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Chronique des matières premières

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  • Le pétrole du Venezuela attire les navires qui ne sont pas sous sanctions

    27/1/2026
    C'est une des conséquences indirectes de la mainmise de Donald Trump sur le pétrole vénézuélien : les navires de la flotte légale sont de plus en plus demandés. Qui dit demande, dit hausse des taux de fret.
    En prenant le contrôle des flux de brut du Venezuela, les États-Unis ont relancé le négoce de pétrole du pays. Le département du Trésor américain (OFAC) a donné une licence aux traders Vitol et Trafigura qui s'activent à trouver des navires pour acheminer le pétrole vénézuélien vers des raffineries situées sur la côte américaine du golfe du Mexique et vers l'Europe.
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    L'intérêt des négociants est d'autant plus grand que le pétrole vénézuélien est toujours vendu avec une décote et donc attractif. L'agence Bloomberg rapporte le cas d'un pétrolier qui a quitté mi-janvier le Moyen-Orient à vide pour relier en 45 jours le golfe du Mexique et se positionner en attendant des ordres. Ce mouvement vers le Venezuela fait craindre une moindre disponibilité de pétroliers sur d'autres routes et fait donc grimper les taux de fret, avec des hausses variables selon la capacité des navires.
    Changement de cap de la flotte fantôme
    Ce retour en grâce des navires de la flotte légale au Venezuela se fait au détriment d'autres pétroliers, ceux de la flotte fantôme. C'est un véritable retournement car le Venezuela était un maillon essentiel pour cette flotte de l'ombre, composée de navires rarement assurés, souvent vieillissants, et généralement sous faux pavillon. 
    Sur l'année écoulée, 180 pétroliers environ ont transporté du brut vénézuélien, selon Matthew Wright, analyste principal Fret au sein du cabinet de suivi maritime Kpler. Ils devront désormais trouver de nouveaux contrats, probablement en se tournant vers l'Iran – option la plus probable au vu du type de navires concernés, les Very Large Crude Carriers (VLCC), qui peuvent charger jusqu'à deux millions de barils –, et dans une moindre mesure vers la Russie.
    Pétroliers au rebut
    Des dizaines de navires de la flotte fantôme risquent cependant de se trouver sans pétrole à transporter, et comme la majorité d'entre eux sont trop vieux pour être éligibles au commerce de brut non sanctionné, il faut s'attendre à des mises au rebut dans les prochains mois, selon l'expert de Kpler.
    Logiquement, le prix de la location des navires qui opèrent dans l'illégalité devrait être tiré à la baisse, au fur et à mesure que la flotte légale va prendre le dessus au Venezuela.
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  • Exceptionnellement, le cours du maïs européen plus haut que celui du blé

    26/1/2026
    En Europe, les prix du maïs sont passés au-dessus du blé pour l'échéance de mars, ces derniers jours, à la bourse Euronext. Il n'y a que quelques euros de différence, mais depuis 2007, il est très rare que les prix s'inversent. 
    En 2007, la Bulgarie et la Roumanie, deux pays producteurs de maïs, sont entrés dans l'Union européenne. Depuis cette année-là, l'offre plus importante de grains jaunes a fait baisser les cours européens et le maïs a globalement toujours été plus bas que le blé.
    Ce qui rebat les cartes aujourd'hui, c'est la chute des volumes roumains et bulgares disponibles à l'exportation, après une troisième année de sécheresse estivale. En face, le blé européen souffre de la fermeture du marché algérien et s'exporte moins au Maroc, car le pays privilégie les achats de blé argentin depuis quelques semaines.
    Les exportations d'Ukraine à la traîne
    Ce qui soutient les prix du maïs en Europe, c'est que l'Ukraine n'arrive pas à fournir autant que l'année dernière. L'Ukraine était le premier fournisseur de l'Union européenne sur la précédente campagne agricole avec près de six millions et demi de tonnes. À cette date, cette année, les importations n'ont atteint pour l'instant que deux millions et demi de tonnes.
    Cette baisse est liée à la récolte qui est plus lente que d'ordinaire en Ukraine, et aux exportations qui sont à la traîne. De plus en plus d'armateurs refusent d'aller charger à Odessa après les récentes attaques sur des bateaux ukrainiens dédiés au transport de céréales. « On avait trouvé un semblant de fluidité dans les exportations depuis l'été 2022, mais la machine est aujourd'hui grippée », résume Damien Vercambre du cabinet Inter-Courtage. Résultat, les Européens n'importent pas autant de volumes ukrainiens que ce qu'ils voudraient. Ils ont compensé cette année avec du maïs brésilien, mais la période d'exportation du Brésil est maintenant terminée. Ils ont aussi acheté plus de maïs américain.
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    Un record de production de maïs aux États-Unis
    Les États-Unis ne manquent pas de maïs. La production américaine devrait battre un record. Et les stocks atteignent déjà 50 millions de tonnes, presque l'équivalent de la production européenne. Étonnamment, cette abondance n'a pas fait dégringoler les prix.
    Les exportations sont dynamiques, la demande est là : « C'est souvent comme ça avec le maïs, explique Damien Vercambre, dès qu'il y a une bonne production quelque part, elle est tout de suite consommée, comme si les besoins étaient sans limite. »
     
