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Chronique des matières premières

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  • Le prix des préservatifs pourrait flamber à cause de la guerre au Moyen-Orient

    23/04/2026
    La guerre au Moyen-Orient perturbe gravement les chaînes d'approvisionnement mondiales et aucun secteur n'est épargné. Après l'essence, les engrais et les produits alimentaires, le prix des préservatifs devrait à son tour augmenter dans les prochains mois.
    L'entreprise leader du secteur, Karex, a lancé l'alerte. Dans une interview à Bloomberg, son directeur général, Goh Miah Kiat, estime que le prix des préservatifs pourrait fortement augmenter dans les prochains mois, jusqu'à 30%. Une hausse directement liée à l'augmentation des coûts depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
    Le groupe malaisien, qui représente environ un cinquième de la production mondiale, évoque des hausses de 25 à 30% de ses coûts de production. Or, la fabrication de ces dispositifs médicaux est encadrée par des normes strictes, ce qui limite la capacité des producteurs à changer de recette du jour au lendemain.
    Hausse des prix issus de la pétrochimie
    Dans un contexte où le baril de pétrole oscille autour des 100 dollars, les produits issus de la pétrochimie ont enregistré des hausses de prix ces dernières semaines. L'huile de silicone, utilisée comme lubrifiant, a ainsi bondi de près de 30%, selon Bloomberg. Le prix du nitrile, un caoutchouc de synthèse particulièrement résistant et notamment utilisé pour la fabrication de préservatifs sans latex, a quant à lui doublé ces derniers mois, selon cette même source.
    Le caoutchouc naturel n'échappe pas non plus à cette tendance haussière. Selon le site Trading Economics, les acheteurs ont tendance à se reporter sur cette matière première lorsque le coût du caoutchouc synthétique augmente, ce qui contribue, à terme, à faire également grimper son prix.
    Enfin, les emballages sont également touchés. À la mi-avril, le cours de l'aluminium a atteint un pic à 3 672 dollars la tonne, son plus haut niveau depuis mars 2022.
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    Vers une pénurie ?
    Dans ce contexte, les consommateurs doivent s'attendre à une répercussion de ces hausses sur les prix de vente. Mais une autre question se pose : celle d'éventuelles pénuries. Car, en plus des tensions sur les chaînes d'approvisionnement qui ralentissent la production, la demande de préservatifs a augmenté d'environ 30% sur un an.
    Cette hausse s'explique notamment par la baisse du soutien de l'USAID, décidée par Donald Trump, qui tarit les stocks et contraint les organisations à se fournir directement sur le marché commercial.
    L'entreprise malaisienne Karex, qui fournit de grandes marques comme Durex, estime toutefois pouvoir maintenir sa production pendant encore deux à trois mois. Mais certains anticipent déjà des pénuries. En Chine, le hashtag « hausse des prix des préservatifs » est récemment devenu viral sur les réseaux sociaux, selon Reuters. De nombreux internautes appellent à faire des stocks, alors que les autorités chinoises ont mis en place une série de mesures pour tenter d'enrayer la baisse de la natalité.
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  • L'ail chinois, entre excès de production, pression sur les prix et incertitudes à l’export

    22/04/2026
    En Chine, premier producteur mondial d’ail, le marché traverse une mauvaise passe. Depuis plusieurs mois, les récoltes abondantes s’accumulent dans les entrepôts, les stocks gonflent et les prix chutent. Résultat : toute la filière est sous pression, et certains producteurs comme exportateurs sont contraints de vendre à perte.
    De notre correspondante à Pékin, 
    L’ail chinois n’a jamais été aussi abondant et paradoxalement, aussi peu rentable. Depuis plusieurs mois, le marché est saturé, conséquence directe de récoltes record et de stocks déjà élevés accumulés l’an dernier. 
    Résultat : les prix s’effondrent. Aujourd’hui, ils dépassent à peine les 2 yuans par demi-kilo – un niveau insuffisant pour couvrir les coûts de production de nombreux acteurs.
    Produire plus… au risque d’aggraver la crise
    Dans les grandes régions agricoles comme le Shandong, le Henan ou le Jiangsu, les surfaces cultivées ont encore augmenté. Une stratégie classique : produire plus pour compenser la baisse des prix. 
    Mais cette logique alimente en réalité le cercle vicieux de la surproduction. Même si certaines zones ont été pénalisées par les pluies et des rendements en baisse, la tendance nationale reste à la hausse.
    Face à cette offre pléthorique, la demande peine à suivre. Les entrepôts sont pleins, les volumes disponibles dès le printemps sont déjà importants, et la nouvelle récolte arrive.
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    Exporter à tout prix pour écouler les stocks
    Dans ce contexte, de nombreux exportateurs n’ont d’autre choix que de casser leurs marges, voire de vendre à perte, pour écouler leurs stocks. À l’international, la concurrence s’intensifie. La Chine reste ultra-dominante sur le marché mondial de l’ail, mais elle doit désormais se battre sur les prix.
    Certains opérateurs cherchent de nouveaux débouchés, notamment en Afrique, tandis que d’autres s’appuient sur des marchés plus stables comme la Russie. Les tensions logistiques en mer Rouge ou autour du canal de Suez compliquent aussi les exportations vers l’Europe, mais leur impact reste limité : l’essentiel des volumes part vers l’Asie.
    Au final, derrière ce produit du quotidien, c’est toute une filière agricole qui se retrouve fragilisée – prise entre excès de production, pression sur les prix et incertitudes à l’export.
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  • Au Sénégal, le gel des importations de bananes relance la production locale

