Chronique des matières premières
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- Les répercussions potentielles d'El Niño sur les plantations des pays producteurs de fèves inquiètent. El Niño met l'océan Pacifique en surchauffe et provoque de fortes précipitations ou des sécheresses selon les régions du monde. La perturbation climatique devrait s'amplifier cet automne mais s'annonce d'ores et déjà d'une intensité historique. Dans le secteur du cacao, la baisse de production pourrait être de 300 000 à 400 000 tonnes, répartie entre l'Afrique de l'Ouest et l'Amérique du Sud.
L'Équateur, producteur majeur de fèves, est aux premières loges et se prépare à souffrir de pluies excessives, qui risquent de favoriser le développement de maladies dans les plantations. Le Ghana, numéro 2 mondial, s'attend pour sa part à une diminution de sa production de 20 à 40 %, selon l'Agence nationale d'exportation (CMCG).
La Côte d'Ivoire, son voisin, n'a pas fourni d'estimation, mais en 1983, El Niño avait provoqué une sécheresse terrible en Côte d'Ivoire, avec des feux de plantation et de forêt dans tout l'est et le centre et, au bout du compte, la perte de 10 000 ha de cacao, se souvient François Ruf, expert de la filière cacao de Côte d'Ivoire. Il ajoute que le couvert forestier désormais quasi inexistant ne pourra pas atténuer de la même manière un éventuel choc similaire.
La crainte pour cet automne, c'est que l'harmattan souffle plus chaud et plus fort que d'ordinaire en Afrique de l'Ouest, et qu'il vienne malmener des plantations qui ont déjà souffert d'avoir reçu trop de pluie fin mai-début juin, au moment crucial de la floraison.
Impact difficile à évaluer
L'impact d'El Niño reste cependant difficile à prédire de manière fiable, les estimations sont à prendre avec des pincettes car si El Niño est bien présent, ses conséquences précises relèvent encore de la spéculation, prévient le responsable des achats de cacao chez Mondelez International, Darren O'Brien.
En Côte d'Ivoire, le Conseil du café-cacao a tout de même ralenti ses ventes par anticipation, pour s'assurer d'avoir les volumes physiques nécessaires pour honorer ses contrats. Cette prudence est liée à El Niño, mais aussi à la baisse structurelle de la production, en raison de virus de l'œdème des pousses du cacaoyer (Swollen shoot) et du vieillissement des plantations.
Les rendements sont en baisse, d'année en année, et font craindre une chute des volumes récoltés d'ici 2030 en Afrique de l'Ouest si rien n'est fait pour redresser la barre, explique un acteur de la filière.
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Contexte porteur pour les prix
Ce contexte est propice à une hausse des prix. Les records de fin 2024 sont loin, mais les risques qui pèsent sur les récoltes ont fait grimper les cours ces six derniers mois. Courant septembre, les précipitations en Afrique de l'Ouest ont atténué les inquiétudes, mais les prix restent au-dessus de 5 700 dollars la tonne. Le premier transformateur d'Asie, Guan Chong Cocoa, n'exclut pas de voir le seuil des 8 000 dollars la tonne atteint d'ici fin décembre.
L'autre inconnue qui pèsera sur les marchés, c'est la demande : elle a été très bonne en Asie au deuxième trimestre mais moins dynamique en Europe, le premier marché où l'on consomme du chocolat.
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27/09/2026Tirés par la demande croissante de biocarburants, les cours de l'huile de palme grimpent. Une progression qui traduit aussi les inquiétudes face aux effets du phénomène climatique El Niño.
En fin de semaine, le prix de l'huile de palme à la Bourse de Kuala Lumpur a atteint 4 967 ringgits la tonne, soit environ 1 219 dollars, son plus haut niveau depuis décembre 2024. Deux raisons expliquent cela : les prévisions météo défavorables alimentent les achats spéculatifs. Car le marché anticipe déjà un impact négatif d'El Niño sur les productions indonésienne et malaisienne qui dominent à 85 % l'approvisionnement mondial.
Une ambitieuse réforme indonésienne
Deuxième raison, les acheteurs cherchent à sécuriser leurs approvisionnements avant le 1er octobre. C'est à cette date qu'entre en vigueur en Indonésie un programme biodiesel qui vise à convertir une plus grande partie de la récolte en biocarburant. Le gouvernement indonésien n'a pas attendu la récente menace d'embargo américain pour réduire sa dépendance au diesel importé. Le pays impose désormais un mélange composé de 50 % de biodiesel à base d’huile de palme et de 50 % de gazole fossile. Ainsi une partie des volumes d'huile de palme destinés aux marchés mondiaux est détournée vers le marché intérieur.
