer dans les prochaines années selon N’Kalô. Les fournisseurs habituels ont été moins fiables et ont montré qu’ils pouvaient temporairement, pour des raisons différentes, ne plus exporter, alors que les ruptures d’approvisionnement en Argentine et au Brésil sont beaucoup moins probables, relève un des experts agricoles de l'organisation. Ce qui, d’un point de vue commercial, est un atout, surtout pour un gros acheteur comme la Chine.
    On observe un peu le même scénario dans le secteur du sésame. Le Brésil s’est mis à en produire depuis quelques années et grâce à des chaînes d’approvisionnement efficaces, le pays offre ainsi une forme de garantie aux acheteurs internationaux. Résultat, le géant d'Amérique latine a gagné des parts de marché auprès des importateurs indiens et chinois qui ont pourtant leurs habitudes au Nigeria et au Burkina Faso. L’avantage prix, offert généralement par l’Afrique, dans le sésame, perd même du terrain au profit de la sécurité des flux.
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  • Forte demande de la mangue ivoirienne, dans un contexte international défavorable

    26/04/2026
    La Côte d'Ivoire, premier exportateur ouest-africain de mangues vers l'Europe, démarre une campagne de commercialisation assez timide. Entamée le 28 mars, la campagne n'a pas encore trouvé un rythme intense. En cause, une relative baisse de la récolte, alors que le contexte international se complexifie.
    En cette année 2026, le prix bord champ de la mangue a été fixé à 2 450 FCFA par kilo (3,73€ environ) en Côte d'Ivoire. Les producteurs espéraient un prix plus élevé, mais le contexte international, marqué par la crise dans le Golfe, les pousse à la modération. 
    D'autant que sur le plan intérieur, la campagne commence timidement. Car la production est relativement faible. La cause : en décembre 2025, des pluies précoces ont perturbé le cycle du manguier. La floraison a été tardive. Cela a eu un impact sur le début de la campagne. Les acteurs de la filière misent désormais sur la seconde récolte qui démarre sous peu. 
    De leur côté, les exportateurs constatent une demande plus importante en raison de l'interdiction pour le Mali d'exporter ses mangues en Europe. « Il y a une hausse de 20 à 30%. On a une pression sur la quantité de mangues à livrer, c'est nouveau », affirme l'un d'eux.
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    Hausse des coûts du transport
    Concernant l'exportation de mangues bio, la période de commercialisation a été allongée de dix jours cette année. Problème : le fret coûte plus cher à cause du conflit en Iran. Certains exportateurs évoquent un surplus de près de 1 000 € sur chaque conteneur. Dans un tel contexte, « si le prix de vente de la mangue baisse trop, on ne va pas s'en sortir », affirme un exportateur. 
    L'année dernière, la Côte d'Ivoire a exporté 40 000 tonnes de mangues, principalement vers la France, la Belgique et les Pays-Bas. Sur la mangue conventionnelle, Abidjan ne parvient pas à compétir avec les mangues du Brésil et du Pérou. Les exportateurs ont notamment du mal à avoir des fruits qui ont une maturité optimale à l'arrivée. 
    Autre challenge : respecter les règles sanitaires, alors que la mouche des mangues est toujours présente. Une partie seulement des vergers a été traitée. Une proportion indéterminée de la production semble donc potentiellement exposée. Dans tous les cas, les usines disent appliquer les protocoles sanitaires et refoulent les productions piquées par cette maladie.
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  • Le prix des préservatifs pourrait flamber à cause de la guerre au Moyen-Orient

    23/04/2026
    La guerre au Moyen-Orient perturbe gravement les chaînes d'approvisionnement mondiales et aucun secteur n'est épargné. Après l'essence, les engrais et les produits alimentaires, le prix des préservatifs devrait à son tour augmenter dans les prochains mois.
    L'entreprise leader du secteur, Karex, a lancé l'alerte. Dans une interview à Bloomberg, son directeur général, Goh Miah Kiat, estime que le prix des préservatifs pourrait fortement augmenter dans les prochains mois, jusqu'à 30%. Une hausse directement liée à l'augmentation des coûts depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
    Le groupe malaisien, qui représente environ un cinquième de la production mondiale, évoque des hausses de 25 à 30% de ses coûts de production. Or, la fabrication de ces dispositifs médicaux est encadrée par des normes strictes, ce qui limite la capacité des producteurs à changer de recette du jour au lendemain.
    Hausse des prix issus de la pétrochimie
    Dans un contexte où le baril de pétrole oscille autour des 100 dollars, les produits issus de la pétrochimie ont enregistré des hausses de prix ces dernières semaines. L'huile de silicone, utilisée comme lubrifiant, a ainsi bondi de près de 30%, selon Bloomberg. Le prix du nitrile, un caoutchouc de synthèse particulièrement résistant et notamment utilisé pour la fabrication de préservatifs sans latex, a quant à lui doublé ces derniers mois, selon cette même source.
    Le caoutchouc naturel n'échappe pas non plus à cette tendance haussière. Selon le site Trading Economics, les acheteurs ont tendance à se reporter sur cette matière première lorsque le coût du caoutchouc synthétique augmente, ce qui contribue, à terme, à faire également grimper son prix.
    Enfin, les emballages sont également touchés. À la mi-avril, le cours de l'aluminium a atteint un pic à 3 672 dollars la tonne, son plus haut niveau depuis mars 2022.
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    Vers une pénurie ?
    Dans ce contexte, les consommateurs doivent s'attendre à une répercussion de ces hausses sur les prix de vente. Mais une autre question se pose : celle d'éventuelles pénuries. Car, en plus des tensions sur les chaînes d'approvisionnement qui ralentissent la production, la demande de préservatifs a augmenté d'environ 30% sur un an.
    Cette hausse s'explique notamment par la baisse du soutien de l'USAID, décidée par Donald Trump, qui tarit les stocks et contraint les organisations à se fournir directement sur le marché commercial.
    L'entreprise malaisienne Karex, qui fournit de grandes marques comme Durex, estime toutefois pouvoir maintenir sa production pendant encore deux à trois mois. Mais certains anticipent déjà des pénuries. En Chine, le hashtag « hausse des prix des préservatifs » est récemment devenu viral sur les réseaux sociaux, selon Reuters. De nombreux internautes appellent à faire des stocks, alors que les autorités chinoises ont mis en place une série de mesures pour tenter d'enrayer la baisse de la natalité.
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À propos de Chronique des matières premières

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.
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