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  • L'Afrique du Sud surveille de près la production de noix de macadamia en Chine

    25/1/2026
    Si les ambitions agricoles de la Chine ne sont pas nouvelles, il y a une culture dont on parle peu et dont la production par le géant asiatique augmente fortement : celle de la noix de macadamia. La Chine fournit aujourd'hui plus de 20 % de l'offre mondiale, contre 3 % en 2016. (Rediffusion du 5 janvier 2026)
    La Chine ne fait pas qu'exporter la noix, elle la consomme aussi. Le pays était même jusque-là contraint d'importer de gros volumes, en particulier d'Afrique du Sud, car sa consommation dépasse largement sa production. La noix de macadamia reste encore perçue dans le pays comme un aliment haut de gamme, surtout prisé pendant les périodes festives, telles que le Nouvel An lunaire. Les volumes en constante augmentation devraient faire baisser les prix et augmenter la consommation. « Le marché chinois des fruits à coque présente un fort potentiel de croissance à long terme », résumait en novembre dernier le ministère américain de l'Agriculture (USDA) dans l'un de ses bulletins.
    Une production en hausse de 25 % par an
    Le nombre d'arbres plantés est en hausse depuis plusieurs années en Chine. Les autorités ont notamment soutenu le développement du secteur de la noix de macadamia via des subventions, mais aussi par la mise à disposition d'engrais, d'une aide à l'irrigation et de formations pour initier les agriculteurs à cette culture jusque-là peu pratiquée dans le pays, explique le Financial Times. La culture se concentre désormais à 70 % dans la région du Yunnan, à l'extrême sud-ouest du pays. 
    Les efforts ont payé : depuis six ans, la production augmente, en moyenne, de 25 % chaque année. La Chine est devenue le deuxième producteur mondial devant l'Australie et pourrait, en 2025-2026, produire 91 000 tonnes de noix en coque, soit 30 % de plus que l'année précédente, selon l'USDA, grâce notamment à une hausse de ses rendements. Le prochain objectif du pays est de dépasser l'Afrique du Sud, premier producteur mondial, qui a vu cette saison sa production baisser. 
    La Chine, premier client de l'Afrique du Sud
    Cette ambition inquiète sans surprise la filière sud-africaine, la Chine ayant acheté la moitié des exportations de la nation arc-en-ciel sur la dernière campagne, selon l'USDA. Avec une nouvelle production record, la Chine devrait donc diminuer ses importations durant la campagne agricole 2025-2026 qui court de septembre à août. Le pays sera par ailleurs en position de force pour discuter des prix, alors que l'Afrique du Sud n'a pas assez d'usines de décorticage et reste dépendante des commandes chinoises.
    L'industrie sud-africaine peut néanmoins se réjouir d'avoir gagné un acheteur de renommée internationale : le groupe Ferrero a jeté son dévolu sur l'origine sud-africaine pour mettre sur le marché une nouvelle tablette de chocolat fourrée à la crème de noix de macadamia. Un produit qui, s'il séduit les consommateurs, pourrait faire grimper en flèche les ventes de ce petit fruit sec rond devenu à la mode.
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  • Un gisement de chrome en Chine, entre promesse et prudence