El Niño menace la production
En parallèle, l'apparition d'El Niño dans le Pacifique provoque des sécheresses. Par exemple, en Indonésie, cela pourrait faire chuter la production de près de 2 millions de tonnes cette année par rapport à 2025. Des pertes de production d'huile de palme sont aussi attendues en Malaisie, le deuxième producteur mondial.
Autre raison qui met la pression sur le marché : les récentes attaques en mer Noire ont réduit les exportations d'huile de tournesol en provenance de la Russie et de l'Ukraine. Les acheteurs, notamment en Inde, commencent à se tourner vers les produits concurrents, comme l'huile de palme, pour pallier cette pénurie.
La demande mondiale ne faiblit pas
Selon les analystes, les prix d'huile de palme devraient atteindre un pic autour de mars-avril 2027 à environ 4 930 ringgits la tonne, avant de commencer à reculer légèrement. La demande, elle, reste soutenue, grâce au secteur des biocarburants, à l'industrie alimentaire et à l'essor de produits cosmétiques d'origine végétale.
À lire aussiForêts et plantations de palmiers à huile peuvent‑elles vraiment coexister? Des résultats prometteurs en provenance de Bornéo- La guerre au Moyen-Orient et les attaques de drones ukrainiens contre les infrastructures pétrolières russes font grimper les prix du diesel à des niveaux record. Afin de les faire baisser pour les ménages et les entreprises américaines, la Maison Blanche a trouvé une parade : une interdiction totale des exportations de gazole pendant 90 jours. Est-ce une bonne idée ?
Le plan du président, qui serait encore en cours d'élaboration, selon le journal Politico, provoque déjà des divergences au sein de l'administration Trump et suscite les réticences des dirigeants de l'industrie du raffinage. Interdire les exportations de gazole serait, selon eux, une très mauvaise idée.
Une interdiction d'exporter ferait grimper les prix pour les Américains
À court terme, les livraisons destinées initialement à l'Europe et à l'Asie pourraient éventuellement être réinjectées dans les réseaux de distribution américains. Plus d'offres sur le marché intérieur baisserait mécaniquement les prix. Mais à long terme, cela ne ferait qu'aggraver les choses. Les raffineries seraient obligées de ralentir leur cadence et de produire moins de carburant, faute de débouchés à l'exportation. Ce qui de nouveau ferait flamber les prix. Jeudi, le prix du diesel à la pompe aux États-Unis a atteint 6,53 dollars le gallon, selon l'Association américaine des automobilistes (AAA), alors qu'il était de 3,76 dollars avant la guerre, fin février.
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Dans certaines régions des États-Unis, notamment dans les États agricoles, des producteurs de soja ou de maïs souffrent de l'explosion des prix du diesel. Ils et elles exploitent des machines agricoles pour récolter et transporter leurs cultures. Une restriction totale des exportations de diesel s'adresserait donc à cet électorat rural, traditionnellement attaché au Parti républicain, mais à présent inquiet et plein de colère. Certains parlementaires républicains ont d'ailleurs réclamé cette interdiction ces derniers jours.
L'Europe redoute un nouveau choc
Une telle restriction constituerait un nouveau choc pour l'Europe. En août, les États-Unis ont fourni la moitié des importations de diesel importé par l'Union européenne. La conséquence directe de la décision des États membres d'interdire les livraisons de pétrole russe sur le continent à partir de 2027. La menace d'un embargo américain a fait bondir le prix à la pompe du gazole à 2,23 euros le litre en moyenne contre 2,16 euros une semaine plus tôt.
À lire aussiAllemagne: face à la hausse des prix du gazole, la colère des automobilistes Pourquoi, malgré une correction à la baisse, le marché de l'argent se maintient à des niveaux élevés?
23/09/2026Après avoir atteint les sommets en début d'année, les cours d'argent sont en baisse. Le prix du métal blanc oscille actuellement autour de 66 dollars l'once, loin de son pic historique de 124 dollars l'once, fin janvier. Cette situation est-elle amenée à durer ?
Selon les experts, la baisse actuelle des cours de l'argent n'est qu'une correction générale du marché. L'ensemble des métaux précieux, comme l'or, le platine ou le palladium, est entré dans cette phase de correction. Toutefois, malgré cette baisse, le métal blanc conserve presque la moitié de sa hausse précédente.