    21/04/2026
    Le Sénégal avait espéré être autosuffisant en bananes en 2024, l'objectif est repoussé à 2029. En septembre dernier, pour soutenir sa filière locale, le pays d’Afrique de l’Ouest a pris une mesure inédite, interdire durant trois mois les importations du fruit jaune. Si ce gel a permis de booster la filière, il a aussi posé des problèmes en termes de respect des accords de libre-échange avec les pays de la région.
    De notre correspondante à Dakar,
    Les producteurs de banane sénégalais sont unanimes : pour une fois, presque aucune perte agricole n’a été enregistrée. Geler les importations de septembre à décembre, période correspondant aux mois de pic de production, a permis d’écouler l’ensemble des bananes locales. En trois mois, 25 000 tonnes de fruits jaunes ont été commercialisées à un prix stable, autour de 500 FCFA le kilogramme. Les revenus ont ainsi été conséquents pour les quelque 10 000 producteurs de la filière, atteignant 12 milliards 500 millions de FCFA, selon Babacar Sembène, directeur de l’Agence de régulation des marchés.
    Un autre chiffre illustre cette dynamique : si le Sénégal importait plus de 55 % de ses besoins en banane en 2021, cette part est tombée à moins de 20 % en 2025. Une évolution soulignée par Yahya Mamadou Sall, président du Collectif des producteurs de banane de Tambacounda, qui promet une autosuffisance d’ici à 2029.
    Si l’impact de cette mesure est sans conteste positif pour le secteur de la banane au Sénégal, le gel des importations a en revanche tendu les relations économiques avec les pays de la région. La Côte d’Ivoire, qui exporte chaque année environ 50 000 tonnes de bananes vers le Sénégal, a notamment pointé une possible violation des accords de libre-échange de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), dont Dakar est membre. Pour 2026, il faudra donc trouver une autre approche, assure Babacar Sembène. Le directeur de l’Agence de régulation des marchés promet de « prendre en compte les préoccupations des partenaires commerciaux de la sous-région ».
    Malgré ces avancées, la filière bananière sénégalaise doit encore relever des défis structurels. Parmi eux, « le manque d’organisation et la faiblesse du circuit de commercialisation », qui entraînent chaque année des pertes en raison d’un déficit de camions frigorifiques et d’espaces de stockage adaptés. Autre difficulté : assurer une présence constante de la banane sur les étals, douze mois sur douze. « Même si le potentiel est là », tempère Cheikh Ahmet Bassirou Sané, directeur de l’horticulture.
    La production bananière sénégalaise est toutefois en hausse depuis plusieurs années. En 2025, elle a atteint près de 120 000 tonnes, selon les données de l’Agence de régulation des marchés. Une tendance qui confirme la vitalité d’un secteur en pleine mutation, malgré les obstacles persistants.
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  • Hausse des prix mondiaux du pétrole: Moscou ramasse la mise, sur fonds d’attaques sur ses infrastructures