    22/1/2026
    La Chine annonce la plus importante découverte de minerai de chrome dans le Xinjiang depuis près de quarante ans. Une trouvaille présentée comme stratégique, alors que Pékin cherche à réduire sa dépendance aux importations de métaux critiques dans un contexte de tensions commerciales mondiales.
    Le ministère chinois des Ressources naturelles affirme avoir mis au jour 20 corps minéralisés, c’est-à-dire 20 poches de roche riches en chrome, avec une teneur moyenne de 30,73% en chromite. Un niveau jugé significatif à l’échelle nationale, mais qui reste moyen sur le plan mondial, c’est ce qu’affirme Ohmin Zhao, expert du secteur chez Argus Media. Selon lui, « les grands producteurs comme l’Afrique du Sud, la Turquie ou le Kazakhstan exploitent généralement des minerais plus riches, souvent autour de 40% à 42% ». 
    Un gisement prometteur, mais encore flou
    Autre inconnue majeure : le volume total des réserves n’a pas été communiqué. Sans ces chiffres, impossible de savoir si le gisement pourra réellement modifier l’équilibre du marché. « Il faudra aussi connaître le calendrier de construction et de mise en production pour mesurer l’impact potentiel sur l’offre mondiale », selon l’expert.
    À court terme, la découverte ne devrait donc pas bouleverser la dépendance chinoise aux importations. La Chine reste le premier consommateur mondial de chrome, porté par son gigantesque secteur de l’acier inoxydable, indispensable à la construction, à l’automobile et aux infrastructures.
    Sur le terrain, les défis sont nombreux. Le Xinjiang souffre d’infrastructures encore limitées, de longues distances de transport pour les équipements lourds et de conditions climatiques extrêmes. Les hivers rigoureux peuvent retarder les chantiers, renchérir les coûts et ralentir l’extraction.
    Une annonce stratégique dans un marché sous tension
    Malgré tout, l’annonce est accueillie positivement par les acteurs du marché chinois. Elle intervient alors que certains fournisseurs clés, notamment l’Afrique du Sud – premier producteur mondial – envisagent de durcir leurs conditions d’exportation, via des taxes ou des licences. Pékin voit donc dans ce gisement un levier potentiel pour renforcer sa sécurité d’approvisionnement et améliorer sa position de négociation.
    Reste une question centrale : ce gisement est-il un simple signal politique ou un véritable tournant industriel ? Tout se jouera désormais sur un point : la taille réelle du gisement et la vitesse à laquelle il pourra être exploité.
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  • Le Botswana voit ses stocks de diamants grossir en raison de la crise du secteur

    21/1/2026
    Le secteur du diamant est toujours en berne. En raison d’une demande trop faible et de la concurrence des diamants synthétiques, les stocks s’accumulent dans les pays producteurs. C’est le cas au Botswana, un des premiers fournisseurs de pierres naturelles, au niveau mondial : ses stocks sont environ deux fois plus élevés que le niveau prévu par les autorités.
    Fin décembre, le Botswana disposait d’un stock de 12 millions de carats, soit près du double du niveau du stock autorisé par le gouvernement qui est de 6,5 millions de carats, selon le ministère des Finances qui a dévoilé cette semaine son document de stratégie budgétaire 2026/207.
    Ces stocks sont l'illustration d’une activité qui tourne au ralenti, et qui pèse sur le gouvernement, dont les recettes en devises reposent au deux tiers sur l'activité diamantaire. En 2025, l'économie du Botswana s'est contractée pour la deuxième année consécutive.
    L’entreprise minière publique (Debswana) qui exploite le diamant avec le géant De Beers, a été contrainte de ralentir la production de certaines mines l’année dernière, pour ne pas alimenter la suroffre. Et il est peu probable que la production reparte à la hausse, précise le ministère, tant que les stocks ne baissent pas.
    De Beers baisse ses prix
    Le groupe De Beers se retrouve contraint de baisser ses prix comme il l'avait déjà fait en décembre 2024. Cette baisse est difficile à quantifier, car les acheteurs payent une facture globale pour des lots différents, dans le cadre de ventes privées. Mais ce qui a filtré, c'est que les prix ont été réduits pour les pierres brutes les moins demandées :  celles qui une fois taillées, donneront des diamants qui valent entre un demi et 1 carat (le carat étant égal à 0,2 g, NDLR). Pour les pierres plus grosses, la demande reste forte et les prix se tiennent.
    Cette baisse des prix concédée par De Beers, qui perd plus d’un million de dollars par jours, s'explique par la situation économique du Botswana, mais aussi par la concurrence du diamant angolais, dont les ventes ont augmenté de près de 70 % l'année dernière, grâce à des prix plus bas. Ce qui a permis à la société minière publique d’engranger 1,8 milliard de dollars, selon le site spécialisé Rapaport. 
    Incertitudes majeures 
    Mais il y a d’autres incertitudes qui pèsent lourdement sur le secteur. Le diamant est pénalisé par les droits de douane américains : ils ont augmenté de 15 % sur la production du Botswana et de 50 % sur les diamants polis en Inde.
    Combien de temps ces taxes vont-elles s'appliquer ? La demande américaine qui n’a pas été mauvaise pendant les fêtes de Noël peut-elle se redresser pour de bon ? Quand aura lieu la prochaine baisse des taux d'intérêt de la Banque fédérale américaine (Fed) ? Les États-Unis représentent le premier marché pour le diamant et une baisse des taux serait bénéfique au porte-monnaie des américains et donc aux achats de pierres naturelles. « Sinon le risque, c'est que les acheteurs se tournent encore plus vers le diamant synthétique dont les prix sont sans cesse plus bas » confie un industriel du secteur.
    L’autre incertitude et pas la moindre, c’est l’avenir du géant De Beers : sa maison-mère Anglo-Américain a annoncé il y a un an et demi en –mai 2024– vouloir se séparer de l’entreprise. Plusieurs candidats à sa reprise se sont manifestés, mais l’avenir du géant minier n’est toujours pas tranché.

À propos de Chronique des matières premières

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.
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