La demande industrielle tire le marché de l'argent
Plus de la moitié de l'argent extrait dans le monde est destiné à l'industrie. Du photovoltaïque à l'automobile, en passant par les équipements électroniques, les industriels utilisent ce composant en raison de sa conductivité exceptionnelle, de sa résistance et de sa fiabilité. C'est donc la demande industrielle qui tire ce marché. Un marché beaucoup plus volatile que celui de l'or. Et soumis, à présent, à des tendances contraires.
La pression des taux
La hausse des taux de la Réserve fédérale américaine freine l'économie. Les obligations américaines sont toutefois mieux rémunérées et le dollar se raffermit. « Comme d'autres métaux précieux, l'argent est fortement dépendant du marché des changes. Conserver un argent métal dans un coffre devient dans ces conditions moins attractif. D'où cette baisse des cours depuis janvier », explique Marc Dagher, fondateur de DT Expert, un cabinet de conseils en investissement boursier.
L'offre reste déficitaire
En parallèle, la demande industrielle, portée par l'électrification de nombreux secteurs, reste très forte. Problème : l'offre d'argent disponible sur le marché est déficitaire. Depuis environ six ans, la production minière actuelle ne suffit pas à couvrir les besoins. Et contrairement à l'or, l'argent industriel est très peu recyclé. Résultat : une partie de la production mondiale d'argent est absorbée, alors que les stocks s'épuisent. Cette situation maintient les prix à des niveaux hauts.
Le cuivre pourrait remplacer l'argent
Certains fabricants cherchent à remplacer l'argent, notamment par le cuivre. Cet été, le géant chinois du photovoltaïque Longi a supprimé totalement l'argent de ses panneaux solaires. En revanche, d’autres secteurs prennent progressivement le relais : centres de données liés à l’intelligence artificielle, électronique, automobile ou aérien. Selon notre expert, les cours de l'argent pourraient à long terme repartir à la hausse.
À lire aussiL'argent atteint des niveaux historiques et confirme sa super forme en 2025- En quelques années, la Chine est devenue le premier producteur mondial de caviar. À Yidu, dans la province centrale du Hubei, cette industrie s’est développée en faisant sortir les élevages d’esturgeons de la rivière. Les cages polluantes ont disparu et d’anciens pêcheurs ont été reconvertis.
Plus d’un pot de caviar sur deux produits dans le monde vient désormais de Chine : près de 437 tonnes en 2025, soit 54 % de la production mondiale. Yidu est l’un des principaux centres de cette industrie. Plus de 10 000 boîtes sont envoyées chaque jour vers une vingtaine de pays et régions, notamment en Europe et au Moyen-Orient. L’entreprise locale affirme que la ville représente à elle seule près de 30 % du marché mondial.
Dans la « vallée des Esturgeons », plus d’un million de poissons sont répartis dans un millier de bassins. Le nouveau centre de transformation, ouvert en octobre dernier, peut produire jusqu’à 120 tonnes de caviar par an.
Produire plus vite à moindre coût
La Chine est parvenue à produire autant de caviar en raccourcissant d’abord le temps nécessaire à son élevage. Une femelle esturgeon met normalement plus de dix ans à produire les œufs utilisés pour le caviar. À Yidu, des croisements entre différentes espèces ont permis de ramener cette attente à sept ou huit ans.
Des chercheurs chinois ont aussi mis au point une méthode permettant de distinguer plus tôt les femelles des mâles. Jusqu’alors, les éleveurs pouvaient attendre jusqu'à dix ans avant de découvrir qu’un poisson ne produirait jamais d’œufs.
Avec cette production à grande échelle, les prix ont baissé : dans certains supermarchés chinois, on trouve aujourd’hui des boîtes à moins de 200 yuans, environ 24 euros.
Des élevages sortis de la rivière
Les autorités locales présentent également cette industrie comme une réussite écologique. Dans les années 1990, la rivière Qingjiang était couverte de cages d’élevage. Les restes de nourriture et les déjections des poissons étaient rejetés directement dans l’eau, qui s’était fortement dégradée.
Le retrait des cages a commencé en 2016. Deux ans plus tard ouvrait le premier atelier d’élevage terrestre. Aujourd’hui, 200 000 panneaux solaires fournissent la moitié de l’électricité du site et l’eau prélevée dans la rivière est traitée avant d’y être rejetée.
Le passage à l’élevage terrestre a aussi donné du travail à d’anciens pêcheurs. L’entreprise compte plus de 70 emplois permanents et environ 200 emplois saisonniers. Des chiffres avancés par l’entreprise et les autorités locales.
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À propos de Chronique des matières premières
Céréales, minerais ou pétrole, les ressources naturelles sont au cœur de l’économie. Chaque jour, la chronique des matières premières décrypte les tendances de ces marchés souvent méconnus.
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