    21/04/2026
    La flambée des prix du brut due à la guerre au Moyen-Orient a apporté un oxygène budgétaire inattendu à la Russie. Mais le tableau favorable pour Moscou est à nuancer.
    De notre correspondante à Moscou,
    La manne fiscale pétrolière pour Moscou est incontestable. Selon les derniers chiffres relayés par l’agence Bloomberg, elle se prolonge même à des niveaux inédits. Lors de la première moitié du mois d’avril, le prix du brut d’Oural à l’exportation s’est vendu en moyenne au-dessus de 106 dollars le baril. Pour donner une idée de l’ampleur de cette hausse vertigineuse, l’hypothèse de prix retenue pour le budget russe 2026 était fixée à 59 dollars, soit presque deux fois moins qu’aujourd’hui.
    Si le taux de change reste stable, selon Bloomberg, alors d’ici à la fin du mois, le prix du pétrole russe atteindra, en rouble, le niveau de mars 2022, soit le début d’une autre guerre, celle que la Russie mène en Ukraine.
    Une manne à l’épreuve des frappes ukrainiennes sur les infrastructures pétrolières
    Les experts russes pavoisent : « Chaque dollar supplémentaire dans le prix annuel de l’Oural ajoute environ 150 milliards de roubles, soit environ 2 milliards de dollars, aux recettes fiscales du pays », peut-on lire dans la presse.
    Sauf que dans cette équation, il faut aussi compter les dommages que le pays subit à chaque frappe ukrainienne sur ses dépôts pétroliers et ses ports d’exportation. Mardi dernier, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) notait ainsi dans un rapport : « La Russie pourrait avoir du mal à augmenter sa production au-dessus des niveaux du début du premier trimestre à court terme en raison des dommages causés aux infrastructures portuaires et énergétiques. »
    Les recettes pétrolières et gazières en recul sur un an d’avril à avril
    Dans le même rapport, l’agence estimait la production quotidienne de brut du pays en mars à seulement 9 millions de barils, soit 230 000 barils de moins qu’un an plus tôt.
    Les réparations, elles aussi, coûtent cher, et cette tendance lourde se paie cash. Selon les calculs de Reuters publiés jeudi dernier, sur un an, d’avril 2025 à avril 2026, les recettes pétrolières et gazières de la Russie devraient chuter de 22 %, en cause : la hausse des aides aux raffineries.
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  • La banane d'Équateur directement touchée par la crise pétrolière

    19/04/2026
    C'est un des effets de la crise logistique liée à la guerre en Iran : les exportations de bananes d'Équateur se font au ralenti. L'Équateur est leader sur le marché de la banane, on parle donc d'énormes quantités qui sont en souffrance.
    Plus de 2,5 millions de cartons de 18 kg sont affectés par des retards d'expédition, selon l'Association de commercialisation et d'exportation de la banane (Acorbanec), citée par le site Bananaexport.
    Le conflit au Moyen-Orient a entraîné une baisse du nombre de conteneurs disponibles, sans parler des surtaxes qui sont exigées par les compagnies maritimes pour le carburant et pour le risque encouru.
    Pour un pays qui a la capacité d'exporter 6 à 7 millions de cartons par semaine, cette situation entraîne la perte d'importants volumes et la baisse des prix sur le marché spot, c'est-à-dire celui des achats de dernière minute. Sachant qu'en Europe, ils ont déjà perdu 3 % au premier trimestre, selon le baromètre établi par le Cirad, le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.
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    Une perte pour l'Équateur ?
    Est-ce une grosse perte pour l'Équateur ? En théorie oui, car la banane est une des principales recettes d'exportation du pays, mais il faut relativiser : l'Équateur a exporté 5 % de plus en janvier et février par rapport à la même période il y a un an après une année 2025 marquée par une hausse de plus de 3 % des exports. Ce qui peut permettre d'atténuer la baisse qui se dessine pour mars et avril. 
    L'Équateur reste un géant, qui exporte à lui seul autant que ce que consomment tous les Européens réunis, y compris le Royaume-Uni, et qui a réalisé l'année dernière environ 4 milliards de dollars de chiffres d'affaires grâce à la banane. 
    Une année de bonne production
    Ce qui « tombe mal » cette année, c'est que le pays a vu ses plantations grossir de 20 000 ha, ce qui implique plus de volumes à exporter. Ce sont finalement ces volumes qui n'étaient pas attendus qui vont pâtir de la situation. Le pays ne va donc pas forcément beaucoup perdre, mais ne gagnera pas autant que ce qu'il espérait.
    Le Moyen-Orient est un marché important, qui absorbe 11 % des volumes commercialisés par l'Équateur, selon Acorbanec, l'Association de commercialisation et d'exportation de la banane. Un marché qui n'a plus reçu de bananes pendant plusieurs semaines, ce qui représente des dizaines de milliers de cartons. 
    Un secteur très lié à celui du pétrole
    À moyen terme, explique Denis Loeillet, économiste de la filière banane au Cirad, c'est toute la filière qui risque de souffrir de la situation actuelle car l'augmentation du pétrole et du gaz se répercute sur le prix des engrais – les plantations de bananes dollars sont très gourmandes –, sur le prix du carburant, mais aussi sur les coûts de murissage – les bananes sont mûries près des lieux de consommation avant d'être livrées en magasin dans des centres qui sont par nature consommateurs d'énergie. 
    À tout cela il faut ajouter le coût des emballages en plastique. Denis Loeillet résume : « La banane, c'est du pétrole transformé », autrement dit, quand les cours du brut augmentent, elle devient beaucoup plus chère à fabriquer.
    Le risque, c'est que la hausse des coûts de production entraîne un désinvestissement dans les bananeraies, un peu moins d'engrais, un peu moins de traitement contre la cercosporiose, ce qui se traduira dans six mois ou un an, sur les prochains cycles de production.
    À écouter dans C'est pas du ventLa banane: le goût de la mondialisation

À propos de Chronique des matières premières

Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.
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